Réfutation de la Vie de Jésus
2. « Les soussignés demandent au Congrès qu'il lui plaise de décider que la question de V enseignement international fera partie du programme de la section de l'instruction publique, dans la prochaine
ment. J'ai vu aussi, et je vous en remercie, que vous avez appuyé la proposition de Pasini , tendant à ce que la prochaine session du Congrès ait lieu en Italie. Encore un service que vous nous rendez.
J'espère que M me Rendu , madame sa mère et miss Bébé se portent comme on doit se porter après les eaux d'Évian et le petit lait d'Interlaken. Quant à mot, je vais à merveille. Décidément, à Évian, la digestion vaut mieux que le repas.
Canne ro, 14 novembre 1863.
Cher ami,
Mon idée fixe est que, dans l'histoire, le neveu aura le dessus sur l'oncle. Le dernier acte (je n'appelle pas ça un discours) de l'Empereur me confirme toujours plus dans mon idée. Je ne crois pas à la paix universelle ; mais je crois, et l'histoire est là pour me l'apprendre, à une réduction successive des casus belli dans le Code politique, ainsi que dans les jugements de l'opinion.
Napoléon I er aura gagné des batailles; Napoléon III les aura rendues impossibles, ou du moins rares : je préfère Napoléon III. Et pourtant une grande victoire, savoir une grande boucherie, aura pour longtemps, je le crains,
session du congrès ; et d'exprimer le vœu qu'un comité composé des représentants des divers peuples soit constitué à l'effet de s'occuper, de la fondation d'établissements internationaux d'enseignement. »
Le délégué français : Eugène Rendu , les délégués italiens : Pasini, Maestri, Correnti; les délégués espagnols : comte de Ripalda, Pascual ; les délégués portugais : marquis d'Avila, Carvalho; le délégué suédois : Berg ; le délégué suisse : D r Hirsch ; le délégué de Hollande : D r de Baumnauer; le délégué anglais : W. Farr.
le privilège d'exciter les plus grandes admirations des hommes t Si l'humanité n'a pas de bon sens, il faut lui en donner; et la meilleure autorité, en ce cas, c'est celle de l'homme qui, disposant d'une bonne petite armée telle que l'armée française, dit au monde : « Eh bien, non) tout ça, c'est vanité! Il n'y a de vrai, il n'y a de bon que le respect volontaire des puissants envers le droit des faibles. » Si Napoléon dit cela, le monde peut l'en croire sur parole.
Imaginez qu'après avoir lu le discours, j'ai été au moment d'écrire à l'Empereur. Comprenez- vous mes glaces de l'âge fondues à ce point?
Basta ! beati voi Francesi; beati... tout le monde, qu'il y ait un pareil homme qui tient la barre !
Après cela, je ne me fais aucune illusion sur une immédiate ni complète victoire de son idée; mais il l'a exprimée, et c'est assez; le reste viendra.
Yoilà, cher ami, quelques-unes des nombreuses réflexions qui se présentent à mon esprit sur ce nouveau coup de maître; car il était dans un bel embarras, et il en sort tambour battant et bagues sauves I
Je suis toujours à Gannero, décidé à ne partir qu'avec la dernière feuille; ayant ici mes livres et tout mon établi, je m'y trouve bien, même avec la pluie. Je suis des yeux les prodiges d'activité de votre ministre; probablement, cela vous donnera de la besogne, mais vous avez tout ce qu'il faut pour lui tenir tête.
J'espère que ces dames, lancées dans les splendeurs parisiennes, n'oublieront pas le vieux ermite de Cannero, qui n'a d'autre splendeur que la partie avec le curé et le médecin.
Je me mets à leurs pieds.
AU MÊME
Pise, 12 mars 1864.
Cher ami, mille fois merci de votre bonne lettre du 8, qui m'a rejoint à Pise, où je suis depuis le 1 er février. Les Pisans nous ont volé cette année. On a patiné sur Y Arno ! Jugez! Malgré cela, c'est toujours mieux qu'à Turin; aussi j'ai joui de toute la santé désirable. Dans deux jours j'irai à Florence passer un mois.
