CHAPITRE XIV
Des ï^esUnSy Marmcins, Morses et PeUgnes*
L'i»FLX7ENGE des causes physiques sur le caractère des peuples ne se manifesta chez aucune des natioDS Italiques d'une manière aussi sensible que chez les Vestins^ les Marses, les Marrucins et les Pélignes. Habitant les sommets les plus âpres et les plus escarpés de l'Apennin^ ils rencontroient à chaque pas une difficulté à vaincre y un obstacle à surmonter. La forme des objets sensibles qui nous environnent agit peutêtre plus fortement encore que le climat sur nos facultés morales, en vertu de cette tendance puissante qu'éprouvent partout les hommes à se mettre en harmonie avec la nature. C^est ainsi que ces peuples, continuellement exercés à lutter contre la rudesse d'un sol ingrat, acquirent insensiblement une telle vigueur de corps et de caractère, une telle intrépidité, qu'ils furent hautement distingués parmi les nations les plus guerrières et les plus valeureuses de nos provinces. Comme la force et l'élévation d'un État ne se mesuroient point sur l'étendue de son ter-
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ritoire^ mais sur un juste partage des droits des citoyens^ chacun de ces peuples put, par Tëclat de ses actions, se signaler à l'égal des plus puissants défenseurs de la liberté italique. Aujourd'hui y que nous manque l'art d'animer et d'intéresser au bien général tous les membres d'une société, nous nous étonnons qu'une si petite confédération ait pu se montrer si grande, et mériter un rang des plus illustres dans l'histoire; mais chacun pouvant alors recueillir le fruit de ses nobles dangers , et participer à la gloire commune , tous les peuples de l'Italie montrèrent également un généreux héroïsme, et concoururent avec la même ardeur a la déiênse d'une liberté dont ils s'estimoient dignes. Voilà comment les peuples si braves dont nous parlions compensèrent amplement par leur valeur la petitesse du nombre , et s'acquirent particulièrement la renommée de peuples des plus courageux (i).
Ces nations habitèrent constamment les deux provinces qu'on appelle aujourd'hui les Abruzzes. Les montagnes escarpées et arides qui occupent la plus grande partie de cet espace ne sont séparées que par des vallées étroites, dont la culture est ordinairement difficile et restreinte. Il seroit
(0 Strab. V, p. 166; Plîn. IIÏ, 12.