II.ORKNCK. JU
dcvaiil les Ziiulic, maison de Ja dette, les vainqueurs s'arrêtèrent, lirenl une eullccte et délivrèrent tous les prisonniers.
La petite eulture, le jardinaî;e d<'s environs de Horenee . n'y J>ermettent jiuère aujourd'hui la eliasse au tir. La principale chasse des propriétaires aisés se fait au paniaio. On appelle paretaio un enclos au centre duquel est un bosquet , où l'on place des oiseaux en cage et des pinsons; ces derniers privés de la vue depuis une année, ce qui donne à leur chant un attrait particulier. De chaque côté sont tendus deux larges lilets (paretelle), dont les bouts au moyen d'une corde communiquent à la cahute où se tient le chasseur. Aussitôt que celui-ci aperçoit des oiseaux dans le bosquet , il tire la corde , et les filets , en se refermant avec rapidité , les y retiennent prisonniers.
Une autre chasse de la classe aisée est la ragnaiaj, vaste filet dont on entoure un petit bois, et dans lequel, à force de bruit, on pousse les petits oiseaux , qui y restent engagés.
Mais la chasse favorite , la chasse populaire est la chasse au hibou (civctta). On attache
à un piquet , avec une ficelle d'à peu près trois pieds , l'oiseau de Minerve. Il a été dressé à certains sauts et à certaines révérences, qui attirent les autres volatiles. Le chasseur se pourvoit de petits bâtons enduits de g;lu (panioni) et enfdés dans un tuyau , ainsi que d'un instrument qui imite le chant des rou^egorge. Dès qu'il en voit ou entend quelques-uns, il place ses bâtons et siffle. Les oiseaux , trompés par le son , s'approchent , et , curieux des évolutions du hibou , viennent se placer, pour les mieux contempler, sur les bâtons luisants où ils restent collés.
Le pétulant, le fantasque, le rapide peintre Jean de San-Giovanni était, en vrai Florentin , passionné jiour la civclla. II avait obtenu du g;rand-duc Ferdinand II la permission de s'y livrer aux Caséines, faveur que lui valurent les fresques de la grande salle du palais Pitti, le plus important de ses ouvrages, f|ui représente /f.s Sciences et les Arts chasses de la Grèce 3 et recueillis par Laurent de Medicis , où , parmi les détails bizarres , trop ordinaires à l'artiste, on remarque uneSATYRESSE, Sa])lio fustijîée par une Furie, et le Dante, en robe rouge, précipité de l'escalier qui con-
(luit au Parnasse. Les Cascincs sont une chasso réservée. San-Giovanni , surpris un jour ]iar les g^ardcs, y fut arrêté. Comm(; il traversait le Mercato Nuovo à une heure , mouK^nt de la promenade du beau monde, ses nombreux amis demandèrent aux sbires pourquoi ils l'amenaient. C'est, répondaientils, pour l'avoir trouvé chassant aux Caséines sans permis. — Comment! sans permis? s'écria l'artiste, en le tirant de sa j)oche. — Et pourquoi ne l'avoir pas montré plus tôt? — C'est que je vous aurais épargné la huée qui vous attend. Les sbires, honteux, s'enfuirent au plus vite , honnis et siffles par les spectateurs , tandis que San-Giovanni triomphait du succès de sa mystification.
La chasse dite pittoresquement al diluvio, se fait pendant les nuits froides et obscures. Le chasseur s'arme d'une perche au bout de la- ([uelle lient une lanterne entourée d'un grand cercle qui étale, en forme de parasol, un filet enduit de glu , et qui porte le nom terrible de (liavnlaccio (gros diable). Il marche ainsi le long des haies et des buissons qu'il frappe avec un bâton, afm d'en faire partir les noml>reux oit^eaux. blottis dans le fourré contre
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la rigueur du tomps. Ceux-ci, ue voyant au milieu des ténèbres que la lumière de la lanterne , se précipitent vers elle , et restent pris dans les mailles du filet.
Les paysans aiment surtout la chasse au (juerciaolo. Ils effeuillent un petit chêne ou un olivier dont ils garnissent les branches d'un grand nombre d(; petites baguettes enduites de glu. Des oiseaux en cage, placés au-dessous, appellent par leur chant ceux qui volent aux environs , et qui , préférant se poser sur les branches polies , viennent s'empêtrer dans la glu.
La plus productive de ces chasses est celle dite des reti aperte dirigée contre les alouettes. Elle se fait surtout entre Prato et Pistoie , où les bons oiseleurs en prennent par jour jusqu'à cent cinquante et deux cents.
