Jam Regem deteslari per fora et plateas
2. « Jam Theutonicornm furores insupportabiles. . . » Theutonicorum ra^/es in Latinos insanire. » (Albert. Mussati, Bist.Aug., lib. IL)
3. « Alloquia locis abditis inter utriusque partis Primores habita... Ut privatim unanimiter conspirantes Gaesarem oppeterent, urbe pellerent, communionem integrarent. » {Ibid,)
4. a Nec dilatio hœc, si distulit odia, tamen abstulit... n (Muss., lib. IL)
5. tt Hoe favillœ... sic ferventes flammas extulere, ut omnis Italia novarum rerum jam excita motibus incaluerit.... » (Ibid,)
6. « Si sursum aspiciam, motoremDeum; si infra, Clementem Papam intueor. His ducibus vchor; et quis contra me?... uUa ne discretio laterChristicolas?... » (Ibid,)
Et, dans celte fausse vue qui le trouble, il Taut prononcer contre les cités rebelles au Saint-Empire les anathèmes tenus en réserve par l'Église contre les déserteurs de Torthodôxie*.
La véritable portée des mouvements populaires tend pourtant à se révéler. A Brescia, comme les légats pontificaux engageaient le consul de la cité à s'humilier sous le cilice et dans la cendre, et promettaient l'intervention du Pape pour fléchir la colère impériale : « Que nous veut ce prétendu Empereur, « répondit le podestat de la ville? et pourquoi est-il venu, si « ce n'est pour extorquer l'argent de nos cités?... Et vous, « qui assistez le vicaire du Christ, nous apportez-vous la paix tt que votre mission est de nqiaintenir toujours? S'il en est « ainsi, grâces soient rendues au Créateur et à la sainte « Éghse à laquelle nous sommes attachés du fond de nos « entrailles. Autrement, nous avons encore dans la ville pour « six mois de nourriture; après quoi, il nous restera les « objets immondes dont s'empare encore le désespoir, etpeut- « être même les corps de ces ennemis venus de toutes les pro- (( vinces de l'Allemagne... Et ainsi nous attendrons la volonté (I du Christ, dont vous-mêmes comme nous, comme toute « chair, subirez le jugement*. »
A Padoue, mêmes résistances, mêmes protestations contre rétranger. « honte I s'écriait Rolando de Piazzola, dans le tt sénat de Padoue. Les nobles villes de la Lombardie gétt missent sous la tyrannie des vicairesimpériaux; maisceroi tt des Romains, quoi donc le rend si redoutable? Frappé par
1. « Imperialibus monitis papalia subjungens anathemala, ut tanquam extra Chrislicolarum communioneni coostituti Cremonenses loco eorum habeantur quos ad orthodoxse fidei semita devio8 error abduiit. > (Mu88.,lib. H.)
2. « Ad quid aliud nisi ad pecuniarum extor^iones sedulus ialeodit? Quarum semper egens atque exhauslus subjectos populos semper 8itibundu8 fugit.... quo absumpto, edenda nobis bruta et singula quaeque U8ui non commoda; post, et... forte hostium prœjdas venabimur, corpora prœsertim immania Suevorum, Yaodalorum, nationibusque cujusque Germanise recreabimur reficiemurque. . . » (Mussati, Hist. Aug,, lib. IV.)
« Dieu, n'est-il pas aujourd'hui sans soldats? Mon avis est « qu'il faut lui résister, unis à tous ceux qui s'appuient sur « les mêmes droits que nous; qu'il faut effacer les aigles des « édifices privés et publics. Que nos vies payent la liberté « commune ; et toi, ô vicaire impérial, dépouille cette dignité « odieuse pour reprendre ta charge de podestat. »
Or, au moment môme où retentissaient contre l'Empire les cris de la conscience populaire, et cette expression incertaine encore du sentiment national qui se cherchait lui-môme, le plus grand génie du quatorzième siècle, Dante, adressait à l'Empereur la célèbre lettre contre Florence, et se préparait à écrire le Traité de la Monarchie !
Phénomène étrange et qui fait bien comprendre la difficulté que devaient éprouver les Italiens du quatorzième siècle à se soustraire aux séductions d'une politique cosmopolite ! C'est le même homme que nous avons vu invoquer si ardemiment le rétablissement du trône des Césars et célébrer si haut les droits de la souveraineté impériale, c'est ce même homme qui va essayer de donner à son pays la conscience d'un rôle personnel et indiquer les conditions de l'existence nouvelle que le progrès des temps assigne désormais à la Péninsule. Par une contradiction qui est elle-même une lumière jetée sur l'histoire des destinées italiennes, Pétrarque, héritier à tant d'égards de la théorie de Dante, à côté sinon en face de cette théorie, pose hardiment la doctrine d'une politique nationale, cette doctrine que les publicistes de l'Italie actuelle appelleraient la doctrine de Vindépendance ; et c'est ainsi que l'ami de Charles IV et de Rienzi mérite d'être appelé dans le sens moderne et tout à fait exact de ce mot*, le premier patriote italien.
Et d'abord, et par une sorte de protestation contre la théorie des droits de l'Empire, Pétrarque veut que les frontières naturelles données à l'Italie la défendent contre les convoitises des hommes du Nord :
Ben provide Natura al nostro sialo
Quando delV Alpi schermo
Pose tra noi e la tedesca rabbia.
Ce n'est pas seulement dans l'entraînement de la passion poétique que Pétrarque invoque l'inviolabilité du sol national, c'est dans le calme des conseils adressés aux chefs des États italiens qu'il les supplie de fermer la patrie commune aux incursions de l'étranger : en 1351, Venise s'est alliée contre Gênes avec le roi d'Aragon : « Avec quelle douleur, écrit au a dogeDaadolo le confident des Visconti, avec quelle douleur « j*ai appris le traité que vous venez de conclure I Faut-il que « l'appui de souverains barbares soit invoqué par des Italiens « contre des Italiens ! D'où le secours viendra-t-il à la malce heureuse Italie, si, non-seulement cette mère qu'il faudrait « révérer est déchirée par ses propres fils , mais si encore « les étrangers sont conviés à prendre part à ce parricide... « C'est à bon droit que nous sommes tombés dans les mal- « heurs que nous déplorons aujourd'hui, mais trop tard, « puisque les Alpes et la mer, ces remparts dont la nature, a par une faveur spéciale du ciel, nous avait entourés, nous tt ayons cru bon de les ouvrir avec les clefs de la jalousie, de « l'avarice et de l'orgueil, aux Francs, aux Teutons, aux a Espagnols M »
Louis de Hongrie se dispose à passer les Alpes pour venger l'assassinat de son frère André, roi de Naples : a Voilà donc, « s'écrie Pétrarque, ce que j'ai toujours redouté, ce que je n'ai a cessé de répéter et d'écrire; un tel crime ne pouvait rester « impuni ; mais la vengeance est plus cruelle que je ne l'avais « prévue ! Tourne ta colère, ô Dieu ! contre les auteurs du « forfait et frappe les têtes coupables ; mais qu'a fait le « peuple ? qu'a fait le sol sacré de la patrie? Et pourquoi voici a qu'il est souillé par les pas des barbares ! »
Après l'horreur que lui inspirent les irruptions des armées étrangères, le sentiment exprimé par Pétrarque avec le plus de vivacité, c'est le désir que les villes et les États italiens consentent à se grouper autour de Rome, redevenue la capitale de la Péninsule; si je ne craignais de me servir d'un mot exprimant, à cette époque du moins, une idée plus germanique peut-être qu'italienne, je dirais qu'il aspire à les voir