DESCRIPTION DE LA VILLE
Rome, en lat. et en ital. Roma, déjà surnommée dans l'antiquité la «ville éternelle», jadis la capitale du monde romain, puis celle du monde chrétien et des Etats de l'Eglise et depuis 1871 celle du royaume d'Italie, est située dans une plaine ondulée et volcanique, s'étendant sur une longueur de 135 kil. depuis le cap Linaro jusqu'au mont Circeo, et sur une largeur maximum de 40 kil. entre les Apennins et la mer. Le Tibre (Tevere) traverse la ville du N. au S. en formant trois grandes courbes. Sa largeur est d'env. 60 m. et sa profondeur de 5 à 6 m. Douze ponts et une passerelle en fer relient ses deux rives. La ville proprement dite est sur la rive gauche. Là s'élevait la Rome antique sur les «sept collines»: le mont Capitolin (50 m.), le Quirinal (52 m.), le Viminal (56 m.), VEsquïlin (53 m.), le Palativ (51 m.), VAventin (46m.), et le Céh'Ms(50m.), toutes longtemps inhabitées après la chute de l'Empire et occupées aujourd'hui par des quartiers de construction récente. Entre ces collines et le fleuve s'étendait l'ancien Champ-de-Mars, qui fut presque le seul point habité de la Rome du moyen âge et des siècles suivants. Le Pincio (50 m.), au N. du Quirinal, de même que le Vatican (60 m.) et le Janicule (84m.), hauteurs de la rive dr. du Tibre, n'étaient pas comptés dans l'antiquité parmi les collines de la ville; toutefois depuis Auguste un faubourg très populeux s'y étendait le long du fleuve. — La population, évaluée à un million d'hab. au temps de l'apogée de l'Empire (commenc. du n« s.), était de 85000 hab. au commenc. du xvi*^ s., de 221000 en 1870 à la fin de la domination des papes, et compte aujourd'hui près de 500000 hab. (lors du dernier recensement en 1901: 424943), y compris 10800 hommes de garnison et 40 000 hab. répandus dans la Campagne. — Sur la rive g., la muraille d'enceinte a une longueur de 15 kil. ; elle date du iii^ s., mais elle a été restaurée à différentes époques. La muraille de la rive dr. est en majeure partie du temps d'Urbain VIII. — Rome est de plus entourée de forts détachés, construits depuis 1870, qui lui forment une enceinte de 50 kil.
On admet d'ordinaire que la fondation de Rome remonte à l'an 754 av. J.-C. Selon toute vraisemblance, la ville est d'une bien plus haute antiquité. Elle a dû, avant tout, son rapide développement à sa situation sur le Tibre, qui était alors navigable même à une grande distance de son embouchure. La plus ancienne muraille d'enceinte, qui tint lieu de fortifications à la ville jusqu'au temps des guerres puniques, a été établie, dit-on, par le roiServiusTullius. C'est à l'époque des rois qu'appartiennent aussi le temple de Jupiter
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CapitoUn, le cirifue Maxime, dans lu vallée entre le Palatin et l'Aventin, la Cloaca Maxima, égout destiné à ilessécher le basfond marécageux du Forum, et la prison Mamertiiie. Après sa destruction par les Gaulois (390), Konie, très rapidiMuent reconstruite, se trouva percée de rues étroites, avec des maisons de misérable apparence. Ce fut Appius Claudius qui la dota, eu 312, de son premier aqueduc et de sa première chaussée (aqua et via Appia). Caton l'Ancien construisit le premier palais de justice, la basilique Porcia, en 184. Dans les derniers temps de la République, les patriciens bâtirent des palais splendides, mais la transformation complète de la ville ne date que du règue d'AutiusTE (28 av. J.-C. à 14 apr. J.