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Par la main de Henri l'Oiseleur, vainqueur à Mersebourg

3. Bataille d'Ostie sous le pape Léon IV , qui crée la cité léonine comme un rempart contre les invasions,

4. « Imperii quatuor loca principalia sancti Spiritus ordinatione novimus attributa, Aquisgranum, Arelatum, Mediolanum, et urbem Romam. » (Magistri Jordani chronica, Qualiter Romanum Imperium irons» lalum fuit ad Germanos, c. xxii, ap. Goldast.)

sa science avant de monter à la première dignité du monde chrétien , dédier au « divin Frédéric III César Auguste ' » un livre dirigé « contre les hommes assez décriés pour prétendre « qu'il est des peuples et des princes que des franchises « dégagent de tout lien de vassalité à l'égard de l'Empire « romain*. » Ce livre d'iËneas Sylvius où revivent, avec la doctrine politique de Dante ', les plus serviles maximes des léi[istes de Bologne, est, en plein quinzième siècle, la négation radicale du principe des nationalités et l'audacieuse immolation de tous les droits individuels. On y professe que les peuples, les rois et les princes sont les sujets de l'Empereur chargé par Dieu de présider à toutes les choses temporelles^. L'Empereur lui-même ne pourrait accorder Taffranchissement du lien qui enchaîne tout pouvoir secondaire à TEmpire, car

1 . « Compellit me , Dive Friderice , Csesar Auguste , noonullorum inscitia tibi ut aliqua scribam. »

2. (( Maledicorum hominum voces qui populos quosdam et principes sic liberos francosque dicunt, ut nuUo peuitus jure Romano Imperio sint obnoxii. » (Mnesd Sylvii Piccolominei tractatus De Ortu et authoritate Imperii Romani ^ prœf.)

3. On retrouve dans i£neas Sjflvius cette pensée que la Monarchie ^ vainement poursuivie par Sémiramis et' par Alexandre le Grand , a été réalisée par VEmpire , pour soustraire le monde à l'anarchie, conséquence de la diversité des pouvoirs. L'Empire providentiellement établi a été consacré par le Sauveur , qui a voulu naîlre au moment où le monde entier obéissait à Rome , et payer le tribut à César. L'Antéchrist ne paraîtra pas tant que vivra l'Empire : « Hœc igilur summa principis Romani authoritas quam communis utilitas desideravit, natura invenit, Deus dédit, fiUus conûrmavit, consensus hominum approbavit. » (c. viii.) Le peuple romain qui, par ses vertus, avait créé la monarchie de l'univers, transporta le pouvoir suprême des Grecs à

Charles le Grand, « concurrente summi Pontiflcis consensu quod

(Imperium) per varias manus deductum, ad te denique , dive Gœsar Friderice, per legilimam electionem derivatum est, tibique suprema in temporalibus est ex alto commissa potestas. > (Cap. ix.)

4. Cap. IX etx : « Romano principi quoslibet liquet esse subjectos.... qui temporalibus prœsit omnibus.... n — a eos esse sub Imperio dicimus. » (C. XIV.)

il créerait par là un second pouvoir ne relevant que de soi; or, il ne peu texister deux absolus, deux infinis; et l'Empereur, non plus que Dieu, ne saurait créer son semblable ^ L'Empereur, de sa pleine et unique autorité, fait toutes les lois et n'est soumis à aucune* ; il est maître souverain des propriétés et des domaines'; alors même que Ton serait dépouillé injustement, il n'est pas permis de réclamer, de s'insurger en paroles ni en fait ; car il n'est personne qui puisse connaître des actes temporels de César, et au-dessus de lui il n'est pas de tribunal*. Et ainsi le quinzième siècle arrive à professer, au nom du pouvoir temporel, des maximes absolument semblables à celles qu'au nom de la théocratie avait proclamées le douzième siècle.

Quand l'Italie annonçait ces maximes, elle se préparait à subir, de la part de l'Allemagne, les irrémédiables atteintes qui devaient la pousser jusqu'aux derniers degrés de l'abaissement politique. C'est le. droit impérial qui fait donner à Lu-

1, « Etsi maxima sit Romani principis authoritas, eo tamenprivatur Augustus ut sui similem posait efflcere, quod certe faceret si regem aliquem in omnibus liberum a se redderet... sicut nec Deus desinit esse omnipotens, quamvisindeifatenonpossitnisiunicusfore.» (Cap. xi.)

- 2. (( Leges sacratissimas quae constringunt hominum vitassoliusimperatoris est condere, cui quidquid placuerit legis habet vigorem. Quodeumque Imperator per epistolam et subscriptionem statuit, vel cognoscens decrevit^ vel de piano interlocutus est, vel dicto prscepit, legem esse constat..... non asserendum est imperatorem legibus esse

Bubjectum.» (Cap. xix et xx.)

3. « Liberum est imperatori non solum homini nequam sed etiam viro bono ac de republica bene merilo propriam domum, proprios agros, propriasque possessiones auferre. » (Cap. xvii.)

4. i Non reclamare licet, vituperare vel impugnare, cum nemo sit qui de suis factis temporalibus possit cognoscere (eap. xvi)... Qui nullum habet in temporal! causa superiorem (cap. xxii)... Cum in Csesare Bumma potestas sit, summaque authoritafis plenitudo , nihil est quod, adjunclis principibus, authoritafis accédât, quoniam neque summo adjici quicquam potest, neque plénum potest effîci plenius... cum nemo siljudex qui temporalia Cœsaris facta valeat examinare... et sicut quse Deuà jubet impienda sunt^ nihilque contra replicandum est, sic temporalia Cœsaris mandata... «> (cap. xxiii.)

dovic Sforza, puis revendiquer par l'Empire et attribuer enfin à la maison d'Autriche cette Lombardie,

Del mondo la più bella par te ,

qui frémit aujourd'hui sous la main de ses dominateurs. C'est l'Empire qui ouvre l'Italie à Charles-Quint; c'est l'Empire qui, déjà en proie à toutes les faiblesses au milieu desquelles il prolongera sa décrépitude, introduit dans la Péninsule la domination espagnole.

