Porte et place du Peuple. Pincio. Place d'Espagne
La porte du Peuple [Porta del Popolo; pi. CDl), située à l'extrémité de la grande route venant du nord et par laquelle la plupart des voyageurs pénétraient dans la ville éternelle avant l'ouverture des chemins de fer, a été construite en 1562 par Vignole, mais sa façade intéi'ieure ne fut ajoutée qu'en 1655 par le Bernin; on l'a agrandie en 1878 par la construction de deux passages latéraux. — En dehors de la porte, à dr., est l'entrée de la ^dlla Borghèse ou villa Umberto I (p. 338).
La PLACE DU Peuple {piazza del Popolo; pi. CDl) est bornée, à rO. et à l'E., par des murs en hémicycle, avec des groupes de statues; au N., par l'église Ste-Marie-du-Peuple; au S., de chaque côté du corso Umberto (p. 257), par S. Maria in Monte Santo et S. M. deiMiracoli, deux églises de la fin du xvii'' s. Au milieu de la place, se voit un obélisque de 24 m. de haut (36 m. de la base au sommet, y compris la (troix), qu'Auguste avait fait venir d'Egypte pour l'élever au Cirque Maxime; il fut transféré à sa place actuelle en 1589. — Tramw. n»» 14 et 16, par la via del Babuino, et n" 13, par la via di Ripetta, v. p. 228; omnibus suivant le Corso, v. p. 229.
L'église *Ste - Marie - du - Peuple (*S'. Maria del Popolo; pi. Dl), fondée en 1099 et rebâtie de 1472 à 1477, a été remaniée à l'intérieur, par le Bernin (1655), dans le .st3"le baroque. Quantité d'œuvres d'art, surtout de beaux monuments funéraires du xV s. Le sacristain ouvre le chœur et les chapelles (50 c).
Bas coTt. Dic un. V et 3» chap.: tableaux du Pinturicchio. — Bas CÔTii; i)K o., 2" chap., *chap. Ciiigi, construite pour Augustin Chigi (p. 333) sous la direction de Raphai'l: à la voûte de la coupole, des mosaïques de Lnigi délia Puce (161 (i), d'après des cartons do Raphaël,
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représentant le Créateur entoure des ligures allt'goriques des planètes. Tableau de l'autel, la Nativité de la Vierge, par Seh. del l'iombo. Le basrelief de bronze à l'autel, le Christ et la Samaritaine, est de Loreiizetbo. Dans les nielles, cinatre statues de i)ropliètes: à g. de l'autel, Jouas, d'après RaphuH; à dr., hlic, jiar Lureu:etto ; à g. de l'entrée, Daniel; à dr., Habacuc, tous deux par le Bernin et l'Algarde.
Chœur: *fresiiues de la voûte du IHnturicchio (1508-1509) représentant le eouronnemeut de la Vierge, les évangélistes et les Pères de l'Eglise: St Grégoire, St Ambroise, St Jérôme et St Augustin; elles sont parfaitement conservées et la façon dont l'artiste a tiré parti de l'emplacement a toujours excité l'admirution. — Eu bas, les deux *toml)eaux des cardinaux Girolamo Basso de la Rovère et Ascauio Maria Sforza, par Andréa Sansovitxi, exécutés de 1505 à 1507 par ordre de Jules II qui fit égîilement peindre les deux beaux vitraux par Guillaume de Marcillat.
L'auc. couvent d'augustins qui dépendait de l'église, et que Luther habita en 1511, est en majeure partie détruit.
On monte de la place du Peuple au Pincio par les raïupe.s du mur de l'E. ; on voit au premier rond-point deux colonnes de granit du temple de Vénus et Kome (p. 287), transformées de nos jours en colonnes rostrales. A mi-hauteur, un bassin antique en granit avec un jet d'eau, et, dans une loggia, une statue équestre de Victor- Emmanuel Il érigée en 1878.
Le* Pincio (pi. Dl), appelé par les anciens colUs liortorum, € colline des jardins» (p. 240), tire son nom du palais qu'y possédait la famille des Pincii, une des plus considérables à la fin de l'Empire. Cette belle promenade a été créée sous Napoléon l" (1809- 1814). Les allées qui la traversent sont ornées de. bustes d'Italiens célèbres. Près de la sortie S., le monument en bronze des frères Cairoli, qui tombèrent en 1867 et 1870 dans les combats sous les murs de Rome, œuvre d'Ercole Rosa; de l'antre côté, une pierre comniémorative en l'honneur de Galilée, qui fut interné de 1G30 à 1633, par ordre de l'Inquisition, dans la villa Médicis (p. 242). Au milieu, près d'un café, s'élève un obélisque, qui fut érigé par Adrien devant le tombeau d'Antinotis. On a dernièrement construit, dans le prolongement E. du nale daU'ObelLsco, un pont et une allée reliant le Pincio à la villa Borghèse (p. 338).