Je ne crois pas à la grande guerre, au grand rond de toute l'Europe. Tandis que tout le monde est en train de perdre le sens, l'Empereur a le bon esprit, il me semble, de garder le sien. Quant à moi, je ne vois pas comment la guerre pourrait être la panacée. La question politique, à mon sens , est le fourreau , et la question sociale est la dague. Après avoir refait la carte de l'Europe, il faudrait refaire son moral, et les canons rayés sont des professeurs fort incomplets. Le Congrès, c'est cela qu'il fallait.
D'ailleurs il faudrait persuader à la masse des médiocrités que tout le monde ne peut pas être ministre; il faudrait gorger les meneurs de pensions et de croix, et en préparer autant pour la fournée qui suivra immanquablement; car ce n'est pas précisément la passion du sacrifice qui anime tous ces rédempteurs du genre humain.
Sans doute il existe une question polonaise, italienne, allemande; où ne trouve-ton pas une question? Mais levez le couvercle, et regardez dessous!.... et, selon moi, la guerre ne remédie nullement à ce dessous.
Pour ce qui est de l'Italie , je vois t solùi qui chantent l'hymne guerrier. Après que nombre d'aventuriers, avec six mois de traitement garibaldien , se sont métamor-
phosés en généraux, il est tout simple que la fournée qui suit imite il grande esempio; mais je ne croirai jamais nos ministres assez fous pour attaquer l'Autriche , sauf une entente (publique ou secrète) avec l'Empereur. Au reste, ces chers amis d'Allemagne sont en si bonne voie, qu'en vérité il serait stupide, de notre part, de leur créer d'autres soucis. Ils ont tout l'air de vouloir se charger eux-mêmes de se couper bras et jambes. Pourquoi les déranger? Attendons. Nous n'avons qu'à y gagner.
J'ai assez peu travaillé cet hiver. Le froid me traite comme les marmottes, — disons les ours, c'est plus noble, — il m'endort.
Rappelez-moi au souvenir de toute la colonie d'Évian. Est-il permis de faire des projets pour l'été? Se verrat-on quelque part?
Le joli moment que nous avons choisi pour venir au monde! Qu'en dites-vous? Avouons pourtant qu'il ne manque pas d'intérêt.
GXXX)V AU MÊME.
Cannero, 15 juillet 1864.
Mon cher ami, Pantaleoni, qui est ici, vient de m'apprendre la douloureuse épreuve à laquelle la Providence a voulu vous soumettre. Vous connaissez mon attachement pour vous et pour les vôtres. Jugez si j'aurais laissé passer un événement comme celui-là sans vous dire un mot d'amitié t Mais je l'ignorais absolument. Voilà ce que c'est que de vivre séparé du monde : Veuillez donc, s'il vous est venu l'idée que je fusse un égoïste, veuillez casser cet arrêt.
Votre famille est une souche féconde et qui répand de bons fruits; quand il s'y fait un vide, ce n'est pas elle
DE M. D'AZEGLIO. fcft.'i
seulement qui s'en ressent; et je sais d'ailleurs que votre frère,, bien jeune encore, est frappé dans tout l'éclat d'une brillante carrière, et qu'un grand avenir lui était ouvert. Ce coup qui vous atteint est ressenti par tous ceux qui pensent que les bons exemples sont la plus puissante des propagandes; et, quant à moi, je le regrette doublement, puisqu'il a été votre frère. Veuillez, en cette occa-r sion , me rappeler plus particulièrement à M me Rendu et aux vôtres comme quelqu'un qui veut avoir sa part des chagrins de famille. — Que Dieu vous les abrège ou vous les épargne autant que possible !
J'ai peu de chose à vous dire de nos affaires; on vit ou on végète : c'est toujours cela. La vie animale se retrempe dans le sommeil, et il est bon de dormir quelquefois, même aux nations. Après quoi, nous retrouverons toutes nos questions entières.... C'est là le secret de l'avenir. Mais le temps les fera mûrir, et peut-être il se trouvera des issues dont personne ne se doute aujourd'hui.