Qu'on ne l'oublie pas cependant : au milieu môme d'une décadence dont rien ne ralentit le cours, des protestations se produisent, qui viennent de loin en loin interrompre là prescription du droit national. Laurent de Médicis établit entre Florence, Milan et Naples une ligue qui tendait à se transformer en une véritable confédération, et, dix années durant, se fait le représentant de la politique dont l'application persévérante eût préservé son pays de mortelles invasions. Bientôt et en face des armées de toutes les nations de l'Europe acharnées à leur proie, Machiavel écrit le XXXVI» chapitre du livre du Prince; puis, dans les dernières années du seizième siècle, à cette époque la plus calme peut-être, mais aussi la plus douloureuse de l'histoire de l'Italie, alors que les quelques États dont l'Espagne n'a pas occupé les territoires, — la Savoie, Florence, les domaines de l'Église, Parme et Mantoue, — n'ont plus d'autre rôle que de flotter entre l'Espagne et la France, et, selon l'énergique expression d'un contemporain, de mesurer la longueur de la chaîne; à ce moment môme, un publiciste en qui revit l'esprit dé Pétrarque, Traiano Boccalini, s'efforce de réveiller dans l'esprit des chefs des États péninsulaires le sentiment de la solidarité nationale : a Que les princes, dit-il, sortent de leur léthargie, « que toute attaque dirigée contre l'un d'entre eux soit pour « eux tous une ruine, une préparation à leur propre servi- « tude; que, dans l'oubli de toute passion, de toute haine. « privée, ils embrassent l'intérôt de la cause publique. » Puis, montrant aux princes que le salut de l'Italie est dans leurs mains, les engageant, pour le succès de l'entreprise

libératrice, à iacliner un peu du côté de la France, parce que la domination autrichienne et espagnole est nécessairement mortelle, tandis que la suprématie de la France , semblable à une fièvre maligne, et encore que très-dangereuse, laisse pourtant quelque espérance de vie : « Allons, s'écrie-t-il, s'adressant à « chacun des États italiens, toi. État de Milan, toi, royaume tt de Naples, toi, Sicile, toi, État ecclésiastique, comment « vous trouvez-vous? Examinez-vous une bonne fois et consi- « dcrez la dissolution qui s'opère; voyez comme on vous a arrache continuellement vos fils et vos biens ; comment a vont se nourrissant de votre substance des guerres très- « injustes, et comment vivent de votre or ces horribles « harpies qui souillent vos places publiques et vos maisons, « et qu'il vous faut souffrir et caresser jusque dans vos

Cl foyers Donc, ô mon Italie! » continue l'écrivain dans

une apostrophe qui rappelle la façon de Machiavel, a par le « sang que versent tes enfants en Provence, en Savoie, en « Flandre et en France, par ces larmes que répandent les « mères, par cette liberté si chère que tu as surabondamment « achetée, prends enfin pitié de toi-même. Ces biens, ces « peuples que Dieu t'a donnés, conserve-les, aime-les, et « cesse de les confier à l'impudente barbarie de ces faux « catholiques qui ne veulent de toi que pour te faire esclave a de leurs passions et de leur orgueil ^ »

Ces patriotiques exhortations, qu'on peut du moins opposer aux conseils par lesquels Gampanella se faisait le complice de Philippe II, n'empêchent pas le joug austro-espagnol de peser de plus en plus sur la Péninsule ; mais, dans la première moitié du dix-septième siècle, l'idée nationale trouve un représentant dans le chef de cette maison de Savoie qui, à toutes les époques, semble appelée à l'honneur de porter le drapeau de l'Italie. De 1614 à 1A17, Charles-Emmanuel soutient une lutte qui révèle tout ensemble et l'énergie guerrière du Piémont et la décadelice de la monarchie de Philippe II ; et, pendant qu'éclate le bruit des batailles, une voix

1 . Ragguagli di Pamaso, (Voy. Note G, un fragment d'un article de M. L. Galeotti, extrait de VArchivio storico. )

s*élôve frL^missanle et indignée, la voix d'Alessandro Tassonij appelant tous les princes de la Péninsule à l'union avec le duc de Savoie et à la délivrance de la patrie commune *. f Jusques à quand nous résignerons -nous, ô princes et « nobles italiens, à être, je ne dis pas dominés, mais écrasés « par l'orgueil des peuples étrangers?... Toutes les autres « nations n'ont rien de plus sacré que la patrie; elles ou- « blient, pour la défendre, les haines qui les divisent; et « nous, nous Italiens, seuls différents de tous les autres « hommes, nous abandonnons la patrie pour nous unir à nos a ennemis du dehors... Mais, enfin, nous sommes dans nos « frontières, la justice est pour nous, et ce pays a autant de (( soldats que tout autre pays du monde... Mettons-nous donc « au cœur de ne vouloir plus être sujets, de réclamer des « souverains nés de notre sang, élevés dans nos mœurs, et tt disons : Tous nos princes sont membres d'un môme corps a qui estl'lTALiE*. »

Les invectives de Tardent publiciste ne tirèrent point les princes italiens de la torpeur où l'Empire avait su endormir la Péninsule. Venise et Rome, les seuls États restés indépendants bornaient leur politique à étendre mesquinement leur frontière et à jalouser les princes de Savoie. Le silence du tombeauocontinua à planer sur l'Italie. Et pourtant la tradition du droit national, l'idée de l'association des États italiens entre eux se transmirent avec une telle continuité à travers les temps les plus sombres de l'histoire de la Péninsule, qu'au conmiencement du dix-neuvième siècle, en <805,

1 . Le Filippiche di Âlessandro Tassoni ; publiées à Florence , par M. G. Ganestrini.

2. V. aussi le morceau Risposia del Tassoni al Soccino, Tassoni défend ainsi le duc de Savoie : « Alcuno non ha mai detto che quel duca sia conservatore délia liberta d'italia, perciocchè Tltalia non ha libertà. Hanno ben detto quelli che non sono d'animo maligno e nemloo délia propria nazione , che il duca di Savoia è conservatore délia

libertà e reputazione de' principi italiani imperocchè egli è stato

il primo à mostrar faccia da principe libero, e quando ha veduto incalzarsi, ha messo mano alla spada, protestandosi che vuol viver libero con quella o morire con quella .... {Le Filipp., p. 107), »

alors qu'il s'agissait pour l'empire d'Autriche de grouper tous les peuples de l'Europe dans la troisième coalition contre la France, quel était la plan que, d'accord avec la Russie, le cabinet de Vienne lui-môme présentait comme un leurre à la nation italienne? La constitution d'un royaume subalpin relevant les Alpes entre elle et l'Allemagne, et l'organisation fédérale des États péninsulaires sous la présidence d'un prince Italien.

Note 6, p. 91, lettre XL.

PLAN DE CONFÉDÉRATION ITALIENNE Au mois de février 1859.

(Extrait de la brochure : U Empereur Napoléon III et V Italie,)

Faut-il faire un seul royaume de l'Italie? L'histoire, la nature elle-même, s'élèvent contre cette solution : l'unité italienne ne pourrait se constituer qu'après bien des efforts, par la grandeur militaire ou par la tyrannie révolutionnaire. Des Alpes à la Sicile la Péninsule italique présente des différences profondes, rendues sensibles par les divisions mêmes où se reproduit toujours l'originalité primitive. En même temps que cette évidente variété on constate une conformité de langage, de mœurs, d'intérêts, qui à toutes les époques se révèle par la tendance fédérative, mais qui ne va jamais jusqu'à la fusion. On peut dire que l'unité absolue sous le sceptre de Rome n'a été qu'un accident. Les Romains furent obligés, pour maîtriser et unifier la Péninsule, de transporter des populations entières. Ils ne mirent pas moins de temps à faire cette conquête qu'à asservir le monde. Ils durent faire violence à l'Italie comme ils firent violence à l'univers.

Quand Napoléon I«' a fait un royaume d'Italie, il obéissait à une pensée plus haute qu'une ambition dynastique; il concentrait sous sa main puissante les agglomérations éparses pour en faire sortir une nationalité forte et virile; il songeait moins à fonder un royaume qu'à régénérer un peuple.