La VUE, jadis célèbre, qu'on a de la terrasse 0. de la promenade (46 m.), a, comme beaucoup d'autres, perdu de sa beauté depuis les nouvelles constructions; cependant le coup d'oeil sur le dôme gigantesque de St-Pierre, qui se dresse au delà du Tibre, continue à captiver le visiteur. On découvre: à dr., le Vatican et le mont Mario, planté de cyprès; à g., les pins sur le Janicule (Passeggiata Margherita): au bord du Tibre, qui lui-même n'est pas visible, le château St-Ange; parmi les édifices en deçà du fleuve, à g., les églises à coupole S. Carlo al Corso et an loin S. Carlo ai Catinari; entre les deux , le dôme surbaissé du Panthéon. A l'horizon , le mur nu de l'église Ste-Marie-d'Aracœli et la grande colonnade du monument de Victor-Emmanuel II sur le Capitole ; à dr. de là, le haut de la colonne de Marc-Aurèle, sur la place Colonna; à g., le
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Palatiu et le palais royal sur le Quirinal. — Le Pincio est vers le soir le lieu de réunion de la société romaine et des étrangers. Le grand monde s'y montre dans de brillants équipages, dont les cochers et valets de pied ont des livrées couvertes de galons. Parmi les piétons, on remarquera les ecclésiastiques, notamment les séminaristes, aux vêtements noirs, rouges, etc. garnis de lisérés ou ceintures de diverses couleurs, suivant la nationalité. La musique militaire joue au Pincio les dim., mardi, jeudi et sam. 2 h. avant le coucher du soleil. On ferme les portes 1 h. après l'Avé Maria.
La sortie S. du Pincio débouche sur une allée de chênes toujours verts, qui longe la villa Mcdicis et passe à une fontaine d'où l'on a un beau coup d'œil sur St-Pierre.
La villa Médieis (pi. l)El-2), constniite dans la seconde îiioitié du xvi" s. par Anvibale Lijjjji, est devenue en 1803 le siège de VAcadémie française des Beaux-Arts, fondée en 1666 par Colbert. Elle reçoit pendant trois ans les peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et musiciens fi-ançais qui ont obtenu le «grand prix de Rome ». On entre dans le jardin par la grille à g., ou bien de la villa même, par l'escalier àdr. La belle façade du côté du jardin est ornée de bas-reliefs antiques. L'aile du bâtiment renferme une collection de moulages précieuse pour l'étude. Dans le réfectoire, des portraits d'artistes qui ont étudié à la villa, entre autres ceux de Massenet, d'Hébert, de Guillaume, de Barrias, de Bouguereau, de J. -L. Pascal, de Chaplain, de Roty, etc. Dans le jardin, à dr., entre deux colonnes avec entablement, une statue antique avec une excellente tête rapportée. Sur la terrasse, qu'on se fait ouvrir (20 ou 25 c), est l'entrée du Boschetto, dont le point le plus élevé, dit le «Belvédère», offre une vue très étendue. — Heures de visite, etc., V. p. 233.
La rue aboutit à la place de la Trinité (pi. E2), où est l'obélisque, qu'on voit de loin. La Trinité-des-Monts (SS. Trinità de' Monti), église à deux tours, construite en 1495 par Charles VIII de France et dévastée à l'époque de la révolution française, a été restaurée en 181G aux frais de Louis XVIII, sous la direction de Mazois. Cette église, dépendance du couvent voisin des Dames du Sacré-Cœur, est rarement ouverte, excepté le soir pendant les vêpres, 1 h. env. avant l'Avé Maria; si elle est fermée, monter l'escalier à g. et sonner à la porte à auvent. En fait d'œuvres anciennes, on y voit une Descente de croix, fresque d'autel par Dan. da Volterra.
De la place partent deux rues au S.-E. : à g., la large via Sistina (p. 243); à dr., la via Gregoriana. — En face de l'église, Vescalier d'Espagne, construit de 1721 à 1725, descend de la place de la Trinité à la place d'Espagne; il a 137 marches alternant pittoresquement avec des rampes. On rencontre souvent, sur l'escalier ou dans le voisinage, les modèles des artistes, dont les costumes natio-
PI. d'Espagne. Font. Trevi. ROME. ^tf- B. 27. 243
naux, reproduits par la peinture et la photographie, sont universellement connus.
