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Quoique énergiquement contredite et moquée par le spirituel médecin-poète milanais, Rajberti', l'homéopathie a fait des progrès en Italie. Une lettre d'un de mes amis de Catane, m'assure même qu'elle se répand et fait fureur en Sicile. Il y a à Nice un médecin homéopathe, M. Flores, et une pharmacie homéopathique, celle de M. Paulion Dalmas, ([ui tient aussi les médicaments anglais.
Comestibles. — Malgré le grand nombre d'étrangers, on peut vivre économiquement
' V. le Discorso popolarc del medico-poela : Il Volijoc la Mcdecina. Milan IH'iO, iu-8."
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à Nice, si l'on a son ménage, tant les denrées y sont à bon marché à l'exception du beurre, des œufs et de la volaille, que l'on tire du Piémont. Cette dernière même ne paraît pas fort chère. Le prix des poulets, qu'une habile maîtresse de maison, femme d'esprit, rejcardait par tout pays comme un symptôme d'abondance, de richesse et de civilisation, est de 25 sous. Une poularde, 30 sous; un chapon gras. 50; un dindon, 4 francs. Le bœuf coûte 4 sous la livre ; le veau. 8; l'agneau, 6. Le gibier est varié et fin. On distingue les grives , les perdrix rouges, les bécasses, les canards sauvages, les bec-figues, le lièvre et le sanglier. Une grive exquise ne se vend que 3 à 4 sous ; une perdrix , 2 francs; un lièvre , 3 francs.
La mer fournit des familles nombreuses de poissons, ainsi qu'on en peut juger par le bel ouvrage d'un savant de la ville, M. Risso, sur YHistoirc naturelle des principales productions de l'Europe méridionale^ de celles principalement des environs de JMce et des Alpes maritimes. (Paris j, 1826-27^ 5 vol. m-8.% avec planches). On recherciie: le merlan; le roug;et (triglia) ; le Saint-Pierre; la dorade; l'em-
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pereur ; le denté ; le homard ; le turbot ; les anchois ; les sardines ; le maquereau , qui arrive par légions innombrables en mai et novembre; le petit sublet (sublaire), rougeâtre, tendre, savoureux; la girelle (g ire l la) , dont la chair blanche, de bon goût, se digère aisément, et les très délicats, les très effilés goujons que leur extrême petitesse a fait appeler nonnati (non nés).
Le prix du poisson , pendant la saison d'hiver, double et même triple. Les anchois et les sardines montent, la livre, de 2 à 4 sous ; le merlan et le Saint-Pierre, de k à 10 et 12.
Après avoir parlé du poisson , il ne paraîtra pas sans convenance de dire un mot des pêcheurs. Ils forment à Nice une confrérie dans laquelle on n'est admis que par droit de naissance , et qui se distingue par sa moralité, son union et le zèle des femmes, des filles et des petits garçons à s'associer aux travaux de la pêche.
Les pâtes de Nice rivalisent avec celles de Naples et de Gênes ; elles ne se vendent que k sous la livre.
La pâtisserie a de la réputation par quelques-uns de ses mets nationaux. Les raviuoti
sont une succulente rissole de la grosseur d'une noix , faite de volaille , de cervelle de veau ou d'agneau , de moelle , de parmesan mêlé avec des œufs. Les grandes galettes d'herbes , dites soleils , ne sont pas moins de rigueur à Nice, la veille de Noël, que le capitone à Naples. La pizzaladiera, composée d'oignons, d'olives et d'anchois salés, est fort appétissante. Le peuple en mange le jour des morts, afin d'exciter sa soif à ces banquets bachiques, restes, chez toutes les nations , du paganisme et de la barbarie.
Le lian , véritable terrine , composé d'anchois , de brocoHs , d'œufs , et qui doit son nom à la casserole dans laquelle on le sert , est le plat particulièrement nizzard: il est piquant , mais un peu aigre et lourd.
Les oranges , les meilleures de la côte quoique inférieures à celles de Malte , sont les seules peut-être qui ne se gâtent point en caisse ; elles s'exportent jusqu'en Russie et à Odessa, qui en échange envoie son blé.
Les laitages et le lait de brebis sont très bons , surtout le déhcieux caillé, fait dans la montagne et crié le matin dans les rues.
Les confitures sèches {canditi), ex([uises ,
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conservent le goût des fruits et le parfum des fleurs du pays.
Fins. — Parmi les vins rouges de Nice , chauds, forts, liquoreux, on doit demander le Bellet, qui se prend après le rôti; le Braquet et le muscat d'Aspremont , vins de dessert. Leur ]>rix est de 20 à 30 sous, selon l'âge. Les vins de Marignana, de Saint-Tropez , d'Antibes , qui se boivent à l'ordinaire , ne coûtent que 4 à 5 sous. Le meilleur vin d'ordinaire de la Gaude , qui peut être aussi un bon vin de dessert, revient à 12 ou ISsous.
auberges. — * La Pension Anglaise. — L'Hôtel de Londres, dans la meilleure exposition. — L'Hôtel des Étrangers , qui a une bonne table d'iiôle, — L'Hôtel d'York. — L'Hôtel des Quatre Nations. — L'Hôtel DE France. — L'Hôtel du Nord. — L'Hôtel DU Midi.
Quand on veut passer les six mois d'hiver à Nice , il faut arriver dès le commencement d'octobre, afin d'avoir le choix des logements. Les prix varient selon la simplicité, l'élégance et surtout l'expositicm. Malgré la mode et le beau monde, ils semblent accessibles aux diverses fortunes. Les habitants sont dis-
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rrets, car ils olYrent des nppartomcnts à partir de 200, 300 et 600 francs.
Le quartier préférable est celui de la Marinc, surtout aux Ponclicttes, près la Terrasse, en plein midi . abrité du vent du nord par le grand rocher, dit singulièrement le CluHeau, où la température se maintient d'ordinaire de 12 à 14 degrés. Là se trouvent aux maisons Barberi de petits logements de 250 à 400 fran(;s, et d'autres appartements de trois lits de maître et deux de domestique, avec salon et antichambre, de 600 à 1,000 francs.
Sur la Terrasse, les maisons Morel, Pierrelar, Giosan, Bisso, Maigron, Clerissi et Bonfils , ont des appartements grands, aérés, bien tenus, de 1,800 à 2.500 francs.
A la Croix de Marbre, faubourg recherché, se louent des maisons entières, avec jardin, écurie, remises et salle de bain. Les maisons de MM. GuiLiA et Baralis, logeables pour dixhuit personnes , 4.000 fr. ; celle de M. Baral- LER, 6,000 fr. ; celle de M. Geoffroy, qui a douze à quinze lits, de 6 à 7,000; et celles de MM. Saissi et Avigdor. qm" peuvent recevoir jusqu'à vingt-cinq et trente personnes, de 7.600 à 9.000 francs.