‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 221 sur 283 · CHAPITRE XXYII. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYII. I

du çîseau toscan avaient une grande confpmiité avec ceux des anciens Égyptiens et des anciens Grecs. Dans quelques monuments de la vieille manière toscane (i) ^ on découvre des traces de l'art égyptien y dont les Italiens y parle moyen du commerce^ avoient pu prendre connoissance (2). Mais y toujours . occupés à varier leurs prodac* tions^ et de mieux en mieux inspirés^ les Étrusques s'élevèrent bientôt jusqu'à un style dont la grandeur décèle une connoissance profonde de la structure du corps bumain, et une étude soigneuse et réfléchie de la. nature;, et comme dans les arts le beau est toujous précédé par la science 9 et que celle-ci repose sur des règles certaines et sévères y les ouvrages qui appartiens nent à cette période y se distinguent par la force et la correction* Une énergie exagérée dans les mouvements, des muscles très-prononcés, de la vigueur dans les formées, tels fîirept les caractères que .les Étrusques imprimoient i leur école y sans les emprunter d'aucune autre nation ;

comparaison , la ressemblance des figures ëtrnsques avec les anciennes figures égyptiennes et grecques , c'est l'observation entre autres des peintures des murs du temple de Medînet-Abou , et de celui deKarnak. P. Hamilton, jEgjrptiaca, PI. VIII v IX.

(1) Voy. PI. XIY, XV, XVL Les monuments de ce style sont trës-rares.

(2) Voy. les Éclaircissem. n. ^YU},

|q8 MIEMIÀRB FARTIB*

on y remarque coostammeiit une certaine exubérance de détails scientifiques , un faire trop senti , une certaine roideur dans les contours ^ d'après lesquels on seroit tenté de croire que les artistes toscans regardèrent i'anatomie comme . Punique source du beau (i). Les proportions de la^ure , le port^ Fattitude , Tair de tête laissent presque toujours à désirer cette belle variété et cette agréable harmonie qui appartiennent i ridéal , et constituent la vraie perfection de Tart* Mais comme les Toscans s'occupèrent beaucoup de Fétude du nu ^ partie la pins élevée et la plus difficile de l'imitation , leurs productions sont remarquables par une certaine vigueur d'expression qui est contraire au beau choix, mais qui suppose dans leur système imitatif une grande énergie d'action , des effets hardis , et nn profond savoir anatomique; partie recommandd^le de l'art , quoiqu'on puisse j reprodier nn trop grand appareil de muscles , presque tous en mou<* vement, etlsucnnen repos (a). Moyennant leur éducation gymnastique et leurs gracieuses insti* tutions, les Grecs eurent TinestîmaUe avantage de voir la nature humaine sous le plus &vorable aq[>ect| et l'estime publique qu'ils faisoiept de la beauté à laquelle ils r^doi^nt ea qudque Mrtiç

(i) Voy. le» Monoments , PI. XX , i ; XXI , MT, IV, (a) Voy. les Éclaitcwsem. n. XIX.

CHÀPITAB ixvu. ig9

un culte idc^âtr^^ }eur petm^Umi de \^, TffffQr duire sous les traiu hs plus pojble^ 4^i^ leur imitation. Il c'en étoit pas d^ nieiae des t^lfUBr ques, qui 9 npiir ris sous TinjEluepce 'd'une ^tutpe politique et de mœurs plus circonspectes, s'attachoient à représenter la nature sou/s des for^^e^ énergiques e| sévères , tout-àrfait dépourvues de grâces et d'attraits (i); 4^ là, cette i;n^nière forte^ment propo|K:é/^, ce;» œouv^n^ent^ l;iardis, et ces contours qui s^ re$^entç;nt de Iç rudesse et de l'énergie d^ç moeurs dç ice temps* Teji est le caractère général de cet ancien style , correct , mais d'une expression dure et forte , qui se reproduit dans beaucoup d^ouvrages étrusques, i^t spédalement sur les pierres gravées, aux^auelleç oo joepeut refy$ier ]['je.^9Ctitu,de dans leç contours, iieaucioup de DMuveqa^ntsdans les mwfii^ » viiit action vive , de la science dans l'enseml^le , et un soin surprenant daas lef détails (t). Quintilien (3) , qui fit une espèce de parallèle entre l'éloquence attique et l'asiatique , et la statuaire tQscane et la grecque , pult dire ^ ?veç yérité, quç chacup d^ ces genres woit ^s l^utés parjtipur

(0 Voj. toip. IV, cfp. xvu, J. 3.

(2) Voy. PI. LIV, LVy et plasieiu;8 au très jp^'erref gra* vees , cpiinnes ^ef ami^tean ^^ Tart.

(3) L. XII ,10, — Voye» Éclaî^çisser^.n. X^.

aOO PREMIERE PARTIE.

Uères et ses admirateurs. Aussi, d'après le Jugement d'un si grand critique , la dureté qo on pou voit reprocher à l'école toscane , dont les productions ressembloient beaucoup à celles de Gallon d'Égine et d'Hégésias (i), nediminuoft pas plus leur mérite , qu'un peu de rudesse ne déparoit l'éloquence des Lélius, des Gâtons et des Gracques, dont les mâles génies avoîent payé tribut aux imperfections de leur siècle.

La statuaire est un art qui fut de très-bonne heure cultivé en Italie (2). Du temps de Pline,

(i) Duriora , et Tuscmicis proxima , Callon alque Hegesias fecere. Gallon , élevé de Teclée et d'Angélion, florissoît vers la quâ tre- vingt-sep tîëme oljmp. av. J.-C. 433. On reconnoit le goAtde l'ancienne école d'Égine dans 068 monuments ; par exemple , dans les statues , au nombre de quinze , des frontons dû temple d'Égtne , trouvées en 181 1 , et actuellement apposées en la galerie de Bavière. Leur exécution , laborieusement soignée, offre un style régulier, qui réunit beaucoup de beautés et de défauts, mais surtout une grande affectation daus les profils , les yeux , les cbeveux , et une manière de draper trop étudiée , tous caractères qu'ion retrouve plus ou moins dans le vrai style étrusque. Voy. Remarks relating to the ySEgîna marbles , par G. R. Gockerei , insérées dans le Quarterfy journal , tom.VIet VII, n* XÏV, pag. 229 , Londres , 1819.

(2) Plin. XXXI V, 7 : Fuisse autem statuariam artem familiarem Italice , etc. *

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