Personne ne pourrait ramasser aujourd'hui la couronne de fer tombée de son front; elle serait aussi lourde à porter que difficile à conquérir. Il s'agit d'ailleurs de rassurer l'Europe en pacifiant l'Italie, et non de fomenter une guerre de suecession.

Ce n'est donc pas Vunité absolue qu'il faut poursuivre en Italie, c'est l'union fédérative. Cette idée d'union se présente comme l'expression d'un besoin commun à tous les États italiens ; elle est pour eux tous une tradition et une solution. Nous allons le démontrer.

En Italie les confédérations semblent naître d'elles-mêmes comme une production naturelle du sol. Après l'empire romain, sous l'impulsion des papes^ par l'initiative des Médicis, ces tentatives se renouvellent sans cesse : elles sont souvent heureuses et glorieuses. Dante ne poursuit pas une autre pensée lorsqu'il appelle l'empereur Henri VIII en Italie, et l'idée d'une union fédérale inspire la parole émue de Pétrarque lorsqu'il écrit aux doges de Venise et de Gènes pour les supplier de briser des armes fratricides et de s'unir pour se partager la domination des mers. A ceux qui nient la solidarité des États italiens il fait cette belle réponse : « Ne te persuade pas que, l'Italie périssant, Venise pourra être sauvée, car elle est un membre de ce grand corps. »

Ailleurs Pétrarque s'indigne que l'on ait osé, dans une réunion d'hommes politiques, poser cette question : « S'il était utile à l'Europe que la ville de Rome et l'Italie fussent unies par un intérêt conmiun. »

Même aux époques les plus douloureuses de son histoire, l'Italie ne perd pas la conscience de son avenir. Au commencement du dix-septième siècle, Trojano Boccalini exhorte les princes des divers États « à oublier toute passion égoïste, à prendre en main la cause de l'intérêt général, à se considérer vis-à-vis de l'étranger comme solidaires les uns des autres. » Pour les engager à s'unir il leur montre ainsi les maux qu'enfante l'isolement : « Toi, État de Milan; toi, royaume de Naples; toi Venise, et toi, Rome, quelle est votre situation? Examinez-vous une bonne fois vous-mêmes, et considérez la mort qui vous assiège. On vous enlève vos fils et vos biens,'et vous allez nourrissant de votre propre sang des guerres funestes. »

Après l'avortement des tristes insurrections de i 821 et de 1831, les hommes d'État qui dirigeaient alors les affaires de l'Europe tranchaient la question italienne en deux mots : Vltalie e$t morte^ disaient-ils. Ils se trompaient. C'est préci-

sèment à celte époque que surgissait cette école jeune et virile qui depuis quinze ans résume et dirige tout le mouvement national.

Cette école répudiait les conspirations et les sociétés secrètes : elle invoquait hautement l'union des princes et des peuples, l'alliance de la religion et de la liberté; par ses publications, par son influence réelle sur les esprits, par Tautorité légitime de ses chefs,, elle a vraiment remué Fltalie : c'est elle qui a enfanté Pie IX et Charles-Albert, un instant unis pour la môme cause, avant la révolution de i^48.

L'idée fondamentale de cette école politique c'est celle qui se dégage de l'histoire de l'Italie, des aspirations de tous les peuples qui la composent, et qui se présente comme le résultat du travail des siècles : c'est la fédération.

« L'idée de l'unité fédérative, disait l'un des chefs de cette école illustre, l'abbé Gioberti, bien loin d'être nouvelle pour les Italiens, est très-ancienne dans leur pays ; elle est naturelle à leur génie, à leurs mœurs, et conforme aux institutions et aux conditions géographiques de la Péninsule. »

Le comte Balbo, dont le nom est entouré d'un respect si universel, adoptant cette idée, la justifiait ainsi : « La proposition de former une confédération italienne permanente, et de réaliser ainsi, d'une manière durable et par la main de la politique moderne, ce que l'Italie, dans les premières phases de son développement social, n'a pu faire qu'incomplètement, est un fait national. »

Ainsi fut accueillie, lorsqu'elle se formula nettement et définitivement, pour entrer dans les préoccupations de la politique contemporaine, l'idée d'une confédération des États Italiens. Cette idée est donc tout à la fois l'expression historique et politique du mouvement italien ; elle le résume dans le passé et dans le présent. Aujourd'hui elle est enracinée dans tous les esprits pratiques de la Péninsule, d'autant plus forte qu'elle a résisté à plus d'épreuves.

Ce que l'on voulait donc en 1847, c'était l'union des princes et des peuples, la Confédératiouy présidée par un chef. Or, ce chef, quel serait-il ? Celui qui personnifie l'idée la plus universçlle et la plus puissante, qui rallie sur le sol c|e la Péninsulç

les enthousiasmes et les respects, qui a donné à l'Italie ses arts, ses mœurs, sa vie sociale, qui a fait de Rome le centre de la terre et qui lui assure une seconde éternité I Les hommes d'État qui dirigeaient ce grand mouvement n'hésitent pas; pour chef de la confédération italienne ils désignaient le pape.

Une fois l'idée de la confédération entrée dans les esprits, les chefs de l'opinion en Italie s'appliquent avec une incroyable ardeur à s'en assurer l'exécution. Pie IX lui-môme en sera la consécration. Cette idée revêt d'abord la forme d'une ligue douanière, conclue le 3 novembre \ 847 sous l'inspiration du pape. Elle s'ébauche comme ligue militaire lorsque le roi de Naples et le grand-duc se déclarent prêts à unir leurs troupes avec celles de Charles-Albert. Enfin elle se précise et se . formule dans toute sa portée politique après les désastres de l'armée piémontaise, lorsque fut rédigé, sous les yeux mômes du saint-père, le projet qui en était la formule complète.

La diplomatie ne pouvait rester indifférente à une idée qui devait amener un changement si considérable en Europe. La France était absorbée en ce moment par ses dissensions civiles ; l'Angleterre suivait avec une persistance sympathique le mouvement italien. Son représentant à Vienne, lord Pon^sonby, soutenait de son influence le projet d'une confédération. C'est ce qui résulte d'une dépêche où nous trouvons ce qui suit :

« Le premier moyen de remédier aux dangers de la situation de la Péninsule, selon l'honorable diplomate, est dans la reconnaissance franche et loyale de la nationalité italienne; non d'une nationalité provinciale qui se bornerait à accorder à la Lombardie et à la Vénétie ce que l'empereur a accordé à tous les pays qui composent la monarchie, c'est-àdire une administration provinciale et communale et les droits sanctionnés par la constitution en bienfait, cela ne suffirait plus; mais il faudrait que l'Autriche déclarât qu'elle veut contribuer de tout son pouvoir à la formation de la confédération italienne sur les bases les plus nationales, à condition que cette confédération reconnaisse sa stricte et permanente neutralité, et que l'Europe sanctionne à son tour

cette neutralité, ainsi qu'elle Ta fait pour la Suisse en 1815.

