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On doit admirer Tan qu'emploie Quîotilieo pour trouver, dans les productions de la sculptuœ étrusque, un motif à des éloges que par elles- némes elies sembloient mériter fort peu ; mais il ne nous en explique pas moins, par ces éloges mêmes, quel fut le vrai caractère de cette sculpture, et en cela son témoignage est confirmé par d*autres auteurs ( Strabon. lîb. XVII, p. 806; Plin. hh' XXXI V9 c. 7; Ciceroin. de Art, orator). Yoiâ 9%& propres paroles: Duriora et Tusea^ nieis proxima CaMon et Hegesias^ Jàm mùtks r^^àia Calamis, Moliiora adhàkc stftnedàstU Myr^n fûdi. Myron fut un d^ pretiicrs qui doniM à ses statues de l'expression et de la yie. Malgré cela , et quoiqu'il eût fait de sou o&té quelques progrès yers le perfee* tionnement de l'art qui s'avançoit rapidement enti^ les mains de Phidias son contemporain, il retint encore quelque chimie de cette dureté et de cette roi Jenr qu'avoient long-temps offertes lee preaùères productions de la statuaire. Calanmétoit resté emeore daTsmtage en arrière ; et ses ouvrages, plus fortement empreints de ce caractère de rudesse antique, avoient mérité que Quintilien leur appliquât Tépithète de rigiday etCicéroi) celle de dura, qui reyiennent exactement au même sens. Nous sarons, par ces deux auteurs, que Gallon etHégésiastrayaillèrentdans un goût plus roide et plus dur encore que n'étoit le style de Calamis^ ils ne s élevèrent donc que bien peu audessus de l'ancienne enlanee de l'art. Or, les exprès-
ÉCLAIRCISSEMENTS. SSg
siens de Qmntilienjproxùna Tusôanicis, indiquenXque les productions de ces deux artistes , toutes grossières et défectueuses qu elles fussent, et dignes à peine de marquer un pas dans le perfectionnement de Tart, étoient cependant^moins imparfaites encore que celles de la statuaire étrusque , laquelle devoit par conséquent être dans un état absolu de gi*ossièreté et d*eti* fance. Quintilien , né sous le rè<(ne de Claude, à une époque où le style proprement dit toscanicus n'existoit déjà plus, comme Fa prouvé le P. Lanzi (Notiz.prelimi^ nar. p. XVIH), et comme le montrent phis évidemment encore les monuments de ce temps, et entre auti*es les urnes étrusques de Volteire, de Perugia , de Todi, de Chiusi, et les peintures de Tarquinie qui ne conser* yeni rien du style antique; Quintilien , disons-nous , d'après le caractère qu'il assigne à cette école, n'a voulu parler que de la première, celle dont 4e style se maintint sans aucune amélioration considérable , et dont la durée entière comprend la période qui s'étend jusqu'au soudain changement que ce style éprouva par Tarrivée des Grecs en Italie, après l'asservissement de la Grèce par les Romains. Ce fut alors , en effet , qu'à l'exception de la Grande- Grèce, toute Tlulie, demeurée jusqu'à cette époque presque absolument inculte et barbare, reçut les nouveaux arts, fruits de la conquête, ainsi que Tattastent tant d'auteurs, et par tieulièrement Homce : Grascia capta femni incto^ rem cepity et artes intulU agrest» Latio ( lib. II , épistoL I, y. 1 56- 157). Ce qui le confirme encore, c'est qu'en même temps que le style des momimenl^s-â'épure
34o ÉCLÂIRGISSEMENtS.
et se perfectionne, les sujets qu'ils représentent indiquent tous une origine grecque. A partir de cette époque^ l'Italie ne connut projirement que les arts de la Grèce, et n*eut point d*école nationale, comme le déclare positivement Cicéron (pro Archid, iS): Erat Italia twic plena Grœcarum artium et disc^linanunm Si donc toute la terre doit céder à la Grèce Thonnear d'avoir, sinon inventé, du moins perfectionné les beaux arts, quelle honte est-ce pour VEtrarie de partager à cet égard la feondition commune ? et pourquoi imaginer le plan (Tune école des beaux arts , née et perfectionnée en Etrurie, contre le témoiffnage positif de tant d écrivains qui ont parié de ces arts et des monuments qui nous en restent? Ces observations, qu'il nous eût été facile d'étendre, réfutent suffisamment ce que notre auteur avance en plusieurs endroits de son livre, touchant une école nationale des beaux arts en Etnirie, et nous autorisent à rejeter les monuments qu'il allègue à l'appui de ce système, monuments dont le travail , trop perfectionné pour appartenir à l'ancien stj^le toscan^ ne sauroîent convenir qu'au temps d'Adrien. I.
