‹ L'Italie confortable manuel du touristeChapitre 25 sur 125 · M'.M.SE · texte numérisé non relu

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1rs dames, reste cependant ouvert Ictutc la nuit, en toutes saisons, et il ne ferme jamais. Florian était autrefois l'homme de confiance , l'agent universel de la noblesse de Venise. Le Vénitien qui descendait chez lui avait des nouvelles de ses amis et de ses connaissances ; il savait l'époque de leur retour, et ce qu'en son absence ils étaient devenus ; il y trouvait ses lettres , ses cartes , et probablement aussi ses mémoires ; enfm , tout ce qui le concernait avait été fait par Florian avec soin , intelHgence et discrétion. Canova n'oublia jamais les services plus essentiels qu'il avait reçus de Florian au commencement de sa carrière, lorsqu'il avait besoin d'être connu , et il resta son ami jusqu'à la lin de sa vie. Florian étant alors tourmenté de la g;outte qui se portait souvent aux pieds, Canova fit le modèle de sa jambe , afin que le cordonnier pût prendre sa mesure sans le faire souffrir. Cette jambe de limonadier ne me paraît pas faire moins d'honneur à Canova, que son Thésée; il est doux d'estimer l'homme après avoir admiré l'artiste.

Au Môle, café du Foxso. — De la Veneta Marina on jouit d'une charniante vue. —

L'Alroke et I'Albeuo d'Oro sont l(>s estaminets des jeunes élég:ants.

Tluhiircs. — La Fenige. — A.poll<j. — Saint- Benoit. — Malibran, qui doit son nom à la grande cantatrice, et qui aujoiu-d'hui, théâtre diurne, sert aussi de cirque ])our les chevaux. — Saint-Samuel. — Petit théâtre des marionnettes à San-Mosè '.

11 j a toujours des loges à louer à La Fenige ; il ne faut s'y prendre d'avance que pour les dernières représentations du carnaval.

Le RiDOTTo à San-Mosè donne l'hiver plusieurs fois par semaine des bals masqués; le reste de l'année, on y expose des panoramas et autres tableaux dits j>ittoresques. Il a offert récemment le modèle du chemin de fer qui doit en 8 heures emporter de Venise à Milan.

Libraires. — Missiaglia, aujourd'hui le GoNDOLiERE. Cette vaste et intelligente librairie a deux maisons , place Saint-Marc , l'une j)our les livres italiens, l'autre pour les livres étrangers et italiens. Indépendamment de ses ])ublications littéraires et artistiques , telles que la Bibliolccd Clnssica Iluliarui , 100 vol.

■ V. les Voyages, liv. VI , chap. 21.

in-18; la Bibliotcca dcll' Ecrlrsiastico , 100 vol. 111-8."; les Sili Pittoresclii e Proftpettivi, délie lagune venele, beau volume in-8". ; L'yinello di seltc Gemme ^ 1 vol. in-8° ; le Cimilerio dl Venezia, 1 vol. iu-S."; elle a créé le Gondoliere. Ce journal, paraissant tous les samedis, a pour rédacteur M. L. Carrer, poète et improvisateur vénitien . dont la jeunesse mérita les éloges de Byron , aujourd'hui critique piquant, judicieux, et qui rappelle Addisson et Gozzi.

— Caxciam , pour les livres anciens. — Gnoato.

Cabinet de Lecture, du Gondoliere , place Saint-Marc.

Ateliers. — Peintres: MM. Schiavoni; Lippa- RiM ; Gregoletti; Duse; Busato; Borsato, pour les tableaux de genre; Viola, paysagiste; BoRSA , pour les scènes populaires. — Sculpteur: M. Ferrari, fils d'un bon sculpteur, artiste de vingt-quatre ans, de la plus haute espérance, qui annonce à l'Italie un digne compatriote et un héritier de Canova. Une figure de la Mélancolie , et surtout un Laocoon, même après le groupe antique, ont excité l'admiration universelle.

Magasin de Tableaux desaneiens maîtres. — La collection de notre compatriote M. de Ci- VRY est au premier rang et présente parfois d'authentiques chefs-d'œuvre , dignes des galeries royales.

— Barbini. — Sanquirico,

Magasins d'objets d'art et de papeterie élégante, du GoNDOLiERE, à l'iustar de Susse et de Giroux.

Lilliographie. — Bel établissement de M. Gaspari, qui a déjà reproduit trente des plus grands tableaux de l'école vénitienne.

Petites chaînes d'or si estimées pour la finesse du travail et la pureté de l'or ; chez, CuccHETTi et les autres bijoutiers , même les plus petits. Les prix varient selon la délicatesse du travail.