-C). C'est sous cet empereur que s'élevèrent les constructions du Champ-de-Mars, où le portique du Panthéon, les thermes d'Ai/rippa, le jnausolèe d'Auyuste, le théâtre de Marcellus et le portique d'Octavie évoquent encore le souvenir de sa dynastie. Le magnifique forum d'Aufjuste, avec le temple de Mars, fut créé à côté de l'ancien Forum. L'Esqiiilin, qui avait été jusqu'alors un lieu de sépulture, se couvrit de rues et de villas. Auguste a pu se vanter d'avoir transformé Rome de ville de brique en ville de marbre. Au lieu de la brique séchée à l'air employée auparavant dans les constructions privées, on se servit dès lors d'excellente brique cuite et de travertin des environs de Tivoli; les murs furent revêtus de marbres de Carrare, de Grèce et d'Afrique. Un immense incendie, allumé, paraît-il, sur ordre de Néron (54-68), consuma la plus grande partie de Rome, l'an 64 de notre ère. Ce fut l'occasion, cherchée par lui, de reconstruire la ville sur un plan régulier. Les Flaviens (69-96) se sont immortalisés par le Cotisée et Varc de triomphe de Titus, ainsi que par une grande partie des palais du Palatin. Nerva (96-98) et Trajan (98-117) dotèrent la capitale des splendides édifices des forums qui portent leurs noms. Sous le régime pacifique de leurs successeurs, Adrien (117-138), Antonin LE Pieux (138-161) et Marc-Aurèle (161-180), la ville de Rome atteignit à son plus grand développement. Le Patdliéon et son dôme magnifique sont du temps d'Adrien. Puis il y eut une courte période de calme, ilais les invasions de plus en plus redoutables des barbares, les guerres de compétition au trône et les révolutions, se succédant sans relâche, amenèrent à leur suite une décadence toujours croissante. Au commenc. du iii*^ s., Septime Sévère (193- 211) et Caracalla (211-217) élevèrent encore des constructions importantes. Il est remarquable qu'AuRÉLiEN (270-275) ait cru devoir entourer d'une énorme muraille d'enceinte (p. 234) la ville qui depuis cinq siècles n'avait pas vu d'ennemis sous ses murs. Les derniers empereurs qui résidèrent encore à Rome, Dioclétien (284-305) et Constantin le Grand (306-337; seul maître de l'empire à partir de 324), ont surtout érigé des thermes grandioses. La translation de la résidence impériale à Byzance, en 330, marque
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une époque décisive dans l'histoire de la capitale. Rien de nouveau n'y fut plus créé et le temps commença son œuvre de destruction.
Les Romains avaient reçu des Grecs la décoration architectonique. Dès la fin de la République , ils réunirent aussi à Rome quantité de statues et de bas-reliefs grecs. Des maîtres d'abord venus de Grèce, puis des artistes nationaux, reproduisirent les types des divinités créés par l'art grec en les transfonnant selon le goût de l'époque, et les utilisèrent surtout pour la décoration. On fit des copies en bronze et en marbre des oeuvres les plus célèbres de la sculpture grecque. Les originaux d'une période plus ancienne (p. ex. les bas-reliefs funéraires du musée du Capitole et de la villa Albani) sont rares. Toutefois on peut se faire une idée des chefs-d'œuvre de la meilleure époque d'après les copies parvenues jusqu'à nous. Phidias, le plus grand sculpteur de l'antiquité, n'est, il est vrai, représenté en Italie que par une grossière reproduction de sa Minerve du Parthénon (p. 251); cependant, il s'y trouve quelques œuvres dont les originaux doivent être attribués à des artistes de son école (p. 247-248); c'est ainsi que le «Doryphore», la plus célèbre création de son contemporain, Polyclète d'Argos, nous a été conservé par plusieurs répliques (p. 332). Les œuvres de cet artiste se distinguaient surtout par les proportions harmonieuses des corps qu'il modelait, tandis que celles de l'Athénien Myron exprimaient pour la première fois la vie et le mouvement conformes à la nature, qu'on admire encore dans son «Discobole» (p. 249). La tendance d'une époque un peu plus ancienne se reconnaît dans le «Tireiu- d'épine» (p. 277) du Capitole et dans la «Coureuse» (p. 327) du Vatican. Les artistes de l'époque postérieure à la guérie du Péloponèse. qui excellaient dans l'art de représenter les passions et les formes séduisantes de la beauté sensuelle, n'étaient pas non plus inconnus des Romains. Des collections romaines possèdent des copies de r« Aphrodite» (p. 275) et du célèbre «Satyre au repos» (p. 274) de Praxitèle. Ou attribuait à ce sculpteur ou à Scopas le «groupe desNiobides» (p. 171), dont une belle statue de femme se trouve au musée Chiaramonti (p. 332). On doit !'