« Celte déclaration, ajoute lord Ponsonby, devait être faite au gouvernement anglais en lui demandant sa médiation , et au pape, qui, en sa qualité de souverain temporel et comme chef de la religion catholique, trouverait dans cette grande mesure les moyens de se tirer des embarras qui le menacent, parmi lesquels un schisme en Allemagne n'est pas le moins pressant et le moins funeste dans ses conséquences. »

Ce projet, qui éveillait tant d'espérances en Italie, et que soutenait, comme on voit, de ses vœux la diplomatie de l'Angleterre , sombra dans la révolution. Le parti révolutionnaire, qui préparait à Rome un fantôme de république, ne voulut pas d'une combinaison qui aurait eu tout à la fois pour résultat d'agrandir le prestige moral de la papauté, de populariser les princes, et de consolider l'ordre monarchique en Italie en le conciliant avec l'intérêt national.

Mais il est curieux de voir comment un souverain dont le témoignage n'est pas suspect, le roi de l^aples, adhérait à la pensée de cette grande organisation politique, avant même qu'elle fût formulée. Le 7 avril 1848, Ferdinand II adressait à son peuple la proclamation suivante : « Votre roi, disait-il, « partage avec vous la satisfaction qu'éveille dans tous les « esprits la cause italienne. Bien que la ligue ne soit pas en- « core consacrée par des conventions positives, nous la con- « sidérons comme existant de fait, puisqu'elle est conclue d'a- « vance par l'universel consentement des princes et des peu- « pies, et que nous allons voir se réunir à Rome le congrès « que nous avons été les premiers à proposer, et auquel, les « premiers, aussi, nous députerons les représentants de cette « partie de la grande famille italienne. »

Et les mains augustes de Pie IX s'élevaient à leur tour pour bénir l'Italie. Dans une magnifique allocution où le patriotisme et la foi s'unissaient dans son cœur, il s'écriait : « Quel péril peut menacer l'Italie tant qu'un lien de gratitude et de confiance unit la force des peuples à la sagesse des rois! »

Le jour où cette union de la sagesse des rois et de la force des peuples a été brisée, tout s'est évanoui ; l'Italie est retombée sous le poids de ses malheurs. Cependant, de ces gêné-»

reux élans et de ces nobles efforts que nous venons de rappeler, il reste quelque chose : il reste Timage glorieuse, quoique bien fugitive, d'une Italie un instant régénérée par le sentiment national et par le sentiment religieux. Pour que cette image pût se fixer et devenir une réalité durable, qu'at-il manqué à cette époque? Il a manqué ce que nous avons aujourd'hui : une France calme, forte , capable de se faire écouter en Europe et de défendre en Italie une politique qui fut toujours la sienne, sous Henri IV comme sous Napoléon !•'.

La politique française a des traditions qu'elle ne saurait abandonner à aucune époque, parce qu'elles répondent aux intérêts permanents de son influence. L'une de ces traditions, c'est que les Alpes, qui sont pour elle un rempart, ne deviennent pas une forteresse armée contre sa puissance. Nos vieux rois l'avaient compris comme le comprirent plus tard la république et le premier empire. Dans cette pensée nationsde, Henri IV ne faisait que devancer Napoléon. Ce grand roi, dont l'esprit était aussi pratique que le cœur chevaleresque, savait qu'entre la France et l'Autriche, l'Italie devait s'étendre librement et n'appartenir qu'à elle-même : « ils sont si di- « visés et si irrésolus, disait41 en parlant des princes italiens, « que chacun advancera sa servitude. » — Or, la servitude de l'Italien était le but que poursuivait avec une persistance infatigable la maison d'Autriche, comme la condition même de sa grandeur. L'obstacle à l'accomplissement de ce but était dans la volonté de Henri IV, qui n'aurait jamais permis la domination de la maison de Habsbourg, par l'amoindrissement et l'humiliation de la France. On reconnaît son génie politique dans le plan qu'il organise en vue de la lutte que sa clairvoyance pressentait. D'abord , lui, l'ancien chef des protestants, n'hésite pas à soutenir le saint-siége, et il comprend à merveille que, pour être forte, l'Italie doit s'unir au Pape. 11 blâme la république de Venise de sa lutte avec Rome, et il intervient pour opérer une réconciliation aussi essentielle aux intérêts religieux qu'aux intérêts politiques. D'accord avec le pape Clément VIII, il détache ensuite le duc de Savoie de la maison d'Autriche, et il en fiût son allié

en môme temps que le défenseur de la nationalité italienne. Par cette alliance, il assure à la France la liberté des Alpes, et, en cas de guerre, un magnifique champ de bataille pour une lutte offensive ou défensive. Sa mort prématurée renversa ce plan au moment où il allait recevoir son exécution et donner à la monarchie française une puissance et un éclat qu'elle n'avait plus depuis longtemps. La nationalité italienne en serait sortie nécessairement victorieuse : en perdant Henri IV elle perdait tout, et elle se trouvait ainsi rejetée dans un ajournement dont la Providence seule sait le terme.

Dans le plan de Henri IV, le Milanais était attribué au duc de Savoie, qui prenait le titre de roi de Lombardie ; la Sicile était donnée aux Vénitiens^ et le royaume de Naples passait dans le domaine du pape. Quelques places importantes étaient données à la Toscane; un lien fédératif devait unir et consacrer l'existence de ces différents États, « ...afin, dit Sully, que tous ces Estais et princes, estant associés ensemble en communauté d'intérests, ils en fussent rendus plus considérables sans que néanmoins, par cette confédération, il fust rien changé en leurs possessions et lois accoustumées...»

Ainsi se conservent, à travers la différence des temps, le» mêmes pensées, quand elles répondent à des intérêts permanents et à une politique tout à la fois nationale et euro* péenne.

Il est remarquable que la pensée de Henri IV, si bien définie par Sully, se soit retrouvée en 1847 dans le plan de coniédération qui échoua en 1848. Ce que le chef delà maison de Bourbon n'a pas eu le temps d'accomplir et ce qui a échoué en 1848 par des causes générales qui, grâce à Dieu, n'existent plus, peut-il se faire aujourd'hui ? Est-il nécessaire de changer les conditions d'existence politique de l'Italie ? Est-il possible de lui donner une organisation conforme à son histoire, à ses mœurs, à ses intérêts, à ses vœux? Cette organisation, longtemps préparée, déjà formulée, trouvera-t-elle des obstacles et répondra-t-elle au but que doit se proposer l'Europe? Tels sont les points qui nous restent à éclaircir pour compléter cet exposé.

D'abord, est-ce nécessaire? — Après l'analyse que noua

avons faite de la situation des États italiens, nous pouvons en conclure qu'il n'est pas un seul d'entre eux, Rome comme Turin, Naples comme Florence, qui, chacun dans une mesure et par des raisons différentes, selon son caractère propre, selon le rôle que lui imposent des nécessités supérieures ou des circonstances spéciales, selon le degré d'importance dont il jouit et la part d'influence qu'il est appelé à prendre dans les affaires générales de l'Europe ; il n'en est pas un , disons-nous, qui ne sente la nécessité de modifier les conditions de son existence politique. Cette nécessité reconnue, faut-il l'éluder, l'ajourner? N'est-il pas plus sage de l'aborder franchement, et de s'y soumettre avec cette confiance que donne le sentiment d'un grand devoir à remplir?