La PLACE d'Espagne (piazza di Spagna; pi. D E2; 25m. d'alt.) passe encore pour le centre du quartier des étrangers, bien que la construction des nouveaux quartiers .sur les collines environnantes lui ait fait tort. Au bas de l'escalier, à l'endroit où se croisent les tramways n"» 14 et 16, une fontaine par le Bernin, la Barcaccia (la barque), en forme de vaisseau de guerre. Non loin, au N. -E., à côté de l'hôtel de Londres et à l'extrémité du vicolo del Bottino, un ascenseur par lequel on peut monter au Pincio; il aboutit à l'O. de la Trinité-des-Monts; 10 c. à la montée, 5 à la descente. En face, lauf'a Condotti, boi'dée de magasins d'orfèvrerie, de joaillerie, de mosaïques, etc., mène au corso Umberto I (p. 2.'>7). Au N.-O., la via del Bahuino (v. p. 240) conduit à la place du Peuple. La via Due Macelli, qui court au S.-E. , se prolonge, au delà du tunnel cité p. 252, jusqu'à la via Nazionale. — A l'endroit où la place s'élargit au S., s'élève à dr. le palais d'Espagne (pi. E2), habité dep. le xm* s. par l'ambassadeur d'Espagne près le St-Siège. Devant le palais, la colonne de V Immacolcda, érigée en mémoire de la proclamation du dogme de l'immaculée conception de la Vierge (v. p. 317). — La petite place contiguë au S.-E., la piazza Mignanelli (pi. E2), est station de l'omnibus pour St-Pierre (p. 307). — Plus loin au S., la Propagande (Collegio di Propaganda Fide), fondée en 1622 et destinée à former des missionnaires catholiques ; ses élèves appartiennent à diverses nationalités.
De la place d'Espagne, on prend au S. par la via di Propaganda, qui passe à S. Andréa deUe Fratte (pi. E 3), église baroque surmontée d'un dôme, puis par la via del Nazareno (pi. E3), qui aboutit à la VIA DEL Tritone (p. 258). — On traverse cette dernière pour se diriger au S. par la via délia Stamperia, qui mène à la *fontaine de Trevi (pi. E3), la plus magnifique de Eome et alimentée d'ime eau excellente. Elle est adossée à l'extrémité S. du palais Poli (1735-1762) : la niche du milieu renferme la statue de Neptune, celles des côtés la Santé et la Fécondité; sur le devant est un grand bassin de pierre en contre-bas. — En prenant la rue en face de la fontaine, on parvient au S. à la place Pilotta et à la rue de ce nom, où est l'entrée de la galerie Colonna (p. 262).
2. Via Sistina. Quartier Ludovisi. Quattro Fontane. Via Venti Settembre. Place du Quirinal.
Des hauteurs du Pincio, la via Sistina (pi. E2-3; p. 242), descend au S. -E. dans la vallée entre cette colline et le Quirinal, pa.sse à la place Barberini, escalade le.s flancs du Quirinal sous le nom de via Quattro Fontane (p. 244), descend de nouveau, remonte
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auViminal et se termine sur l'Esquilin à l'église Ste-Marie-Majeure (p. 253), point culminant de cette artère.
La PLACE Barberini (pi. F3) est située au point de jonction de la via Sistina et de la via Quattro Fontane, au débouché de la via del Tritone (p. 258); elle a pour principal ornement la *fontaiiie du Triton, jet d'eau avec un Triton sonnant de la conque, par le Bernhi. — A mentionner dans le quartier qui s'élève au N. de cette place: l'église Ste-Marie-de-la-Conception ou des Capucins (pi. F 2), de 1624, dont la l''^ chap. à dr. renferme un St Michel par le Guide et au-dessous de laquelle se trouvent de curieuses chapelles mortuaires ; puis, dans la via Veneto, lepcdais Margherita (pi. F 2), construit de 1886 à 1890 et servant maintenant de résidence à la reine-mère Marguerite; enfin, au N.-O., dans la via Lombardia, rue latérale de la via Veneto, le Casino de V Aurore (pi. E 2), seul reste de la villa Ludovisi, dont le terrain fut morcelé en 1885. C'est ici que s'étendaient dans l'antiquité les jardins de Salluste. La via Veneto se termine au N. à la porte du Pincio (p. 338).
