XII PRÉFACE
Le roi Victor-Emmanuel et le comte de Cavour s'empressèrent de mettre à l'œuvre un si précieux auxiliaire. M. d'Azeglio fut chargé d une mission à Rome. C'est de la ville éternelle qu'il écrivait à la date du 30 mars 1 859 :
« Si Ton n'obtenait pas de véritables avantages « pour la cause italienne, je ne répondrais « de rien; mais je regarde l'hypothèse comme « impossible. Personne, à mon sens, ne com- « prend son temps comme l'Empereur. Il a vu « quelle haute puissance était réservée à celui « qui saurait s'emparer du rôle si longtemps « dédaigné de défenseur du droit commun des •« peuples. Il Ta pris résolument à la face du « monde, comme il convient à un Napoléon à la « tête des Français. 11 n'est pas homme à aban- « donner la plus magnifique position que puisse <c atteindre l'ambition d'un souverain, et pour « sûr, on ne dira pas de lui
Che fece per viltate il grand rifiuto.
« Ainsi donc, du courage et du calme. »
Quinze jours plus tard, M. d'Azeglio se rendait, en qualité de ministre plénipotentiaire, à Paris et à Londres. Son nom, au moment des négocia-
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tions suprêmes, était, pour l'Italie, unegarantie que son honneur et ses intérêts seraient saufs ; pour l'Europe, une assurance de politique modérée. En dépit des secrets élans de son patriotisme, le soldat de Vicence travaillait de tout son pouvoir au maintien de la paix ; car, « avant tout, disait-il, il faut être chrétien. » Donnant son adhésion aux quatre points qui devaient être soumis à l'examen du Congrès, il accepta, au nom du gouvernement piémontais, le principe du désarmement général. C'en était fait de la guerre. Ce jour-là même, l'ultimatum de l'Autriche était adressé à Turin !
Quelles étaient alors les vues de M. d'Azeglio au sujet des questions si longuement et si violemment controversées de la fédération et de l'unité? Sa correspondance, à cet égard, est des plus instructives. Elle permet de suivre jour par jour, pour ainsi dire, avec les modifications de la pensée de l'homme d'État, les évolutions et, si l'on veut, les soubresauts de l'opinion publique italienne, à l'époque décisive où nous sommes parvenus.
Jusqu'à la paix de Villafranca, M. d'Azeglio ne considérait pas l'unité comme possible . « Avant