Maintenant, est-ce possible? — Est-il possible, aujourd'hui, dans les conditions où se trouve l'Italie, de la confédérer, comme l'Allemagne, et de créer ainsi une force italienne qui la fasse vivre de la vie nationale et qui la délivre de |la nécessité des occupations militaires et de la fatalité des révolutions?

Le point le plus délicat, c'est Rome, à cause du caractère mixte de ce pouvoir, où le spirituel et le temporel sont confondus. Quel sera l'effet d'une confédération italienne par rapport au pape? Cet effet, selon nous, peut se résumer ainsi : il grandira le prestige et le pouvoir moral de la papauté ; il détendra le lien trop étroit qui unit le prince au pontife, et qui enserre toule l'activité d'un peuple, au risque de le faire éclater, dans le cercle inflexible du pouvoir ecclésiastique.

Aujourd'hui, comme il y a onze ans, on ne peut concevoir qu'une ligue italienne dont le centre serait à Rome et dont le pape aurait la présidence. La préséance de Rome sur les autres villes de la Péninsule est consacrée par le temps, par la gloire, par l'admiration et la piété de tous les peuples. La préséance du pape résulte de son titre de pontife; il représente la souveraineté éternelle de Dieu, et ce caractère auguste permet aux plus grands rois de s'incliner devant lui. Ce n'est pas un maître, c'est un pèrel

Turin, Naples, Florence, Milan, Venise, ont leurs souvenirs,

leur importance, leur grandeur, qui pourraient créer entre elles des droits égaux et de justes rivalités; mais ces droits s*effacent devant la ville éternelle. Aucune de ces capitales n'est humiliée de reconnaître la tête de la fédération dans une ville qui fut la capitale du monde.

En recevant cet accroissement d'influence morale, en se trouvant investi de cette sorte de protectorat sur toute l'Italie, que lui décernent les respects de tous les peuples, le pape peut, sans s'amoindrir, diminuer son pouvoir temporel et soulager sa responsabilité politique. Il peut, sans s'exposer, organiser au-dessous de lui un contrôle sérieux, une administration séculière, une législation civile, une magistrature régulière et indépendante. Tout ce qu'il perd en privilèges il le gagne en importance. Au lieu de gouverner un peuple immobile, il étend sa main sur toute l'Italie pour la bénir et la conduire; il est le chef irresponsable et vénéré d'une confédération de 26 millions de chrétiens qui, classés en différents États, aboutissent tous au centre où se résument l'activité et la grandeur de l'Italie.

Voilà pour le pape : sa part est belle assurément. Celle des autres États ne laisserait rien à regretter à leur ambition ou à leur dignité. La Sardaigne y gagnerait d'être dégagée de ses embarras intérieurs et extérieurs; elle se produirait dans la confédération avec le rôle important qu'elle joue en Italie et en Europe. Son armée, éprouvée par des revers et par des victoires, serait la tôte de l'armée fédérale; ses hommes d'État, ses lumières, ses luttes politiques, lui donneraient sur l'opinion une influence qui s'étendrait bien au delà de sa frontière et qui rayonnerait dans la Péninsule tout entière. Enfin le roi de Naples, le grand-duc de Toscane, etc., condamnés à régner sous la protection de l'Autriche, retrouveraient leur indépendance , pourraient redevenir princes italiens sans craindre les révolutions.

On comprend que nous ne donnons pas ici un plan de confédération. Celui qui avait été rédigé en 1848, et auquel avaient adhéré le pape, le roi de Naples, le roi de Piémont, le grand-duc de Toscane, fournirait encore plus d'un élément utile. Il reposait, comme le pacte germanique, sur ce double

principe facile à organiser et à concilier ni^îme avec des formes diverses de gouvernement : solidarité de tous les États confédérés dans la défense intérieure et extérieure; indépendance de ctiacun d'eux dans l'exercice de leur souveraineté particulière.

Les États italiens confédérés, c'est l'Italie pacifiée, c'est la papauté consolidée et élevée à toute la grandeur de sa mission ; c'est l'Europe affranchie d'un péril réel qui peut la troubler profondément. L'intérêt général conduit donc à cette solution.

Mais il y a un obstacle en dehors de l'Italie, en dehors de l'intérêt européen : c'est la situation de l'Autriche en Lombardie. Il est donc dans la logique de la politique autrichienne de s'y opposer, comme elle s'est opposée aux réformes, comme elle s'opposera à tout.

Que faut-il faire ? Faut-il se courber sous le veto de Vienne? faut-il passer outre? Est-ce un appel à la force ou un appel à l'opinion qui peut triompher de cette résistance et amener une solution réclamée par l'intérêt général ? C'est la dernière question que nous avons à résoudre.

Les traités qui lient les gouvernements sont les lois internationales des peuples, et ils ne seraient invariables que si le monde était immobile.

Si les traités qui doivent protéger la sécurité de l'Europe la mettent en danger, c'est qu'ils ne répondent plus aux nécessités ou aux besoins qui les ont dictés. La sagesse politique conseille alors de leur substituer autre chose.

Une puissance qui se retrancherait derrière des traités pour résister à des modifications réclamées par le sentiment général aurait pour elle, sans doute, le droit écrit, mais elle aurait contre elle le droit moral et la conscience universelle.

Donc, s'il est démontré que la situation des États italiens soit non-seulement une cause de souffrance pour ce pays, mais encore une cause d'inquiétude, de malaise et peut-être de révolution pour l'Europe, la lettre des traités serait vainement invoquée : elle ne pourrait pas tenir contre la nécessité de la politique et l'intérêt de Tordre européen.

Qu'y a-t-il donq à faire? En appeler à la force? Que la Pro-

vidence éloigne de nous celle extrémité! Il faut en appeler à l'opinion.

l.orsque la véritable situation de l'Italie sera connue dans toute l'Europe, et que tout le monde sera convaincu qu'il y a au milieu des États les plus éclairés du globe, sur cette terre où naquit la civilisation, un foyer de trouble, de désordre, de perturbation profonde, qui pourrait si facilement devenir un foyer de lumières et de noble activité, alors l'opinion pourra juger et s'imposer peut-être, comme la justice pacifique du bon droit.

C'est pour la mpttre en mesure de prononcer ce jugement que nous avons fait ce travail.

Nous n'avons aucune hostilité contre V Autriche, L'Italie est le seul motif de difficulté qui puisse exister entre elle et la France. Nous respectons sa situation en Allemagne qui n'a rien à craindre de nous sur le Rhin. La solution de la question italienne aurait pour résultat d'effacer entre la France et l'Autriche tout sujet de dissentiment. Ces deux puissances peuvent se rapprocher par beaucoup d'intérêts communs, et ce n'est pas trop de l'union de tous les grands gouvernements de l'Europe pour prévenir les complications de l'avenir. C'est pour resserrer cette entente de vues et d'efforts si nécessaire au bien général, que nous voudrions écarter toutes les difficultés actuelles et résoudre l'une des questions les plus urgentes et les plus durables de ce moment.

