‹ L'Italie confortable manuel du touristeChapitre 114 sur 125 · V. chap. IV · texte numérisé non relu

V. chap. IV

laire, se prépare diversement : en automne et en hiver, les truffes en font un excellent plat. Le stuff'alo, bœuf à la mode, plus tendre et plus juteux, est comme la base du dîner piémontais. Quant au poulet à la Mareng;o, improvisé après la bataille , pour le premier consul, avec de l'huile, car le beurre manquait , avec des champignons , des morilles , du vin blanc et des croûtes qui se trouvèrent là , s'il est d'origine piémontaise , la victoire l'a naturalisé Français.

Les truites fournies par les torrents des Alpes sont parfaites. La tanche accommodée à l'étuvée [carpionnata) est très appétissante. Rien de ])lus délicat que les petites et minces anguilles, /ampredej pêchées dans le Pô. Lorsqu'après le passage du mont Saint-Bernard, Napoléon, qui allait triompher à Marengo , s'arrêta à Turin , des lamprede lui furent servies ; il les trouva si exquises, qu'il lit mettre le plat devant lui, le mangea tout entier, et ne toucha point i\ autre chose. Dejmis, toutes les fois qu'il repassa jiar Turin , il ne manqua jamais d'<'n faire servir à sa table im|>ériale et royale.

Le célèbre pain en baguette {grissin) j> une

TURIN. t293

(les premièios surprises du voyageur en Italie, est très aj^réable , très digestible, ])()ur\u qu'on ait des dents. Il ne revient pas plus eher que le pain ordinaire, et le ])rix moyen est de 19 centimes la livre.

Les trulïes blanches du Piémont ont été louées par l'auteur de la Physiologie du Goût. Ce professeur leur trouve « un petit goût d'ail ([ui ne nuit point à leur perfection , parce qu'il ne donne lieu à aucun retour désagréable. » Il en était autrefois expédié chaque semaine de l'ambassade de France pour la bouche du roi. Un jour que Louis XVllI s'en régalait , on vint lui annoncer la visite de son premier médecin. — Eh bien! docteur Portai, que pensez-vous des truffes? Je gage que vous les défendez, à vos malades. — Mais , sire, je les crois un peu indigestes, et peutêtre ne devrait-on en faire usage qu'à titre d'assaisonnement. Le prince lui réplique alors d'un ton solennel et en parodiant le fameux vers de Voltaire :

» Les truffes ne sont point ce qu'un vain peuple pense. »

Le docteur paraît un peu déconcerté, le roi sourit et achève son plat de truffes. Les truffes

'i9/| ILIKIN.

à la Piéinon taise, cuites en un quart-d'heure, lorment un mets excellent, justement renommé. Comme il excite un peu la soif, on aura le plaisir de l'arroser avec du vin blanc d'Asti. Mais le triomphe des truites du Piémont est comme adjuvant mêlé à la iondue (foiiduta).

Le chocolat de Turin est des meilleurs de l'Europe et de l'Italie , particulièrement chez André Barrera, chocolatier du roi.

Le Piémont produit de bons vins , surtout la barbera, le barolo et le caliiso.

On trouve chez, Marendazzo d'excellentes liqueurs, telles que l'élixir de China-Ghina et le vermout. Celui-ci , qui se prend avant de se mettre à table , est un apéritif fort agréable.

auberges. — * Hôtel de l'Univers. — * Hôtel Feder. — La Pension Suisse. — La Bonne Femme. — La Caccia Reale.

Reataurateurs. — L'Univers. — Les Indes. — Pastore. On peut y manger à prix fixe ; à 50 sous, à 3 fr. , 4 fr. et plus. Le dîner de 50 sous est bon et suffisant.

Cafés. — La vie de café est commune à Turin, et ne nuit pas à la considération, car

elle est pratiquée non-seulement par les riches désœuvrés , mais encore par les premiers fonctionnaires, et même les ministres. Les meilleurs cafés reçoivent une quantité considérable de journaux nationaux, étrangers, ]H>litiques , scientifiques et littéraires , ainsi que les principales revues. Ils suppléent ainsi aux cabinets de lecture. Turin est , après Naples et Milan , la ville d'Italie où il paraît le plus de journaux. Il y en avait dix-sept en 186^0, dont le principal, la Gazzetta Plemontese, est rédigé avec talent par M. Félix Romani , de Gênes , l'habile poète de Libretti.

Le café Fiorio est fréquenté par la haute société; le café Saint- Charles, magnifique.

La tasse de café à la crème, excellente, bien sucrée, ne coûte que k sous; à l'eau, 3; et la tasse de chocolat, 4.

Tliéâtres. — Théâtre Royal. — Garignan.

— D'Angennes. — Sutera. — Diurne. — Gianduja'.

Libraires. — Giannini et Fiore. — Bocca.

— Pic. — ReYCEND. — SCHUPPATI. — FoN-

tana.

' V. les Voyages, liv. XXI, chap. 7.

"200 Ttp,ii\.

Atelier. — M. Palagi, peintre'.

Confiseurs. — Giaccone. — Bass , qui tient aussi des liqueurs, des vins lins et d'excellentes pâtisseries , et chez (jui le beau monde va se régaler comme chez notre Félix.

Magasins de Soieries et de Nouveautés. — Rossi. — RiGiiiNi. — Beltrami. — Bracciii. — Jacques Moris.

Les étoffes de soie et le velours fabriqués en Piémont imitent si habilement les produits lyonnais, qu'ils se débitent comme tels; ce qui nuit à leur propre célébrité. Turin est peut-être la première ville de l'Italie pour la mode v\ l'élégance des toilettes. Les articles de Paris y arrivent, et pour s'exprimer dans la langue des demoiselles de nos brillants magasins , ils sont très bien portés.

Marchandes de Modes. — M.'"" Clarence. — Bonin.

Couturicres de la Cour. — M.'"" Fangf. — I'arnaca.

Tailleur. — Demichelis contribue , en son genre , à la belle manière de se mettre de la société de Turin , et pour parler comme le

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