CHAPITRE V
derons que les motSy dans l'origine ,. ne furent que des images des objets sensibles, nous trou* yerons assez naturel de croire que les Grecs , k mesure qu'ils faisoient la découverte des différentes régions de Tltalie , leur donnoient des noms pittoresques, tirés le plus souvent des qualités du sol , ou de quelque coutume singulière qui avoit fait une plus forte impression sur leur esprit. Cest ainsi que , selon Strabon (i) , les Macédoniens , en pénétrant dans l'intérieur de l'Asie, donnèrent à beaucoup de lieux, de fleuves et de pays, des noms nouveaux, ou tirés des dénominations usitées par les habitants.
d'OEnotrie de Talïoiidaiice du vin (Serv. 1, 35 1 ; 111, i65 ).Dans1a langue des Osques, Italie sVcrivoit Viieliu. Sur les médailles samnites frappées à l'occasion de la guerre Sociale , et portant pour épigraphe Yi ^3 "f I 3 9 on lit lialiu ou Jlalium y suivant les terminaisons les plus usitées de cette langue. ( F'oj'» Tab. LVIII , 10 ; LX , 8. ) Ce Z^ s*a)outoit par aspiration à la majeure, partie des mots qui commençoient par une vojelle. Servius écrif avec raison : Italia plura nomina hàbuit; dicta est enim Fitalia {\U , 328) {a).
(i)L.XI,p.357. .
(a) C'est à tort qne TaoteDr vent lire antre chote éor laa jnonnoies sainnite» que ce qoi s'y trooTe réellemeiit , c'est-i-dire , VrrELIT. Cette manière dVcrire le mot Italia s'ezpliqae trèt-biea par Tanalogie, dana les dialectes de Tancien grec » tels qo*éloit certainement la langac des Osqaea et des Samnites. R.-E»
^O PHEMIÈRE PARTIE»
La même chose arriva lors de la découverte du Nouveau-Monde : la plupart des noms qui furent donnés aux contrées de ce continent , tels que la Floride , la Terre de feu , etc. i n'étoient que des noms en images. Mais quel que fut le sens véritable de ces antiques dénominations, elles nous montrent au moins que la Péninsule n'avoit point encore de nom fixe à une époque où les Grecs lui en donnoient de divers (a). Enfin le nom plus heureux d'Italie prévalût sur tous les autres y et il est vraisemblable que ce nom dut son plus grand lustre à Téciole de Pythagore, appelée Italique. Jusqu'au temps d'Alexandre, l'Italie ne fut, suivant le témoignage exprès d'Antîochus et d'Aristote, que celte portion de notre territoire qui forma dans la suite le pays des Brutiens : mais déjà au temps de Polybe (i) , on comprenoit sous ce nom tout l'espace qui s'étend de la mer de Sicile jusqu'aux Alpes.
Sous le gouvernement des Romains, l'Italie
(a) Les Grecs ne clésignoient certainement pas la même portion de ritalie par les noms divers d*Ansonie« de Tyrrbénie. Ainsi, la conséquence qae (ire notre anteai* de cette ditersité de homs ne iions «rmble pas jnste. Observons daiUenrs, qae, de Ta^en de M. Micati , ces dénominations antiques viennent des Grecs : cela nt contrarie-t-il pas on pen son système ? R.-R.
(i)L. II,i6.