Gouverner, c'est prévoir. La meilleure manière d'assurer la paix, c'est de devancer les complications susceptibles d'amener la guerre, il y a des dangers en Italie. nous les signalons; il y a de ce côté des garanties à donner à des intérêts fondamentaux, nous les réclamons. Il y a des causes qui ne peuvent pas succomber dans le monde; celle-ci est du nombre, parce qu'elle n'est ni égoïste ni exclusive : c'est la cause de la nationalité d'un peuple vivant, de l'équilibre de l'Europe et peutêtre de l'indépendance de la papauté que la France a toujours défendue. Dieu réserverait sans doute une belle part de gloire humaine à ceux qui soutiendraient cette lu (le. La gloire ne nous tente pas; nous en avons assez dans l'bistoire du passé comme dans nos événements contemporains pour n'en pas

désirer davantage. Nous souhaitons donc ardemment que la diplomatie fasse, la veille d'une lutte, ce qu'elle ferait le lendemain d'une victoire. Que l'Europe s'unisse énergiquement pour cette œuvre de justice et de paix! Elle doit ôtre avec nous, parce que nous serons toujours avec elle pour défendre son honneur, son équilibre et sa sécurité.

C'est contre le plan qui vient d'être rappelé, que les chefs du parti qu'on appelait le parti religieux, et que les feuilles qui se donnaient pour les organes des intérêts catholiques, VTJnivers, le Correspondant et VUîiion, dirigèrent le feu croisé de leurs batteries ! 11 faut rappeler ce fait , selon le mot de M. d'Azeglio, « il leur éternel honneur. »

Aujourd'hui, ces mêmes hommes et ces mêmes feuilles redemandent la confédération qu'ils ont tui'ie, en maudissant Vunité qu'ils ont faite.

TABLE DES MATJEIŒS

Pages.

Lettre 1. — A M. Doubet. — Édit sur la Presse du 15 mars

18 4 7. — La politique française et la politique anglaise en

Ilalie. — Pie IX et l'Autriehe 1

Lettre 11. — Au même, — Le cardinal Micara. — Grassellini, gouverneur de Rome. — Programme pour l'opinion nationale. — L'ambassade de France à Rome 4

Lettre 111. — Au mOme. — Orioli et le journal la liilancia, — Dragonetli. — Le Programme et Pie IX. — Le eomie Balbo. 7

Lettre IV. — Au même, — Le cardinal Gizzi. — Adresse au Pape. — L'ambassadeur de France. — Ciceruacchio. — Édit . sur la garde nationale. — La Revue des Deux-Mondes , ... 10

Lettre V. — Adresse au Pape 13

Lettre VI. — A M. Doubet. — Signature de l'Adresse. — La Bilaucia et le Pape. — Conspiration sanfédîste. — Tumultes à Rome. — L'espion Minardi et le P. Ventura. — Retraite du cardinal Gizzi. — Le cardinal Ferretli. — Grassellini renvoyé. — Prédication contre Pie IX. — Le parti rétrograde. — Charles Al!)crL — Pie IX et les Juifs IG

Lettre Vil. — An même. — M. d'Azeglio en Romagne. — Préparatifs de résistance contre l'agression de l'Autriche. — Situation morale et militaire de l'Italie 2.1

Lettre Vlll. — A M. Eugène Rendu. — Le comte Ralbo et le gouvernement piémontais. — Pie IX et le mouvement libéral. Rôle de la Papauté. — Pie IX elle roi Louis-Philippe. . . 23

Lettre IX. — Au même, — La Consulte d'État. — Le cardinal Antonelli et M. Minglietli. — Discours du trône en France.

— L'ambassade française à Turin. — Le Journal des Débats.

— Lord Minto 27

Lettre X. — A M. Doubet. — Rôle de la Consulte d*État, — Mouvements populaires à Rome. — Le cardinal Ferretti et Ciceruacchio. — Hésitation dans le gouvernement romain. — Encore l'ambassade de France à Rome 28

Lettre XL — A M. Eugène Rendu. — La Révolution de Février. — Situation de Rome. — La Constitution. — Pensée du Pape au sujet de la République 31

Lettre XIL — Au même, — Adresse des Italiens au Saint-Père.

— Situation politique de la Papauté. — Réponse du Pape à l'Adresse. — La lutte commence contre le chef de l'Église et

le prince temporel 33

Lettre XllL — A M. Doubet. — ^ L'armée pontificale au delà du Pô. — Situation morale de l'Europe. — M. d'Azeglio, adjudant général. — Le général Durando. — Physionomie de l'armée du Pape. — Le carroccio. — Prêtres et moines soldats 34

Lettre XIV. — Au même, — L'armée pontificale dans Vicence.

— La République de Venise. — Les républicains et la monarchie, — I^es Napolitains. — M. d'Azeglio refuse la pairie.

— Candidature à la députation 38

Lettre XV. — A M. Eugène Rendu. — VÈre nouvelle. — Le Pupe et lacause italienne. — Antagonisme entre le Pontife et le Prince. — Sens des émeutes de Rome. — L'encyclique du 29 avril. — Rôle offert au Pape. — Lettre du 3 mai à l'empereur d'Autriche. — La Monarchie et la Papauté en Italie. Opérations du général Durando 42

Lettre XVL — Au même. — Capitulation de Vicence. — Blessure de M. d'Azeglio. — Situation de l'Italie au mois d'août 1848. — Le Mazzinisme en Toscane. — M. d'Azeglio à Florence. — Articles dans la Patria 45

Lettre XVII. — Au même, — Publication des Timori e speranze.

— Agitations en Toscane. — La République en France, . . 48

Lettre XVI II. — Au même. — Compte rendu ai suoi elettori. Page sur Rome. — Pie IX trahi des deux côtés 50

Lettre XIX. — A M. Doubet. — Proposition faite à M, d'Azeglio de former le cabinet (janvier). — Refus. — Ministt'^res démocratiques à Rome, Florence et Turin. — L'abbé Gioberti.

— Pic IX et la révolution. — La médiation 51

Lettre XX. — Au même» — Situation de l'Italie. — Les exaltés.

— Le peuple rovinato, — Bravades et criailleries à Florence et

à Rome. — Le Piémont dans la guerre. . o ..... . 54

Lettre XXI. — A M. Eugène Rendu. — La bataille de Novarc — AoM5 recomwcnceroHs / Espérances de l'Italie 58

Lettre XXII. — Au même, — L'impôt progressif à Florence, en 1497. — L'indifférence politique. — M. d'Azeglio nommé à l'ambassade de Paris Cl

Lettre XUl. — Au même, — Le Proudhon du XVo siècle. — La République en France G 3

Lettre XXIV. — Au même, — M. d'Azeglio, président du Conseil. — Programme du Ministère C4

Lettre XXV. — Au même. — Le ministère Azeglio et la chambre des Députés 60

Lettre XXVI. — A M. Doubet. — Signature de la paix. — Les élections et la société af/raiVé? G7

Letthe XXVII, — A M. Eugène Rendu. — La démocratie en Italie. — Dissolution de la Chambre C9

Lettre XXVUl. — A M. Doubet. — La loi Siccardi. — Affaires de Rome. — Situation religieuse 7 1

