La princesse Bclgiojoso
allaient se gâter. Le gouverneur a appelé Sterbini et Dragonetti et leur a dit qu'il aurait fait tous ses efforts pour qu'il pût rester. Il n'y avait rien de positif dans cet engagement. Gomme vous voyez pourtant, le public (qui, entre nous, tenait peut-être à avoir un petit carnaval de plus) s'en est contenté. Je m'attends à voir encore le bon Dragonetti relancé au premier jour; alors ce sera un joli crescendo.
Je ne conçois pas comment on a choisi ce brave homme pour en faire un Catilina. Évidemment on avait besoin d'un épouvantail — ou bien on a voulu détacher le public de Pie ÏX — ou bien... que sais-je? Ce n'est pas facile à deviner, tout ce pasticcio. Au reste, que tout ceci reste entre nous; il n'est pas bon de mettre le public dans toutes ces confidences. Pantaleoni * me dit vous avoir écrit sur les affaires courantes. Le conseil des ministres, autre pasticcio où le législatif et l'exécutif se confondent ensemble de plus belle ! mais voilà que c'est déjà contremandé ou ajourné, à ce que l'on dit.
J'ai été chez le pape lui parler de nos réunions et du programme, non pas pour demander permission de publier, mais pour savoir s'il me fallait rester après la publication; il a été charmant pour moi, et je reste. L'Ordre que le Saint-Père a fondé est comme tous les Ordres du monde; on vient de l'appliquer sur la poitrine de bon nombre de princes et ducs d'ici, de façon que du premier bond ; cela ne signifie plus rien.
Une circulaire a paru pour remercier des fêtes populaires et pour que cela finisse 2 ; quelques phrases, tout
1. Un des médecins les plus distingués de l'Italie, ami intime de Massimo d'Azeglio. M. Pantaleoni, membre de la chambre des députés romaine en 1848, et orateur très-écoulé, s'honora en protestant presque seul avec M. Minghelti , et publiquement , au milieu de la défaillance universelle, contre l'assassinat du comte Rossi.
2. « Pour les raisons ci-dessus exposées, le Pape désire voir
bonnement maladroites à mon avis, ont effarouché le public qui y voit une imitation du discours du roi de Prusse. Je ne m'en effraye guère, moi; mais j'ai cru toutefois opportun d'ajouter une note là-dessus, dans le Programme. — Balbo m'a écrit que l'article sur la politique de la France devait, selon lui, être concis et sans détails sur le personnel diplomatique de crainte d'irriter 1 ; je ne sais trop qu'en penser. Le fait est pourtant que je ne me sens pas de force à le faire pour être lu en France. Je ne voudrais tomber ni dans des banalités, ni dans quelque chose de trop amer. D'après la réponse un peu vague de Balbo, je n'ai pas pu comprendre s'il s'en chargerait ou non. Je lui ai écrit à ce sujet.
Le programme, à Florence, a été adopté; du moins, m'écrit-on, ha piaciuto. Je n'ai que deux mots de Galeotti 2 qui m'annonce une lettre plus explicite. Ni à Florence, ni à Turin, on ne l'a encore reçu; et, ou je l'ai seulement annoncé, on ne pense pas qu'il faille le signer collectivement. Cosi siàl
Lettres de Pantaleoni et de moi : j'espère que vous voilà renseigné pour le moment. Présentez mes hommages respectueux à M me Doubet ; — et remerciez la princesse de YAusonio* que j'ai reçu. Tout à vous.
mettre un terme à des démonstrations ruineuses, et chacun reprendre le cours de ses travaux , en attendant patiemment l'adoption des mesures que lo gouvernement proposera pour le bien du pays. »
1. A Turin, la diplomatie française semblait prendre à tâche, en ce moment, de provoquer le sentiment national. Notre ambassadeur avait déclaré publiquement que le livre du comte Balbo, qui venait de conquérir une universelle popularité, les Speranze d'Italia, insultait la France en menaçant l'Autriche.
2. Auteur d'un livre fort distingué qui parut en 1846 : Délia Souranità e del Governo temporale dei Papi ; plus tard membre de l'assemblée nationale de Toscane.
3. Revue mensuelle consacrée aux intérêts italien?, et qui paraissait à Paris.
AU MÊME
Rome, 6 juillet 1847.
Mon cher ami, nous venons de traverser heureusement une crise qui n'a pas été sans danger. La maladroite notificazfone de Gizzi pour remercier de la part du pape des démonstrations et prier que cela finît, et les quelques phrases entortillées où on se montrait décidé à ne pas satisfaire certains désirs, et à ne pas dépasser certaines limites, avaient prodigieusement contrarié.
On a commencé par causer, commenter et discuter comme on le fait à Rome à présent. Puis des rassemblements, des promenades par le Corso, des cris : « Viva Pio IX solo, morte à Lambruschini! » Puis voilà qu'un soir, après minuit, étant déjà couché, on vient me dire que les quatorze rioni avaient décidé de faire une démonstration, et que, d'un autre côté, nombre de personnes songeaient à les prévenir par une « Adresse au pape » pour exposer à Pie IX l'état des choses. On envoyait savoir si je voulais me charger de la rédaction. Je répondis que j'avais eu la même idée, et que le soir même j'en avais parlé à un de mes amis, mais que dans ma position vis-à-vis du pape je n'aurais pas jugé convenable d'en prendre l'initiative; que pourtant, une fois qu'ils avaient pris cette résolution eux-mêmes, je croyais qu'elle pouvait éviter des malheurs et que je me mettais à leur disposition.
Je fis l'Adresse x qui le lendemain fut discutée et approuvée au Cirçolo romano 2 , et qui, à cette heure, a