L'onore dell' Austria e Vonore delV lialia
3. Qualc sarà il diritto pnbblico Europeo ! — * Un troisième article ( Parentele vecchie e parentele nuove) plaisantait « les frères et amis » prenant la place des gouvernements paternels. Un mot de cet article fit fureur ; « Les procédés des rois se disant nos pères, écrivait M. d'Aze-
glio, m'avaient fait désirer d'être orphelin; les fails et gesles des ré- V^ volutionnaires se disant nos frères me font désirer d'être fils unique. »
AU MÊME
Florence, il novembre 1848.
Mon cher ami, je vous ai envoyé sous bande un petit libretto * que je viens de publier. Vous trouverez peutêtre que ce n'était pas la peine de dire ce qui a été dit cent fois. Songez que j'écris pour l'Italie, où malheureusement, au train dont on y va, il faudra bientôt s'entendre, si, lorsqu'on dit pain, tout le monde comprend la même chose.
Je vous dois encore des remercîments pour votre remarquable brochure. Je ne pense pas, du reste, — et je me range de votre avis là-dessus, — que des lois politiques puissent suffire au traitement des plaies actuelles. / On songe bien plus aux droits qu'aux devoirs; tandis que les seuls devoirs exactement remplis peuvent assurer les droits» communs. En dehors de cela, il n'y aura à peu près que des questions d'impunité.
Chez nous aussi on a terriblement besoin du sentiment xiu devoir et du sacrifice. En Toscane, la faction 6*** est en train d'opérer un renversement d'idées complet. Une bande de fous et de coquins du plus bas
X^Timori e speranze, brochure dirigée contre celte classe de républicains qui tuaient la liberté en Europe. « Si nous ne revenons pas à la monarchie pure, disait M. d'Azeglio, ce n'est pas la faute des républicains. Rendons leur la justice qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour nous ramener au droit divin. »
a Chaque peuple, continuait l'auteur, aie gouvernement qui résulte de son état social, par conséquent le gouvernement qu'il mérite... la France ne mérilait pas la république ; elle ne l'a pas et ne l'aura pas tant qu'elle ne s'en sera point rendue digne.
« Quant à l'Italie!... »
étage sont parvenus, par l'intimidation, à se rendre les arbitres du pays. Si un faitpareil eût eu lieu sur une plus grande échelle, c'aurait été un bien grand péril pour la cause italienne. Réduit à de petites proportions, ce sera peut-être une leçon. Reste pourtant le mauvais exemple d'une grande immoralité. Il est pénible de devoir reconnaître qu'il a été donné par un homme qui jouissait d'une grande réputation de probité. C'est même là ce qui le rend plus dangereux. Tout cela est ignoble et déplorable. Nous allons voir les élections. C'est aux Toscans à prononcer leur arrêt. Espérons qu'ils en comprennent la gravité.
Chez vous, la besogne n'avance pas beaucoup non plus, ce me semble.... Je me trompe peut-être, mais je ne crois à la possibilité de la république, ni en France, ni ailleurs en Europe. Je suis grand républicain, moi, voyez-vous ; mais précisément à cause de cela, je m'en tiens à la monarchie. Je crois que la république est une espèce de prix de vertu que le bon Dieu accorde aux peuples qui le méritent. — C'est le prix Monthyon de la Providence, — et je n'ai pas l'idée qu'il y ait une nation en Europe qui ait le droit de le réclamer. Avec cela je comprends très-bien qu'on ait voulu essayer chez vous; mais que cela puisse marcher, j'en doute. Quant à nous, on n'arrivera pas même jusqu'à l'essai. Mais il est possible que nos brouillons réussissent à emmêler les affaires et à faire les leurs sous prétexte de république. Je ne serais pas étonné qu'au bout de tout cela il nous vînt un bon petit despotisme tricolore, à vernis constitutionnel.
Dans quelques jours je me rendrai à mon poste .à la chambre de Turin. J'attends seulement que le trou que j'ai à la jambe depuis cinq mois soit entièrement cicatrisé. Je ne sais plus rien de notre cher Doubet. Est-il à Montpellier comme il en avait le projet? faites-lui bien mes amitiés quand vous lui écrirez, et vogliatemi bene.
AU MÊME
Sans date. (Fin de janvier 1849.)