Lettre XXIX. — A M. Eugène Rendu. — Le Connubio. — Rupture do M. d'Azeglio et du comte de Cavour. — M. Rattazzi. président de la Chambre. — Démission du Ministère. — M. d'Azeglio chargé de composer une nouvelle adminislraliun. — Exclusion de MM. de Cavour et Farini. — M. Galvagno. ... 73

Lettre XXX. — An même, — M. d'Azcglio à Con«gliano. . . 7 7

Lettre XXXI. — Au même, — M. d'Azeglio quitte le pouvoir. — Sa querelle avec M. de B***. 78

Lettre XXXU. — â M. Doubet. — Étal moral de ritalie. . . 79

Lettre XXXUI. — Au même, — Le statu quo 81

Lettre XXXIV. — A M. Eugène Rendu. — Situation des États Romains. — Le protestantisme en Italie. — Les évêques français. — Rôle de Pic IX 82

Lettre XXXV. — Au même, — M. d'Azeglio à Paris 85

Lettre XXXVI. — A M. Doubet. — L'Italie et les réformes. . 85

Lettre XXXVIL— AM. Eugène Rendu. — L'histoire cl le présent. 87

Lettre XXXVllf. — Au même. — Cannero 88

Lettre XXXIX. — Au même, — Mort de M. Doubet. — L'Italie et l'empire d'Allemagne 89

Lettre XL. -^ Au même, — La brochure Napoléon III et l'Italie, — La confédération; présidence du Pape. — Le pouvoir temporel. — M. d'Azeglio Cai/OMr/en 91

Lettre XLI. — Au même. — M. d'Azeglio tîn mission à Rome. L'empereur Napoléon. — La brochure Napoléon III et l'Italie et le P. Ventura 94

Lettre XLII. — A.u même. — M. d'Azeglio, mînisire plénipotentiaire à Paris et à Londres. -— he^ petits traités,, . . '. 97

Lettre XLIH. — Au même, — Affaires de Romagne. — M. d'Azeglio capitano di Ventura, — Lettres du P. Lacordaire. . . 99

Lettre XLIV. — Au même, — Les zouaves et le roi Victor-Emmanuel 103

Lettre XLV. — Au même, — La Romagne 104

Lettre XL VI. — Au même, — La Romagne. — Pérouse. . . 106

Lettre XLVII. — Au même, — La paix de Villafranca. — L'Italie centrale. — Dictature de M. d'Azeglio, à Bologne. — Son retour auprès du roi 1 08

Lettre XLVIII. — Au même, — L'Autriche et Rome. — Situation nouvelle de la Papauté* 110

Lettre XLIX. — A M. Dantier. — Les votes de Tllalie centrale. 1 1 2

Lettre L. — A M. Eugène Rendu. — Les clochers s'écroulent. — Article du Moniteur (9 septembre), — La mission de MM. de Reiset et Poniatowski. — M. Rattazzi. — Brochure en vue du Congrès. 113

Lettre Ll. — Au même, — Ëtfets de la paix de Villafranca. Nécessité de créer un État compact, — A qui la faute? — L'ambition de Victor-Emmanuel. — L'évêque d'Arras. , . 119

Lettre LU. — Au même, — Affaires de Parme. — Le colonel Anviti. — Les mandements des évêques français. — Les provinces annexées. — Un autre Novare, plutôt que l'abandon. . 123

Lettre LUI. — Au même. — M, Rattazzi. — La politique européenne. — M. d'Azeglio et sa brochure. — Imprimez ou jetez ça au feu ! 12fi

Lettre LIV, — Au même, — Garibaldi. — L'Italie centrale. — Le prince de Garignan 128

Lettre LV. — Au même, — La brochure la Politique et le Droit chrétien, — Les principes 130

Lettre LVI. — Au même, — Envoi de la brochure. — M^^ de Poitiers 131

Lettre LVII. — Au même. — La^urincesse Mathilde. — M. d'Azeglio représentant de l'Italie centrale au Congrès .... 132

Lettrî^LVIII. — Au même, — Succès de la brochure. — Giorgini. — Sa publication : Sul dominio temporale dei Papi. — l.a France et le Pape. — L'Italie et la Papauté temporelle. — L'intérôt catholique. — L'utilitarisme chrétien. — Le gouvernement romain et les réformes. — Le despotisme éclairé à Rome. — i^es ennemis de Pie IX. — Le « parti catholique. »

— Rome, ville libre^ avec la concitoyenneté universelle. —

l.a. brochure le Pape et le Congrès 133

Lettre LIX. — Au même, — M. Walewski et le Congrès. — M6'" Cœur, évCque de Troyes 144

Lettre LX. — Au même. — Encore le Pape et le Congrès. — La Romagne. — Lettre de l'Empereur au Pape. — Le Congrès ajourné 145

Lettre LXl. — Au même. — Chute du ministère Rattazzi. . . 146

Lettre LXII. — Au même, — U Univers et M. Veuillot. ... 148

Lettre LXIII. — Au même. — M. d'Azeglio, gouverneur de Milan. — Retour du comte de Cavour aux affaires 150

Lettre LXIV. — Au même, — Adresse du clergé milanais au roi. — La vie officielle et Cannero. 152

Leitre LXV. — Au même, — Les solutions proposées. — yl(/res«e au Saint-Père. — Les annexions, . , 153

Lettre LXVl. — Au même. — La Savoie. — Sentiment de l'Italie dans cette question. — Le suffrage universel. . . .

Lettre LXVII. — Au même. — Les annexions. — L'excommunication. — Les Dames du Sacré-Cœur. . '. 15S

Lettre IAVIII. — Au même. — Le général de Lamoricière. — jugement des Italiens sur l'expédilion dont il est le chef. — Caractère de la Croisade. — M. Rattazzi 160

Lettre LXIX. — Au même. — M, Rattazzi et M. de Cavour.

— M. d'Azeglio et les Italianissimcs à Milan. — L'armée italienne. — L'imprévu dans la politique de Tltalie. — Situation morale des États Romains 161

Lettre LXX. — Au même. — La Savoie et M. Rattazzi. — Discussion sur le traité du 24 mars. — Le Mazzinisme et Gari* baldi 164

Lettre LXXI. — Au même. — Affaires de Naples. — Les arrestations d'éveques. — Les luoglii pii en Lombarbic IGG

Lettre LXXIL — Au même. — Démission de M. d'Azeglio, comme gouverneur de Lombardie, — Expédition de Garibaldi. 1 68

Lettre LXXIIL — Au même. — Les troupes italiennes dans le Vatrimoine, — Caractère des faits accomplis 169

Lettre LXXIV. — Au même, — L'assasin Milano. — Protestation de M. d'Azeglio au Sénat 170

Lettre LXXV. — Au même, — La légalité et le droit. — L'esprit public en Italie. — Naples 172

Lettre LXXVL — Au même, — Naples et le Gapitole. ... 174

Lkttre LXXVII. — Au même, — Le comte de Cavour et le Mazzinisme. — M. Rattazzi. — Jugement sur Garibaldi. , . . 175

Lettre LXXVIIl. — Au même. — Avenir de l'Italie. — Pic iX. M. d'Azeglio et « Rome capitale. » — Publication des Ouestïoni urgenti 177

