‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 283 sur 283 · N* XXVI · texte numérisé non relu

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Nous nous trouTons ici , sur l'origine et la nature des vers saturnins, de même avis que M. Micali, et cette occasion ne s'est pas présentée assez souvent, pour <{ue nous ne la saisissions pas avep joie. Nous en profiterons aussi pour ajouter aux notions données par notre auteur quelques éclaircissements qui achèveront de justifier son opinion, et qui en même temps compléteront ce que nous avons dit nous-mêmes, dans un de nos précédents éclaircissements (ik?;^. n"" IX)^ sur ces premiers essais de la poésie latine.

Virgile, si digne de foi en ce qui concerne les origines historiques de son pays , et surtout celles qui a voient rapport à la poésie, désigne les Trojens comme les auteurs des plus anciennes poésies latines, Géorgie* lib. II, v. 385 :

Nec non jiusonii , Trojd gens missa y coloni Versibus incomptis biduni , risuque soluto.

Servius , dans sa note sur ces vers, dit f a 'il faut entendre ici les vers saturnins, sorte de poésie vulgaire qui ne consisioit pas en un mètre déterminé, mais en an simple chant accommodé au rhythme. Il est fréquemment question , dans les auteurs latins , de ces vers saturnins, dont le nom seul indique la haute antiquité, et que les meilleurs critiques modernes croient avoir été généralement produits par improvisation; tel étoit le sentiment de Vossius (i), de Ga«

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(i) De jlrie poeticd , cap. xiii, §. i.

lElCLAlAGISSÉlfBNTS. S5 1

saubon (i) et de Daeier (a). Vairon et Fesius disent que ce fut en ver» nonunés saturnins que Faune et la Bonne Déesse rendirent leucs oracles (3) ; usage qui prouve encore que ces vers étoient ordinaifement ttai** proTÎsés. Dans la suite , on se servit du vers saloniin pour écrire Thisloire nationale, i en trouve la preuve dans ces vers d*£nniu5, que Cioéron nous a conservés, De Claris oratoriiusy swe Brutus^ S* 189 19 :

Scripsére alii rem

Ver ^i bu quos olim Faunivatesque canebant, QuUm neque musarum scopulos quisquam superdrat, Nec dicti sludiosus erai

Ennius , dans les vers que je viens de citer , avoit principalement en vue Nœvius; et c'est ce qui fait dire plus bas à Cicéron , en parlant de ce dernier : IlUus quem in vatibus et Faunis enumerat Ennius, On voit donc que, dans labsence des règles et des modèles de Tan poétique , les vers saturnins, qui avoient été originairement improvisés , furent appliqués à des sujets graves et importants, par des hommes, tels que

(i) Gasaubon , de Salir, roman, lib. If , cap. i , p. 177 : Hœc nempè erant adhuc nascentis romance poeseos primordia, et quœ vocari ab Arisiotele Aîrjêvxt^ituftt^tt observabamus.

(a) Académ. des Inscripi, tom. II, pag. 192.

(3) Festus, voc. Satumii ; Yarro, de Ling, latin. lib. VI , cap. III : Ita ut Faunus et Fauna sini in his ver^ sibus quos vocant saturnios, locuti.

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Nflivitis, qui ne manqaoîent pas de talent. Hoiaoe nous apprend que le mètre saturnin ne tomba en désuétude que lorsque les arts de la Grèdè eurent pénétré dans le Liatium (i); mais il ajoute immédiatement que le peuple conserva long-temps encore après, et conserroit même dans le siècle où il écriYoit^ des restes de ces anciennes habitudes*

(t) EpistoL lib. Il, ep. i , v. 157.

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