‹ L'Italie de 1847 à 1865Chapitre 67 sur 85 · Réfutation de la Vie de Jésus · texte numérisé non relu

Réfutation de la Vie de Jésus

2.« Les soussip^nés demandent au Congrès qu'il lui plaise de décider que la question de V enseignement international fera partie du programme de la section de l'instruction publique, dans la prochaine

I)K M. D'AZKGLIO. 2H\

«uent. J'ai vu aussi, et je vous eu remercie, que vous «divez appuyé la proposition de Pasini ^tendant à ce que I a prochaine session du Congrès ait lieu en Italie. Encore ^JLU service que vous nous rendez.

J'espère que M"''' Rendu, madame sa mère et miss

Œébé se portent comme on doit se porter après les eaux

cd'Évian et le petit lait d'Interlaken. Quant à moi, je

"wais à merveille. Décidément, à Évian, la digestion vaut

mieux que le repas.

GXXXIII

AU MÊME

Caoïiero, 14 uovembre 1863.

Cher ami.

Mon idée fixe est que, dans l'histoire, le neveu aura le dessus sur Tonde. Le dernier acte (je n'appelle pas ça un discours] de l'Empereur me confirme toujours plus dans mon idée. Je ne crois pas à la paix universelle ; mais je crois, et l'histoire est là pour me l'apprendre, à une réduction successive des casus belliàsins le Code politique, aifîsi que dans les jugements de l'opinion.

Napoléon !«■' aura gagné des batailles; Napoléon III les aura rendues impossibles, ou du moins rares : je préfère Napoléon lil. Et pourtant une grande victoire, savoir une grande boucherie, aura pour longtemps, je le crains,

8t{8ëion du congrès; et d'exprimer le vœu qu'un comité composé des représentants des divers peuples soit constitué à Teffet de s'occuper de la fondation d'établissements internationaux d'enseignement, n

Le délégué français : Eugène Rendu ; les délégués italiens : Pasini, Maestri, Correnli; les délégués espagnols : comte de Ripalda, Pascual; les délégués portugais : marquis d'Avila, Carvalho; le délégué suédois : Berg; le délégué suisse : D'^ Hirscii ; le délégué de Hollande : 1)'^ de Baumhauer ; le délégué anglais : W. Farr.

le privilège d'exciter les plus grandes admirations des hommes! Si rhuiaanité n'a pas dé bon sens, il faut lui en donner; et la meilleure autorité, en ce cas, c'est celle de rhomroe qui, disposant d'une bonne petite armée telle que l'armée française, dit au monde : c Eh bien, non! tout ça, c'est vanité/ Il n'y a de vrai, il n'y a de bon que 1q respect volontaire des puissants envers le droit de$ faibles. » Si Napoléon dit cela, le monde peut l'en croire sur parole.

Imaginez qu'après avoir lu le discours, j'ai été au moment d'écrire à l'Empereur. Comprenez- vous mes glaces de l'âge fondues à ce point?

Basta! beativoi Francesi; beatt,.. tout le monde, qu'il y ait un pareil homme qui tient la barre !

Après cela, je ne me fais aucune illusion sur une immédiate ni complète victoire de son idée; mais il l'a exprimée, çt c'est 9^ez; le reste viendra.

Voilà, cher lami, quelques-unes des nombreuses t^ flexions qui se présentent k mon esprit 3ur ce nouveau coup de maître; car il était dans un bel embarras, et U en sort tambour battant et bagues sauves !

Je suis toujours à Cannero, décidé k ne partir qu'avec la dernière feuille; ayant ici mes livres et tout mou établi, je m'y trouve bien, même avec la pluie. Je suis des yeux les prodiges d'activité de votre ministre; probablement, cela vous donnera de la besogne, mais vous avez tout ce qu'il faut pQur lui tenir tête.

J'espère que ces dames, lancées dans les splendeurs parisiennes, n'oublieront pas le vieux ermite de Cannero, qui n'a d'autre splendeur que la partie avec le curé et le médecin.

Je me mets à leurs pieds.

DE M. D*AZË6LI0. 283

GXXXIV

AU MÊME

Pise, 12 mars 1864.

Cher ami> mille fois merci de votre bonne lettre du 8, qui m'a rejoint à Pise, où je suis depuis le 1" février. Les Pisans nous ont volé cette année. On a patiné sur FArnot Jugez! Malgré cela, c'est toujours mieux qu'à Tqrii^; siussi j'ai joui de toute la santé désirable. Dans deux jours j'irai à Florence passer un mois.

