CHAPITRE IV
Climat et Hygiène. — Climat régulier, excellent pour ceux qui se portent bien , moins favorable aux valétudinaires par la rij;iclité de l'hiver et les brouillards du printemps et de l'automne , surtout le soir. Le voisinage des risières doit faire éviter les quartiers de Porta Tosa, Romana j, Ticinese ; mais les quartiers de Porta Orientale,, Nuava^, Comasina y Tenaglia , au nord, élevés, rafraîchis par les brises souÛlant des lacs , sont très salubres. Ils conviennent particulièrement aux goutteux, aux personnes souffrant des nerfs ou d'autres affections chroniques, à l'exception des maladies du poumon, qui réclament une plus douce température.
Médecins. — MM. Dell' Acqua; Defilippi; Strambio; Sormani ; Piantamda.
Chirurgiens. — MM. Cajntom; Billi, accoucheur.
Prix d<\s visites : 3 francs.
Comestibles. — Milan est la ville la ])lus abondante de l'Italie pour les ehoses nécessaires à la vie et pour les objets de luxe. Alfieri donne comme le trait caractéristique des habitants le goût de la bonne chère :
/ buoni Milanesl (lian guslo) a bancliettare. Ce qui s'allie fort bien avec leurs qualités franches, cordiales, hospitalières, et ne s'oppose point à la culture, aux a2;réments et à l'élévation de l'esprit des compatriotes de Beccaria, de la mathématicienne Agnese. des trois Verri, de Parini et de Manzoni. Cette chère est le sujet du livre ilCuoco M'danese.
On cite les délicates côtelettes de veau frites au beurre et panées, et les autres solides horsd'œuvre appelés antipastOj, parce qu'ils se mangent avant la soupe, comme chez les Romains l'avant-repas; ce qui vous expose à n'avoir plus faim au commencement du diner. On renomme aussi: la soupe à la tripe; le riz à la Milanaise (Risotto); le riz aux choux (riseverze); le riz aux fèves (ai bagiani); les aj)pétissantes boulettes ( po/pelte) ; le veau à In casserole {cussolu) ; les fritures de foie depoir (fegalelli); et les gras chapons.
Mii.w. :29
Lltalic est la Icirc classique des eliam|)i- ^nions , selon M. le docteur Roques , leur spirituel historien. Ils s'y font remarquer j)ar l'éclat des nuances et la linesse du goût. Les espèces vénéneuses semblent plus rares qu'ailleurs , bien que l'empereur Claude soit mort empoisonné par un plat d'oronges qu'il aimait ))assionnément. Agrippine et Locuste eurent plus de part à ce meurtre que les champignons, ainsi que le raconte Suétone et que le révèle la cruelle plaisanterie de Néron après l'apothéose de Claude , que l'oronge était un mets des Dieux ( cibiis Deonmi). L'agaric élevé (hiibhola moggiore) , léger, délicat . est estimé et bien préparé dans le Milanais.
La pâtisserie est très bonne. On doit rechercher les pasticetti , composés d'œufs, de sucre, de marmelade; et les panirettoîii ^ autre gâteau sucré qui se mange principalement à Noël.
Excellent laitage ( mascarpone ) . Célèbre fromage gras, û\t stracliino de Gorgonzola.
Le chocolat de Milan passe pour l'un d(!s meilleurs de l'Italie, surtout celui de Piazza , fabricant opulent, qui ne ménage point le c a raque.
Auberges. — *ALBi:nG() keale ; quoique au-
berge de luxe, on y est bien à 6 francs par jour. — La Villa. — Il Marino. — La gran Brettagna. — I^A Pension Suisse. — La Reine d'Angleterre.
Voitures. — Les fiacres se trouvent à San- Dalmazio, Piazza San-Sepolcro , Piazza-Fontana, al leone di Porta orientale, al Bottonuto. La course se paye 35 sous milanais (le sou milanais ne vaut que h centimes) ; la première heure 44, et 35 les heures suivantes.
Grand établissement de voiturins pour toute l'Italie de François Vimarca. Une place pour Venise, logement et nourriture compris, 25 fr. ; par le courrier , 48 fr. Le prix de Milan à Genève par le courrier est de 75 fr-
Pourles voitures dePavie,Côme,Monza, etc.