Mon chef ^mi, vous rpcpyf,ez ? ep fpêrçp Jpjnps qifp p£S deux lignes, up cpropte rendu q rr}e§ électeurs ' . J,e ne ipets pas de Huitaines popr dire leifr fait aux firôlps.qui* spus prétexte de République, ,et ftprès tout pe quj s'e^ passé, renflent ipop paalfieprepxpays h rjsgp fa l'Pprppe en osant bien crier: « La guerre des prjpces pst fifii^ ? Ja guerre des peuples ccppipepce! » Qfiépisiqn! aussi je ipets le fer rouge sur lg p)aie V
Vous trouverez ppp page sur ÇLomjB. J'^i coulage ip$ conscience 8 . Pauvre Pie IX! H a éfé trahi des deux
U Ai snoi elettori Massimo Azeglio. Cette brochure est peut-être le chef-d'œuvre de l'auteur.
2. a Vous vous en prenez de nos désastres aux gouvernements, aux ministres, aux souverains... Vous pe youlez pas comppepdre que, pliez un peuple comme le nôtre, il ne s'agit paç de changer les fprnaes, mais de nous changer, nous ; de nous régénérer nous-mêmes ; de secouer npire inertie ; de nous arracher à la fange des lâches habitudes ; de cesser d'être ù la fois des vantards et des incapables ; de devenir une nation, vive Dieu! qui ait des mérites et des vertus, au lieu d'être une race abaissée, avilie, objet de la risée des forts I
« Ayez au moins le courage détendre ces paroles, Italiens 1 J'ai bien le courage de les dire! » (fl. 40.)
3. « Qui, l'entourage de pie |$, abusait de sa candide nature^ n'a que trop divisé et rendu ennemies ) es deux forces qui, unies, auraient subjugué le monde, la foi et la liberté; oui, Rome et l'Italie, et tous ceux à qui sont chers, en ce monde, le droit et la justice, tous ceux qui eurent un esprit et un cœur pour comprendre Pie IX, ce qu'il fut, ce qu'il est, ce qu'il pouvait devenir pour la civilisation entjère, ont eu à pleurer sur de fatale» erreur» et à maudire les intrigue* qui les ppt produites. Quj, cela esjvrajl sfais \\ n'y ayaif, que la attise et |a per r versilé rjui pusspnf protre reroédfer à up sj grand niai en violant toutes
côtés. Les rétrogrades ont préparé le champ aux démagogues. Le P. Ventura a écrit très-justement des premiers : « Ils s'en vont répétant : nous l'avions bien dit ; le « pape se perdait I — et ils s'applaudissent d'avoir débité « des prophéties dont ils se chargeaient eux-mêmes de « procurer l'accomplissement. » Ah I mon ami, la sotte espèce que L'espèce humaine!
A MONSIEUR pOUBEf.
Turin, s S janvier 1849.
Mpfi cher ami ? effectivement j'étais venu à Turin apr pelé par le roi pour former Je cabinet; jg suis yeny, roajs pour décliner cpt Jipnneijr. Je n'aurais pf^ voulu fairç }ft guerre à l'Autriche tout seul, et encore moins fajrg ja pajx — et la signer. Outre cela l'opposition, ayarçt Jes perles lois divines et humaines !... Comment ne pas avoir compris qu'en dépit de tout, Pie IX était de tous les princes, de tous les hommes le plus inviolable? que pour l'Europe, Pie IX était toujours le ponljfede l'amnistie et des réformes? que l'Europe et le'mpnde, trop éloignés pour se préoccuper de questions locales, auraient dit à, l'Italie : Anathème ! en entendant tonner le canon tourné contre Pie IX ? qu'ils l'auraient traitée de folle, d'ingrate, d'injuste, d'étrangère atout élément de vie politique ? qu'ils l'auraient déclarée indigne de liberté et d'indépendance? et qu'ils auraient dit de l'Autriche et du roi bourbon? « Ceux-là connaissent l'Italie; ils savent comment elle mérite d'être « traitée! »
« Ah! on n'a pas compris que le drapeau italien, le drapeau de la liberté et de l'indépendance ne pouvait se déployer aux yeux de l'Europe tant qu'il était souillé de l'horrihle tache du sang de Rossi ! Et l'on n'a pas lavé cette honte ! il était plus pressé d'imaginer, à Rome aussi, le ministère démocratique. Rome l'a eu, ce ministère, et après? Vous avei à choisir aujourd'hui entre l'anarchie, la guerre civile et l'intervention étrangère. » (P. 54.)
