‹ L'Italie confortable manuel du touristeChapitre 39 sur 125 · COVIGLIAIO · texte numérisé non relu

COVIGLIAIO

Bonne auberge, à la Poste.

CHAIMTRK \l.

FLOllEACE.

(limât et Hygiène. — Hiver humide par les bi*oiiillards, et froid; été brûlant. Le tlieriiiomètre montejusqu'à 29 degrés ; mais l'air alors est très salubre , et il n'y a pas de serein. Aussi le célèbre médecin Coccbi disait qu'il était impossible de vivre à Florence l'hiver et d'y mourir l'été. Ce climat a toutefois éprouvé quelque variation l'hiver depuis la coupe d'une grande partie des bois de sapins qui couvraient l'Apennin et le mont Moreilo, distant de deux lieues de Florence. Il est aujourd'hui comme ailleurs humide par le vent du sud, froid par le vent du nord, et beau quand il n'y a point de vent. Les étrangers doivent se bien couvrir lorsqu'il y a du vent , car Florence réunit alors plusieurs sortes de climats opposés. Le Jjmg'Arno a la douce température de Nice, tandis que dans les autres quartiers l'atmosphère varie tellement , qu'elle devient redou-

table même aux indigènes. De là naissent les maux de gorge et .les maladies de poitrine.

La seule eau potable de Florence est fournie par la fontaine peu abondante de la place Sainte-Croix; par celle du palais Pitti, qui vient de Montereggi . au-dessus de Fiesole , ainsi que par les puits artésiens de la place Sainte-Marie-Nouvelle et de Saint-Mare, eau bonne, légère, mais qui ne jaillit point et ne vient qu'avec la pompe. La population boit l'eau insalubre et tartreuse du puits de cliaque maison, qu'elle ne cherche même point à corriger par l'introduction des fontaines iiltrantes, et qui produit le teint plombé et les maladies de foie des habitants.

Eau minérale dcl Tcttucio, qui se vend chez les pharmaciens , agréable et purgative.

Médecins. — MM. Betti ; Punta ; Roma- NELLi ; BussoLiNi ; Gallizioli.

Cldrargicm. — MM. Mazzoni ; Andreini ; Zanaetïi; Biagi.

Médecin anglais. — M. Playfair.

Les Florentins payent par visite au médecin de la maison 5 pauls, au médecin appelé extraordinairement, 10. Le prix des consultations est de 20 pauls.

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Comestibles. — La clière de Florence est abondante et délicate. Le veau, la chair d'agneau , la volaille , sont excellents , ainsi que l'esturgeon, l'ombrine, les huîtres, le thon, les anchois et les ragnoles qui viennent de l'étang de Biguglia, en Corse. Le beurre vendu à la cascine du grand-duc, très frais, porte encore pour estampille les boules [palle) des Médicis. Le jambon [prosciutto) du Casentino passe pour le premier de l'Italie.

La Toscane produit diverses sortes de champignons estimés, et qui se trouvent en quantité au marché de Florence. On distingue la morille (spugniolo) ; le savoureux hydne blanc {stecclierino) ; le délicat agaric [cicciolo) ; le salubre mousseron {prugnolo di maremma) ; la fme, blanche oronge [cocolla bianca) , et surtout la superbe oronge [novolo ordinario).

L'excellent raisin, rouge, blanc ou noir, à grosses et longues grappes, dit pergolesCj, des grandes treilles sur lesquelles il vient, et dans les anciens auteurs florentins brumeste, est le brumaste antique, qui tirait son nom du mot grec signifiant mamelle de vache. L'analogie a été savamment reconnue par le grand agronome bolonais du XIIL' siècle. Pierre Cres-

cM^nzi . dans son Traité d' Economie rurale [Optis riiratium commodorum , libri XII); et par l'agronome ilorentin du XVI/ siècle, Victor Sodcrini, dans le Trait ato délia Coltivazione dellc vitl e del frutto che se ne pub cavare. Le pergo- /^.sf se récolte trois fois l'année, en septembre, novembre et janvier. Cette dernière vendange ne donne point de vin ; l'on choisit les grappes bonnes à manger ; le reste sert à faire Vagresio, liqueur blanche, acide, employée dans la cuisine comme le jus de citron. On fait encore sécher ce raisin au four ou au soleil.

Les pêches . les fraises et les ligues sont délicieuses. M. Cooper recommande, comme une recherche et un progrès gastronomique, de prendre à Florence, après la soupe, une de ces figues fraîches , mais une seule , car une deuxième gâterait tout l'effet de la première , qu'il met au-dessus du vin de Madère offert aussi à Paris, comme apéritif, après la soupe. Il ne faut point s'épouvanter, comme le recommande M."" Starke, des plats doux et des sucreries à la fleur d'orange, parce que celle-ci ne serait qu'une distillation de feuilles de lauriers. La fleur d'oranger abonde à Florence, et il n'y a aucun tnotif pour la ménager. Les

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mets véritablcinciil dangereux sont ceux ([ui ont le goût de l'amande amère, où la falsification indiquée se réalise par l'emploi du lauriercerise, poison actif, qui produit de violentes coliques.

r^ins. — Vin rouge {aleatico) très fort, capiteux. Vin blanc très stomachique , dit vcrmout , infusé d'absinthe.

Les Dominicains de Saint-Marc , dont la pharmacie n'est pas moins renommée que celle de Sainte-Marie-Nouvelle ', vendent de petits sacs contenant les drogues nécessaires à mêler dans une certaine quantité de vin blanc, et qui en font un excellent vermout. Le vino santo et le moscadello , autre sorte de vin blanc , sont très sains et très recherchés. Le prix varie de 3 à Ix pauls le fiasque, d'environ deux bouteilles.

Il se détaille dans plusieurs palais, des vins du crû des maîtres à un paul (il sous) le fiasque '. C'est renche service aux gourmets que de leur indiquer les palais où se trouvent véritables ces agréables vins de Toscane , si bien chantés par Redi. Plusieurs valent mieux au-

' V. ci-après, pag. 101.

" V. les Voyages, liv. X, chap. 15.

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jourd'liLii qu'au temps du poètt' ; la numière de les faire a été perfectionnée par les pro- ])riétaires, qui ont introduit les méthodes de France. Ils se gardent et supportent l'exportation , dont la plupart des vins d'Italie passaient autrefois pour incapables.

Le Chianti se vend chez le baron Ricasoli ' ; le Pomino, chez M. Quaratesi; le Carmignano, chez MM. Albizzi , Masellini et l'évêque de Fiesole; le San-Martino^ chez M. Riccardi et les héritiers Venturi; le Montisone ou Antelltij, chez MM. ToRRiGiANi et Maxelli; le Villamagnat chez MM. Peruzzi, Lapi et Albruck.

Auberges. — * Schneiderff. — * M.'"'" Hom- BERT. — *L'Arno. — Hôtel d'Yorck. — Les Armes d'Angleterre. — Les Quatre Nations. — La Fontana.

Agréable villa de M.'"' Hombert sur les bords de l'Arno , à quatre milles de Florence , où se louent des appartements garnis avec ou sans la nourrit lU'e.

Les Florentins prennent des pensionnaires. Un logement propre et une bonne nourriture reviennent à moins de 100 francs par mois.

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