Tout à vous.
Cannero, 29 septembre 1864.
Cher ami,
Ce qui vient de se passer à Turin est bien triste. Tout le monde n'a fait que des sottises. Le ministère n'a préparé ni l'opinion par des publications, comme on sait le faire chez vous , ni les moyens de répression en cas de troubles. Charles X faisait son whist au moment des Ordonnances !
Le municipio a joué à la commune; la population a perdu la tête; la police est tombée, la dague au poing,
sur des gens désarmés, sans les sommations légales. L'autorité militaire a été absurde. Les soldats étaient placés de manière à s'entretuer. Aussi un colonel a péri, et, pour le bouquet, voilà le ministère qui a signé le traité 1 mis à la porte à la suite d'une émeute! Quand
. 1. Convention entre la Frange et l'Italie.
Leurs Majestés l'empereur des Français et le roi d'Italie, ayant résolu de conclure une convention, ont nommé pour leurs plénipotentiaires, savoir :
Sa Majesté l'Empereur des Français,
M. Drouyn de Lhuys, sénateur de l'Empire, grand-croix de Tordre impérial de la Légion d'honneur et de l'ordre des saints Maurice-et- Lazare,etc, etc., son ministre et secrétaire d'État au département des affaires étrangères;
Et sa Majesté le roi d'Italie,
M. le chevalier Constantin Nigra, grand-croix de Tordre des saints Maurice- et-Lazare, grand officier de Tordre impérial de la Légion d'honneur , etc. , son envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près Sa Majesté l'Empereur des Français;
Et M. le marquis Joachim Pepoli, grand-croix de Tordre des saints Maurice-et-Lazare, chevalier de Tordre impérial de la Légion d'honneur, etc., etc., son envoyé extraordinaire et ministre plénipotentaire près Sa Majesté l'empereur de toutes les Russies ;
Lesquels, après s'être communiqué leurs pleins pouvoirs respectifs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants:
Art. 1 er . L'Italie s'engage à ne pas attaquer le territoire actuel du Saint-Père, et à empêcher, même par la force, toute attaque venant de l'extérieur contre ledit territoire.
Art. 2. La France retirera ses troupes des États pontificaux graduellement et à mesure que Tannée du Saint-Père sera organisée. L'évacuation devra néanmoins être accomplie dans le délai de deux ans.
Art. 3. Le gouvernement italien s'interdit toute réclamation contre l'organisation d'une armée papale, composée même de volontaires catholiques étrangers , suffisante pour maintenir l'autorité du Saint- Père et la tranquillité , tant à l'intérieur que sur les frontières de ses États, pourvu que cette force ne puisse dégénérer en moyen d'attaque contre le gouvernement italien.
Art. 4. L'Italie se déclare prête à entrer en arrangement pour
DE M. DAZEGL10. 287
j'ai appris ce qui se passait à Turin, j'y suis allé pour être là, comme un en-cas. Tout était tranquille, et je m'en suis retourné.
Il est bien vrai, comme vous me le dites, que j'ai pu-
prendre à sa charge une part proportionnelle de. la dette des anciens Étais de l'Église.
Art. 5. La présente convention sera ratifiée et les ratifications en seront échangées dans le délai de quinze jours, ou plus tôt si faire se peut*
En foi et témoignage de quoi, les plénipotentiaires respectifs ont signé la présente convention et l'ont revêtue du cachet de leurs armes*
Fait double à Paris, le quinzième jour du mois de septembre de l'an de grâce mil huit cent soixante-quatre.
(L. S.) Signé : Drocyn de lruys.
Nigra.
Pepoli.
Protocole faisant suite à la convention signée à Paris entre la France et P Italie touchant l'évacuation des États pontificaux par les troupes françaises.
