‹ L'Italie de 1847-1865;Chapitre 53 sur 102 · L'Italie et V empire d'Allemagne · texte numérisé non relu

L'Italie et V empire d'Allemagne

L'auteur, en exposant l'antagonisme des deux grandes doctrines politiques sur lesquelles, aux yeux de l'Italie, a reposé pendant le moyen âge et les premiers siècles des temps modernes, le droit public de l'Europe, — la doctrine théocratique et la doctrine de la monarchie impériale, — signalait la naissance et les développements de la théorie du droit national, au delà des Alpes, et recherchait dans l'histoire les origines de l'idée d'une confédération entre les Étals italiens.

DE M. D'AZBQMO. 91

perçoit à certaines hésitations de ces grandes intelligences que leur raison avait l'instinct du vrai, et suivait à contrecœur les errements de l'imagination. Je pense que, dans l'intérêt de notre cause, il est important de le constater, comme il est utile de faire connaître les écrivains qui ont vu la question sous son véritable point de vue. Trajano Boccalini , peu connu même en Italie, est re- A^, marquable sous ce rapport. J'espère vous l'envoyer le mois prochain, par occasion. Je l'ai relu et j'en ai été frappé. Mettez Autriche au lieu d'Espagne, et c'est une brochure de circonstance pour 4858.

Adieu, cher ami, laissez-moi espérer que 1859 vous ramènera sur notre rivage, puisque le gtte ne vous a pas trop désappointe.

Turin, 9 février 1859.

Cher ami,

Je l'ai lue, cette brochure 1 qui fait tant de bruit, qui émeut les hommes d'État, la bourse et le public. r . ,

J'adopte pour le fond toutes les idées de la brochure. Je ne ferais de réserves que sur la forme à donner à leur application. Mais comme on glisse sur les questions de détail, il est possible que nous nous rencontrions aussi sur ce terrain,

J'accorde que la fédération est la solution la plus pratique, sauf h avoir le secret d'en convaincre l'Autriche. J'accorde encore que le centre de la fédération, la diète, doit résider à Rome. J'accorde même, quoique

1. La brochure Napoléon III et V Italie. Cette brochure avait paru le 4 février.

en me tortillant un peu, que le Pape la préside ; mais il serait dangereux de se faire trop d'illusions à ce sujet. Le succès du projet est au prix d'une exacte appréciation de la réalité ; de ce qui est possible dans l'état actuel des hommes et des choses : en dehors de cela, in vanum laboraverunt.

N'allez pas penser que je sois un mécréant. Je le suis bien moins que la majorité des Italiens ! Mais on veut faire, oui ou non, quelque chose de réel, dé juste, de bon pour Tltalie, et dans l'intérêt de la sécurité de l'Europe. Si c'est oui, la vérité, la réalité d'abord ; les systèmes, après.

Le pape des Italiens n'est pas le pape du reste de la catholicité. — L'Italie est la minorité, soit. Mais puisque c'est de l'Italie qu'on veut s'occuper, il faut l'accepter telle qu'elle est, telle que l'ont faite ses antécédents historiques, politiques, sociaux, religieux, etc., etc.

Pour l'étranger, le Souverain disparaît sous la majesté du Pontife, du vicaire de Jésus-Christ, du chef de la communion chrétienne la plus logique, la plus ancienne, la plus fortement organisée; pour le reste du monde, Pie IX est le pape de l'amnistie et du pardon; il est l'initiateur des réformes et de la régénération de l'Italie. Pour les Italiens, par contre, le Souverain cache le Pontife. Bien plus' que le vicaire de Jésus-Christ, ils voient en lui le vicaire de Y Empire, l'obstacle permanent contre lequel se sont brisés les efforts des générations pour conquérir l'indépendance et la liberté. Ils ont sous les yeux la Curia Romana; comment voulez-vous qu'ils prennent le change? Comment voulez-vous qu'ils partagent au même degré la vénération dont l'entourent les catholiques de l'étranger?

Le gouvernement romain , qu'a-t-il fait des trois millions de chrétiens que la Providence lui avait donnés? Après quatre ou cinq siècles d'expérience où en sont-ils?