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Cette foible défense mise en avant par Guamacci ( Orig. Ital. Tom. II , p. 5 1 9 ) , et suivie par quelqnesuns des partisans de son ingénieux , mais faux système , sur les origines italiques, entre autres par Carli, (Délie Antick. Ital» T. I , p. 1 3 ) , et par Tavanti,( /stor. iPEtrur. p. XII et xiii), a été rejetée par les critiques
éCLAIBGISSEMENTS. 34 1
iDodernes qui ont traité des antiquités étrusques. IVotre auteur deyoïMl donc la reproduire à Tappui de ses idées, ou du moins devoit-il y insister de nouveau, sans avoir auparavant détruit les objections faites contre ce système par Lanzi et par Zannoni, dont je vais rapporter ici les opinions : « Quelques « écrivains , dit le premier ( Notiz. prelimin^ p. viii ) , « ont accusé Pline et tous les Romains d'avoir, par un « vif sentiment de jalousie, conspiré contre la gloire « de l'Etrurie, en gardant sur elle un silence inju- « rieux ; accusation dénuée de fondement ; supposition « outrageante pour cette nation magnanime, qui es- « tima toujours la vertu , même chez ses ennemis et « ses rivaux. Rome antique, qui dressa des statues à « Annibal, son plus fier antagoniste, qui fit tant d'é- « loges de la Grèce^ sa seule rivale dans les arts de « l'imagination et du goftt, n'eut point cette lâche ft foiblesse ni cette indigne petitesse d'esprit à l'égard « de rÉtrurie. Tous les historiens l'ont louée après la « Grèce; tous les poètes l'ont célébrée au»dessus de « tout autre nation de l'Italie. Que dis-je ! l'histoire « d'Etrurie ne fut-elle pas écrite par un empereur, par « Claude (Sueton. in Claud. c. xui )? et, d'ailleurs, « quel motif de jalousie Rome pouvoit-elle avoir « contre TÉtrurie } ne Tavoit-elle pas , de beaucoup « plus jeune qu'elle, devancée et surpassée en tout.' « et n'en est'^il pas des nations comme des individus, « où le soupçon de jalousie tombe bien plutôt sur le « plus foible que sur le plus fort ?» = « Si les Ro- « mains, dit l'abbé Zannoni {DegUEtruschi, dissert.
343 ÉGLilRClSSEMCNTS.
« p. 3S )| ayoîent annoncé , dans leurs livres, la pré- « tention d avoir été les maîtres et les institutears du « genre humain, le reprocbe seroît pent-étre plaa- « sible. Mais quel prétexte peut-il y avoir encore à «une pareille accusation , lorsqu'on les voitprodi- « guer les éloges auiL Grecs, leurs rivaux, de qui ils « protestent qu'ils ont reçu toutes les lunuères ? Cette « profession noble et ingénue ne nous porte-c-elle pas « à croire quHls Vauroient faite Clément pour les « Etrusques , et même plus hautement encore , puis- « qu'il eût été pins honorable pour eux d^avoir été « instruits par tme nation italienne , dont Hs se fiai- « soient gknre de descendre, que d'une nation étran- « gère , et, qui pis est, vaincue et asservie par eux?»
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Les artistes étrusques n'eurent pas besoin d'être dirigés par la tradition orale , pour reprëse»<er ce que nous voyons sur leurs monuments, figurés d'après la mythologie grecque, puisque tout ce qui s'y trouve est exprimé dans les anciens auteurs. Les trois exemples allégués par notre auteur, loin de prouver que ces artistes avoient modifié les faits ^ ou suivi la iradl' tion orale y démontrent au contraire que les Etrusques furent conslaimment attachés à la véritable doctrine de l'antiquité^ et la méprise de M. Micali vient sans doute de ce qu'il n'avoit pas une pleine connoissance des monuments dont il s'autorisoit. Ainà le docte P. Lansi a observé ( f^asi j^ntich. dipintiy
écLkmassiLWssrs. 343
sert. I, p. 7ft) que ce ne sont point les destinées
d'Hector et d'Achille que pèse ici Mercure, à l'imitation du Jupiter d'Homère (///W.lib. XXII , v. 209), mais bien celles d' Achille et de Memnon , suivant une tradition contenue dans une tragédie d Eschyle, dont il ne nous reste que de$ fragments recueillis par de Paw". L'-artiste étrusque a donc tiré directement d'Eschyle 9 et sans le modifier ^ le sujet qu'il a exprimé dans son bafl-relief« Winckelmana s'est troiopé, lorsqu'il a cru emprunté d'Homère ce qui étoit puisé dans Eschyle; mais, par une erreur plus grate encore, M. Micali a reproduit la méprise de Wînakelmann et gardé le silence ^ur la correctîoR de Lanzi. En second lieu , Polyphème est ligure avec deux yeux p«r l'artiste étrusque , non point avec l'idée de modifier la description d'Homère, mais en se. conformant au récit de Thucydide {Uh. YI, c. a ) , et aux lumières que nous a laissées Senvius (ad jEneài. Vihs III, v. 636 ) , concernant les Cyclopes. Il &ut lire la dissertation de Giorgi , sur un monument étrusque découvert dans les antiques fiaubourgs de Volterre^ en 1746, monument allégué ici par notre auteur , pour voir combien sa doctrine* diffère, sur ce point, de celle qu'ont suivie les plus habiles antiquaires. .Quant aux syrènes , nous savons, par le même Servius ( ad ^neid. lili. V, V. 864)> qu'elles étoient figurées sous la-forme de jeunes et belles filles, parce qu'-elles n'avoient été en réalité que des courtisanes , dont les charmes naturels faisoient toute la séduction; et, en cela, le témoignage de Servius est conforme à la tradition de lantiquité*
il/»
344 ÉCLAIBCISSBMENTS.
(Ovid. Metamorph, Lib. V; Eurip. Helen. Y, Si2] Auson. IdjrlL XI, y. ai. ) L