CHAPITRE II
ROUTE DE GEXEVE A MILAK PAU LE SIMPLOIV.
POSTES
De Genève (1) à Douvaino
Thonon
Evian
S. Gingolph (2). . .
Vionnaz
S. Maurice
Martigiiy
Riddes
SlON (3)
Sierre
Tiutmann
Viège
Brieg [k]
Berisal
SiMPLON (5)
Isella
Domo-d'Ossola (6).
Vogogna
Baveno (7)
Arône (8)
Scsto Calendc (9). .
Gallaiatc
Lcgnanello
Rho
Milan
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CEWi^l-ï.
Si je n'avais déjà tonte,, dans les Voyageai „ d'appréeicr le mérite intellectuel, la distinction
d«î Genève ', jcpnmvciais ([iielque mibairas ù no parler d'une telle ville que pour le climat . les produits et les eomestibles.
Malgré le voisinage du lae, l'air est plutôt sec qu'humide , et les libations de thé à l'anglaise y sont assez mal adaptées. 11 est vrai que, dans l'intérieur de sa famille , le Genevois eommence à s'en dispenser : il peut dire avec notre joyeux chansonnier: « Et par bon ton je prends du thé. » L'inconstance du temps n'est qu'incommode et n'a aucune insalubrité. Les étrangers doivent préférer en hiver le quartier de la Treille pour l'exposition . la vue et la température. Mais la Treille étant principalement occupée par les familles genevoises , on trouvera les mêmes avantages dans la rue Beauregard et sur la place Saint-Antoine.
Médecins. — Depuis l'illustre Tronchin , que toute l'Europe venait consulter, Genève a obtenu de l'importance médicale. Butini, malgré son âge avancé, était encore visité, il y a quelques années , par les étrangers qu'attirait sa célébrité. Aujourd'hui M. Gosse se recommande par la pratique et le coup-d'œil; M. Pré-
' \. les Voyages, liv. I, chap. 2.
1 f\ GENÈVE.
vosT ])ar la science; M. Lombard, jeune médecin, est d'une haute espérance; et M. Mau- Noin, chirurpen, traite d'une manière supérieure les maladies des jeux.
Comestibles. — Le lac fournit d'excellents poissons , mais en assez petite quantité. On recherche les truites et les omhres-chevaliers. Il était jadis d'usage que la république envoyât chaque année en présent au roi de France un plat de ces truites, qui pèsent parfois plus de 30 livres. La ferra, vantée par Rousseau, peut-être parce qu'il l'aimait , et dont il a fait le dernier repas de Julie , n'est qu'une sorte de barbeau assez fade, peu chère et commune; il n'en sera mangé que par économie ou par sentiment.
yiubcrges. — * Hôtel d'ANGLEXERiiE à Secheron , magnifique. — Hôtel des Bergues. — La Couronne. — La Balance. — L'Écu de Genève.
fcgrfeBMAN, aussi restaurant, est le seul qui tienne les comestibles français, des huîtres et des poissons de mer.
Omnibus. — De commodes omnibus, partant de quart-d'heure en quart-d'heure, conduisent à Carouge , Lancy, Ferney,Vandœuvres, Moiii:i7,.
Bateaux à vapeur. — Pendant la plus grande partie de l'année , deux excellents bateaux à vapeur vont chaque jour de Genève à l'extrémité du lac , et reviennent en touchant aux j)orts intermédiaires de la rive droite. Il y a deux départs et deux arrivées par jour durant la belle saison. Ces bateaux font aussi des courses d'agrément, et même le tour du lac complet. Cette promenade prend douze heures environ , y compris une station de deux ou trois heures dans une des villes riveraines , soit à Vevey, soit à Evian, où l'on dîne.
Cafés-Glaciers. — Croisier, avec salon pour les dames. — Baudit, au théâtre ; le salon des dames, le soir, devient le foyer. — Café de la
COURONISE.
On trouve aussi de bonnes glaces chez Ca- PELct RoBBi, chez les frères Favre, confiseurs, qui tiennent aussi d'excellents sirops et de iuies pâtisseries.
Libraires. — Cherbulliez, librairie française et étrangère. — Triboulet, livres anciens. — — De Chateatjvieux, librairie catholique. — Kauffmann, ouvrages religieux. — Suzanne Gleus , livres méthodistes. — Ledouble, langues étrangères. — Kessmann , livres aile-
mands. — Pelletier, antiquités, estampes rares, objets d'art.
Cabinets de Leclure. — Les étrangers sont admis avec la plus libérale hosj)italité à la Société de lecture ^ établissement très bien conçu, fondé en 1818, qui reçoit les journaux scientifiques et littéraires , les diverses revues et les principales nouveautés, et qui possède au-delà de 30,000 volumes. Il suffit de la simple recommandation d'un sociétaire pour obtenir une carte d'entrée valable un mois.
Le Cercle littéraire est une institution à peu près semblable , quoique un peu moins grave. Ily a salon de conversation, plusieurs billards ; on y joue et l'on y fume.
Magasins d'Estampes. — Manéga frères. — Briquet et Dubois.
Les étrangers tiendront pour suspects les costumes pittoresques des paysannes genevoises, si on leur en montre. 11 n'y a point de paysans à Genève ; la ville et la campagne se recrutent l'une chez l'autre; leurs droits politiques sont égaux, et les postillons mêmes sont en frac , en chapeau rond et en gants.
Horlogerie 3 Bijotiterie. — L'horlogerie et la )»ijonlerie sont l'ancienne <'t caj)itair industrie
ciiNihii. 17
(le (IciU'Nc. Il s'y fabriquo à peu ju'ès 100, 000 inoiilrcs ])ar an. Une bonne montrocn or vaul (le 300 à 500 l'r. , et peut même aller jusqu'à 1.000 fr. M. N[c<iT. jeune horlojïer, fal)ri([ue de jt)lies petites montres qui, eontre l'ordinaire de ces sortes do bijoux, vont très bien; elles se vendent de /lOO à 600 Iranes, selon qu'elles sont plus ou moins ornées.
La bijouterie exéeute d'agréables parures, des eliaînes, des braeelets, des ceintures, etc. DuTEUTRE , Français , est cité pour les chaînes.
Boîtes à Musiqtte. — La fabrication de ces boites est une industrie nouvelle et particulière à Genève. Il s'en exporte considérablement en Orient et en Amérique. Les petites , à trois ou quatre airs , exécutent des romances , des valses , des galops ; les grandes , à six ou huit airs, des morceaux d'opéra, tels qu'ouvertures, symphonies, etc.
Depuis 1839 , le système décimal étant devenu le seul légal , on échappe aux anciens mauvais comptes , qui avaient donné lieu à l'anecdote d'auberge tant répétée et calomniatrice, qu'un étranger qui avait changé dix ou douze fois un écu dans les rues basses de Genève n'avait plus un sou en rentrant chez lui.
18 SK.N.
Magasms de Soieries , Lingeries , Elojfes anglaises. — M.™" AuBANEL, à la Cité. — M."" SoupAT , place du Bourg-de-Four. — Sciiérer et BoXxNETON. — PiCHOiRE. — Saint-Ange et Châtelain.
Marchande de Modes. — M."" Second.
Bains. — Des Bergijes. — Marin. — De l'Isle. — De la Poste.
Diligences. — Les bonnes diligences de MM. Ferrier et Breittmayer conduisent en Italie. Les diligences, aussi fort bonnes, de MM. Bovy et Thomann mènent à Milan, par Thonon et le Simplon.