Pharmacies. — Mantovani. — Ongarato.

— Galvani. — La pharmacie Mantovani est réputée depuis long-temps pour sa teinture d'absinthe, si stomachique, dont elle exportait jadis en Europe pour environ cinquante mille écus par an , et dont elle fournit encorcî aujourd'hui toute l'Italie. Les célèbres pilules de Saint-lM)Sca ou dcl Piovano (du curé), qui ont j)our ingrédient |)rin<i();il l'iiloès. sont un

laxatif doux et sûr, fort convenable au voyaîïcur. Trois ou quatre suffisent. L'ancienne pharmacie où (^lles se manipulent est encore à Saint-Fosca. On ne sait trop l'origine de leur seconde dénomination ; peut-être sontelles de l'invention de quelque curé; car, en Italie , les curés font aussi un peu de médecine, usage salutaire qu'il serait bon d'imiter, et qui les rend encore plus secourables aux pauvres.

La célèbre tliériaque de Venise , qui jadis se manipulait solennellement sur la place Saint-Marc , en présence des magistrats , ce médicament historique, n'a rien perdu de son ancienne supériorité , et les voyageurs ne feront pas mal d'en emporter. Je tiens de M. le docteur Le François, habile médecin de Versailles , qu'une dyssenterie opiniâtre et contre laquelle avait échoué la thériaque préparée dans les premières officines de Paris, a promptement cédé à celle que s'était procurée à Venise, un ami du malade.

L'eau de mélisse , qui se vend à la pharmacie des Capucins du Rédempteur, est un parfum excpiis.

Confiseur. — Franceschi, renommé pour sa

délicieuse coniitiire de pèciws (pcrsegadd) , le premier des (/o/ci vénitiens , et qui se vend 2 l'r. la livre.

Magasins de Soieries et de Nouveautés. — Tropeam. — Caron.

Couturière et marchande de Modes. — M."'* Adèle, qui reçoit tous les jolis pompons et toutes les créations de Paris.

Tabacs. — Le tabac et les cigarres vénitiens sont médiocres, mais il y en a d'excellents à Trieste. On peut s'en procurer dans cette ville à la ferme générale par l'entremise d'un ami ou correspondant . et les recevoir par le bateau à vapeur. Ces cigarres de Trieste, vrais la Havane , qui ne coûtent comme les nôtres que h sous, doivent décider au voyage certains amateurs.

Perles de Murano. — Les trois manufactures de grosses perles coloriées dont la principale est celle de M. Dalmistro, gardent mystérieusement le secret de cette fabrication brillante , peu chère , et qui permet à la médiocrité l'éclat et le luxe apparent de la richesse. Les Vénitiens apprirent l'art de la verrerie des Grecs , très jaloux de leur secret . et ({ui avaient conservé de l'antiquité la tra-

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(titioii dv ce travail. Le sable de Tyr , qui donnait la transparence au verre des anciens, put être aussi employé par les Vénitiens, lorsqu'ils fir<>nt la conquête des mêmes bords. Depuis quehiues années, on a retrouvé et j.ratiqué à Murano l'industrie de V aventurina ^ depuis long-temps perdue.

Le port franc a ranimé Venise. La population qui baissait , s'est quelque peu accrue ; elle monte aujourd'hui au-delà de 110,000 habitants, et augmente chaque jour. C'est avec une joie extrême que je rétracte les prophéties de malheur prononcées dans les Voyages, contre cette belle cité, et qui alors n'étaient que trop vraisemblables. L'importance qu'a reprise l'Orient s'y fait de nouveau sentir ; on vient d'instituer une société pour le commerce des Indes ; une cUgue s'élève pour abriter les bâtiments étrangers ; enfin , le chemin de fer de Milan, déjà commencé, doit en huit heures faire communiquer Venise avec la plus opulente des capitales de l'Italie,

En attendant ces nouvelles destinées, le port franc a mis les vêtements à un prix modéré ; les draps de France et les étoffes anglaises arrivent en ((uantité . et \\m vient de la terre

()l\ VENISE.

ferme, et même jusque de Milan, s'habiller à Venise , où se tr<mve d'ailleurs un fort bon tailleur, Antoine Falle.

Chasse.

La chasse, belle par le voisinag;e des marais, s'étend sur tout le littoral depuis Aquib-e jusqu'au port ancien et historique de Gaorlo, aujourd'hui ruiné. Les canards sauvages et les plongeons abondent. Cette chasse, pour laquelle les Vénitiens étaient très passionnés, formait jadis un des spectacles solennels et joyeux, particuliers à leur pays, et qu'a si bien décrits M.'"" Justine Renier Michiel.

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