La convention signée, en date de ce jour, entre LL. MM. l'empereur des Français et le roi d'Italie , n'aura de valeur exécutoire que lorsque S. M. le roi d'Italie aura décrété la translation de la capitale du royaume dans l'endroit qui sera ultérieurement déterminé par sadite Majesté. Cette translation devra être opérée dans le terme de six mois, à dater de ladite convention.
• Le présent protocole aura même force et même valeur que la convention susmentionnée. H sera ratifié, et les ratifications en seront échangées en même temps que celles de ladite convention.
Fait double à Paris le 15 septembre 1864.
(L. S.) Signé : Drouyn de LhUys.
Nigra.
Pepoli.
déclaration.
Aux termes de la convention du 15 septembre 1864 et du protocole-annexe, le délai pour la translation de la capitale du royaume
blié, il y a trois ans déjà, dans les Questioni urgenti, le programme actuel ; et quand je relis ma lettre qu'il vous a plu d'imprimer dans votre préfacé de la Souveraineté pontificale, je ne puis méconnaître que je pourrais bien
d'Italie avait été fixé à six mois à dater de la dite convention , et l'évacuation des États Romains par les troupes françaises devait être effectuée dans un terme de deux ans, ù partir de la date du décret qui aurait ordonné la translation.
Les plénipotentiaires italiens supposaient que cette mesure pourrait être prise en vertu d'un décret qui serait rendu immédiatement par S. M. le roi d'Italie. Dans cette hypothèse, le point de départ des deux termes eût été presque simultané, el le gouvernement italien aurait eu, pour transférer sa capitale, les six mois jugés nécessaires.
Mais, d'un autre côté, le cabinet de Turin a pensé qu'une mesure aussi importante réclamait le concours des chambres et la présentation d'une loi ; de l'autre, le changement du ministère italien a fait ajourner du 5 au 24 octobre la réunion du parlement. Dans ces circonstances, le point de départ primitivement convenu ne laisserait plus un délai suffisant pour la translation de la capitale.
Le gouvernement de l'Empereur, désireux de se prêter à toute combinaison qui, sans altérer les arrangements du 15 septembre, serait propre à en faciliter l'exécution, consent à ce que le délai de six mois pour la translation de la capitale de l'Italie commence , ainsi que le délai de deux ans ponr l'évacuation du territoire pontifical, à la date du décret royal sanctionnant la loi qui va être présentée au Parlement italien.
Fait double à Paris, le 3 octobre 1864.
Signé : Drouyn de Lhuys, Nigka.
Le ministre des affaires étrangères au baron deMalarel, à Turin.
Paris, le 23 septembre 1864.
Monsieur le baron, vous savez quele gouvernement de l'Empereur s'est décidé à entrer dans un arrangement avec le cabinet de Turin pour déterminer les conditions auxquelles pourrait être effectuée l'évacuation de Rome par nos troupes. J'ai l'honneur de vous envoyer ciannexé le texte de la convention qui a été signée à cet effet, ie 15 de
DE M. D'AZKGLIO. 28U
être le parrain, sinon le père de la neonata qu'on appelle la « Convention; » mais l'essentiel, c'est que les solutions heureuses se préparent. Qu'on me laisse de côté, bien peu m'importe, pourvu qu'on finisse par m'écouter, et que le pays en profite.
ce mois, entre les plénipotentiaires de S. M. le roi d'Italie et moi. Cette convention a reçu les ratification» de l'Empereur et du roi Victor-Emmanuel .
Je crois utile de rappeler brièvement quelques-unes des circonstances qui ont précédé la conclusion de cet acte important, et de vous indiquer en même temps les motifs qui ont déterminé le gouvernement de l'Empereur à se départir de la fin de non-recevoir qu'il avait dû . opposer jusqu'ici aux suggestions du gouvernement italien.
Appelé à m'expliquer au mois d'octobre 1862 sur une communication du cabinet de Turin qui, en affirmant le droit de l'Italie sur Rome, réclamait la remise de cette capitale et la dépossession du Saint-Père, j'ai dû refuser de le suivre sur ce terrain et déclarer, au nom de l'Empereur, que nous ne pouvions nous prêter à aucune négociation qui n'aurait pas pour objet de sauvegarder les deux intérêts qui se recommandent également à notre sollicitude en Italie, et que noua étions bien décidés à ne pas sacrifier l'un à l'autre.