. DE M. D'ÀZEGLIO. 93

Ils sont les moins religieux, les plus sceptiques des chrétiens, et ce gouvernement ne se soutient (cas unique dans le monde) que par la présence de deux armées étrangères. Et il s'est trouvé un chrétien, un catholique convaincu qui a pu dire aux sujets du pape : « Votre es- « clavage est indispensable à la foi catholique ! » Croiton que dans l'esprit des Italiens cet argument puisse augmenter beaucoup leur attachement à la foi de leurs pères? Ou pour le moins, ne seraient-ils pas en droit de demander si les mots : « Oneratis homines oneribus quae « portare non possunt, vos autem ne quidem digito tan- « gitis sarcinas ! » ne sont plus dans l'Évangile ?

Si tout ceci est vrai, et je, doute qu'on puisse démontrer le contraire, il en résulte que la méfiance des Italiens contre le pouvoir temporel des papes, contre leur ma^ nière de comprendre les grands intérêts de la nation, est un fait qu'il ne dépend de personne d'annuler, et dont il faut tenir grand compte dans tout projet d'arrangement définitif et viable. Dès lors la présidence du pape peut être facilement admise par le catholicisme étranger, sans que cette approbation exerce une grande influence sur les populations italiennes, et rende plus facile l'organisation, l'établissement pratique d'un tel pouvoir.

Ce sera à ceux qui domineront la situation d'aviser.

Mais avant tout, croyez-vous que nous soyons bien rapprochés du moment où ces questions recevront une solution pratique et définitive? Pour ma part je l'espère peu. Il est possible du reste que l'Empereur, en se montrant bien résolu, finisse par déterminer la partie adverse à faire des propositions sérieuses.

Quant à la guerre elle-même, malgré tout cet appareil, je suis encore à me demander si elle est possible, au milieu d'une prostration aussi générale? — Et puis... des libérateurs!... là... des libérateurs.... pour tout de bon? Avouez que, dans l'histoire, ce serait du fruit nouveau!

J'étais à Florence tranquillement lorsque la bombe a échité. Je suis accouru, et j'ai écrit à Cavour que malgré les objections que j'avais pu avoir par le passé contre sa politique, au point oh en étaient les choses, je croyais qu'il n'était plus temps de la discuter, mais bien de ré* unir tous les efforts pour la faire réussir. Ainsi me voilà / enrôlé et cavourien I J'ignore à quoi je pourrai être bon: et j'attends.

Je n'ai jamais pu vous envoyer les notes dont nous étions convenus, car pour arriver jusqu'à M. G***, sans s'exposer à des tracasseries de police, j'ai eu bien des ménagements à garder. Mais j'ai avviato l'a/fare et j'espère pouvoir obtenir bientôt une réponse. Merci encore de l'autre brochure; vous me comblez de dons, et moi je n'ai jamais rien à vous offrir. Gon tentez-vous de savoir que je vous aime bien, et que je vous serre la main di vero cuore.

AU MÊME

Genzano, 30 mars 1859.

Mon cher ami,

Je suis bien en retard avec vous, et je me sentirais bien coupable si je ne pouvais pas dire en toute conscience que depuis mon arrivée à Rome, je ne m'appartiens plus. Je commence par vous remercier de vos deux bonnes lettres. Vous êtes bien toujours notre vieil ami de 1847-48. Que Dieu vous en récompense!

J'ai trouvé Rome la même en haut; comment changerai l-elle? En bas, c'est autre chose. Je ne reviens pas de ma surprise. L'esprit public a fait un pas immense. Les libéraux du Circolo romano qui voulaient adopter le nilum des légionnaires pour combattre Radetzki, com-

prennent aujourd'hui la nécessité de procéder ËVec union et prudence : dans ce qui est désirable, ils comprennent ce qui est possible, et ne demandent qu'à être guidés. « Que la nation, disent-Ils, obtienne justide. Si nous ne l'obtenons pas pour Rome même, patience, nous attendrons. » La couche inférieure, à la vérité, mord son frein, et il faut s' occuper incessamment à la tenir en bride; mais enfin, on l'y tient; et il y a dix ans, vous savea comment elle allait t

