PONT-DE-BEAIVOISIN
C'est la France; mais hélas! c'est aussi la douane dont les tribulations tempèrent quelque peu la douceur de revoir le sol natal. Si la douane française n'a jamais pu se permettre cette petite vénalité de la plupart des douanes italiennes qui s'accommodent d'un paul , elle se montrait parfois plus déraisonnable et plus vandale. Notre grand peintre Granet, revenant il y a quinze années d'Italie , avec un de ses chefs-d'œuvre si naturels , si vrais , inspirés par les monuments , la lumière et les physionomies de cette contrée , les douaniers se crurent en droit de défaire la caisse du ta])leau. L'artiste célèbre et qui là paraissait inconnu, tenta d'expliquer qu'une telle effraction comj)r()mettrait son œuvre; il ne fut point écouté. Alors il prit le j)arti de laisser à la douane le
306 r«(M-I)E-BEAl] VOISIN.
tableau que l'on plomba. Arrivé à Paris, il exposa ratïairc à l'administration , et obtint pleine justice.
Sans manquer à l'exécution des règlements, la douane de France comme celle d'Italie, semble aujourd'hui plus intellig;ente , moins vexatrice, et j'ai remarqué sur ce point en 1839 et en I8Z1O, un véritable progrès.