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IV. Quartier d© l'E.: Bargello et Ste-Croix

De la place de la Seigneui'ie (p. 163), la via de' Gondi conduit, au S.-E., à la PLACE S. FiEENZE (pi. F 5), où s'élèvent l'église du même nom et, au n" 1, le palais Gondi, commencé vers 1490 par Giul. da Sangallo et rebâti en 1874. — La via del Proconsolo (pi. F 5) s'étend de là au N. jusqu'à la place du Dôme (p. 173).

Immédiatement à dr., dans cette nie, n" 2, est \e palais du Podestat, sorte de château fort, couronné de créneaux et flanqué d'une tour, nommé d'ordinaire Bargello (pi. F 5); il a été commencé en 1255, habité jusqu'en 1574 par le podestat ou premier magistsat, et ensuite par le chef de la police (bargello) jusqu'en 1848, tout en servant de prison dans cette dernière période. L'édifice a été parfaitement restauré de 1857 à 1865 et transformé en

** musée National, destiné à montrer les progrès de la civilisation et des arts en Italie au moyen âge et à la Renaissance. Il comprend des objets très remarquables, surtout des bronzes et des marbres de la Renaissance ; entrée, v. p. 159.

Rez-de-chaussée. — Dans les deux salles du devant, une riche collection d'armes. Salon: entre autres, un énorme canon en bronze, fondu en 1638. — On entre ensuite, par la salle de la tour, dans une *couR pittoresque, décorée des armes des anciens podestats; avec ses arcades massives et son bel escalier, elle est un excellent spécimen de la cour d'un château fort médiéval. Sotis les arcades, aux murs, les armes des divers quartiers de la ville. A l'E.: 9, Jean Bologne, l'Architecture. Au S. : 15, Michel-Ange (f), Adonis mourant ; 16, Jean Bologne, la Vertu triomphante (1570): 18, Michel- Ange, «la Victoire», œuvre inachevée. — En face de la salle de la tour, un VESTIBULE qui renferme des fragments architectoniques et quelques

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sculptures du iiv* s. — A côté, la salle de Michel-Ange, ou sont quatre œuvres de ce maître: au mur principal de g., *128, Bacchus sons la figure d'un jeune homme ivre, œuvre de jeunesse d'un modelé parfait (1497); au petit mur du fond, 111, buste de Brutus, inachevé; au mur principal de dr., *123, Ste Famille, bas-relief rond, inachevé, œuvre de jeunesse unique pour la beauté sereine, et *224, statue inachevée d'Apollon ou de David (1529). En outre, on remarquera dans cette salle, aux deux petits murs, une cheminée et des niches en marbre, provenant de palais florentins; au mur principal de g., l'Histoire de StJean Gualbert, par Benedetto da Rovezzano.

De la cour, on monte par le perron au

I" étage. — Dans la loggia, dite «Vérone »: huit cloches, la plus ancienne de 1249. — !"■ salle, à dr., ou s. de DonateUo, renfermant des sculptures de sa main et des moulages en plâtre de ses autres créations. Au milieu, un plâtre de la statue de Gattamelata à Padoue (p. 73); devant, le «Marzocco» (v. p. 164). Au fond, les autres originaux: dans une niche, *St Georges (1416), figure célèbre provenant d'Or San Michèle (p. 173); à côté, à g., David, dans la conscience juvénile de son triomphe (1416); St Jean-Baptiste enfant (S. Giovannino), bas-relief en grès; à dr., St Jean-Baptiste, statue en marbre ; Crucifîment, bas-relief en partie doré. Sur le devant, àg. : *Darid, statue en bronze ; à dr., le prétendu Amour, bronze représentant un Génie qui foule des serpents à ses pieds; entre les deux, buste en bronze d'un jeune homme de qualité; *buste en terre cuite polychrome d'un homme de 40 ans env., œuvre d'une vérité frappante, nommée d'ordinaire Niccolô da Uzzano.