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si
turbaleurs do Gênes à ses gages, auraitrendu lout ministère impossible, le sien excepté. 11 faut que les exaltés fassent leur temps; il faut que le pays les voie à la besogne, les connaisse et s'en lasse. C'est ce qui commence à arriver. Les ministères démocratiques de Rome, Florence et Turin, sont l'expression et l'ouvrage de la jeune Italie. C'est un fait connu de tout le monde, excepté de l'abbé Gioberti qui croit mener et est mené. Les républicains ont réussi, en flattant sa vanité, à s'en faire un instrument, et à se couvrir de son nom et de sa réputation. Mais comme d'un côté l'inexpérience et l'incapacité politiques de Gioberti sont immenses 1 , et que de l'autre l'absurdité des théories de la jeune Italie saute aux yeux de tout le monde, une fois qu'on veut les traduire en pratique, il en résulte que le ministère actuel a très-peu de chances de pouvoir se soutenir longtemps, même avec une chambre de sa couleur ; car l'Europe et les faits sont là pour leur donner de fameux démentis.
Le mouvement général révolutionnaire n'est pas, en ce moment, à l'état ascendant: il est ou stationnaire ou descendant, et ce n'est pas un petit pays comme le nôtre qui pourra aller contre le courant. Ainsi je ne vois pas en noir pour notre avenir, mais je vois en stupide, malheureusement. On fera beaucoup de sottises comme la proclamation Buffa à Gênes, comme les choix de nos agents diplomatiques, etc., etc., et il faudra en revenir aux modérés comme il arrive partout.
Gioberti, après avoir fondé sa politique sur la papauté
1. M. d'Azeglio modifia ce jugement sévère quand Gioberti, un mois plus tard, forma le projet de restaurer par les armes piémontaises le pape et le grand-duc , afin de donner des gages aux idées conservatrices, et d'épargner à l'Italie une intervention étrangère. Ce projet, vivement soutenu par le comte de Cavour (dans le journal qu'il dirigeait, le Risorgimento), se fût réalisé, sans la défection d'une partie du ministère guidée par M. Rattaszi.
et sur l'union entre les souverains et les peuples, se trouve amené à une cordiale entente avec les exaltés, et la révolution romaine excommuniée par la politique, à l'heure qu'il est, aussi bien que par la religion; et je ne vois pas comment il se tirera de là. Avec la proclamation Bùffa, il donne gain de cause à la jeune Italie; et voilà encore une négation de ses principes; c'est mal commencer pour un homme d'État. Aussi est-il démonétisé, et je considère cela comme une grande perte pour notre cause. La vanité et l'ambition sont de tristes guides.
J'ai toujours pensé que les révolutionnaires romains se fourreraient dans une impasse, et je le crois plus que jamais. Pie IX reviendra pour sûr; j'aurais voulu qu'il revînt sans excommunication et sans intervention; et c'était possible, à savoir s'j prendre. Mais l'Autriche, la Russie, etc., étaient là pour brouiller les choses et avoir un peu de désordre au service de la réaction. De tout ceci il résultera, je pense, que le pape rentrera par une porte et que la papauté sortira par l'autre. Ces damnés exaltés ont réussi à tout bouleverser, l'Autriche aidant; et voilà où en est ce mouvement italien si grandiose au commencement !
Votre plan d'une double abdication serait fort de mon goût; mais ni Charles-Albert ni Ferdinand n'en viendront jamais là, sans de nouveaux et bien graves événements. Je ne désespère pas entièrement de la médiation 1 . Il
1 . L'assemblée constituante française avait adopté, dans la séance du 25 mai 1848, un ordre du jour ainsi conçu : « L'assemblée invite la commission du pouvoir exécutif à prendre pour règle de sa conduite ce voeu unanime de rassemblée : Affranchissement de l'Italie. » Mais, au mois d'août, le maréchal Radetzki rentrait victorieusement dans la capitale de la Lomhardie. — A ce moment un projet de médialion proposé par l'Angleterre remplaça, pour le gouvernement français, la promesse d'intervention armée. 11 fut déclaré officiellement que « la médiation en Italie serait suivie d'un prompt et favorable.
convient à l'Europe, si elle veut la paix, de fitiir la ques tion italienne, et à l'Autriche de renoncer à un pays qui ne lui serait d'aucune utilité désormais.
J'espère que le cliriiat de Montpellier vous sera avantageux. Celui de Turin est un peu froid pour ma blessure $ qui est encore ouverte.
ÎX
AU MÊME
Spezia, il mars 18 49.
Mon cher ami, j'ai reçu votre bonne lettre et je ferai tenir l'acclusa à Son Èminence qui sera assurément touchée de votre sollicitude à son égard, mais qui n'a au reste aucun danger ni aucune vexation à redouter ni à Cîiiavari^ ni en tout autre endroit du fiémont où il lui plairait de s'établir. Nous ne sommes point enflammés à ce point.