« Apoxyomène» (p. 332) à Lysippe, le plus célèbre sculpteur du règne d'Alexandre le Grand, et la «déesse d'Antioche», qui est au Vatican (p. 326), à son élève Eutychide. L'activité artistique se ralentit ensuite dans la Grèce proprement dite. Mais il se forma de nouvelles écoles à l'époque de la décadence grecque; telles sont l'école d'Alexandrie, à laquelle on doit le «Nil», dans le Braceio Nuovo (p. 332), Vécole de Pergame, représentée par les «Gaulois», au musée du Capitole (p. 274) et au musée Boncompagni (p. 251), et enfin Vécole de Rhodes, à laquelle ou attribue le « Laocoon » (p. 329). Cette époque est encore caractérisée par d'autres œuvres: la «Méduse» (p. 251) et les deux bas-reliefs de la salle des bustes des empereurs au Capitole (p. 275). A cette époque, l'art du portrait fit surtout de grands progrès à Rome. Importé déjà par les Etrusques , il produisit encore des œuvres importantes même durant la décadence. — On a découvert d'excellents spécimens de la peinture du temps d'Auguste dans la maison de Livie (p. 292) et dans les jardins de la Farnésine (p. 249). — L'art grec ayant perdu toute force créatrice précisément à l'époque où il fut importé à Rome, il se forma dans cette ville une école éclectique sous la direction de Pasitéle. qui retourna au style plus sévère du passé (groupe d'Electre et Oreste, p. 251 ; Junon Ludovisi , d'origine un peu plus récente, p. 251). Les œuvres de l'ancien art grec furent encore copiées de cette façon même sous l'empereur Adrien. Mais les bas-reliefs destinés à glorifier les victoires de l'armée romaine, entre autres ceux de l'arc de triomphe de Titus (p. 287) et de la colonne Trajane (p. 291), nous révèlent une inspir.ation plus fière, plus consciente d'elle-même et conforme à l'esprit du temps. Enfin les artistes routiniers de l'Empire nous ont transmis quantité de statues de dieux et de héros. On rencontre siirtout un très gi-and nombre de sarcophages à bas -reliefs des ii» et m» s. Ces sculptures représentent de beaux sujets tirés de la mythologie grecque, dont la foi naïve des anciens se plaisait à orner la dernière demeure des défauts.
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Le CHRISTIANISME, introduit à Rome an milien dn i'^'' s., avait résisté à tontes les persécutions, surtout à celles du iii"" s. et de l'an 303 sous Dioclétien; son pouvoir spirituel s'affirmait en face de la puissance temporelle du paganisme en décadence. Constantin le Grand publia, en 3l3, son édit qui plaçait la religion chrétienne au même rang que toutes les autres (p. 341). La noblesse romaine opposa encore la résistance la plus opiniâtre à la nouvelle croyance; toutefois l'autel de la Victoire fut enlevé en 382 de la salle du sénat et une loi d'Honorius, en 408, priva la vieille religion de tout ce qu'elle possédait. Alors commença une nouvelle période dans l'histoire de la ville. On détruisit en partie les anciens temples, dont les matériaux, surtout les colonnes, furent utilisés dans la construction des basiliques chrétiennes. L'appropriation des temples au culte chrétien n'eut lieu que plus tard. Le nombre des églises augmenta rapidement, Rome eut 28 paroisses ou titres (tituli), et 5 églises patriarcales, dont le pape lui-même était le titulaire et dans les paroisses desquelles était comprise toute la chrétienté: St-Jean-de- Latran, St-Pierre, St-Paul, St-Laurent et Ste- Marie- Majeure. Après ces dernières, deux autres, Ste- Croix- de- Jérusalem et St- Sébastien, au-dessus des catacombes de la voie Appienne, étaient encore l'objet d'une vénération particulière. C'étaient là les « sept églises de Rome» que visitaient les pèlerins Je toutes les parties de l'Occident. Les ornements des églises furent les peintures en mosaïque, les clôtures de chœur et les ambons incrustés de mosaïques aux couleurs variées (ouvrages des Cosmas), les lustres et les croix de métal, ainsi que les peintures murales. Ce genre de décoration se maintint longtemps. La décadence de l'art antique amena celle de l'art chrétien, qui atlopta peu à peu des formes grossières et perdit enfin tout style.