Je ne crois pas à la grande guerre , au grand rond de i.oute l'Europe. Tandis que tout le monde est en train de perdre le sens, l'Empereur a le bon esprit, il me semble, cie garder le sien. Quant à moi, je ne vois pas comment la guerre pourrait être la panacée. La question politique, à mon sens , est le fourreau , et la question sociale est la dague. Après avoir refait la carte de l'Europe, il faudrait Tefaire son moral, et les canons rayés sont des professeurs fort incomplets. Le Congrès, c'est cela qu'il fallait.

D'ailleurs il faudrait persuader à la masse des médiocrités que tout le monde ne peut pas être ministre; il faudrait gorger les meneurs de pensions et de croix, et en préparer autant pour la fournée qui suivra immanquablement; car ce n'est pas précisément la passion du sacrifice qui anime tous ces rédempteurs du genre humain.

Sans doute il existe une question polonaise, italienne, allemande; où ne trouve-t-on pas une question? Mais levez le couvercle, et regardez dessous!.... et, selon moi, la gueri'e ne remédie nullement à ce dessous.

Pour ce qui est de l'Italie , je vois i soliti qui chantent l'hymne guerrier. Après que nombre d'aventuriers, avec six mois de traitement garibaldien, se sont métamor-

pliosës en ^Tuéraux, il est tout simple (|ue la fournée qui suit imite il grande esempio; mais je ne croirai jamais nos ministres assez fous pour attaquer l'Autriche, sauf une entente (publique ou secrèie) avec TEmpereur. Au reste, ces chers amis d'Allemagne sont en si bonne voie, qu'en vérité il serait stupide, de notre part, de leur créer d'autres soucis. Ils ont tout l'air de vouloir se charger eux-mêmes de se couper bras et jambes. Pourquoi les déranger? Attendons. Nous n'avons qu'à y gagner.

J'ai assez peu travaillé cet hiver. Le froid me traite comme les marmottes, — disons les ours, c'est plus noble, — il m'endort.

Rappelez-moi au souvenir de toute la colonie d'Évian. Est-il permis de faire des projets pour l'été? Se verrat-on quelque part?

Le joli moment que nous avons choisi pour venir au nionde! Qu'en dites-vous? Avouons pourtant qu'il ne manque pas d'intérêt.

CXXX|V AU MÊMfc:.

r.anneru, 15 juillet 1864.

Mon cher ami, Pantaleoni, qui est ici, vient de m'apprendre la douloureuse épreuve à laquelle la Providence a voulu vous soumettre. Vous connaissez mon attachement pour vous et pour les vôtres. Jugez si j'aurais laissé passer un événement comme celui-là sans vous dire un mot d'amitié! Mais je l'ignorais absolument. Voilà ce que c'est que de vivre séparé du monde : Veuillez donc, s'il vous est venu l'idée que je fusse un égoïste, veuillez causer cet arrêt.

Votre famille est une souche féconde et qui répand de bons fruits; quand il s'y fait un vide, ce n'est pas elle

seulement qui s'en ressent; et je sais d'ailleurs que votre frère, bien jeune encore, est frappé dans tout l'éclat d'une brillante carrière, et qu'un grand avenir lui était ouvert. Ce coup qui vous atteint est ressenti par tous ceux qui pensent que les bons exemples sont la plus puissante des propagandes; et, quant à moi, je le regrette doublement, puisqu'il a été votre frère. Veuillez, en cette occasion , mfe rappeler plus particulièrement à M™^ Rendu et aux vôtres comme quelqu'un qui veut avoir sa part des chagrins de famille. — Que Dieu vous les abrège ou vous les épargne autant que possible!

J'ai peu de chose à vous dire de nos affaires; on vit ou on végète : c'est toujours cela. La vie animale se retrempe dans le sommeil, et il est bon de dormir quelquefois, même aux nations. Après quoi, nous retrouverons toutes nos questions entières.... C'est là le secret de l'avenir. Mais le temps les fera mûrir, et peut-être il se trouvera des issues dont personne ne se doute aujourd'hui.

Tout à vous.

AU MÊME

CanDero, 29 septembre 1804.

Cher ami.

Ce qui vient de se passer à Turin est bien triste. Tout le monde n'a fait que des sottises. Le ministère n'a préparé ni l'opinion par des publications, comme on sait le faire chez vous , ni les moyens de répression en cas de troubles. Charles X faisait son whist au moment des Ordonnances I

Le municipio a joué à la commune; la population a perdu la tête; la police est tombée, la dague au poing,

sur des gens désarmés, sans les sommations légales. L'autorité militaire a été absurde. Les soldats étaient placés de manière à s'entretuer. Aussi un colonel a péri, et, pour le bouquet, voilà le ministère qui a signé le traité^ mis à la porte à la suite d'une émeute! Quand

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