V. les Voyages, liv. X, chap
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Ciibincl Lillcniircct Sdcnti/U/ue de M. Vieus- SEUX '.
Ateliers. — Peintres : MM. Benvenuti ; Sabattelli ; Be7/aloli ; jNenci; Mussim. — Sculpteurs: MM. Bartolim , sculpteur européen, surtout pour les bustes"; Bazïanti ; CosTOLi ; Po'Azi ; Santarelli. — Graveurs : MM. Geri-Perfetti; Lasinio ; Lore^zi, artiste sourd-muet, dont l'infirmitére hausse le talent.
Grand magasin de M. Bardi, éditeur de la galerie Pitti, où se trouvent l'œuvre de Raphaël Morghen et toutes les plus belles gravures modernes.
Magasins d' Albâtre. — Pisam. — Bazzanti, — Bonelli.
Magasin de Porcelaine. — Dépôt des agréables produits de la manufacture du marquis GiNORi. la principale de l'Italie '\
Tabletier. — Prinoth , le Petit-Dunkerque de Florence.
Marchand de Soie. — Burgagni.
Magasin de Chapeaux de Paille. — Gonin.
' V. les Voyages, liv. X, chap. 8.
' V. les Voyages, liv. X, chap. l/i, 20; et liv. XI, diap. 3.
* V. les Voyages, liv. XI , chap. ^i.
Le prix est indétcnniiK'. Tel de ees ehapeaux qui compte au-delà de IGO tours, revient à 1,500 francs, et même à 2,000 francs; alors cette somme ne représente pas la valeur réelle, et le vendeur profite de la rareté et de la perfection du travail. Pour 100 francs on a un chapeau commun , qui paraîtrait beau à Paris <;t qui s'y payerait plus du double. D'après le récent et l'instructif Voyage de M. Fulchiron, dans r Italie Méridionale , qui ne se vend pas ', l'exportation des chapeaux de paille en France et principalement à Paris, s'élevait pour 1837, à 577,076, ainsi divisés : /t43,359 à 3 francs la pièce, et 133,717 au prix moyen de 15 francs, dont la valeur était de 3,335,792 francs. L'exportation totale en 1836, avait donné 4,600,000 fr. , produit normal des exportations de cette industrie si utile, puisque la matière première n'est d'aucune valeur et qu'elle acquiert tout son prix de la maind'œuvre. « Comment, remarque M. Fulchiron, une culture et une industrie si faciles, n'ont-elles pas été introduites en Provence
■ Lyon, imprimerie de DiMori.iN , Ronet et Sibult, paî». 66 (lu lome I/', le seul publié.
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et en Languedoc, dont le climat est le même que celui d(\s États toscans? Le tenter serait un acte patriotique. »
Pharmacies. — Forini '. — Giuntini. —
J*ILITI.
Parfumeurs. — Rambert. — Lambert-Couture. Ce dernier vend aussi des vins et des liqueurs de France, et tient tout ce qui concerne les ouvrages des dames comme notre Père-de-Famil/e.
Les essences distillées par les Dominicains de Sainte -Marie -Nouvelle jouissent d'une juste célébrité. L'alkermès s'exporte par tout l'univers. L'eau de miel (acqua di mêle) est un spiritueux agréable et fortifiant. La poudre tl'iris, Heur indigène en Toscane, unique par l'agréable et le salubre parfum qu'elle communique au linge, est encore recherchée pour la toilette des dames et la peau.
Le chocolat de la pharmacie de Sainte- Marie-Nouvelle, passe pour le meilleur de Florence et s'exporte aussi. Cette ville est la première en Italie où il fut introduit par un
' V. sur l'Apotliicairerie à Florence, les Voyages, liv. X, chap. 13.
de ses citoyens , François-Antoine Carletti , jeune et ardent voya^reur, mort à Macao, le 20 juillet 1598, à peine àgc de ving-quatre ans.
Tapissier-Lampiste. — Buonajuti, très intelligent , comme plusieurs de ses confrères des grandes villes d'Italie, pour l'entreprise des bals et des fêtes.
Marchand de Nouveautés. — Quadri.
Marchandes de Modes. — Les sœurs Besançon.
Couturière. — M."" Casaglia, couturière de la cour, à la mode.
Tabacs. — Lorsque Turcaret propose a la baronne de donner au chevalier une direction en province, elle répond « que son cousin est homme de qualité , et que ces sortes d'emplois ne lui conviennent point. » Au moment de la révolution . il n'y avait plus de Turcaret parmi les fermiers-généraux ; plusieurs étaient distingués par les agréments de l'esprit , la magnificence et les encouragements qu'ils accordaient aux lettres et aux arts. Quand Napoléon créa les droits-réunis , il ordonna au directeur-général d'accorder les emplois princij)alement aux parents de ses généraux et aux émigrés rentrés. Il fallait presque à
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cette époque jxdir être placé, faire preuve de plusieurs quartiers. Depuis deux aus , M. le comte Anatole Demidoff a obtenu la ferme des tabacs de Toscane , et il y a introduit des améliorations. Ses cigarres, dits la HavanCj, sont assez bons et ne coûtent la pièce que 6 qiiattrinl (8 centimes). Il y en a d'inférieurs encore à meilleur marché.