Après cela, si on n'obtenait "pas des avantages véritables pour la cause italienne, je ne répondrais plus de rien. Mais je regarde l'hypothèse comme impossible. Personne, à mon sens, ne comprend son temps comme l'Empereur. Il a vu que la toute-puissance était réservée à celui qui saurait s'emparer du rôle si longtemps dédaigné de défenseur du droit commun des peuples. Il l'a pris résolument à la face du monde, comme il convient à un Napoléon à la tète des Français. Il n'est pas homme à abandonner la plus magnifique des positions que puisse atteindre l'ambition d'un souverain, et pour sûr, on ne dira pas de lui :

Ghe fece per viltate il gran rifiulo.

Ainsi du courage et du calme; et voyons venir.

De mon côté, je m'efforce de m'acquitter de ma tâche* celle d'empêcher qu'on lui mette ici des bâtons dans les roues. Et pour ce qui est d'aller à Paris, personne ne me l'a proposé; ainsi ne dites pas que je n'ai pas voulu. J'y serais allé sans doute avec plaisir; mais une fois que je me suis enrôlé sous la bannière du rival, je ne connais que la discipline; et je ne demande qu'à être utile, n'importe dans quel rôle.

Pardon si je vous envoie cette lettre ainsi barbouillée, mais je n'ai pas le temps de la refaire.

Tout à vous.

P.-S. Vous avez très-bien fait de parler à Cavour l dans le sens que vous me dites; et je suis d'avis (au point de vue même de la simple tactique), que tout en agissant vis-à-vis du gouvernement romain comme on doit agir vis-à-vis d'une puissance de laquelle on a de bonnes raisons de se défier, les publicistes italiens devraient prodiguer à la papauté des hommages et des respects. Pourquoi laisser à l'Autriche l'avantage de dire : « L'Italie est l'ennemie de l'Église? »

A ce propos, je suis bien aise de ce que vous me mandez du P. Ventura. Si beaucoup de membres du clergé se ralliaient comme lui à la Brochure, on éviterait bien des chocs qui se produiront, je le crains : je n'imagine pas que sa lettre au cardinal Antonelli 2 ait produit grand effet.

1 . M. de Cavour était venu passer huit jours à Paris, dans la seconde moitié de mars.

2. Le P. Ventura avait donné au plan exposé dans la brochure Napoléon III et l'Italie l'adhésion la plus explicite. Ce plan lui paraissait la consécration des idées mises en avant par Gioberti dans le Primato, par le comte Balbo dans les Speranze d'Italia, et par luimême dans son Essai sur le pouvoir public. Le célèbre religieux avait écrit au cardinal Antonelli pour le supplier de ne pas laisser le clergé s'engager dans une voie d'opposition à la politique qui seule, selon lui, pouvait raffermir le pouvoir du Saint- Père en Italie. « La guerre • paraît très-probable, disait le P. Ventura; mais il va dépendre de o la conduite qu'on tiendra à Rome de changer en guerre révolutionw naire une guerre décidée dans une pensée conservatrice. Il serait « désastreux que le clergé se lançât dans une lutte contre la politique « de la Brochure, et qu'il manifestât des sympathies pour l'Autriche. « Cela pourrait tout compromettre et tout perdre. » — Mais au moment même où le P. Ventura donnait ces conseils , l'Univers et le Correspondant ouvraient le feu.

DE M. D'àZEGLIO. 97

AU MÊME

Turin, 10 avril 1851T.

Mon cher ami, j'arrive de Rome et je vais partir pour Paris, où je pense être rendu dimanche ou lundi l . Je reçois à l'instant votre lettre du 6. Je n'ai qu'une crainte, c'est de ne pas justifier la bonne opinion que vous avez de moi : pourrai-je être bon à quelque chose?