Maintenant poiiiichiamo. — Quoique je sois modéré, codino, etc., je suis au fond ef serai toujours du parti qui
résultat » (note du ministre des affaires étrangères, au Moniteur du 12 août); — on répéta à la tribune « que la médiation ne serait pas sérieuse et elle n'avait pour Objet l'affranchissement de l'Italie. » ~ Plus tard , au mois d'octobre , le général Cavaignac calmait par ces mots lés inquiétudes dé l'assemblée nationale : « Le fait de la médiation prouvé Suffisamment qtié letf bases de là négociation rie sont pas les traités de 1815; s'il n'y avait pas eu d'autre base à prendre que ces traités, la médiation devenait inutile. » En dépit de tels engagements, lé projet de médiation, qui n'était qu'un leurre mis en avant par l'Autriche, rie reçut même pas un commencement d'exécution. (Sur l'attitude dû gouvernement français daiis la 1 question italienne pendant l'année 1848, voy. la brochure VJtalie devant la France; mars 1849.)
DÉ M. tj'AZEGLIO. 85
sailverà l'Italie: Si les exaltés y parvierineht, va pour les exaltés! Mails dé ce que l'Italie n'a déployé que peu de forces Tannée dernière, sbus la main du grand-duc et de Pië IX, il hé s'ènsùlt pas tju'eh écartant ces princes, elle sera eii élit et aura la volonté de faire davantage. Les princes et leurs gouvernements bnt eu le tort principal assurémfeht pënddnt toute là période qui s'estécoulée depuis 1815; mais Tannée ttfernière est peut-être Tëpoque où il ^ à eti le riibiftë de reproches à letir faire. C'est la natiôii, le petiple t[ui éët rovinato; et tous les changchiëhts de système, de parti, de gouvérnemëiit tie bâtiraient jahiais obtenir qu'Un peuplé rovinato devienne tfcîùt à bdiip fcë qu'il devrait être pour agir et réussir. Bien loin dé là, ces secousses, ces commotions antipathiques au voeu et à Tlntelligetice des masses, les irritent, lés éloignent, fet détruisent le peu d'ordre et partant le peu de forces dôrit bn aurait pu disposer. C'est comme qui se trouverait eh ihfer par un gros temps avec un navire mal gréé et malhibhté. Mieux vaut encore le garder tel qu'il est et l'Utiliser comme on peut, que d'y faire des radbubages peridarit lesquels, sans avoir encore les nouveaux moyens, bn se trouve dépouillé de ceux qu'on possédait.
C'est ce qui est arrivé à Florence et à Rome. On n'a plus iil les petites armées ni le petit boursicaut de la monarchie constitutionnelle, et on n'a pas l'équivalent de la république. Àjbutez qtie les geiis qui ont mené tout cela sbht de si âbohiiiiablës coquins; ils ont tellement totilé aux pieds tout ce qu'il y a au monde de principes tohnêtes; ils exercent Un l§i effroyable despotisme, pët*sécutârit et dépbuillânt lètirs ennemis pour gorgerletirs auitè, que le peuple, les paysans, les masses, — c'est affreux à dire, — désirent, et, aii besoin, recevraient les Tedèschî comme des libérateurs.
Eh Toscane et â Rome on fait un bruit d'enfer pour
la guerra santa, on parle de milliers d'hommes, de levées en masse, de piques et de faux; et le fait est que la conscription n'a jamais pu être établie, que la capitale est dans un sauve qui peut général; et que si on parvenait à réunir quelques corps de volontaires, on n'aurait ni officiers ni sous-officiers pour les commander, n'ayant pas de cadres, — et pas le sou pour les payer.
Notre pauvre Piémont s'est mis à sec d'argent et d'hommes, et nous voilà lancés contre une puissance de trente-six millions. Mais ce n'est, par Dieu! pas lesMazziniani qui feront la besogne; ce seront bien nos pauvres paysans, nos pauvres soldats qui, sachant parfaitement combien ia lutte sera rude et disproportionnée, abandonnent leurs femmes et leurs enfants, — car toutes les réserves marchent, — sans un murmure, et vont se faire tuer, parce que c'est leur devoir et parce que le roi y va.
Je vous assure, mon ami, qu'à voir partir ces admirables gens, je me sens le cœur serré, en songeant qu'eux, sans peut-être s'en rendre compte, travaillent, au prix de tous les sacrifices, à ce qui est réellement, uniquement important pour faire risorgere l'Italie à l'indépendance; tandis que les mazziniens n'ont jamais pu prendre sur eux d'entendre siffler une balle, et ne pensent qu'à leur république, qui se résume à satisfaire l'ambition et à remplir les poches des principaux meneurs.