Le Grand-Duc chasse le faisan et le lièvre aux Caséines et au Poggio di Cajano, et le sanglier dans les Maremmes, et à la Cecina, tenant à la ferme de San-Rossore , près Pise. 11 distribue aux dames de la cour et aux gentilshommes le gibier de ses chasses, auxquelles il invite les ministres étrangers, ainsi que les voyageurs de distinction. Ces chasses
ILOIŒNCE. 111
llorentines fuient illustrées par la présence de M. de Lamartine . que le Grand-Duc, si courtois envers les diverses célébrités de la France , y admettait. Voici en <[uels termes vifs, pittoresques, le grand poète et orateur aussi, a bien voulu nous peindre la chasse des Maremmes. Il linira cet article de vénerie que le Dante a commencé :
« La chasse dans les Maremmes se fait ainsi : On met trois cents traqueurs dans le fourré. On se porte à cheval aux issues : des centaines de sangliers sortent. On court sur eux armé d'un lacet. Ils s'y prennent. Le cheval se butte sur ses jarrets de derrière et retient l'animal. On le tire, et on le tue. »
EiiYiroiis.
ARCETRI.
Délicieux vin blanc dit verdea, de sa couleur tirant sur le vert. Redi l'a chanté dans son dithyrambe de Bacco in Toscana:
La verdea soavissima d'Arcetri.
C<' vin a dû plus d'une fois faire répéter à l'immortel captif d'Arcetri, Galilée, son mot: // vino c un compnato di It/ce e d'nmore.
PISE
PISE
LIVOÏIRIVE.
POSTES
De Florence h Lastia 1 —
Ambrogiana 1 —
Scala 1 —
Castel dcl Bosco 1 —
Fornacettc 1 —
PiSE (1) 1 —
LiVOLUNE (2) 2 —
PISE
Climat et Hygiène. — Climat agréable le jirintemps et l'automne, lorsqu'il ne pleut point horriblement, ainsi que s'en plaignait Alfieri dans son violent sonnet:
« A demi dormant , je demande : pleut-il ? » Mezzo dormendo ancor domando : piove ?
Douée température et chaleur du quai de Lung-Arno pendant l'hiver. Le thermomètre ne descend jamais au-dessous de 2 ou 3 degrés. Cette température de Pise , toujours justement célèbre, est produite par les monts qui la ceignent, et qui empêchent, comme
l'ISE. ilo
avait dit le Dante, les Pisans d'apercevoir Lucques :
Si die i Pisani veder Lucca non ponno.
L'atmosphère toutefois n'est pas sans humidité, et varie fréquemment lorsque lèvent souftle; ce qui porte presque toujours le dernier coup aux asthmatiques. Le calme de Pise et sa bonne compagnie doivent y seconder l'effet des remèdes et du climat.
Mèdccin-Cliirurglen. — M. le professeur Regnoli , digne à la fois de son maître Dupuytren et de son prédécesseur Vacca, et regardé comme le premier chirurgien de l'Italie.
Comestibles. — Pain et eau renommés.
Excellent beurre de la Caséine de san Rossore'. Le beurre, dont l'usage ne s'est ré- ])andu en Italie que de nos jours , par le concours des voyageurs, était déjà bon à Pise il y a plus d'un siècle et demi, et Misson , quoique à demi Anglais, en avait été content.
Tanches, carpes, brochets.
Auberges. — Les Tre Donzelle. — Le Hussard. — La Colombe. On est bien à ces deux dernières pour 5 francs par jour.
■ V. les Voyages, tiv. XT, chap. 16.
114 l'isE.
II y a de nombreuses et bonnes maisons garnies. Un bel appartement de huit pièces au premier ou au second, au midi, sur l'Arno . se paye au moins de 50 à 00 francescim'i (280 à 336 iV.). Le diner revient à 5 pauls par tête.
Café. — Le Hussard.
Libraires. — Nistri. — Capurro.
Marchand d'Albdlre. — A peu près aussi bien assorti qu'à Florence , et beaucoup moins clier.
Campo-Santo. — Au cicérone, 1 franc.
Baius de Saint-Julien.
Ces bains, autrefois célèbres, sont moins fréquentés depuis quelques années que ceux de Lucques, plus ap'éablemcnt situés'. La température monte de 27 à 31 degrés. L'illustre médecin de Florence, Cocchi, avait analysé ces eaux et reconnu leur effet, soit comme boisson , soit comme eau thermale. Dans le premier cas, elles agissent efficacement contre les humeurs visqueuses , les vomissements , les maux d'esto-
' V. les Voyages, liv. XI , chap. 18.