N° XXV
En exprimant de toutes ces périodes détaciiées, un sens complet et général, il en résulte que, chez les Étrusques, le peuple étoit ignorant ^ et que les prêtres , en qui seuls résidait tout le saifoir de la nation^ ne s'occupoient nullement de rechercher le beau dans les arts. Je suppose encore qu'à l'exemple des prêtres égyptiens , ceux d'Étnirie eussent enseigné à de gros-
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siers artisans les dimensions et les attitudes sons lesquelles la superstition religieuse airooit à se repré* senter les informes objets de son culte, et que les simulacres en bois ou en argile des Etrusques eussent été le fruit de ce concours d* ouvriers et de prêtres, j enconclueroîséga\ement que, dans l'Étrurie, comme en Egypte, les opérations du génie furent tellement embarrassées de règles superstitieilses, et asservies à Tempire de l'ignorance et de la routine, qu'elles ne purent jamais s'en dégager ou faire des progrès considérables. Au contraire, les artistes grecs qui Airent les premiers à secouer le joug des préjuges , se laissant guider à la fois , et par Tinstinctde leur propre génie, et par Vimpulsion victorieuse d'une nation vive, spirituelle, abondante en béros, dont l'histoire, la religion, l'éloquence , la philosophie même , étoient toutes brillantes de poésie et d'images, firent passer le sentiment du beau et du sublime dans les ouvrages de l'art, qui, sous l'influence de tant de causes réunies, acquit bientôt toute sa perfection. Agelas tut Vheureux génie qui , vers l'an de Rome a^o , fit en Grèce les premières tentatives pour ôter à la sculpture le caractère d'une imitation grossière , pour y substituer celui dun art capable de rendre les formes de la belle nature. Il sentit que, le mouvement étant un des signes les plus manifestes d'une nature animée et vivante, il falloit, pour en donner au moins l'idée dans les statues, ne les point représenter sur deux pieds dans une situation immobile et verticale. L'an 3oo de Rome , Phidias , doué d'un génie plus mer-
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TeîUeux encore, sui donner à toutes ses figures le caractère le plus beau et en même temps le plus expressif, qui convînt au modèle donl il vouloit offrir une image. C*est à cette époque fortunée que la Grèce marqua la vraie origine des beaux-arts, dont l'objet est d*i miter la nature dans ses productions les plus parfaites , et d'éveiller en nous le sentiment du plaisir, par celui de la beauté de cette imitation. Un progrès aussi important dans le développement des facultés humaines devoit être inscrit en termes magnifiques dans les fastes de Thistoire. Aussi, que de témoignages d'écrivains de tout âge et de tout pays ont-ils célébré les meiTcilles de Tart qui alors se produisirent en foule aux regards de la Grèce enchantée! Comment donc notre auteur a-t-il pu avancer que Fart^ se per* Jcctîonnant en Etrurie par une imitation plus étudiée de la nature , mérita que ses productions Jussent re» cherchées et répandues par toute la terre. Comment accorder un silence si profond de tous les auteurs sur le perfectionnement des arts en Élrurie, avec la répudiation si brillante et si générale des arts de la Grèce? Comment tant de noms et tant d'ouvrages d'artistes grecs auroient-ils reçu les hommages de tous les siècles, tantlis qu'aucun artiste étrusque , aucune production étrusque n'auroit été citée avec éloge par aucun écrivain , jusqu'à l'époque de la domination romaine.^ Notre auteur a prévu cette objection, et il a essayé d'y répondre ; mais nous avons déjà montré combien cette réponse étoit vaine et insuffisante.
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