J'ai de terribles inquiétudes au sujet de la guerre, tout en croyant que nous pourrions avoir des succès ml primo. Mais après : si la Russie s'en mêle, et peut-être l'Angleterre, que sais-je? Si la Hongrie succombe; si le Lombardo-Veneto ne s'insurge pas; si on nous laisse seuls, qu'arrivera -t- il? Je l'ignore; mais si on fait quelque chose, cène seront pas par les exaltés, mais en dépit des exaltés et de tous les bâtons qu'ils nous ont jetés dans les roues. Savez-vous ce que M*** a dit, à ce qu'on prétend.
DE M, D'AZEGLIO. o7
au Circolo? « L'armata pieraontese ci ô contraria (pas « républicaine) speriamo che sarà dispersa. » Je ne l'ai pas entendu, mais si on lui prête un pareil propos, c'est qu'on connaît ses sentiments et ceux de son parti.
Quant à votre idée sur Ferrare , je puis vous en dire long, car, il y a un an, j'étais là avec Durando , et nous avions formé le projet de tenter un coup de main; mais nous n'avons jamais pu faire comprendre aux habitants que Ferrare, ville immense, à rues très-larges, avec de grands jardins, cours, etc., était bâtie exprès pour être bombardée. On nous a bien bombardés deux jours dans cette pauvre Vicence, toute de ruelles ! et je crois qu'il n'y a pas eu quatre personnes tuées dans l'intérieur de la ville; mais les Ferrarais y mirent une obstination ridicule. Il faut dire aussi que leur forteresse est bien autre chose que la Bastille : bastion, fossé, chemin couvert et glacis, rien n'y manque. Nous n'avions pas de gros calibre, ni de génie, ni de compagnies de sapeurs. Nous avions pensé à l'escalade, mais les fossés sont remplis d'eau et de fange où on enfonce. Je vous assure que l'entreprise n'était guère possible sans un siège dans les formes. On aurait pu cerner la place et la bombarder; maison n'aimait pas les bombes ! Je ne crois pas que cette année on serait plus entreprenant; et, si l'amour-propre d'auteur ne m'égare pas trop, je ne pense pas que l'armée républicaine vaudra cette pauvre petite armée papale qui nous a fait suer sang et eau à rassembler et à conduire, et qui a pourtant causé d'assez jolies pertes à l'Autriche.
L'Autriche, de son côté, m'en a causé une fort grande, à moi personnellement; et je me trouve être un pauvre invalide, tandis que tout le monde part, et je me sens bien isolé. Ma blessure fait toujours rage; il y a carie dans le tibia et un trou à mettre le doigt. Ces jours derniers j'ai voulu m'essayer à suivre la petite guerre de la division Marmora; mais mon état empire, et le chirur-
gien m'a déclaré que ; si je ne me tiens tranquille , le liial fera des progrès au lieu de guérir. C'est qu'aussi j'avais dû partit dotizè heures après le coup de ffeu reçu, et suivre la fcolorine par un soleil et une poussière diaboliques, et fcèlâ m'a abîmé. Et {Mis je ne me âùis jjeut-être pas asfcez soigné, allant à Turin par le fïoid. Eîifin je mè trduvë ëcloppé, et quoique je me soumette à un traitètoerit Sévère, j'ignore si j'arriverai à temps. G'est pourtant dix mois que cela dure !
J'allais en Toscane pour faire sortir ma fille du couvert; arrivé à Plfcë; je ftis averti que l'bn voulait me mettre la main dessus bll ni' assassiner; î'aVis n'était pas bien clair. Je partis à chenal par les bbis le long de la mer, et feh deux jours je vins à la Speziâ sans encombre. J'attends rtia fille qui, j'espère, pourra y arriver de même.
Vbilà, mOfl Clifer àrtii; de la correspondance à dose héroïque; j'ai pourtant la présomption de croire que vous m'avez lu jusqu'au boht. Veuillez remercier Eugène de tout le mal qu'il se (donne à nôtre intention. Ses articles me paraissent du plus grand mérite, et je le remercie aussi du relief qii'il donne à mes pauvres brochures,
Àddio.
A MONSIEUR EUGÈNE RENDU
Spezia, 8 avril 1849.
Mon cher àriri, vous le savez, à cette lièùré, tdut est fini 1 . Je l'avais prévu, — et il ne fallait pas être sOrfeier pour cela, — lorsque je refusai là présidence dû conseil, rië voulant ni jeter le pays dans le désastre qui le frappe maintenant, ni signer une paix qu'une suite fuiièste