‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 63 sur 283 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Toscans (i) , dont chacun se piquoit d'imiter les moeurs , par une suite de cette inlFluence irrë<* sistible qu'exerce le pouyoîr. C'est pour cela que les Romains, selon leur premier historien (1), ne commencèrent à connoltre les richesses et le luxe que du moment qu'ils eurent soumis leâ Sabins.

Les colonies qui se détachèrent anciennement du corps de cette nation populeuse (5), peuvent, avec raison , la &ire considérer comme la pÉf^ de tous les peuples guerriers de la basse Italie. Avant qu'ils eussent fondé , comme nous le verrons ci-après, la nation des Samnites, une de leurs colonies étoit partie du milieu des Apennins, pour accomplir un vœu fait dans un printemps sacré (4) ; et , sous des auspices que l'oû regardoit alors comme divins, se dirigeant entre les montagnes et les vallées opposées , s'étoit portée vers la mer supérieure. "Là , cette troupe de jeunes Sabins, à la fiaveur de sa consécration ^

attira une foule nombreuse, dont se forma inr^

■ I I 1 1 .1 ■ ■ I I II 1 1 1 I I iiii^

(i) Dionys. II, 38,

(2) Fabius, 4ip, Strab. V> i58.

(3) Sisenna , ap. Nonitun , XII 1 18 » et Yarrou (A. A* m, 16) dit j en parlant des migrations des jeunes^btilles ? Ut oli'm crebro Sabini factitaverunt, propier nuêUitU'^ dinem liberorum*

(4) ^^J* ci-dessus Chap. III.

t88 PREMIERE PARTIE.

sensiblement un nouveau peuple et une illustre république sous le nom de PIcentes (i). Leur pays 9 compris entre les montagnes et la mer Adriatique y s'étendoit, dans sa plus grande longueur, depuis le fleuve Ésis jusqu au Matrinus (a) : ses principales villes étoient Firmum et Asculum , situées dans Fintérieur des terres, au confluent du Tronto et du Castellano. Cette contrée, agréablement coupée de coteaux et^e plaines fertiles, ne le cédoit à aucune . autre de Fltalie pour la fertilité et la richesse (3). Un tel avantage , joint à la facilité des commu-

(i) Orti suni à Sabinis voto vcre sacro, PUn. III, i3 ; Strabon (V, p. j58-i66) et Pestas ( in Picenam rcgionem) ajoutent qu'ils furent guidés par un pivert, oiseau consacré k Mars. Silius (VIII, 44i~442) a &il de cet oiseau Picus, roi des Latins et fils de Saturne; fables visiblement imaginées à cause de la conformité des noms , et qui peuvent aller de pair avec celles qui vouloient que les Pélasges et un de leurs rois , Asus ou Ason, eussent été souverains du Picenum {idem^ VIII, 445-446). Ceux qui sont amoureux de pareilles uotions trouveront amplement de quoi se satisfaire dans vingtneuf volumes in-folio sur les origines et les antiquités des Picentes , mis au jour par les zélés antiquaires Gatalani et Golucci.

(a) Le Fiumesino et la Piomba d'aujourd'hui.

(3) Strab. V, p. 166; Plin. III, i3.

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