CHAPITRE XIII
sauva heureusement le nom et rindépendance de la première famille.
Le pays qu'on appeloit proprement des AurunceSy avait pour limites ^ au couchant et au nord , les Volsques; au levant, les Sidicins et la Campanie; au midi, la mer dans un espace d'environ 34 milles, à partir de Terracine jusqu'à Sinuesse (t). Amycles (a), Caiète (3) et Formies (4) y que la manie du merveilleux avolt
(i) Guvier, p. 1062-1086; Gellarîus, p. 824-830.
(2) La présomption , rendue commune , de vouloir peupler toute l'Italie de colonies grecques , fit convertir Amycles , ville des Âurunces, en Amyclëens , colonie de Lacédémoniens. Les uns la disoîent fondée par les compagnons de Castor et de Polluv ; d'autres , par les Amycléens quiavoient suivi Glancus, fils de Minos; d'antres enfin , par les Lacédémoniens , qui , mécontents dés lois de Lycurgne , s'étoient éloignés de Sparte. Comme cette Amycles n'exista jamais qu'imaginairement, on assura qu'elle avoit été détruite par des serpents. Plin. III, 5 ; Vni , ^ i SoUn« ^ ; Serr. X , 564 9 ^^c* Goof. Heynii excurs, JJ ad jlSneid^ X.
(3) On vouloit que le promontoire et le port de Gaiëte eussent été ainsi nommés en l'honneur de la nourrice d'Énée, de Creuse on<d'Ascagne(Yirg. VII, i-a; Serv. adh.l, ). Tout te monde connoit le respect que les Grecs avoient pour leurs nourrices r leurs tragiques en font foi. Voyez les Eclaircissements de Importe du Theil à sa version de Strabon , n" XXXIV, XXXV, T. lï , p. 66.
(4) Formies, ainsi qu'Amycles, passoientpour avoir été
si étrangement converties en colonies grecques, jouissoient des inestimables avantages de ledr situation près de la mer, ainsi que la célèbre Minturne, traversée par le Liris (i), et Sinuesse^ au pied du mont Massique (n). Fundi, dont le territoire marécageux produisoit le généreux vin de Cécube (3), éloit située au bord du lac de ce nom , célèbre par ses lies flottantes (4) ; Aurunce, capitale de toute la confédération, selevoit plus avant dans les terres, sur une
fondées par les Lacédémonieos (Strab. Y, p. i6i ). Pour donner une étjmologie grecque à son nom , on supposoit qu'elle avoit jadis été appelée Hormiof^ par allusion anin commodités de son port ( Strab. /. c. Fest. in For^ mias ; Plin. III, 5). Par la ville de Lamus, Homère ( Odjss. X , 3 1 ) a voulu sans doute désigner Formies , aujourd'hui Mola di Gaeia.
(i) Il existe encore plusieurs vestiges de Minturne.
(2) Sinuesse, dont on voit les restes auprès de Mondragone , était située dans un lieu montueux et couvert de bois. Les Grecs, amoureux des âibles, vouloientque cette ville fût d'origine grecque , et se fût d'abord appelée Sinope (Liv. X, 21. Plin. III , 5). Il existoit effectivement en Paphiagonie une colonie de ce nom , qui faisoit remonter son origine jusqu'au temps àes Argonautes , bien qu'elle eût été postérieurement fondée par les Milésiens. Strab. XII, p. 378^
(3) Strab. V, p. i6o ; Plin. XIV, 6.
(4) Plin. II, 95.
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éminence alpine €pi retîe»t encore aujourd'hui le nom de mont Aurunce (i). Vescie, autour de laquelle s'ëtendoit la fertile plaine Yescine , aujourd'hui de Seua ; Ausone et Mînturne conservèrent avec plus de bonheur dans leurs murs le sang et le nom de la race des Ausones (2) , dont il subsista encore un rameau dans Ca^ lène (3)^ ville considérable (4)^ jusqu'au mo^ ment où tous ces peuples^ sans distinction , furent exterminés par la férocité des Romains.
Après la ruine totale des Osques^ leur nom subsista encore comme un témoignage des premières antiquités Italiques. Du temps* de Caton le censeur, les Romains, qui méprisoient tous les autres peuples, prenoient ce nom pour synonyme de barbares (5). Toutefois les poètes, vrais dispensateurs de la gloire, célébrèrent en plusieurs manières l'antique renommée, la splen-
(1) Voy. Texcellente carte géographiqae du royaume de Naples , de RizsiZaiinonL Oa croit que remplacement de Rocca-Monfina répond à celui de Tancienue Aurunce, détruite par les Sidicini. Voy. Perrotta, Sede degli Auruncù
(2) Liv. IX , 25.