II* SALLE, tapisseries et étoffes précieuses. — in<" salle: collection Carrand, extrêmement riche en objets d'art italiens et autres, léguée au musée par l'amateur lyonnais de ce nom (m. 1888). Aux murs, tableaux des xiv<^-xvi« s., étoffes précieuses, majoliques. Dans la 1"^ armoire: bronzes, entre autres 226, Jean Bologne, l'Architecture; 393, DonateUo, allégorie du Printemps, la «Patera MarteUi». Dans la 2«" armoire: émaux de Limoges et ustensiles sacrés. Dans la 3' armoire: ivoires sculptés des ii^-xvn* s. Dans la 4'= armoire: médailles, pierres gravées, bois sculptés. — Sous un bas-relief polychrome de la Vierge, se trouve l'entrée de la IV^ salle, jadis chapelle, qui a des fresques de Gioitoff), en face: le Paradis, avec le portrait de Dante adolescent. Dans les armoires, des émaux, des ouvrages d'orfèvrerie. — Dans le cabixet de dr. (le plus souvent fermé), des tissus et des broderies, de la collection Carrand.

V» salle: sur le devant, la collection d'armes Ressmann; dans les deux armoires du milieu, ivoires; de plus, orfèvrerie, ouvrages en ambre; dans la dernière armoire, des nielles florentins de grande valeur (xv* s.). — La porte à g. conduit au 2« étage (p. 186). — VI' salle: bronzes florentins du iv« s., extrêmement intéressants.

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Dans l'armoire, à g., dans le bas: Ant. Pollaiuolo, Hercule et Antée; au milieu, un Amour, par Donatello. Du côté de la sortie: 12, 13, le Sacrifice d'Abraham, bas-reliefs par Lm: Ghiberti et Fil. Brunelleschi, les premières sculptures de la Kenaissance, ouvrages du concours de 1402 pour la porte N. du baptistère (p. 173). — Au milieu, *22, Andréa Verrocchio, David (1476). — VII^ salle: bronzes des xvi«^-xvii'= s. A g., 23, Benvenuto Cellini, Ganymède; 37, Daniele fia Voltei'ra, buste de Micbel-Ange ; 38, 40, deux modèles du Persée (p. 164) de Beiiv. Cellini, l'un en cire et l'autre en bronze; au petit mur, dans des vitrines, de belles plaquettes (xv«-xvi* s.). — Au milieu, *82, Mercure, par Jean Bologne (1564). — On repasse ensuite par la V<^ salle pour monter au

IP étage. — I"""" SALLK. Aux murs, quantité de bas-reliefs en terre cuite émaillée, par Litca, Andi'ea et Giov. délia Robbia, les uns, blancs sur fond bleu, d'autres tout bariolés. — II"= salle (àdr.), suite des œuvres des délia Robbia. Au petit mur de dr. : *26, 28, 29, *31, quatre Vierges par Luca délia Robbia. A côté, au mur d'entrée : 25, grand autel avec une Adoration de l'enfant Jésus (1521), par Giov. délia Robbia ; plus loin, 76, 74, 75, Vierges et buste d'enfant, par Andréa délia Robbia; au mur d'en face, 44, Vierge, basrelief par Giov. délia Robbia. — Au milieu, de belles majoliqnes, des célèbres fabriques d'Urbin, de Gubbio, de Faenza, etc. (xvi«s.); verres. — III^ salle, dans la tour: collection d'étoifes de Franchetti. — Rentré dans la I« salle, on passe tout droit dans la

IV« salle. 1° Terres cuites des xv«-xvi« s. Au mur d'entrée: 168, Michelozzn, St Jean-Baptiste adolescent. Au mur de dr. : Andréa Verrocchio, bas-relief peint représentant la Vierge. Au milieu : 165, Verrocchio, buste de Pierre, lils de Laur. de Médicis; 161, Ant. Pollaiuolo, buste d'un jeune guerrier. ■ — 2" Marbres: bustes-portraits par Ant. Rossellino (147), Ben. da Maiano (153), Ant. Rossellino (160). Sans n°, une statue en terre de la Vierge, par Jacopo Sansovino. — V« salle, à g. de la IV*', marbres du xv« s. Mur principal, à g.: 179, Ant. Rossellino, St Jean-Baptiste enfant, statue (1477). Verrocchio: 146, bas-relief funéraire de Francesca Pitti(1477; v. p. 191); *180, Vierge, bas-relief; *181, buste de jeune femme. 201, 219, Luca délia Robbia, Crucifîment et Délivrance de St Pierre, bas-reliefs inachevés (1438); 283, 185, Matteo Civitali, la Foi, Ecce Homo; 190, Rossellino, la Vierge adorant l'enfant Jésus, bas-relief en médaillon; 198, Desid. da Settignano, buste de jeune fille. Du côté des fen. : 222, Ben. da Maiano, Couronnement d'empereur, haut-relief. Du côté de l'entrée : 234, 236, 235, Mina da Fiesole, bustes de Pierre et de Jean, fils de Cosme de Médicis, et buste de Rinaldo délia Luna. — Au milieu: 226, Ben. da Maiano, St Jean-Baptiste (1481); *225, Jac. Sansovino, Bacchns, œuvre de jeunesse. — VI* salle, où l'on passe de la IV* (à dr.): médailles des xv®-xix« siècles.

