Convention entre la Frange et l'Italie
Leurs Majestés l'empereur des Français et le roi d'Italie, ayant résolu de conclure une convention, ont nommé pour leurs plénipotentiaires, savoir :
Sa Majesté l'Empereur des Français,
M. Drouyn de Lliuys, sénateur de l'Empire, grand-croix de l'ordre impérial de la Légion d'honneur et de l'ordre des saints Maurice-et- Lazare,etc., etc., son ministre et secrétaire d'État au département des affaires étrangères;
Et sa Majesté le roi d'Italie,
M. le chevalier Constantin Nigra, grand-croix de l'ordre des Maints Maurice-et-Lazare, grand officier de l'ordre impérial de la Légion d*honneur , etc. , son envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près Sa Majesté l'Empereur des Français ;
Et M. le marquis Joachim Pepoli, grand-croix de l'ordre des saints Maurice-et-Lazare, chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'honneur, etc., etc., son envoyé extraordinaire et ministre plénipotentaire près Sa Majesté l'empereur de toutes les Russies ;
Lesquels, après s'êlre communiqué leurs pleins pouvoirs respectifs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus des articles suivants:
Art. l«r. L'Italie s'engage à ne pas attaquer le territoire actuel du Saint-Père, et à empêcher, même par la force, toute attaque venant de l'extérieur contre ledit territoire.
Art. 2. La France retirera ses troupes des Ëtats pontificaux graduellement et à mesure que l'armée du Saint-Père sera organisée. L'évacuation devra néanmoins être accomplie dans le délai de deux ans.
Art. 3. Le gouvernement italien s'interdit toute réclamation contre l'organisation d'une armée papale, composée même de volontaires catholiques étrangers , suffisante pour maintenir l'autorité du Saint- Père et la tranquillité, tant à l'intérieur que sur les frontières de ses États, pourvu que celle force ne puisse dégénérer en moyen d'attaque contre le gouvernement italien.
Art. 4. L'Italie se déclare prête à entrer en arrangement pour
DE M. D'AZEGLIO. tSi
]Slï appris ce qui se passait à Turin, j'y suis allé pour être là, comme un en-cas. Tout était tranquille, et je m'eti suis retourné.
Il est bien vrai, comme vous me le dites, que j'ai pu-
prendre à sa charge une part proportionnelle de la dette des anciens Ëlats de l'Église.
Art. 5. La présente convention- sera ralifiée et les ratifications en seront échangées dans le délai de quinze jours, ou plus tôt si faire se peut.
En foi et témoignage de quoi, les plénipotentiaires respectifs ont signé la présente convention et l'ont revêtue dn cachet de leurs armes.
Fait double à Paris, le quinzième jour du mois de septembre deTati
de grâce mil huit cent soixante-quatre.
(L. S.) Signé : Drodyn de lhuvs.
NiGRA.
Pepolu
Protocole faisant suite à la convention signée à Paris entre la France et l'Italie touchant ^évacuation des États pontificaux par les troupes françaises,
La convention signée, en date de ce jour, entre LL. MM. l'empereur
des Français et le roi d'Italie , n'aura de valeur exécutoire que lors-
f«e S* M. le roi d'Italie aura décrété la translation de la capitale diÉ
royaume dans l'endroit qui sera ultérieurement déterminé pB,T sadite
Majesté. Cette translation devra être opérée dans le terme de six mois,
à dater de ladite convention.
Le présent protocole aura même Torce et même valeur que la convention susmentionnée. Il sera ratiOé, et les ratifications en seront échangées en même temps que celles de ladite convention.
Fait double à Paris le 15 septembre 1864.
(L. S.) Signé : Droutn de Lhuys.
NlGRA*
Pepoli.
déclaration.
Aux termes de la convention du 15 septembre 1864 et du protocole-annexe, le délai pour la translation de la capitale du royaume
2S8 CORRESPOiNDANCE POLITIQUE
blié, il y a trois ans déjà, dans les Questioni urgenti^ le programme actuel; et quand je relis ma lettre qu'il vous a plu d'imprimer dans votre préface de la Souveraineté pontificale^ je ne puis méconnaître que je pourrais bien
dilalie avait été fixé à six mois à dater de la dite conveution , et l'évacuation des États Romains par les troupes françaises devait être effectuée dans un terme de deux ans, à partir de la date du décret qui aurait ordonné la translation.
Les plénipotentiaires italiens supposaient que cette mesure pourrait être prise en vertu d'un décret qui serait rendu immédiatement par S. M. le roi d'Italie. Dans cette hypothèse, le point de départ des deux termes eût été presque simultané, et le gouvernement italien aurait eu, pour transférer sa capitale, les six mois jugés nécessaires.
Mais, d'un autre côté, le cabinet de Turin a pensé qu'une mesure aussi importante réclamait le concours des chambres et la présentation d'une loi ; de l'autre, le changement du ministère italien a fait ajourner du 5 au 24 octobre la réunion du parlement. Dans ces circonstances, le point de départ primitivement convenu ne laisserait plus un délai suffisant pour la translation de la capitale.
