CHAPITRE XI. 1.8 S
rares vertus de cette nation intéressante y gloire qu elle devoit moins encore à la valeur qui lui étoit naturelle , qu'aux lois d'une discipline sévère et éprouvée (i).
Cette vigueur d'esprit , de mœurs et de courage prenoit sa source dans la vie champêtre que les Sabins gardèrent constamment . dans toute la simplicité et la modération des premiers &ges (a)* Conformément aux anciennes coutumes , leur population étoit répartie dans de nombreux bourgs et villages , dont les habitations étoient très-rapprochées (3). Cures ^ modeste et obscur asile (4)> étoit le lieu prin*
(i) Denjs (in, 63) les appelle "^ A v/jp«#^;t9r#f, et Ci^ céron , fortissimos viros Sabinos,
(2) Hanc vetcres olim vitam coluere SabinL Vîrg. Georg, II , 532. Columell. R, R. praeE Les expressions Nursina duritia, Arpinati paupertate , montrent quelles ëtoient leurs mœurs doipinantes ; voj. les Œuvres iné" Mies de Corn. Fronton , p. 35i , éd. Majo , i8i5. . (3) Non villanan modo, sed etiam vicorumj quibus fréquenter habitabatur. liv. II, 62; Strab. V, p. i58. Telle est encore aujourd'hui la manière de distribuer les liabitations dans toute cette partie de la rustique Sabinie, qai s'étend depuis Monte Rotondo jusqu'à l'Ombrie. L'hospitalité, l'économie, la tempérance des antiques Sabins, se retrouvent dans leurs descendants , appliques comme eux k l'agriculture et à l'éducation des troupeaum.
(4) Curibus parvis et paupere terra^ Vîrg. VI, 812 ;
ci pal où se tenoient des assemblées de la nation (i). Les autres communautés de la Sabinie u avoient rien qui l'emportât sur celle-ci : au temps même de Strabon,. si l'on en excepte Amiterne et Réate ^ elles avoient plutôt Tair de bourgs que de villes (i). Mais, conmne lagri-* culture et le soin des troupeaux faisoient la principale occupation de ce peuple laborieux, il leur, dut le rare avantage d obtenir d'abondants produits d'un terrain montueux et pea fertile (3) ; et ce fut à cette même source qu'il puisa ces richesses superflues , lorsque des idées de luxe eurent introduit parmi eux certaines parures d'or , telles que des anneaux , des colliers et autres ornements militaires qu'ils affectionnoient particulièrement, à l'exemple ded
Ovid. FasL II , i35. Curis, daq^ la langue des Sabins^ signifioit la ville de la Içnce^ et ces peuples se nommoient Quiriii ou Hastati ,. ainsi appelés de leurs armes , c'est-à-dire brasses ^ habiles à manier la lance» Curei étoit située sur la gauche du fleuve Gorrese, en un lien qu'on appelle aujourd'hui Monte Maggiore* Voy. Capmartin de Chanpy^ Décôuv. de la Mais, de caifipagne ^Horace, tom. III, p, ^5 et suiv.
(i) Dionys. H, 36; Strab. V, p. i58.
(3) Strab. V,p..i58.