Voir ces villes.
Restaurateurs. — Lsola bella. — Rebec-
r«i(L ciiiNO. — CovA. — Maestri. — Bonucs trat-
tories, dites Salsamentari^ aux Servi j, où l'on
va souper après le spectacle avec du Risotto,
des viandes froides et des vins chauds.
Cafés. — Ils sont splendides et bien fournis. — Cova. — Martini. — Belle Colonne.
Bon café à la crème (alla pannera). Acqua (l.'au\ari)ui i salul)r(' cl rafraîchissante bois-
MILAN. âl
son dans les grandes elialeurs. Café à la punncrit, à la glace. L'espèce de punch mousseux , composé de jaunes d'œuf, de vin de Madère , de cannelle et d'autres épiées . appelé Zamhajim, mot resté de l'espagnol , est un fort agréable incendiaire.
Tlu'dtres. — La Scala. — Canobiana. —
Re. CaRCANO. LeMASIO. PlIILODRA-
MATIQUE. FaMOCCINI '.
Il n'est pas nécessaire de retenir d'avance les loges à la Scala : le camérier de l'hôtel s'en charge, et le soir il s'en offre au rabais sur la place du théâtre, à l'exception des jours de premières représentations, et des dimanches dont le spectacle n'est point frappé à Milan du même discrédit qu'à Paris.
Libraires. — L. Dumolard et fils. — Moii- NARi. — Stella. — Soxzogxo.
La librairie est florissante à Milan , et il y ])arait plus de livres qu'en aucuni.' autre ville d'Italie \
Cabinet de Lecture. — Zim.
Ateliers. — Peintres: MM. Hayez; le niai-
• V. les Voyages, liv. 111 , chap. 17 et 18. » V. les Voyages, liv. 111, chap. 15.
IY2 MILAN.
quis Massimo d'Azeglio; Arienti ; Moltem, pour les portraits ; Manzone , pour les caricatures ; Bagatti Valsecchi , en émail et sur porcelaine; son Atelier de Raphaël sur i)orcelaine réussit en 18/i() à l'exposition de Paris.
Sculpteurs: MM. Marcuesi; Monti de Ravenne; Monti de Milan '; Pock ; Manfredini ; Labus fils.
Magasins de Gravures. — Vallardi. — AbiciNi. — Monti.
Tableaux en verre de Bohême, portique des Fipni, et rue del Cappello. Ces jolis ouvrages, déjà loués par Misson , s'exécutent en Bohême sur des dessins envoyés de Milan. Ils offrent des vues de monuments et même du dôme, dont les détails et la perspective sont accusés avec beaucoup d'exactitude et de netteté. Le prix du tableau d'environ un pied carré, est de 100 fr. ; il y en a de plus petits qui coûtent moins.
Marchands de Nouveautés. — Manini. —
BniGANTI.
11 faut avoir soin de stipuler si le prix des
• V. les Voycujcs, liv. 111, rhap. 1, -2, \li, ^2{).
emplettes est en livres milanaises , autrichiennes ou italiennes: les premières v;ilent 76 centimes ; les livres autrichiennes 87 centimes ; et les livres italiennes 1 franc.
Marchandes de Modes. — M.'"" Ca.rron-Ri- BiER. — M."' Joséphine. — M."' Rachel.
Tabacs. — D'excellents cigarres de Virginie se trouvent clans le royaume Lombard chez tous les débitants de tabac.
Bains. — 11 y en a dans les grands hôtels et dans les divers quartiers. Bains russes au bourg de Porta-Nuova.
Citasse.
La riche culture des environs de Milan, plantés de mûriers et d'arbres fruitiers, rend impraticable la chasse à courre. On est réduit à la chasse au tir, peu attrayante, car il y a moins de gibier que d'amateurs. Tout le monde peut chasser et sur tous les terrains, moyennant un permis qui se paye oO livres autrichiennes (26 fr. 10 c). Le propriétaire même n'a aucun privilège , et il doit céder le pas au chasseur qui le précède , sur son proj^re terrain. Il n'y a guère que des oiseaux de passage. Les perdrix ne se [)ropagent point