Gregor. Turr., 1. 11, c. xxxiv
Clu'istianisme à Poitiers ; c'est lui qui, après la création de l'Empire, est Tavant-garde de la grande armée européenne dans la formidable lutte engagée contre la barbarie musulmane; c'est lui qui, demeuré le dernier sous les armes pour venger Thonneur de TOccident, donne à la civilisation chrétienne le héros qui en fut la personnification et le martyr.
Supprimez l'institution de l'Empire, la chrétienté n'aurait pas moins vu les peuples qu'elle enfantait se grouper dans l'unité morale, la seule qu'admette le monde issu de la parole du Christ ; elle n'eût pas moins affermi le sol sous ses pas ^, enchaîné la Hongrie à ses lois ', brisé l'élan des cohortes sarrasines'; elle n'eût pas moins produit les croisades, la che* Valérie, la scolastique, toutes les grandes choses du moyen âge. Mais supprimez l'Empire, l'histoire n'aurait eu à déplorer ni la civilisation compromise par trois cents années d'une guerre qu'il faut appeler civile, ni la ruine et presque la mort de cette nation italienne, la première -née de l'Europe moderne.
Au quinzième siècle, alors que chacun des peuples destinés à former l'Europe moderne, acquiert plus distinctement chaque jour la conscience du rôle personnel qui lui est assigné, l'Italie s'acharne à s'absorber dans l'Empire. On s'indigne, à ce moment décisif, d'entendre des voix, autorisées déclarer que l'Empire a de droit divin quatre capitales, parmi lesquelles Milan et Rome*; de voir un docteur italien portant le grand nom de Piccolomini, célèbre lui-même pai
1. Charlemagne a conquis défilD iti veinent T Allemagne sur les Saxons dès Tannée 785. Othon le Grand donne au Christianisme et à la civilisalion la Bohême, la Pologne et la péninsule danoise, avant d'aller chercher en Italie la couronne impériale.