‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 5 sur 283 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

les esprits une forte impression d'épouvante. Intimidés par les dévastations des volcans et par les ravages des grandes inondations, les honmaes furent long-temps sans oser s'éloigner des hauteurs où ils croyoient avoir trouvé une retraite plus sûre. Ailleurs , des populations entières, chassées par les fréquentes convulsions du globe et par les incendies, abandonnèrent leurs premières demeures , et allèrent chercher un asile sur des terres nouvelles. Par une suite de ces bouleversements, plusieurs contrées durent rester vides d'hs^bitants ,- tandis que d*autres en étoient surchargées» La fréquence de ces grandes catastrophes en diminua insensiblement l'horreur ; les hommes cessèrent de craindre ; ils purent se répandre avec plus de choix et d'égalité sur toute la surface du pays , et s'établir sur ces mêmes terres dont le dépôt des eaux et la décomposition des laves avoient accru la fécondité. Ainsi l'expérience des siècles a montré avec quelle facilité la nature et l'industrie

âne y donnent à cette opinion^n degré de certitude que fortifient encore la proxînoiité des lieux et les nombreux indices d'un grand bouleversement. ( Voy» Dolrinieu , Mém. sur les TrembL de terre de laCalabr&j Fqjrage auxîles de Lipari , p. i34 Vqy^^ aussi les Observations de rAcadémie royale de Naples faites en 1 783 ; les Doutes de M. Brocchi , Bihl. JtaL t. XIX , juillet 1 820 > p. 6g. )

6 PREMIÈRE PJLRTIE.

conccTui^ètit , sôn^ lin climat bienfàisàtit , k réparer leâ ravages des phénomènes destructetiré* De ce Jmônfient, les générations successives^ mieut distribuées , dé^ AlpeS à là Merde Sicile , trouvèrent partout deè ttiOyens de snbsistàfice faciles et abondants , et ne tardèrent pas k re- Connoltre le bonheur d'exister sous tid ciel ai propice. Les anciens ont célébré a lenvî , et de mille manières ; la beauté et la fécondité dii ifol de ritalie ; en sorte qu'on étdit généralement persuadé qu'il n'y avoit point dans toute la tetre de contrée ni pluà agréable , lii plus abondante. Son avatitstge particulier étoit de renfermer dans son sein tout ce qui peut servir aux besoins et aux agréments de la vie, et de dispenser ses habitants de tout recourâ aux productions étran» gères. Le plus utile et le plus précieux des aU«ments de l'homme fut Considéré comme un don spontané du ^ol de l'Italie (i) : le premier peintre des traditions antiques (2) adopta cette opi^ nion, et la théologie païenne la consacra par le culte de Cérès (3).

(i) Diodor. V, 2. Auct. de Mirab* auscult. in op. Ârist p. 1157, ^^* Dutal. *

(a) Homer. Odjrss» IX , 109-1 11.

(3) Cicer. in Verr. IV, 48. Diodor. V, 4 {a). Dans le

(a) I/a citation dHomère nVit pas exacte ; celles de Diodore 6t de

CHAFITRS f « ^

Une si henreuse abondance de tootes les pro* dacûons naturelles fit r^arder de tout tennpi l'Italie comme le pays le ^us propre k procurer aux hommes tous les avantages de la yie civile. L'origine de ses populations primitives se péri dans les fables ^ et de là les mytholc^nes, premiers historiens des nations , prirent cette fieûon que la race humaine y étoit née du sein de la t€rre (i) : opinion sans doute absurde aux yeux de k physique^ mais qui , sous le voile de l'^éigorie, nous a transmis la preuve de l^mpé--> netrable antiquité des peuples Italiques (%)'*

dialede sicilien , sito et simalis si^iifioient pain aoAsî bien que Cérës ( Athen. III , aS , p. log. ) De même > les Sabins, dans leur langue vulgaire , Cererem panem afH pellanty Serv. ad George I ^ 7>

(i) Dion js. HaJic. I, 36 (à).

(a) Multum auctoritatis affert vetustas ut Us , qui terrd dicuntur ortL Quintil. III, 7.

Gioérott liront rapport qa*i b production sponaai^ da ÏAi dan^l^

Sicile , et non dans V Italie , comme le dît ici l'antenr. Voici le p««M9^ de Diodore : 4iX«fdféiflreTA'7A /■ <r«T 'Afinfct/éiy vff'o/i|<t/«ifaiy o-Mf

9Vfmii iMtf4r«f. fi.*a.

(a) Denys d'Halicarnaise n*est sans doate. point cîli oêasÊàm iM mjrùélogtie» C'est na bistonen plein da savoir, étgiîaéMkmenrd^ane critigne saine et jadicieose. Quant à cette opinion y attirant lagaellt la race humaine était née du sein de la terre , il est bien évident qm» ce n*est pas en physicien qa*il fant la considérer , mais qae c*est nœ cspftssîoii 0gatéa et allégorîqne, snr U vrai sens de hqnelle les peoplei anriens do se HompciknK pM plos qaè les modaftiei* R.4I4

Cest dans ce sens que Virgile , si bien instruit des traditions de son pays , en parlant des premiers habitants grossiers du Latium, les fait poétiquement naître du tronc robuste et fécond des chênes (i).

• L'histoire a conservé les traditions concernant un peuple primitif, d'origine inconnue , et désigné par le nom d'Aborigènes, nom dont la signification la moins contestée est celle d'indigènes, ou naturels du pays (2). Une opinion très*répandue en Italie y faisoit naître les Aborigènes (3) : c'est que tous ces peuples , dans une égale ignorance de leur origine , croyoient également la tirer de la terre même qu'ils habitoient (4). Nous verrons que les nations les plus

(x) Gffuqu^ Tfiribn tnmeis et duro rohore mata.

^neid. VIU , 3i5.

(a) Aborigènes sive indigenœ , mvTô;^é9tçy aôéiytfttç. Voy. Hesjch. Harpocr. Suid. et Vet. glossar. —(Voyez Éclaircissements , n. I , à la fin du volume. }

(3) Diopys. ly iQ. Juba, Hist. rom. lib. I; etCharax, de Pergame y ap, Steph. Byz. in 'ACtpiyiMri Suidas, sur le aa^me mot.

(4) Festus, lit Natio. Serv. injŒneid. Vfll, 3 14, 3a8: Jndigenœ suntinde geniti,&o\\n, i5 : Sunt genuini terrœ. n est reconnu que d'autres peuples, spécialement les Arcadiens , les Athéniens , les Thessaliens , etc. se glorifioient aussi du titre à'auicchihanes. Également ignorants , il

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