‹ L'Italie de 1847 à 1865Chapitre 3 sur 85 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

n'était BDcore, comme il le dit lui-même, que « patriote fantaisiste. » La mort brisa la plume de récrivain, lorsqu'il retraçait les derniers événements de Tannée 1847.

Or, de Tannée 1847 datent précisément les premières lettres de notre recueil ; et la correspondance, se continuant jusqu'au mois de novembre 1865, embrasse presque complètement la grande et décisive période qui s'ouvre avec le règne de Pie IX et se clôt par la délivrance de la Vénétie. Cette correspondance achève donc Tœuvre interrompue ; elle pourrait être intitulée : « Continuation des Mémoires » ou « Mémoires politiques de Massimo d'Azeglio. »

En effet, c'est avec les lettres en question que commence la vie politique proprement dite de Thomme illustre que T Italie appela « son chevalier ; » en qui s'est éteint le héros de la première

« mon projet. Un beau matin je partis seul, pour être sûr de « n*avoir pas avec moi un espion ; dans un vettur'mo de la Marche, « je 'sortis par la Forte du peuple^ el commençai ma « via crucis, » « J'allais, sous prétexte de peinture, à petites journées; des noms t m'étaient donnés de pa^rs en pays ; il va de soi que, pour trouver les « propriétaires de ces noms, je ne prenais mes renseignements ni « auprès des gens d'auberge, ni auprès d'aucun des protégés ordi- « naires de la police. Ce fut tout un petit travail diplomatique dans « lequel je déployai assez de grâce: et de fait, je n'ai jamais compromis c personne. »

IV i PRÉFACE.

phase, de la phase irréprochable de la révolution péninsulaire; et qui, ayant réuni tous les talents et savouré toutes les gloires, restera le représentant le plus complet du génie italien au dix-neuviême siècle.

Dans notre Correspondance, se révèle tout d'abord le chef de ce grand parti qui, depuis Tinsurrection romagnole de 1844 jusqu'à la guerre de 1 859, s'arma de la réforme contre la révolution; l'auteur des pamphlets célèbres* qui, avec le Primato de Gioberti et les Speranze du comte Balbo, préparèrent le mouvement libéral de 1846 et l'explosion nationale de 1848. Puis, au milieu de la fumée des champs de bataille, apparaît le soldat de l'indépendance qui philosophe tout en guerroyant : on le voit entraîner au delà du Pô la petite armée pontificale, et tomber à Vicence sous les balles de Radetzky; on l'entend, après Novare, pousser le cri d'une âme indomptée :

Nous recommencerons ! Vient ensuite le président du conseil, le ministre qui sacrifie à son pays une éclatante popularité, dévoue son nom aux responsabilités douloureuses d'un lendemain de défaite.

1. Casi di Romagna, 1845; — Programma pcr VOpinîone nazionale. 1847 ; — Lntti di lomhardia, 1848.

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