Bains. — Bains magnitiques , rue Sant- JpostolOj chez Peppini , non loin des anciens thermes romains. Le prix avec le linge n'est que d'une livre toscane (80 centimes). Pour trente cachets , 20 livres.
Citasse.
Le goût , la passion de la chasse est antique en Toscane. Deux grands vases étrusques de la galerie Corazzi de Cortone , offrent des chasses au cerf et au sanglier, et plusieurs statuettes représentent des chasseurs. Le Dante était un oiseleur infatigable ; il a pris fréquemment d'admirables comparaisons de la chasse à l'oiseau :
« Comme un faucon qui sort du chapeau, remue la tète et s'aj)plaudit de ses ailes, se montrant prêt et se faisant beau. »
lOll FLORENCE.
Quasi falcone rh'esce cli capello Miiove la testa e cou l'aie s'applaitde, Voglia mosirando e facendosi bello '.
11 semble toutefois s'aceuseriiigénumeiil de cette faiblesse dans ce beau vers du Piirs:aloirr :
« Connue fait d'ordinaire celui qui perd sa vie après ces petits oiseaux. »
Conie far suole
Chi dietro alVacccllin sua vita perde '.
L'équipage de chasse des riches marchands florentins du XIV. '^ siècle était presque royal. Ani^'e PandoHini, l'illustre auteur du Govei'iio délia FamigUa, traité à la fois de philosophie, de politique et manuel de la maîtresse de maison, r:ipporle (pie les parties de chasse de ses fils se composaient de quinze à vingt cavaliers , sans compter les gens à pied qui menaient la meute. La chasse au faucon ( la Caccia al Falcone) est le sujet d'un joli poème de Laurent-le-Magnifique. Il a en huit vers consacré la mémoire de vingt-cinq de ses chiens, parmi lesquels son vieux Buonlempo : la
' Parad. Cant. XIX, ZU.
- Cant. XXXIII, .3.
cliasse se tormino par d'abondantes libations de vin blane :
Pare trcbbiano il vino, scndo cercone , Si fa la voglia le vivande buone.
Comme de nos jours, Va/eatico arrose les petits oiseaux pris à la chasse aux lilcts, d'ita paretaio, et man'ïés sur place.
Telle était la passion des Florentins pour ce plaisir, qu'au XVI." siècle ils se formaient en nombreuses compagnies de chasseurs sous les noms parfois bizarres d'Unitlj de Risokiti ^ de Dispcratij de Piattclli et de PiacevolL Ces compagnies avaient leurs costumes, leurs statuts , leurs dignités ; la chasse y créait l'égalité, car les simples artisans étaient admis, et les associés s'élevaient jusqu'à 2,000. Les deux plus célèbres furent les Piattelli, qui devaient leur nom à ce que le fondateur Pino, fabricant de balances, et ses joyeux compagnons mangeaient au même plat; et les Piacevoli, compagnie dissidente sortie de la première. Le déli [Disfida di Caccia) porté par celle-ci aux PiatteUijGsX le sujet d'une curieuse et élégante narration de Jules Dati, de la noble et docte famille florentine dt' ce nom. Parmi les Piocc-
lOG ri.oRKNCE.
voli ^ on remarque un Pierre Guichardin , neveu de l'historien, élu abatteur de gibier {^tirannanzi) , et surtout un descendant de Machiavel , Alexandre , passé par dépit des Pialtclli aux Piaccro/i. Ce Machiavel, grand chasseur, qui ne s'en tenait pas, comme son immortel ancêtre Nicolas, à la chasse aux gluaux '. fut élu un des (\ipocaccia ^ et il éleva si haut la fortune des PiaccvoU , que bientôt ils ne craignirent pas de se mesurer avec la compagnie dont ils étaient issus, et qui jusquelà passait pour invincible. Il est l'orateur disert, populaire et infatigable , et presque le héros de \u.Dis/ida. L'historien Dati, qui appartenait aussi aux Piacevolij, raconte dramatiquement la courte joie de leurs adversaires qui se crurent un moment vainqueurs, à cause des cent onze bêtes [fiere) qu'ils avaient abattues, tandis que les Piacevoli leur en opposèrent cent trente.
L'entrée triomphale de ceux-ci dans Florence offre un trait d'humanité plus intéressant que toute la pompe et tout le bruit du cortège, avec ses trois cents chiens en tête, et le char magnifique portant le gibier. Arrivés
' ^. les Voilages , liv. XI, rhap. 8,