Après avoir franchement exposé ainsi à quelles conditions il nous serait possible de prendre en considération les propositions qu'on croirait devoir nous faire ultérieurement, nous avons ajouté qu'on nous trouverait toujours prêts à les examiner, quand elles nous paraîtraient de nature à nous rapprocher du but que nous voulions atteindre. C'est dans cet esprit que nous avons accueilli les diverses ou- • vertures qui nous ont été faites depuis, bien qu'elles ne répondissent pas assez complètement à nos intentions pour servir de bases à un arrangement acceptable.
Nous suivions en même temps, avec un grand intérêt, les progrès qui se manifestaient dans la situation générale de l'Italie. Le gouvernement italien comprimait avec résolution et persévérance les passions anarchiques, déjà affaiblies par l'effet du temps et de la réflexion. Des idées modérées tendaient à prévaloir dans les meilleurs esprits et à ouvrir la voie à des tentatives sérieuses d'accommodement. C'est dans ces circonstances favorables que le gouvernement du roi Victor-Emmanuel s'est déeidé à une grande résolution. Préoccupé de la néces-
Je ne suis pas de ceux qui offrent des conseils à la criée. Sachez bien, de plus, que je suis au ban de la cour pour abus de sincérité; au ban des jésuites, pour leso governo papale; au ban de la maçonnerie, comme contraire à Borna capitale; au ban des sectes et des rouges, pour leur avoir dit de dures vérités. Le mot d'ordre de tout ce monde-là ne pouvant pas être , heureusement : « Azeglioest un coquin! » est devenu simplement : « Aze-
site de donner plus de cohésion à l'organisation de l'Italie, il nous a fait part des motifs politiques, stratégiques et administratifs qui le déterminaient à transférer sur un point plus central que Turin la •capitale du royaume. '
L'Empereur appréciant toute l'importance de cette résolution , et tenant compte à la fois des considérations que je Tiens de rappeler et des dispositions plus conciliantes manifestées par le cabinet de Turin, a pensé que le moment était venu de régler les conditions qui lui permettraient, en assurant la sécurité du Saint-Père et de ses possessions, de mettre fin à l'occupation militaire des États romains. La convention du 15 septembre répond, selon nous, à toutes les nécessités de la situation respective de l'Italie et de Home. Elle contribuera, nous l'espérons, à hâter une réconciliation que nous appelons de tous nos . vœux et que l'Empereur lui-même n'a cessé de recommander dans l'intérêt du Saint-Siège et de l'Italie.
Aussitôt que le progrès de la négociation a permis d'en espérer le succès, j'ai eu soin de faire part à la cour de Rome des considérations auxquelles nous avions obéi dans celte circonstance, et j'ai adressé à l'ambassadeur de Sa Majesté la dépêche dont, vous trouverez ci-joint copie. Je me suis empressé de lui annoncer la signature de la convention et de lui en faire connaître les clauses, pour qu'il en informât le gouvernement de Sa Sainteté.
J'espère que la cour de Rome appréciera nos motifs et les garanties que nous avons stipulées dans son intérêt. Si, au premier abord, elle était disposée à voir d'un œil peu favorable les arrangements que nous venons de conclure avec une puissance dont la sépare encore le souvenir de récents griefs, la signature de la France lui donnera du moins, nous n'en doutons pas, la certitude de la loyale et sincère exécution des engagements du 15 septembre*.
Agréez, etc. Drouyn de Lhuys.
glio est d'un maniement trop difficile. Silence sur son nom! » Mais je crois que mon nom est fait, et tout cela m'est parfaitement indifférent; car n'ayant plus la force littéralement d'être utile, je ne veux rien, et je reste chez moi.