En suivant, de l'angle S.-O. de la place Barberini, la via Quattro Fontane, on a d'abord à g.
le palais Barberini (pi. F 3), édifice imposant des derniers temps de la Renaissance, commencé en 1624 y^t Maderna et achevé par le Bernin, dans le style baroque. Il est occupé en partie par la légation d'Espagne. Dans le jardin à l'entrée, une statue en marbre de Thorwaldsen, érigée en 1874 au grand sculpteur près de son ancien atelier par des élèves et des amis; l'original est à Copenhague.
La galerie Barberini (visite, v. p. 2.î2) est accessible par le jardin. II« saijLe: excellente sculptm-e grecque, la prétendue Suppliaiite,, représentant une jeune fille tombée sur un autel dans une attitude d'angoisse ; 54, Andréa del Sarto, Ste Famille. — III" sam^e: (39, Justiis van Gent, Frédéric, de Montefeltro ; 90, Diirer, Jésus enfant parmi les Docteurs, de 1506, peint à Venise en 6 jours, groupe disgracieux de personnages sans relation les uns avec les autres; 80, Rapha'él, portr. de femme fortement endommagé, connu bous le nom de Fornarina et souvent reproduit. — IV» saiiLe: 118, Cagnacci (et non le Guide), prétendu portrait de l'infortimée Béatrice Cenci, exécutée en 1599 pour avoir tué son père aux passions infâmes; 123, imitateur de Palma le Vieux, portr. de femme (l'Esclave); 134, Claiide Lorrain, marine.
La via Quattro Fontane gravit les flancs du Quirinal et croise dans le haut la via del Quirinale (p. 245) et la via Venti Settembre. Au carrefour se trouvent les Quattro Fontane (pi. F 3) ou les quatre fontaines qui ont donné son nom à la rue. A dr., la petite église S. Carlo, du style baroque le plus extravagant. — Le prolongement de la via Quattro Fontane prend au delà de la via Nazionale (p. 251) le nom de via Agostino Depretis (Ste-Marie-Majeure, v. p. 253).
La VIA Venti Settembre (pi. F G 3-2; tramw. n»» 2, 8, 9, 13, v. p. 228), ainsi nommée en mémoire de l'entrée des troupes ita-
Pal. du Qiiirinnl. ROME. ///• ^- 27. 245
Hennés à Rome le 20 sept. 1870, suit la croupe du mont Quirinal dans la direction de la porte Pia. On y voit d'abord, à dr., le palais Alhani, construit en ItîOO par Dom. Fontana, résidence du cardinal Al. Albani (m. 1779). Puis, encore à dr., le ministère de la guerre (1888) et l'église Si -Bernard (pi. 0 3), rotonde aménagée dans un coin des thermes de Dioclétien (p. 246). A g. , les églises Ste-Suzanne et Ste-Marie-de-la -Victoire (pi. FG2) qui datent du xvn*= s. A dr., la fontaine de l'Acqua Felice, construite de 1585 à 1587 par Dom. Fontana, ornée de sculptures de marbre ; plus loin, le ministère des finances et, devant, la statue de Sella (m. 1884), anc. ministre des finances. — Pour \& porte Pia, v. p. 341.
Dans la via dkl Quirinale (pi. F 3) qui conduit au S. -0. des Quattro Fontane (p. 244) se trouvent, à dr., des dépendances du palais royal; à g., l'église St- André, construite par le Bernin en 1678 et un petit jardin public orné d'une statue équestre en bronze île Charles-Albert (p. xxxv). Un peu plus loin on arrive à la place uu QuiRiNAi, (pi. E 4), au milieu de laquelle on remarque une fontaine avec un bassin de granit antique, et aux côtés de laquelle se dressent un obélisque apporté ici du mausolée d'Auguste (p. 257), en 1787, et deux groupes antiques en marbre, les *Doinpteurs de chevaux, excellentes productions de l'époque impériale. Ces groupes, d'une hauteur de 5 m. 60, sont encore à leur anc. place (devant les thermes de Constantin, p. 246); les inscriptions apocryphes des piédestaux, «opus Fidise» et «opus Praxitelis», sont plus récentes. — Du côté N.-O. de la place, d'où l'on peut descendre par un escalier à la via délia Dataria (fontaine de Trevi, v. p. 243), on a une jolie vue sur la ville: à l'arrière-plan, le dôme de St-Pierre.
Le palais du Quirinal (pi. E3), commencé en 1574 par Fïaminio Ponzio et agrandi depuis par Dom. Fontana, le Bernin et Ferd. Fuga, a servi souvent de résidence d'été aux papes, parce que l'air y est meilleur qu'au Vatican. Depuis 1870, il sert de palaLs royal et n'est en général ouvert au public qu'en l'absence de la famille royale.