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Vis-à-vis du musée National, dans la viadel Proconsolo, l'église de la Badia (pi. F 5), une. abbaye de bénédictins avec un joli cauipanile; redilice actuel a été reconstruit en grande partie en 1625. A l'intérienr (entrée, à g., au bout de la colonnade), on remarque: dans le bras g. du transept, le tombeau (de 1481) de Hugo, grandcomte de Tuscie, mort en lUOl. Dans la chap. à g. de là: F/lippino Lippi, la Vierge, entourée d'anges, apparaît à St Bernard, une des plus belles créations du maître (1480). L'église a un magnifique plafond en bois. — Le cloître contient des restes de monuments de la noblesse, des xiu* et xiv* s. — Plus loin, au n° 10, à dr., se trouve le *palais Quaratesi (pi. F 5), anc. pal. Pazzi, commencé, dit-on, en 144Ô par Brûnell^schi et achevé de 1462 à 1170 par Giuliano da Maiano; belle cour. Puis, l'imposant ^aZais Nonfiiùto (pi. F 5), commencé en 1592 pour la famille Strozzi par Bern. BTOntaleuti et occupé actuellement par le télégraphe.

Entre les deux palais se détache, à l'E., l'antique Borgo dkgli Albizzi, dans lequel on remarque à g., au n"* 24, le pal. Pazzi (pi. F5), rebâti dep. 1568 par Bart. Ammanati, avec une décoration de graffites; plus loin à g., au n» 18, le.pal. Altovifi (pi. F5), ano. pal. Valori, orné de bustes («visacci») de Florentins célèbres et datant deTûTO; au n« l^T'e pal. Albizzi (pi. G 5) et eu face, au n° 15, le pal. Alessaiuln (pi. G 5), construction du xiv"' s. — La suite du Borgo degli Albizzi aboutit à la via Giuseppe Verdi (pi. G 5), qui mène, à dr., à la piazza S. Groce.

La PLACE Stk- Croix (piazza di S. Croce; pi. F G 6) est la principale place des quartiers S.-E. de la ville ; au milieu s'élève, dep. 1865, une statue de Dante (p. 161), en marbre, par Enr. Pazzi. Du côté N.-O. de la place, n" 1, le palais Serristori, jolie construction de 1469-1474. Dans le coin 0. déboucîîèiit Iè"Borgo de' Greui venant de la place de la Seigneurie et la via de' Benci, rue animée qui mène vers le S., au Ponte aile Grazie. Au S.-O. de la place, no 23, le Palazzo delV Antella (1620).

*Ste- Croix {S. Croce; pi. G 6), église gothique, a été construite à partir de 1294 par Ai'iiolfo di Cambio pour les franciscains, et terminée en 1442, sauf sa façade qui n'a été élevée que de 1857 à 1863. L'intérieur de l'église, long de 117 m., est à trois nefs, avec piliers très espacés et ferme apparente dans la nef centrale. L'ensemble est des plus grandioses et rehaussé encore par un bon nombre de monuments d'Italiens célèbres des temps anciens et modernes. Cette église offre en outre le pins grand intérêt à cause des fresques de Giotio dans les chapelles du chœur (elles se voient le mieux dans la matinée).

A l'entrée, au-dessus de la porte du milieu, une statue eu bron2e de St Louis (1423), par Douatello.

Nef de droite. A côté du l»' autel, le tombeau de Michel -Ange (m. en 1564 à Rome), érigé en 1570: buste et statues allégoriques. En face, au pilier, la «Madonna del Latte», bas -relief par Ant. Rosidlino.

