CHAPITRE XXVU. ao
firent pas moins valoir^ et ne montrèrent pas moins de goût en jetant en moule d autres ouvrages d'imitation ou d'ornements , comme on le voit par tant d'ustensiles si agréablement figurés en bronze et en métal précieux, soit pour le service religieux , soit pour les usages domestiques; objets de fabrication dont les marchands étrusques trouvoient un heureux débit chez les étrangers avec lesquels ils trafiquoient. On ne doit donc pas s'étonner que tant de chefed'œuvre de cette nation, répandus sur la surface du monde ancien, fussent estimés jusques dans la Grèce. Dans un passage de l'Athénien Phérécrate (i), poète de la vieille comédie , qui florissoit au temps de Périclès (2) , pour recommander le travail d'un candélabre , x>n dit qu'il étoit Toscan. Cétoit donc pour les Etrusques, bien que déchusde leur puissance, le siècle du bon goût, et leurs ouvrages étoient estimés, et même vantés publiquement à Athènes , le centre des arts libéraux et de l'industrie des Grecs. Critias (3) fait mention de tasses ciselées en or, et
(i) Ap. Athea. XV, 18.
(2) Protagoras , disputant avec Socrate , parle d'une comédie de Phe'récrate (^Ayf/«i), représentée la quatrième année de la qnatre-vingt-neuyiëme olympiade , Fan de Rome 421 } Plat. Protagor. 827, D.
(3) In Eleg. ap. Athen. 1 , 22. C'est ce même Critias
lo6 PREMIÈRE PARTIE.
de vases étrusques de bronxe doré^ au nombre des meubles les plus magmfkjues des tattisons riches de la Grèce. Et enfin , si Ton se rappelle que Phidias y ce rare génie, le plus grand de fous les artisles grecs, orna sa fameuse Minerve de sandales thyrréniennes (i), on sera obligé de convenir que les arts et les inventions de Tlialie n étoient pas aussi ignorés en Grèce que Ton voudroit le fiiire croire communément. Ce fut de la Toscane que vint la première offrande faite par Fostentation ou la pieté des étrangers à Jupiter-Olympien , c'està-dire , le siège d'un de nos rois , ou Lucnmons , appelé Arimnus (i). A Rome , la gloire des arts étrusques étoit coo-
qni fîit le chef des trente tyrans d'Athènes , dans la première année de la quatre-vingt-^uatonième olympiade , Tan de Rome 4^4-
(i) Pollnc. Vil , 92.
(3} Pausan. V, la : OpVttf tcJv 'Api^vt rS fUimXîitmfft 49 X^frwniit' «r it^n fim^Ufm ùntêifittu Wp Ip 'OAvpnn'f èkU i^fnmr; SuÎTant Heyoe, cet Ârimnns doit avoir vécu à une époque antérieure à celle d« itfîda« et «le ^Jg^ » contemporains de Romulus ctdeNuma. Le trône dont il fit doa pooroît être un euvrage iorenti^e, d'argent , de bronae ou d'ivoire , dont les Toscans ae ser^ voient pour toute sortes d'ame«Uemeats distingués. Il eA probable que les Étrusques qui trafiqnoieat en JLfirKfBef tiroient ri voire des Carthaginois.