CHAPITRE XVII
de ce golfe y appelées ^ dans un temps ^ Enotrides (i). Dès ce temps le fleuve Bardane qui débouche dans le golfe de Tarente, étoit la limite naturelle qui séparoît llapygie de rÉnotrie^ dont les habitants, long-temps bornés à la vie pastorale , passèrent ensuite à Tétat d'agriculteurs. Les traditions antiques nous assurent quItalus,.roi d'Enotrie, eut toute la gloire .de cette importante révolution , qu'il opéra par rinfluence salutaire des lois^ et surtout par l'effet des réunions et des festins publics qu'il introduisit parmi ses peuples, lesquels apprirent ainsi à connoltre et à goûter les avantages de la vie civile ; institution dont l'Italie a tout le mérite , selon Aristote (2) , et qui fut depuis adoptée par les Cretois et les Lacédémoniens comme une école de tempérance y de concorde et de bienveillance fraternelle. Le nom d'Italie que reçut l'extrémité de la péninsule renfermée entre les golfes de SquîUace et de Sainte-Eupbémie, devront passer pour un monument de la reconnoissance nationale y si l'origine douteuse de ces sortes d e'tymologies, reçues avec une aveugle
(1) Hérodot. ly i63 ; Scymnus C\ï,in Perieg. Strabon. YI, p. 174; Plin. III, 7 : Argumenlum possessœ ab OEnQtris Ilaliœ,
(2) DeRepubLWl, 10.
206 PREMIÈRE PÂ.RTIE.
crédulité par les anciens^ pouvoil être admise comme une preuve historique. Quoi qu'il en soit y il est certain que les habitants de Tltalie inférieure furent des premiers à améliorer leur état de société en mettant à profit les bienfaisantes institutions et les lumières d'un sage législateur.
Antiochus assure d'une manière positive que les Choniens et les Énotriens occupoient cette contrée avant l'arrivée des Grecs en Italie (i) : c'est confesser en même tempsque ces peuples ne tiroient point leur origine de la Grèce. L'on ne peut avec certitude opposer à un historien si renommé l'autorité dePhérécyde, compilateur de généalogies y qui vivait du temps de Darius , fils d'Hystaspe^ et qui , s'appuyant sur les récits des poètes cycliques et des mythologues , insinua que les Enotriens étoient une colonie d'Arcadiens> venus en Italie sous la conduite d'Enotrus, fils de Lycaon (a). On verra dans peu, d'une manière plus convaincante, sur quel fragile fondement s'appuyoient les prétentions des Grecs relativement à l'antiquité de leure colonies, et
(i) jépudSirah, VI, p. 175.
(2) j4p, Dionys. I^ i3. Les traditions étoient si incertaines^ que Varron {ap, Serv. I, 532) appelle le même Ënotrus roi des Sabins.