Votre remarque sur le ton de nos journaux est parfaitement juste ; ils n'ont pas de tact. Il est vrai de dire pourtant que s'ils confondent le gouvernement romain avec l'Autriche, ils sont maladroits mais point calomniateurs : nous parlerons de tout cela. Seulement dites bien à tout le monde que la presse piémontaise dirigée par toutes les médiocrités de l'émigration pour huit dixièmes, n'est pas le moins du monde l'expression de l'esprit public actuel en Italie; elle n'est que le reflet des déclamations d'une coterie d'émigrés et de quelques députés de l'extrême gauche qui ont pris le haut du pavé,

1 . M. d'Azeglio se rendait à Paris, en qualité d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès des cours de France et d'Angleterre. Le journal la Patrie annonçait son arrivée en ces termes : « De tous côtés, on a accueilli avec une vive satisfaction la nouvelle que cet illustre personnage reprenait, dans les circonstances présentes, le rôle actif dont l'investissent la confiance et le respect universels. On a senti que si quelques chances d'une paix compatible avec les justes exigences de l'Europe et les intérêts légitimes de l'Italie pouvaient encore être dégagées de la position actuelle, la main de l'ancien président du conseil était plus apte que toute autre à accomplir une tâche si délicate. On s'est dit qu'en tout cas l'œuvre à laquelle M. d'Azeglio aurait pris une part personnelle et directe, — que cette œuvre aboutît à la paix ou que décidément elle dût conduire à la guerre, — serait acceptée par l'opinion comme l'œuvre de la sagesse, et comme le résultat d'une impérieuse nécessité. »

et que les autres laissent faire, comme il arrive un peu partout.

Quant au reste de l'Italie que je viens de traverser, vous ne sauriez vous imaginer à quel point tout a changé ; le bon sens a prévalu partout. A Rome, les républicains de 1849, les mazsiniens d'autrefois, les carbonari, tous enfin comprennent qu'on a affaire à l'Europe et qu'il faut compter avec elle, avec la catholicité, avec l'opinion, etc.. J'ai bien chanté sur ce ton, comme vous pouvez penser; et prévoyant le cas où des complications politiques empêcheraient pour le moment l'accomplissement complet de nos vœux, je les ai préparés à accep-* ter le possible?. Je vous assure que si pn peut obtenir

1. On sait qu'au commencement de 1859, l'Autriche exerçait pur rilalie centrale une domination h peu près absolue. Militairement, elle occupait Parme, Plaisance, et s'appuyant sur Ferrare et Bologne, s'étendait le long de l'Adriatique jusqu'à Ancône. Diplomatiquement, elle avait confisqué à son profit, au moyen des petits traités, la souveraineté que l'acte final du Congrès de Vienne avait assurée aux États italiens. En effet, la convention du 12 juin 1815, en associant la Toscane à la défense de l'Autriche en Italie, plaçait Florence sous la main de Vienne ; les duchés de Modène, par le traité du 24 décembre 1848, de Panne, par celui du 4 février suivant, avaient abandonné à l'Autriche le droit d'intervenir à son gré « toutes les fois que pouvait l'exiger la prudence. » Les duchés s'étaient de plus engagés à ne conclure aucune convention militaire quelconque sans le consentement de la cour de Vienne. En Romagne, l'Influence de l'antique ennemie de l'Italie était consacrée par la substitution de l'autorité militaire autrichienne h l'autorité pontificale dans la sphère administrative et jusque dans l'ordre judiciaire. La souveraineté du pape n'y existait plus que de nom ; les chefs militaires inscrivaient en tête d«r leurs publications cette phrase significative : « L'impériale e real governo civile e militare, résidente a Bologna, ordina..., etc., etc. » On connaît le rôle qui était dévolu à la Société Ferdinandéenne. Cette influence de l'Autriche partout acceptée par les gouvernements italiens les avait tués dans le respect des peuples. Dépourvus de tout point d'appui national, ils ne vivaient que d'une vie factice et empruntée.

quelque chose de réel, l'émancipation de la droite du Pô, par exemple, on s'en contentera , et on attendra le reste sans murmurer. Sans doute il ne faudrait pas imaginer qu'on en pût sortir par une déception ; mais cela je le regarde comme impossible.

Adieu et à bientôt 1 .

• Turin, 27 mai 1859.