La dévastation de la Campagne de Rome fit des progrès rapides au i\-« s. La malaria étendit ses ravages des côtes dans l'intérieur du pays. L'invasion des barbares et surtout les deux pillages de Rome, l'un en 410 par les Goths sous Alaric et l'autre en 455 par les Vandales sous Genséric, vinrent encore augmenter la misère. C'est seulement la tradition des grandes luttes et des victoires du christianisme, demeurée inséparable de cette ville, qui en a empêché la ruine complète. En même temps que la Rome ancienne se transforme en la Rome chrétienne, la papauté devient peu à peu le plus grand pouvoir spirituel de l'Occident; Léon le Gr.xxd (440-461) et Grégoire le Grand (590-604) peuvent être regardés comme ceux qui travaillent le plus à développer ce pouvoir. En 727, Liutprand, roi des Lombards, donne au pape la ville de Sutri qu'il a prise, la première qui appartint à la papauté, et amène par là la création des Etats de l'Eglise. Pépin, appelé par le pape, paraît en Italie en 755 et met fin à la suprématie de l'Orient. Ravenne, l'Exarchat et les antres villes furent-ils réellement donnés au Saint-
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Siège par ce prince, comme il l'avait promis, c'est ce qu'on ne peut assui'er, mais de leur possession par la papauté date le pouvoir temporel de cette dernière et sa domination sur Rome. Léon III (795-816) couronne Charlemagne empereur en 800, à la fête de Noël, et alors est créé le Saint-Empire romain, alors commence pour Rome la période du moyeu âge.
Léon IV (847-855) entoura d'un mur le quartier du Vatican avec l'église St-Pierre et put faire encore d'autres constructions utiles; mais ce nouvel essor fut arrêté par les pillages des Sarrasins. Lorsque ces barbares eurent enfin été domptés par Jean X (914- 928), la ville fut assiégée et prise d'assaut différentes fois par les armées allemandes durant les guerres dont la couronne impériale était l'objet. Ensuite les luttes intestines de partis qui déchiraient la ville, la divisèrent en quantité de quartiers fortifiés et de maisons en forme de châteaux, pour la construction desquelles on prit les pierres et le mortier où on les trouvait, sans épargner les édifices antiques.
La confusion toujours croissante qxii régnait dans les affaires de la ville et celles des Etats de l'Eglise amena enfin Clément V (1305-1316) à transférer, en 1309, le Saint-Siège à Avignon, où les papes résidèrent jusqu'en 1377, tandis que Rome était gouvernée par les Guelfes ou les Gibelins, les Napolitains ou les Allemands, les Orsini ou' les Colonna. Cola di Rienzo (ou Rlenzi) y rétablit même en 1347, pour quelque temps, l'ancienne république. La misère et la désolation étaient alors générales et le nombre des habitants était tombé à env. 20000 âmes.
En 1377, au retour d'Avignon, sous Grégoire XI (1370-1378), commence une nouvelle ère, brillante surtout après la fin du grand schisme (1378-1417), où des richesses immenses, provenant de donations pieuses et des indulgences accordées, viennent de tout l'Occident aftluer à Rome. L'Italie entière s'épanouit alors par suite de la Renaissance des sciences et des arts. Cet essor est souvent protégé par les papes eux-mêmes. Nicolas V (1447-1455) rivalise avec les Médicis (p. 161) en favorisant les travaux littéraires et artistiques des «humanistes». Ce pape et ses successeurs, Paul II (1464-1471) et Sixte IV (1471-1484), appellent à Rome les architectes Baccio PonteUi et Meo ou Amadeo del Caprina, ainsi que les peintres Sandro Botticelli, Filippino Lippi, le Ghirlandaio, Cosimo Rosselli, Lnica Signorelli, le Péragm et le Pinturicchio. Quant aux sculpteurs de Toscane, ils furent très occupés dans les églises, témoins les nombreux tombeaux de cardinaux et d'autres grands dignitaires. Mais Rome ne surpasse pas encore les autres centres artistiques de l'Italie. Cette suprématie n'est amenée que par le pontificat de Jules II (1503-1513), sous lequel commence l'âge d'or de l'art romain. C'est à Jules II qu'appartient la gloire d'avoir su retenir à Rome les trois hommes qui ouvrent la voie à tous les
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artistes du xvi' s. (cinquecento) et qui ont porté l'art moderne à son apogée: Bramante, Michel- Auije et Raphaël. Son successeur, Léon X (1513- 1')22), de la famille des Médieis, s'eiij,'agea sur les traces de Jules II. Le plus remarquable des élèves de Raphaël est Jules Romain. Meutionnons enfin les architectes Bald. Peruzzi et Ant. da SanyaUn le Jeune.
