‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 93 sur 283 · CHAPITRE X^Vll · texte numérisé non relu

CHAPITRE X^Vll

à la priiuatie qu'ils s'arrogeoient sur nos contrées. Mais puisqu'à défaut de véritables documents historiques^ Torigme des Énotriens ne peut se déduire que de simples conjectures^ il y a tout lieu de croire qu'ils étoient issus, comme tous les autres peuples de Tltalie , de la race des Osques. Il est certain qu'on donna le nom d'Ansones ou d'Osques aux habitants de l'Italie inférieure, sans en excepter les indigènes des deux Calabres, pays montueux, difficile à conquérir, et dont rintérîeur est comme inaccessible aux étrangers. Il est très-vraisemblable que ces fiers montagnards, voués à la vie pastorale , donnèrent l'origine à la nation des Enotriens et des Choniens, dont la valeur guerrière, comme il parolt par quelque lueur historique, se montra dans toute son énergie à l'époque où les Sicules, après avoir été chassés des bords du Tibre, s'arrêtèrent quelque temps parmi eux (1). Les Morgètes, qui étoient un démembrement des Enotriens (a), éprouvèrent, dans cette révolution , le fier ressentiment de leurs frères , qui les chassèrent enfin sans pitié du continent, ainsi que les Sicules (5). Mais la prééminence des Éno-

(i) Voy. plos haut , chap. vi.

(a) Antioch. ap, Dionys. I, 12.

(3) Antioch. ap. Strab. VI , p. 178. Il est à remarquer

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trieos fut, à son tour, abaissée par uù peuple nouveau , qui fit évanouir pour jamais leur em*

pire et leur nom.

Après que les Samnites, profitant de laccroissèment de leurs forces, se furent répandus dans* le midi de l'Italie , ils introduisirent dans le pays des Énotriens une colonie d oii sortit la société des Lucaniens (i). La rapide prospérité de ce dernier peuple est suffisamment' prouvée par l'étendue de son territoire, lequel, durant un temps, embrassoit tout le coté occidental de la péninsule , à commencer du flcHve Silare jusqu'à l'extrémité de< la Calabre (2). Plusieurs actions d'éclat méritèrent aux Lucaniens la réputation d'un peuple fort et valeureux , mérite conforme à l'esprit de ce temps , où les vertus guerrières avoient seules droit aux honneurs et à la gloire. La force physique concourut avec la force morale et politique des institutions à donner à ces peuples ce caractère mâle et énergique qui étonne la délicatesse de notre siècle. La vigueur corpo-

que Thucydide ( VI , 1 ) nomme Opices ou Osques ceux qui repoussèrent les Sicules dans la Sicile.

(i) Antioch. ap, Strab. VI, p. lyS; Plin. III, 5.

(a) Scylax, Peripl. pag. 10. Pline ( III , 1 1 ) nomme onze peuples de cette race , sans compter ceux qui passèrent sous la domination des Brutiens , et plusieurs autres alors éteints.

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