‹ L'Italie de 1847 à 1865Chapitre 20 sur 85 · XXII • PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII • PRÉFACE

ici au point de vue des passions du moment, là au point de vue de Tintéret permanent de l'ordre moral, la grande question posée par les événements à la sollicitude du monde catholique et à la raison des hommes d*État.

Issu de l'une des plus anciennes familles de l'aristocratie piémontaise, M. d'Azeglio avait gardé, sinon dans la pratique de sa vie, au moins dans les instincts de son intelligence, toutes les traditions morales de sa race. Son âme tressaillît quand, au sortir du règne douloureux de Gré-* goire XVI, parut se lever, à l'horizon du siècle, lastrelumineuxd un grand pape. Je le vis à Rome, en 1847; il y travaillait d'un cœur dévoué à consolider la jeune popularité de Pie IX. Sa correspondance, qui commence à cette époque, porte à chaque page les traces de cette préoccupation. « Voilà, — s'écria-t-il au moment de la création « de la consulte d'État, — voilà Pie IX promoteur (( de tout le mouvement libéral et la papauté à « la tête du siècle. Qui l'eût dit il y a dix-huit (( mois? S'il continue, et pourquoi non? il de- « vient le chef moral de l'Europe, et il fera ce K< que n'ont pu faire ni Bossuet ni Leibnitz, il ré- « tablira l'unité du christianisme. J'ai toujours

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