CHAPITRE XVI. a6l
verrons dans la suite comment tous ces efforts tournèrent à leur honte^ tandis que Cumes et Naples continuèrent de jouir des précieux avan^ tages du commerce , des arts et de la civilisation. *
Les Étrusques y a qui appartient surtout la gloire d'avoir poli les peuples de cette belle contrée de l'Italie , réunirent les populations éparses des Osques» en formant de plusieurs petits villages une seule communauté. Telle fut l'origine d'un grand nombre de villes de la Campanie, sur lesquelles les géographes nous ont donné beaucoup de détails, quoiqu'il soit aujourd'hui impossible de faire la distinction des villes souveraines des Toscans et de celles qui leur étoient assujetties. Néanmoins Casilinum , situé sur le fleuve Vulturne, dans l'emplacement de la moderne Capoue; Noie, Calatie, Suesse, Acerre , Trébule , Calénum , Abelle , Vénafrum , Atelle , Nucérie-AIfaterne et Compultérie (i), peuvent avec raison être comptées
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( i) C'est avec raison qu'on a restitué à cette ville les médailles portant l'épigraphe osque ^ Y H <1^ l^^j ^ FI V)l qu'on avoit crues d'abord appartenir à Gumeset à Liteme. Pline ( III 9 5 ) nomme les Cubulterini f^taà les peuples de la Gampanie ; ce qui confirme le type de ces monnoies ayant un bœuf à face humaine. Tite-Live enfin ( XXIV, 20 ) place Gompultérie dans le Samnium ; et véritable-
parmi leurs villes principales^ ainsi que Literne, Herculanum^ Pompéia et Stabie, plus voisines de la mer. La nombreuse population de la Campanie étoit en proportion de Tabondance et de la facilité des subsisfances (i); et les intimes communications que ces peuples eurent avec les Toscans et les Grecs ne permettent point de douter qu'ils ne se soient de bonne heure appliqués aux arts d'imitation : c'est dans leur sein que fleurit la célèbre école Italo-Grecque , à qui nous devons les beaux vases de Noie, et ce grand nombre de médailles précieuses empreintes de caractères osques. La vive et ingénieuse imagination des Campaniens se distingua aussi y comme nous le verrons, dans certains genres de littérature, spécialement dans les fables Atellanes, ainsi appelées du nom de la
ment elle de voit se trouver à l'extrémité des confins de la Campanie et du Samnium-Caudinien. (Y. Schlichte-groll , in Annalen der Numismatik , part. 11 , p. 16 ; Avellino , Giorn. Numism, T. I , p.* 98). Mais de plus , il nous semble que Callatérie ( K«AA«ri^/« dans le texte , et K«Airipi« dans un manuscrit) mentionnée par Strabon (Y, p. 1 7a ), auprès de Caudium et de Bénévent, soit précisément Gupultérie même et non Calatie , comme le vo'udroient les critiques. Yoje« les remarques de la version françoise de Strabon , Tom. II , p. 274, not. 5, (i) Strab. Y, p. 167.
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ville où ces comédies furent le plus long-temps en usage.
A Toccident de Capoue habitoieut les peuples nommés Sidicins^ tirant leur origine de l'ancienne racedesOsques (i). Téanum , cité remarquable, étoit Tunique ville de leur territoire, peu étendu, mais indépendant (2), lequel devint par accident Voccasion de la désastreuse guerre des Samnites. Les belles médailles de Téanum nous montrent que leur langue , leur religion et leurs arts les rapprochoient entièrement (des peuples de la Campanie, avec qui ils avoient une origine commune (3).
(i) Strab.V, p. 164.
(2) Liv. YIII, 2. Strab. V, p. 164 et 172 ; Senec. de Benef VII , 7 ; Plin. III , 5.
(3) Hercule , que l'on voit gravé sur les médailles de Téanum, f1VHNIY»dite Sidicinum, avec une ioscrip^ tioD osque , étoit la divinité tutélaire des Gampaniens , ainsi que Jupiter et Diane. Le temple de Jupiter-Tifatiu étoit situé à l'occident de Capoue , sur une coteduTifate : celui de Diane , à qui étoit consacrée toute la Campanie, avoit plus de magnificence , et s'élevoit sur la pointe occidentale de la même montagne. Voy. Tab. Peutinger. Segm. V. F. Segm. VI. D. éd. Scheyb.
a64 PREMIÈRE PARTIE.