Encyclique du 29 avril
2. Lettre en date du 3 mai 1 848. Voy. la note 1 à la fin du vol.
conseillé d'envoyer un nonce cardinal, avec toute la pompe possible, en Suisse. Les choses se sont arrangées d'elles-mêmes, mais je ne pense pas que la papauté y ait gagné dans l'opinion publique. Pie IX doit la réhabiliter en Italie, comme Charles-Albert y a réhabilité la monarchie. Sans cela, des deux grandes bases de notre nationalité, la force morale et la force matérielle, il n'y aura que celle-ci de bien assise. — Voilà ma manière de voir.
Bien entendu, tout ceci n'est que pour vous seul. S'il avait dû en être autrement, j'aurais mis moins de laisseraller dans mes expressions. Je vous envoie un récit des opérations de Durando, et une publication que j'ai fait paraître hier. Si le bruit que Durando et moi nous étions vendus est arrivé jusqu'il vous, ces pièces vous serviront d'explication. Je crois que cette guerre ne durera pas longtemps, pourvu que les Italiens sachent éviter les dangers de la victoire.
Tout à vous.
P. S. Bien des choses à Geofroy. Veuillez lui passer un des deux exemplaires du récit, si cela peut lui être bon à quelque chose.
Florence, 30 août 1848.
Mon cher ami, la dernière fois que je vous ai écrit, c'était de Vicence, l'avant-veille de notre catastrophe que vous aurez lue dans les journaux. Si vous avez reçu ma lettre, vous aurez vu que je m'y attendais un peu, car ayant déjà repoussé trois attaques et sachant que Radetzki en personne arrivait sur nous, je pensais bien qu'il n'aurait pas voulu en avoir le démenti et qu'il
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aurait pris ses mesures en conséquence. Effectivement, il se présente avec 45 mille hommes et 4 10 pièces de canon et nous n'étions que 40 mille et 25 pièces. Aussi, après douze heures d'un jeu assez serré, il a fallu traiter. J'avais une peur du diable défaire le voyage de Bohême, et, s'ils avaient voulu, ils nous auraient pinces. Heureusement on se contenta de nous renvoyer chez nous, en nous disant que c'était en récompense de notre défense mais je crois que le vrai motif fut que Radetzki voulut être aimable avec Pie IX; ce qui, au reste, lui était dû par reconnaissance : le compte de Yenciclica fut soldé 1 . J'ai rapporté de Vicence, comme souvenir, un bon coup de feu dans le genou droit, qui m'a fait beaucoup souffrir, et qui me tiendra au régime dès béquilles encore pour deux ou trois mois. Malgré tous nos désastres, je ne suis pas du tout découragé. Franchement, je craignais pour l'Italie une victoire trop facile, presque autant qu'un désastre. Si nous nous fussions débarrassés du straniero dans une campagne, Dieu sait où nous aurait conduits la violence des passions politiques et l'outrecuidance des partis dont la présomption n'aurait plus eu
^ de bornes. Gomme de raison , il y a de bien mauvais éléments chez nous; il est bon que tout se purifie au creuset de l'adversité.
Au reste, vous savez que ma foi dans l'avenir de l'Italie est inébranlable. Vos malheureuses affaires de juin
\J nous ©nt délivrés de la république. Tout ce qui possède est dans les transes que vos républicains ne soient l'avantgarde des communistes. Aussi toutes les intrigues de Mazzlni et compagnie n'aboutissent qu'à des explosions plus ridicules que dangereuses, comme a été l'échauffourée de Livourne. La nuit dernière, le gouvernement a
1 . Au sujet de cette appréciation de la célèbre Encyclique du 29 avril, voyez la noie 1, à la fin du volume.
pris son grand courage à deux mains et a fait arrêter G*** et nombre de mauvais drôles qui s'obstinent à vouloir faire de la république sans républicains. Le public a applaudi à cette mesure. Nul doute que les émissaires autrichiens ne soufflent dans la république et le communisme; mais fiasco. Chez nous, il y a plus de riches yJl?3„ que de pauvres : peu de misère; et la misère qui se chauffe au soleil n'est pas rageuse comme la misère de mansarde.
J'ai vu notre cher Doubet, qui a été charmant pour moi, en me donnant deux de ses journées à une petite villa où je suis établi à un mille de Florence \ Il m'a dit qu'il voulait vous envoyer un article que j'ai publié dans la Patria 2 , et m'a engagé à vous adresser ce que je publierais par la suite. Je vous en envoie donc un autre 3 et je le rends responsable de ma présomption. Si vous le ' jugez à propos et si vous en avez le moyen, je serais bien aise que ces articles pussent pénétrer en Allemagne. Il me semble qu'on n'a pas assez relevé l'étrange inconséquence de l'assemblée de Francfort, au sujet de, notre nationalité. Si une voix s'était élevée du sein de l'assemblée nationale pour stigmatiser l'improbité des libéraux tudesques, cela aurait eu du retentissement et aurait ajouté à l'effet de vos nobles professions de foi; obtenir ce résultat avec d'obscurs articles de journaux : Ci vuol altro!... Adieu, mon cher ami, écrivez-moi si vous en avez le temps.