Mon cher ami, je veux vous écrire tous les jours depuis mon arrivée, et puis , vous savez, l'enfer est

pavé de bonnes intentions! Aujourd'hui, enfin, voilà votre lettre qui arrive et la résolution est prise. Je commence par vous dire combien je suis touché du bon souvenir que veulent bien garder M mc Rendu et madame votre belle-mère de ma courte, trop courte apparition rue de Clichy. Veuillez me mettre à leurs pieds où je dépose humblement ma demande pour le titre d'arnica di casa. Après ceci, jugez si je serais content de pouvoir, de manière ou d'autre, vous amener au milieu de nous. Je vous avouerai que je ne parviens pas à former un plan raisonnable à ce sujet. Mais enfin les déplacements de tout genre s'exécutent aujourd'hui avec tant d'imprévu qu'il ne faut désespérer de rien; et vous croirez sans peine que si l'occasion s'en présente, je la saisirai avec empressement.

Je suis revenu de mon voyage pas mal éprouvé, mais

1. Après quelques jours passés à Paris, M. d'Azeglio s'était rendu à Londres où il avait adhéré aux quatre propositions qui avaient pour but de « substituer aux traités conclus entre l'Autriche et les duchés une confédération des États de l'Italie entre eux pour leur protection mutuelle tant intérieure qu'extérieure. » A cet instant décisif, il avait

une vingtaine de jours de calme, m'ont mis à même de pouvoir de nouveau être attelé; la charrette est lourde et la route mauvaise, mais je me laisse faire. Si je vous parlais au lieu de vous écrire, je vous en narrerais plus long;, pour le moment, je vous dirai seulement que je suis en train d'organiser des corps d'infanterie, d'artillerie et de cavalerie, tout à fait comme les capitani di ventura du seizième siècle, qui plantaient leur drapeau sur la place du marché, avec un trompette et un bureau d'enrôlement, et qui criaient : « Chi vuol venire con me? » On peut se vanter un peu avec ses amis, et surtout leur dire les choses qui nous font plaisir. Sachez donc que j'ai la satisfaction de voir accourir en foule officiers et sous-officiers, tous libérés du service, mais qui me disent : « Avec vous, nous venons. » Suis-je donc vantard! Tout ce monde-là a la moustache grise, mais le général, à cet égard, n'est pas sans reproche, et j'espère que s'il est vrai que besoin lait trotter la mule, nous trotterons bien aussi pour un meilleur motif.

Les choses vont bien ici, et quoiqu'on n'ait encore rien fait d'important, les affaires d'avant-garde ont toutes été à notre avantage. Il faut voir comme on reçoit vos soldats ! Hier, deux escadrons de lanciers passaient sous mes fenêtres au milieu d'une foule ne sachant plus comment exprimer son bonheur, et presque tous les officiers portant un gros bouquet que les dames leur avaient jeté des balcons ! C'est la lune de miel en son plein ,

également accepté, au nom du roi de Sar daigne, le principe d'un désarmement simultané des puissances engagées dans la lutte diplomatique. On pouvait croire à la réunion prochaine d'un Congrès* où lés États italiens eussent été représentés, et où, selon le vœu de la brochure Napoléon 111 et l'Italie, « la diplomatie ferait, la veille d'une lutte, ce qu'elle ferait le lendemain d'une victoire, » quand tout à coup le cabinet deVienno adressa au cabinet de Turin (23 avril) la sommation d'avoir à désarmer le premier et sans délai.

DE M. D'AZEOLIO. \0\

et j'espère qu'elle sera la comète de miel (passez -moi le néologisme) et encore de celles à révolutions séculaires. . *

Je me laisse aller à bavarder, et j'oubliais presque de vous dire combien je trouve utile et important le sujet que vous voulez traiter. Faire comprendre que l'Autriche mine moralement la papauté, sous prétexte de la servir, c'est là le point le plus important. Si ces Monsignori voulaient seulement se laisser servir ! mais

Je pense que dans une quinzaine de jours je quitterai Turin assez tolérablement accompagné; et il est possible que je puisse bientôt vous dire quelque chose de plus explicite à mon sujet.

Tout à vous.

P. -S. Merci de la communication que vous me faites de la lettre du P. Lacordaire à l'abbé Perreyve 1 . Voilà

Page 1