Le terrible pillage de Rome par les troupes du connétable de Bourbon (sacco di Uoma, 1527) mit lin à la grande époque. La ville ne se releva que lentement. A la tin du siècle, Sixtk-Quint (1585- 1590) commença de nouvelles constructions magnifiques. C'est alors que fleurit le style baroque, dont les commencements remontent déjà à quelques vingt ans, à Vignole, l'architecte de l'église des jésuites à Rome (1568). Les architectes romains les plus remarquables de ce style sont: le Bernin, de Naples, qui l'ut aussi le premier sculpteur de son temps, Carlo Maderna, Francesco Borromini, Domenico Fontana et Carlo Rainaldi. C'est eux qui ont créé ces églises et ces palais grandioses, dont les espaces imposants et les effets pittoresques ont donné à la ville éternelle sa physionomie décisive, du moins jusqu'à la fin de la domination des papes. Les œuvres très tourmentées de la sculpture de ce temps nous oÔrent le même caractère pompeux. Dans la peinture, la lutte s'engagea entre les naturalistes, représentés par le Caravage, et les éclectiques bolonais dont les maîtres furent Annihal Carrache, le Dominiquin, le Guide et d'autres.
Cependant Rome exerça encore son influence sur l'art européen. Les créations de l'antiquité et de la Renaissance réunies dans la ville, l'imposante majesté des monuments et la beauté des environs, firent de la ville éternelle l'école par excellence pour les artistes de toutes les nations. Elle prouve même encore sa force inspiratrice à la fin du xviii« s. et au commenc. du xix^', car sans elle David n'eût pas adopté et introduit en France le genre classique, Cornélius et son école n'eussent pas osé ressusciter la peinture à fresque. Ce n'est que de nos jours que l'art a définitivement rompu avec les traditions inspirées de Rome.
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240 III. R. 27. ROME. I. Collines du N. et de VE.:
I. Collines du nord et de l'est, Pincio, Quirinal, Viminal et Esquilin.
Le Pincio, la dernière colline de la Rome actuelle au N., n'était occupé dans l'antiquité que par des jardins, taudis que le Quirwal, qui s'y rattache au S.-E., a joué un rôle dès les temps primitifs. C'est là qu'était la ville sal)ine qui fut réunie à celle du Palatin (p. 292) et qui forma avec elle le noyau de la Rome historique. Ijenceinte de Servhis (p. 234) passait au N.-O. du Quirinal et tournait au S.-E. et au S. au delà des emplacements où devaient s'élever plus tard les thermes de Dioclétien et la gare, eu comprenant aussi le Viminal, plus au S.-E., et une partie de VEsquilin. Le Pincio ne fut euglohé dans l'enceinte que sous Aurélien (p. 235). Au moyen âge, ces collines furent moins peuplées et ne formèrent qu'une seule région, occupée presque entièrement par des vignes et des champs. Pie IV y ouvrit, dans la seconde moitié du xvio s., la grande rue qui va de la place du Quirinal à la porte Pia et Sixte -Quint, un peu plus tard, celle qui la traverse, en allant du Pincio à Ste-Marie-Majeure. Ce n'est que depuis que Rome est devenue la capitale de l'Italie qu'on a recommencé à élever de nouvelles constructions, qui ont donné aux collines une toute autre iiliysionomie.