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Après le 2» autel, un cénotaphe de Dante (v. p. 124), érigé en 1829; plus loin, le monument du poète Vittorio Alfieri (m. 1803), œuvre de Canova. A g., au pilier, une chaire de marbre par Ben. da Maiano, ,avec de magnifiques ornements et cinq bas -reliefs. Scènes de l'histoire de St François d'Assise et de l'ordre des franciscains. Plus loin: monument de Machiavel (m. 1527), érigé en 1787; l'Annonciation, excellent haut-relief en grés, de Donatello (délicieux groupe d'enfants, dans le haut) ; monument du secrétaire d'Etat Leonardo Bruni (m. 1444), dit l'Arétin, par Èerii.BosseUino ; monument du compositeur Gioachino Rossini (1792-1868).

Bras droit du transept. Les chapelles sont décorées de fresques d'élèves de Giotto, en partie très détériorées. La porte suivante s'ouvre sur le long corridor de la sacristie. La sacristie (1" porte à g. du corridor) a des armoires et des portes à belles marqueteries du xv« s. La chap. DES Médicis, au bout du corridor, construite par Michelozzo pour Cosme l'Ancien, vers 1434, a des bas-reliefs des délia Robhia, un tabernacle eu marbre, par Mino da Fiesole et un Couronnement de la Vierge, par Giotto. Le billet d'entrée, qu'on obtient à l'entrée du cloître (v. ci-dessouB), donne droit à la visite de la chapelle des Pazzi (v. ci-dessous).

Au fond de l'église, l'espace réservé au chœiu' est fermé par un mur en ligne droite, percé d'ouvertures donnant accès dans onze chapelles, dont celle du milieu, la plus grande, forme le chœur proprement dit. Les chapelles sont toutes décorées de fresques de Giotto et de ses élèves, enti'e autres les deux chap. à dr. du chœur renfermant les chefs-d'œuvre du maître. Dans la chapelle Peruzzi (2« à dr.), il a représenté l'histoire de St Jean-Baptiste et celle de St Jean l'Evaugéliste. A g., à partir du haut: Zacharie à l'autel; Nativité de St Jean (remarquer surtout la superbe figure d'Elisabeth); Danse de la fille d'Hérodiade. A dr. : Vision de St Jean l'Evaugéliste dans l'île de Pathmos; Résurrection de Drusiana et St Jean enlevé au ciel, ses disciples trouvant son tombeau vide. — Dans la chapelle Bardi (l™ à dr., tout à côté du chœur), Giotto a représenté l'histoire de St François d'Assise. A dr., à partir du haut: Approbation de la règle de l'ordre des franciscains par le pape. Epreuve du feu devant le sultan, St François malade bénissant Assise, Apparition à l'évêque dans un songe. Ag. : Fuite de la maison paternelle, Apparition à Arles, Funérailles du saint, cette dernière composition saisissante par le contraste entre les frères émus à la vue des stigmates du saint et les prêtres avec les enfants de chœur, tout occupés de la cérémonie. Au plafond, les trois Vertus des franciscains, la Pauvreté, la Chasteté, l'Obéissance, et St François glorifié. Aux voûtes des fenêtres, divers saints, surtout une charmante Ste Claire.

Bras gauche du transept. Au-dessus de l'autel de la chap. du milieu, fermée par une grille, un crucifix de Do>iatello, fait en concmrence avec Brunelleschi (v. p. 191). — Au coin du transept et de la nef de g., les tombeaux du compositeur Gherubini (m. 1842) et du graveur Raifaello Morghen (m. 1833).

Nef de gauche. Au premier pilier de la grande nef, le monument du célèbre architecte L. B. AJberti (1405-1472), par Bartolini, inachevé. Plus loin, le monument de Carlo Marsuppini (m. 1455), secrétaire d'Etat, par Desiderio da SetUgnano ; monument moderne de Donatello. Puis, monument de Galilée, l'illustre savant (1564- 1G42), par G. B. Foggini. — Au mur de l'entrée, monument de l'historien Gino Capponi (1792-1876).

Le CLOÎTRE contigu, où l'on entre du côté de la place par une grille à dr. de l'église, renferme des monuments funéraires anciens et modernes. — La *chapelle des Pazzi (entrée, v. ci -dessus), construite à partir de 1430 par Brunelleschi et restaurée de 1899 à 1900, est une des prémices de la Renaissance. Le vestibule à colonnes a une voûte en berceau et une frise ornée de charmantes têtes d'anges. L'intérieur, à coupole surbaissée, a la forme d'une croix

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