La Marmora est l'homme qu'il faut pour maintenir l'ordre. Le parlement décidera; mais les passions sont au paroxysme et on se prendra aux cheveux. Rome capitale est toujours le dada de la majorité. Cette malheureuse idée nous sera fatale. Elle ne s'explique que par la haine profonde inspirée par la papauté temporelle à l'Italie, haine habilement exploitée par la maçonnerie et par les sectes. Et, il faut être juste, Rome a mis du -^" génie à se faire détester.
Après cela, j'ai toujours pensé que l'Italie aurait bien des mauvais jours à passer avant de se constituer. Toutes j\y^ les nations de l'Europe n'y sont arrivées qu'après des siècles de luttes, et nous voudrions que cela fût fait en une quinzaine d'années t
Ainsi, que les vieux se résignent, que les jeunes travaillent : et marchons!
Une seule chose m'effraye : toutes les positions sont prises sous l'influence des sectes, et vous savez qu'elles ne choisissent pas les capables, mais les dévoués. Aussi, dans les moments difficiles, voilà ce qui arrive ! Et les moments difficiles ne manqueront pas. Basta... Que Dieu nous soit en aide!
J'ai suivi dans les journaux votre lutte électorale; recevez mes félicitations pour votre succès. Rappelez-moi au souvenir des vôtres, et priez Dieu qu'il nous donne senno e galantomismo. ,
% AU MÊME
2 novembre 1864.
Mon cher ami, je ne m'étonne nullement de la satiété qu'on éprouve chez vous au sujet de la question romaine; grâce à l'état des esprits, il ne sera pas difficile de l'étouffer.
Le parti dont dispose P*" a lancé son mot d'ordre, secondé par les garibaldiens ; malgré cela, les nouvelles idées m'ont l'air de prendre pied dans la population ; tout dépendra de la discussion de votre Corps législatif. J'ai peine à me persuader que cela n'y jette pas un peu de .passion.
M. Cousin m'a écrit de Cannes, m'assurant que lui et M. Thiers partagent mes opinions; comme nous ne sommes pas en correspondance suivie, j'ai cru voir là une marque d'intérêt spécial donnée à la question. Si on finissait par s'entendre à l'effet de réunir un congrès, ce serait le meilleur des terrains pour s'arranger et en Jinir.
L'état des esprits, après le vote du parlement, est loin d'être satisfaisant. Le Piémont a réagi comme de raison contre l'explosion (tranchons le mot) de haine qui s'est produite contre lui dans la Péninsule. Les bases de la monarchie sont maintenant déplacées; les nouvelles assises pourront-elles résister au torrent? c'est ce que l'avenir nous dira. Au reste, le roi n'avait consulté personne, pas même le prince de Carignan.
Non certes, je ne suis pas satisfait de l'esprit public. Ce qui domine partout, c'est le génie d'intrigue, les questions de personnes, les intérêts de secte, d'ambitions vulgaires, et surtout d'écus. Je commence à croire qu'il n'est donné à aucune nation d'avoir sa révolution en abrégé; il faut en subir tous les volumes.
Aussi j'ai passé et je passe des jours bien tristes; heureusement, au fond de mon être, je retrouve toujours un ressort qui n'est point brisé et que rien ne brisera, s'il plaît à Dieu. Je suis d'âge à savoir me passer d'illusions: c'est assez du devoir; mais il n'est pas gai de se heurter sans cesse à des sentiments vulgaires et d'être rejeté à chaque instant dans les basses régions. Cette convention du 45 septembre qui, pour le fond, contient ce que je demandais, puisque précisément nous n'avons cessé d'invoquer l'entente des deux gouvernements, français et italien, pour arriver à une solution de la question romaine \ est commentée par beaucoup de gens et par certains journaux d'une manière si platement mesquine, au point de vue de la dignité du vieux Piémont, que j'ai cru devoir écrire quelques lignes pour couper court à ce qu'on me faisait dire; nos journaux on reproduit cela, vous le verrez 2 . Il y a quelque amertume dans ces lignes, a-t-on dit; mais comment non?
Au reste, la convention est un grand pas hors de la