Le gouvernement de l'Empereur, désireux de se prêter à toute combinaison qui, sans altérer les arrangements du 15 septembre, serait propre à en faciliter Texécution, consent à ce que le délai de six mois pour la translation de la capitale de l'Italie commence, ainsi que le délai de deux ans pour l'évacuation du territoire pontifical, h la date du décret royal sanctionnant la loi qui va être présentée au Parlement italien.
Fait double à Paris, le 3 octobre 1864.
Signé : Drocyn de Lhi.iys,
NiGRA.
Le viinistre des affaires étrangères au baron deMalarel, à Tiiriu.
Paris, le 23 septembre 1864.
Monsieur le baron, vous savez que le gouvernement de l'Empereur s'est décidé à entrer dans un arrangement avec le cabinet de Turin pour déterminer les conditions auxquelles pourrait être effectuée l'évacuation de Rome par nos troupes. J'ai l'honneur de vous envoyer ciannexé le texte de la convention qui a été signée à cet t'fTet, le ir> de
être le parrain, sinon le père de la neonata (\\xo\\ appelle la « Convention; » mais l'essentiel, c'est que les solutions heureuses se préparent. Qu'on me laisse de côté, bien peu m'importe, pourvu qu'on finisse par m'écouter, et que le pays en profite.
ce mois, entre les plénipotentiaires de S. M. le roi d'Italie et moi. Cette convention a reçu les ratifications de l'Empereur et du roi Victor-Emmanuel.
Je crois utile de rappeler brièvement quelques-unes des circonstances qui ont précédé la conclusion de cet acte important, et de vous indiquer en même temps les motifs qui ont déterminé le gouvernement de l'Empereur à se départir de la fin de non-recevoir qu'il avait dii opposer jusqu'ici aux suggestions du gouvernement italien.
Appelé à m'expliquer au mois d'octobre 1862 sur une communication du cabinet de Turin qui, en affirmant le droit de l'Italie sur Rome, réclamait la remise de cette capitale et la dépossession du Saint-Père, j'ai dû refuser de le suivre sur ce terrain et déclarer, au nom de l'Empereur, que nous ne pouvions nous prêter à aucune négociation qui n'aurait pas pour objet de sauvegarder les deux intérêts qui se recommandent également à notre sollicitude en Italie, et que nous étions bien décidés à ne pas sacrifier l'un à l'autre.
Après avoir franchement exposé ainsi à quelles conditions il nous serait possible de prendre en considération les propositions qu'on croirait devoir nous faire ultérieurement, nous avons ajouté qu'on nous trouverait toujours prêts à les examiner, quand elles nous paraîtraient de nature à nous rapprocher du but que nous voulions atteindre. C'est dans cet esprit que nous avons accueilli les diverses ouvertures qui nous ont été faites depuis, bien qu'elles ne répondissent pas assez complètement à nos intentions pour servir de bases à un arrangement acceptable.
Nous suivions en même temps, avec un grand intérêt, les progrès qui se manifestaient dans la situation générale de l'Italie. Le gouvernement italien comprimait avec résolution et persévérance les passions anarchiques, déjii affaiblies par leiTet du temps et de la réflexion. Des idées modérées tendaient à prévaloir dans les meilleurs esprits et à ouvrir la voie à des tentatives sérieuses d'accommodement. C'est dans ces circonstances favorables que le gouvernement du roi Victor-Emmanuel s'est décidé h une grande résolution. Préoccupé de la néces-
Je ne suis pas de ceux qui oifrent des conseils à la criée. Sachez bien, de plus, que je suis au ban de la cour pour abus de sincérité; au ban des jésuites, pour leso govemo papale; au ban de la maçonnerie, comme contraire à Roma capitale; au ban des sectes et des rouges, pour leur avoir dit de dures vérités. Le mot d'ordre de tout ce monde-là ne pouvant pas être, heureusement : « Azeglio est un coquin! » est devenu simplement : « Aze^
site de donner plus de cohésion à Torganisation de l'Italie, il nous a Tait part des motifs politiques, stratégiques et administratifs qui le déterminaient à transférer sur un point plus central que Turin la capitale du royaume.
L'Empereur appréciant toute l'importance de cette résolution , et tenant compte à la fois des considérations que je Tiens de rappeler et des dispositions plus conciliantes manifestées par le cabinet de Turin, a pensé que le moment était venu de régler les conditions qui lui permettraient, en assurant la sécurité du Saint-Père et de ses possessions, de mettre fin à l'occupation militaire des États romains. La convention du 1 5 septembre répond, selon nous, à toutes les nécessités de la situation respective de Tltalie et de Home. Elle contribuera, nous l'espérons, à hâter une réconciliation que nous appelons de tous nos vœux et que l'Empereur lui-même n'a cessé de recommander dans rintérèt du Saint-Siège et de l'Italie.
Aussitôt que le progrès de la négociation a permis d'en espérer le succès, j'ai eu soin de faire part à la cour de Rome des considérations auxquelles nous avions obéi dans celte circonstance, et j'ai adressé à l'ambassadeur de Sa Majesté la dépêche dont vous trouverez ci-jolnl copie. Je me suis empressé de lui annoncer la signature de la convention et de lui en faire connaître les clauses, pour qu'il en informât le gouvernement de Sa Sainteté.
