CHAPITRE PBEMrER
État des premiers habitants de F Italie.
Si les ëcmaios qui ont entrepris de faire con-
noltre rétatprimitif des peuples de l'Italie ay oient
été dirigés dans cette recherche difficile par le
véritable esprit de Tbistoire, et non par la simple
érudition , i^us h'aurions pas vu éclore tant de
systèmes contradictoires, qui nous réduisent k
interroger VÉgypte , la Grèce, F Asie, le Nord
même , pour retrouver les traces obscures de
nos pères. Les ténèbres et l'incertitude , répan-
dues sur les siècles achappé^ k l'histoire^ ont également favorisa toutes tes toi^ectures ; mais notre ignorance est restée la même. INTéanmoins, guidés fyat* les Inmières actuelles et par le flambeau de la philosophie^ il nous est donné aujourd'hui de p6ilit0ir examiner l^état des habitants primitifs de l'Italie , et de nous rapprocher, alitant qu'il est possible, de la vérité. Aujourd'hui l'histoire naturelle àe l'homme, et les découvertes des voyageurs modernes qui ont plus parcouru et vu le monde que ne l'a fait dans tant de siècles toute l'antiquité , nous ont induits à penser fie i|L i^cê h^fiidàaiiié^ dans Textrême variété^^de son espèce, n'a pu provenir d'une seule contrée ni d'un seul climat. L'homme appartient à toute la terre , qui lui a été donnée par la nature pour fournir à ses besoins, et pour être & pe«péteîtele.tiiéàtre des vicissitudes de sa destinée (a).
Depteis long-^^mps notre curiosité fait des
(a) L*faistoire naturelle de lliQmiiie, At les décoaTertes des ▼oya- ^e«tts moaeraes epMseiit-^tfi pôtii' prouver ce^qa*av«aceici Taiiteor'? Iéé9 iNQjagewf ont iropré le raoe-lMiBaiiie rlpindae avae aes varîéléa dans tontes les régions habitables dn ^Ipbe. Maïs s*eiunit-il nécealaifemènt de ce fait qne les hommes aient pris spontanémetu >ii<n*ir^ ihna let' divara cHAHita deia leire ? La question de Torigine dn genre hamahn , dans qael<]iie syMÀna^'on tenilW«n clnrdier In solution » ne {laroit point être de natnae A être décidée par le témoignage dtê ditnralistes et des Toyagenrs modernes. K.-R.
GHÀPITBS 1. 3
effi>rt$ aussi pemUes qu'iafructueu^ pour re-* monter k Yovi^ue des peuples. Mais^ de quel* (|ue maaière qu^ les jbioaii^$ soient parvenus k découvrir et à occuper le^ di^erentes régions dtt globe , nous les trouvons ^tabljs daos les plus beaux clima^ts , comme da^s les terres australes » MUS rinfluence du ciel oml les îa placés uq^ main toute-puissante. Privés des luipriièros de rbistoîre^' ipbous tenterions sans succès de tracer , avec quelque certitude, la jmarcbe de Te^poce humaine ^durant TenCance de la société. M^is , si en limitant nos recherches , nous en proportionnons rétendue à celle de nos facultés , la nature ellexjaêaxe npys îadjque que les pays pu elle fournit plus de moyens de subsistance ont dû être les plus âûsément peuplés. La puissance des causes physiques agit ^vec, une double activité, £^ imprimant au règne animal et végétal une plus grande énergie , comme en donnant à l'espèce bumaine plus d'ardeur et d'aptitude à se repror duire ; en sorte qu'on peut admettre , comme principe en fait de population, qu^ Ji^ oiil^ terrée offire à l'homme, avec moins de fatigue, une plus grande abondance de productions natu*relies, là son espèce a dû prendre des accroissements plus rapides et plus considérables.
Les traces manifestes de grandes révolutions physiques 9 ^mpr^u^t^ sur .1^ sol .de Htalie,
décèlent un monde prodigieusement ancien , et font supposer une série de siècles qui 6te tout espoir de les rattacher aux premiers temps historiques (à). Toutefois^ comme l'état de l'homme est partout soumis aux accidents physiques du globe, on ne peut considérer les étonnants bouleversements de la péninsule, sans se représenter les obstacles qui durent s'opposer à la multiplication de ses habitants. La violente et terrible irruption de la mer , qui jadis sépara la Sicile de la Calabre (i) , laissa sans doute dans
(a) Dans cette incertitade , où Taatear avoae qn*il est placé , comnent peat*il parler avec tant d^assnrance d*ane série de siècles, et d^an monde prodigieusement ancien? C*8 bonleTenements pby« siqaes out pn être produits , comme noos en avons des exemples , en moins dlienres qoe Ton ne «appose ici de siècles ; et, dans tons les cas, la chronologie de ces révolations est aussi inconnue que leur histoire. Remarquons néanmoins que le plus considérable de ces phénomènes physiques , la séparation de la Sicile du continent de ritalie, s'étoit conservé "^dans le souvenir des hommes , comme va le dire tout k Theure Tauteur lui-même. Dans qnelle /érie de siècles place-t-il donc ce monde si prodigieusement ancien f Toutes ces assertions exagérées ne servent qn*A effrayer Timagination, et n'offrent, quoi qu'on pnisse dire, rien de satisfaisant pour la raison. R.-R.
(i) La révolution qui sépara la Sicile du continent passoit pour un fait constant dans toute l'antiquité , comme on peut le voir par les témoignages que rapporte Cluvier [SiciL antiq. p.' 1-6. ). En outre , la similitude surprenante qu'on observe dans la forme extérieure , l'organisation et la direction régulière des monts de Neptune et des Apennins , séparés par le phare de Me»-