Lettre LXXIX. — An même. — Le Capitale et le Mazzinismc. — Rome et Solferino. — Question de la Capitale pour l'italie. — La Centralisation dans la Péninsule 179

Lettre LXXX. — Au même, — Florence, siège du gouvernement. — Cavoiir et Azeglio. — Le comte de Cavour lui-même ne veut pas aller à Rome 183

Lettre LXXXI. — Au même. — Les Italiens et les catholiques étrangers, — Garibaldi. — Véritables vues du comte de (Cavour 188

Lettre LXXXIl. — Au même, — « Rome capitale » opinion factice et non générale 190

Lettre LXXXIII. — Au même. — Lettres de M. de Montalembert à M. de Cavour. — Le gouvernement Piémontais et Mazzini 191

Lettre LXXXIV. — Au même. — Attaque de M. de Montalembert contre M. d'Azeglio. — Réponse 192

Lettre LXXXV. — Au même. — M. d'Azeglio dans la polémique religieuse 195

Lettre LXXXVI. — Au même, — Mort du comte de Cavour.

— Rôle de cet homme d'État. — Situation politique de

M. d'Azeglio lOG

Lettre LXXXVI 1. — Au même. — Brochure de M. Cernuschi.

— Discours de M. Ricasoli 198

Lettre LXXXVIU. — Au même, — L'Italie méridionale et M. de Cavour. — M. Ricasoli 201

Lettre LXXXIX. — Au même. — Publication dans la Patrie d'une lettre de M. d'Azeglio à M. Matteucci. — Naples. . . 203

Lettre XC. — Au même, — Explications de M. d'Azeglio. —

— Rome et Mazzini. — Situation qui doit être assurée au Pape. — Rome, ville libre, à la fois Pontificale et Italienne.

— Le comte de Cavour n'avait pas la pensée d'aller à Rome. 205

Lettre XCI. — Au même, — Entente entre l'Italie et la France au sujet de Rome. — Première pensée de la Convenlion du 15 septembre 1864. — Caractère de M. Ricasoli. — M. de Cavour et le mazzinisme. — Affaiblissement de la llomomanie,

— Encore M. Ricasoli. — Son homélie au Pape 208

Lettre XCII. — Au même, — M. Rattazzi 210

LtTTRE XCIII. — Au même, — Le collège inlernalional. — M. Rattazzi 21

Lettre XCIV. — Au même. — Les démonstrations. — VUluslre exilé 212

Lettre XCV. — Au même. — Le ministère Rattazzi. — Discussion de l'Adresse dans les chambres françaises, — Mazzini.

— Discours de M. de la Guéronnière, — de M. Bonjean. — Le prince Napoléon. — Le Pape et l'indépendance nationale,

— La sincérité dans la polémique 214

Lettre XCVI. — Au même, — L'avenir du gouvernement temporel ; souveraineté nominale. — L'Empereur et la question romaine. — Garibaldi et le baron Ricasoli 218

Lettre XCVli. — Au même. — Le marquis Gino Capponi : le Pape règne sans gouverner. — Le mal du Capitolc 210

Lettre XCVIII. — Au même, — La marquise AlReri d'Azeglio. — M. Durando. — La question romaine. — AfTairca de Naples 221

Lettre XCIX. — Au même. — La Rome d'autrefois 223

Lettre C. — Au même, — Le caractère ciiez les individus et dans les peuples. — L'enseignement international et la politique. — L'unité de l'Italie et les libéraux. — Garibaldi. . 224

Lettre CI. — Au même, — La manifestation des évêques à Rome 227

Lettre Cil. — Au même. — La carte à payer. — L'Italie se fera 228

Lettre CllI. — Au même. — Le journal la France, — Exposé de la question de « Rome capitale. » 229

Lettre Cl V. -— Au même. — Le chevalier Torelli 233

Lettre CV et CVL — Au même, — Encore la France, — M. Ratlazzi, ministre 233, 234

Lettre CVll. — Au même. — Projet de brocliure-letlre. -^- La question Garibaldi 23fi

Lettre CVIII. — Au même. — Aspromontc. — Garibaldi et sa répuialion 238

Lettre CIX. — Au même. — Nécessité d'une entente entre les ij:ouverneuients italien et français sur le terrain de la question romaine. — Agitation factice en Italie. — Brochure de M. Piétri. — Son discours au Sénat 240

Lettre CX. — Au même. — Le plan de M, de la Guéroonière dans sa brochure : V Abandon de Rome. — Naples appartient à qui la prend. — L'Italie ne peut plus Cire divisée. — L'unité de l'Italie est-elle un danger pour la France? — Les Italiens désirent-ils Rome pour capitale 242

Lettre CXl. — Au même. — Mort du P. Tapparelli d'Azeglio, Jrère de Massimo »... * 24C

Lettre CXII. . — Au même. — Situation polilique de M. d'Azeglio 248

Lettre CXIll. — Au même, — La France, — Le ministère italien. — Affaires de Naples. — Ouvrage de M. Cliialû. — Mot de M. d'A/eglio sur lui-même, . 250

Lettres CXIV etCXV. — Au même. — M. Farini, président du Conseil. — Les iiommes du sacrifice : M. 'de CoUegno. . . 252

Lettre CXVI. — Au même, — Mort du marquis Robert d'Azeglio 254

Lettre CXVU. — A Madame Eugène Rendu. — Envoi d'une vue de Cannero 255

Lettre CXVIIL— A M. Eugène Rendu. — Urochure : la Souvernineté pontificale et l'Italie. — Polémique avec M. de Monlalembert. — M. d'Azeglio et la Revue des Deux-Mondes , . , . 25G

Lettre CXIX. — Au même» — Les Réformes à Rome. — L'Empereur et sa lettre du 20 mai 18G2. — Comment les gouvernements français et Italien peuvent et doivent s'unir dans la question de Rome. — Transformation indispensable du gouvernement pontiQcal. — Le ministère italien 259

Lettre CXX. — Au môme. — Broclmre de M. Jacini 264

Lettre CXXI. — Au même. — Mémoires àcM.. d'Azeglio. . . 265

Lettre CXXll. — Au même, — Réponse de l'article de la Revue des ï)c\ur-Mondes. — L'Angleterre et l'Italie. — Le marquis Gino Capponi. — Sa lettre sur l'unité de l'Italie 207

Lettre CXXllI. — Au mCme, — L'Église et le gouvernement italien 200

Lettre CXXIV. — Au môme. — Vues de M. d'Azeglio surTunité. — Ses Mémoires 271

Lettre CXXV. — Au môme. — Opinion du marquis Gino Capponi. — M. Minghetti, successeur de M. Farini 27 2

Lettre CXXVI. — Au même, ■«— Les Débats et le Constitution-

ne^— M. Pasolini. 273

Lettre CXXVII. — Au même. — Atluires de Naples 27 4

Lettre CXXVIÏI. — Au même, — Le catholicisme italien. — Lettre de Manzoni 275

Leitre CXXIX. — Au môme, — Cartes photographiques de M. d'Azeglio. — Les trois poses. — La Pologne et une guerre européenne. 277

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