J'espère que la cour de Rome appréciera nos motifs et les garanties que nous avons stipulées dans son intérêt. Si, au premier abord, elle était disposée à voir d'un œil peu favorable les arrangements que nous venons de conclure avec une puissance dont la sépare encore le souvenir de récents griefs, la signature de la France lui donnera du moins, nous n'en doutons pas, la certitude de la loyale et sincère exécution des engagements du 1 5 septembre.
Agréez, etc. Droutn de Lhuts.
DE M. D'AZEGLIO. 29i
glio est d'un maniement trop difficile. Silence sur son nom! r> Mais je crois que mon nom est fait, et tout cela m'est parfaitement indifférent; car n'ayant plus la force littéralement d'être utile, je ne veux rien, et je reste chez moi.
La Marmora est l'homme qu'il faut pour maintenir Tordre. Le parlement décidera; mais les passions sont au paroxysme et on se prendra aux cheveux. Rome capitale est toujours le dada de la majorité. Cette malheureuse idée nous sera fatale. Elle ne s'explique que par la haine profonde inspirée par la papauté temporelle à l'Italie, haine habilement exploitée par la maçonnerie et par les sectes. Et, ilfaut être juste, Rome a mis du génie à se faire détester.
Après cela, j'ai toujours pensé que l'Italie aurait bien des mauvais jours à passer avant de se constituer. Toutes les nations de l'Europe n'y sont arrivées qu'après des siècles de luttes, et nous voudrions que cela fût fait en une quinzaine d'années t
Ainsi, que les vieux se résignent, que les jeunes travaillent : et marchons I
Une seule chose m'effraye : toutes les positions sont prises sous l'influence des sectes, et vous savez qu'elles ne choisissent pas les capables, mais les dévoués. Aussi, dans les moments difficiles, voilà ce qui arrive! Et les moments difficiles ne manqueront pas. Basta.,. Que Dieu nous soit en aidel
J'ai suivi dans les journaux votre lutte électorale; recevez mes félicitations pour votre succès. Rappelez-moi au souvenir des vôtres, et priez Dieu qu'il nous donne senno e galantomismo.
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AU MÊMK.
1 novembre 1864.
Mon cher ami, je ne m'étonne nullement de la satiété qu'on éprouve chez vous au sujet de la question romaine; grâce à l'état des esprits, il ne sera pas difficile de l'étouffer.
Le parti dont dispose P*** a lancé son mot d'ordre, secondé par les garibaldiens; malgré cela, les nouvelles idées m'ont l'air de prendre pied dans la population; tout dépendra de. la discussion de votre Corps législatif. J'ai peine à me persuader que cela n'y jette pas un peu de passion.
M. Cousin m'a écrit de Cannes, m'assurant que lui et M. Thiers partagent mes opinions; comme nous ne sommes pas en correspondance suivie, j'ai cru voir là une marque d'intérêt spécial donnée à la question. Si on finissait par s'entendre à l'effet de réunir un congrès, ce serait le meilleur des terrains pour s'arranger et en finir.
L'état des esprits, après le vote du parlement, est loin d'être satisfaisant. Le Piémont a réagi comme de raison contre l'explosion (tranchons le mot) de haine qui s'est produite contre lui dans la Péninsule. Les bases de la monarchie sont maintenant déplacées; les nouvelles assises pourront-elles résister au torrent? c'est ce que l'avenir nous dira. Au reste, le roi n'avait consulté personne, pas même le prince de Carignan.
Non certes, je ne suis pas satisfait de l'esprit public. Ce qui domine partout, c'est le génie d'intrigue, les questions de personnes, les intérêts de secte, d'ambitions vulgaires, et surtout à^écus. Je commence à croire qu'il n'est donné à aucune nation d'avoir sa révolution en atrégé; il faut en subir tous les volumes.
DE M. D'âZëGLIO. 293
Aussi j'ai passé et je passe des jours bien tristes; heureusement, au fond de mon être, je retrouve toujours un ressort qui n'est point brisé et que rien ne brisera, s'il plaît à Dieu. Je suis d'âge à savoir me passer d'illusions: c'est assez du devoir; mais il n'est pas gai de se heurter sans cesse à des sentiments vulgaires et d'être rejeté à chaque instant dans les basses régions. Cette convention du i5 septembre qui, pour le fond, contient ce que je demandais, puisque précisément nous n'avons cessé d'invoquer l'entente des deux gouvernements, français et italien, pour arriver à une solution de la question romaine ^, est commentée par beaucoup de gens et par certains journaux d'une manière si platement mesquine, au point de vue de la dignité du vieux Piémont, que j'ai cru devoir écrire quelques lignes pour couper court à ce qu'on me faisait dire; nos journaux on reproduit cela, vous le verrez*. Il y a quelque amertume dans ces lignes, a-t-on dit; mais comment non?
Au reste, la convention est un grand pas hors de la