CHAPITRE XTI. qSi
par les Grecs , par les Samnites^ et enfin par les Romains , confirme évidemment cet axiome politique , surtout quand on la compare à celle des Sabins, des Volsques et des Samnites^ qui, durant plusieurs siècles , maintinrent si courageusement leur indépendance : mais ces derniers peuples , moins favorisés par la nature , et foiblement intéressés à )a conservation d'une vie pénible, défendoient dans la liberté le plus précieux de tous leurs biens.
Toute cette étendue de pays qui dut peut-être à la fertilité de ses plaines le nom de Campanie» étoit anciennement comprlise dans le vaste domaine des Osques (i). Soit que l'influence du climat eût amoli le courage de ce peuple, soit que la fécondité naturelle du sol présentât un appât irrésistible à la cupidité des étrangers , il est certain que cette contrée fut continuellement en proie aux invasions (2). Les Etrusques, comme nous l'avons dit plus haut, profitèrent
(1) Antioch. Sjrac. ^p. Strab. V, p. 1675 Festus , in Mœsius.
(2) Hocqudque ceriameTi humanœ voluptatis tenuere Osciy Grœcif Vmbri, T'usai , Campani. PHn. 111,5. Les Pélasges , que l'on disoit avoir pénétré dans la Gampanie (Strab. V, p, 170 ) , furent évidemment ces mêmes Tjrrhéniens , par les raisons que nous avons ci-dessiis déduites.
de la fortune de leurs armes pour s'introduire , , avec laide des Ombriens, dans ce beau pays , où ils fondèrent un puissant État , à qui , pour le mieux désigner, ils donnèrent le nom d'Étrurîe-Campanienne (i). Capoue, anciennement appelée Vulturnum (a) , étoit la principale des douze cités ou colonies qu'ils y fondèrent, et qu ils réunirent par une confédération qui leur assuroit les mêmes droits. Les Toscans s'étendirent non seulement dans toute^a vaste plaine * arrosée par le tortueux Yulturne^ qui, à cause de sa naissance dans le Saranium , eut un nom osque ou samnite (f) , mais dans la belle contrée adjacente au golfe de Salerne, oii ils bâtirent Marcine (4)^ et, en suivant la côte, jusquau
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(i) L'histoire est ici confirmée par les anciennes inscriptions osques trouvées dans la Campanie , lesquelles en beaucoup de choses s'accordent avec celles de l'Étrurie centrale. On lit encore dans une épigraphe pérugieune Larth Campanu , sur un cippe de la Campanie , Maûius Vesius , et sur une coupe samnite Veliineisim^ ou Volliniorum^ noms de peuples de la même nation qu'on retrouve encore dans l'Étrurie. Vermiglioli , Iscrîz^ Feruff. Tom. I , p. 190 ; Lanzi , Tom. II , p. 607-610.
(a) Liv. IV, 37; Strab. V, p. 167, 173.
(3) Varron , L. L. IV, 5.
(4) Strab. V, p. 173; Plin. III, 5: Ager Picenlinus fuit Tuscorùm. Nous dirons dans la suite de cette histoire pourquoi cette région , à partir de la pointe de la
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fleuveSilarus^ aujourd'hui Sélé, qui formoi tune limite naturelle entre leur territoire et celui des Lucauiens (i). Plus loin de la plage, habitoient les Sarrastes, peuple inconnu, lequel occupoit les plaines riantes arrosées par le Sarnus, où ils fondèrent Nucérie-Alfaterne (a). Sur quelques médailles qui nous restent de cette villç, qnvoit représentée à la manière osque l'effigie d'un ancien héros du pays, appelé Epidius Nuncion, qui se précipita dans le fleuve, et a qui les habitants de Nucérie rendoient des honneurs di*vins (3). La Caropanie, baignée au midi par la
CamjMinelIe jusqu'au Sélé , s'appeloit pays des Pîcentins. On croit que Marcine ëtoît située dans les belles campagnes des environs de Salerne , auprès de Yiétri. (i) Strab. V, p. 173 ; Plin. III, 5.
(2) Sarrasteis populos, et quœ rigat CBquora Sarnus, Virg. VII, 7385 Scrv. ad h. l Silius, Vïll, 538. Conoii, cité par Servius , dit que les Pélasges venus du Péloponnèse donnèrent au fleuve Sarnus son nom, et s'appelèrent eux-mêmes Sarrastes ; mais il paroit que ce fabuleux écrivain a ici confondu les Pélasges avec les Tyrrhéniens. Voy. les Observations de Heyne , Excur, VIII ad Virg.
VII, p. 175.
(3) Epidio Nuncione, quemftrunt olim prœcipita" titm infontemfluminis Sarni, paulo post cum cornibus exiitisse , ac statim non comparuisse , in numeroque deorum habitunt, Suet. de Rhet, c. 4. Conf. AvelHno , Giorn,' Numism. Tom. I , p. 101 , et les Obsen^- sur le
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mer de Toscane , étoit séparée du Samnium par le mont Tifate, et par le côté occidental de TApennin. Les incendies, les tremblements de terre, et les grandes révolutions de la nature avoient, de temps immémorial, répandu une sorte de merveilleux terrible sur cette contrée , particulièrement exposée à la violence des feux souterrains (i). Le canton le plus célèbre étoit ces champs que la vive imagination des Grecs appela Phlégréens , et dont la nature volcanique entraîna tant de bouleversements physiques, et donna lieu à des fables sublltnes.
Établis dans cette belle région , que Gérés et Bacchus, comme le disent les anciens, se dispu- «taient la gloire d'enrichir , les Etrusques y introduisirent leurs institutions civiles et leurs arts , qui dans peu changèrent les mœurs grossières desOsques en ces mœurs douces et polies
type du Bœuf à face humaine, dans les mémoires de la Société Fontanienne de Naples, p. 3 19, seq. Au revers d'une médaille du Musée royal de Florence , on lit
fl^H^HOfl > épigraphe ou il faut suppléer
l'initiale 2 , et lire SARNINËD , nomosque et primitif du Samns ou du peuple Sarraste.
(i) Voy. Rosini, Dissert. Isagogicœ ad Herculan. volum. explan, part, I,p»g; Hamilton , Campi Phle^ ^rm/Breislak, f^iaggi fisici e litologici délia Camr pania.