Pour visiter les appartements royaux (les dim. et jeud. de 1 h. à 4 h.), il faut se munir d'une carte d'entrée délivrée de 10 h. à 11 h. '/j au ministère de la Maison royale, via del Quirinale, 30. au 1»^. Dans la cagk d'escalike, est encastrée dans le mur une belle fresque de Melozzo da Forli, Jésus en gloire. On s'inscrit dans le haut et l'on est conduit par un domestique (pas de pourb.). — A remarquer: la chapelle Paulikk, construite par Carlo Maderna, et qui est oruOe de stucs dorés et de tapisseries du xviiio s.; puis, les salles de réceptios et d'autres, dont l'une a un beau plafond A'Overbeck, en mémoire de la fuite (;i Gaètc) de Pie IX en 1848: le Christ échappant aux Juifs qui veulent le précipiter dans l'abîme; enfin, les apparte.\iests des princes étrasoers, où se voit, dans l'anc. salle d'audience, un moulage du Triomphe d'Alexandre par Thorwaldsen, que l'artiste exécuta pour cette pièce : v. p. 32.
La place est bornée, à l'E., par le Palazzo délia Consulta (pi. E4), autrefois siège de l'administration papale et maintenant occupé par le ministère des affaires étrangères. — Plus loin, dans la via del
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Quirinale, à g., le palais Rospigliosi (pi. E 4), construit en 1603 sur les ruines des thermes de Constantin. Il a une dépendance, le Casino, qui contient la galerie Rospigliosi- Pallavicini: visite, v. p. 232; on entre dans la cour, passe à g. par la porte portant l'inscription «Galleria» et monte les degrés.
Au mur extérieur du Casino, on remarque quelques bons bas-reliefs de sarcophages antiques. — Par la porte de dr. on pénètre dans la grande salle: au plafond, une *fresque célèbre par ?e Guide, l'Aurore semant des fleurs devant le char du Soleil, entouré des Heures, le chef-d'œuvre de ce maître, peint vers l'année 1609. On en remarquera surtout le coloris. La partie la plus éclairée est l'Apollon, dont la chevelure et les chairs paraissent dorées; les couleurs sont ensuite dégradées jusqu'aux tons froids bleu et vert clair pâles. Vis-à-vis de l'entrée se trouve une glace dans laquelle on peut contempler cette peinture plus commodément. Au mur de dr. : 27, van Dyck, portr. d'homme. — Dans la salle de dr., au mur de g.: 36, Lor. Lotto, Triomphe de la chasteté; à celui de dr. : 52, Liica Signorelli, Ste Famille. — Dans la salle de g., des toiles de moindre valeur
La rue du Quirinal aboutit au S. à la via Nazionale (p. 251).
3. De la place des Thei'mes à celle de Venise par la via Nazionale.
La PLACE DES Thermes (pi. 6 3), au milieu de laquelle jaillil un grand jet d'eau éclairé le soir à l'électricité et entouré de groupes en bronze par M. Rutelli (1900), occupe l'emplacement de la cour occid. des thermes de Dioclétien , construits au commencement du iV s. apr. J.-C. Ces thermes, les plus grands de la Rome antique, couvraient un espace carré de plus de 350 m. de côté. L'édifice principal, qui de même qu'aux thermes de Caracalla (p. 299) s'élevait au milieu de vastes cours, est bien conservé. Le tracé de l'enceinte extérieure est indiqué sur notre plan de la ville par des lignes en pointillé. La cour occid. formait un grand hémicycle (exedra) encore marqué par les nouvelles maisons à l'entrée de la via Nazionale (p. 251) ; aux angles se trouvaient des rotondes à dômes (v. p. 245, St- Bernard). L'emplacement de la cour S.-E. est occupé par la place DES Cinq-Cents, devant la gare {Stazione di Termini; pi. GH3); toutefois cette dernière est située en dehors des anc. thermes. Un monument, pour lequel on s'est servi d'un petit obélisque antique, y rappelle le souvenir des 500 soldats italiens tués à Dogali, en 1886, par les Abyssins. — Les deux places ci-dessus nommées sont points de départ ou de croisement de nombreuses lignes de tramways (nos 1^ 2, 3, 8, 10, 13, 14, 18; v. p. 228-229).
Pie IV fit transformer par Michel- Ange l'édifice principal en couvent de chartreux. Dans la grande salle voûtée du milieu (l'anc. tepidarium), l'artiste établit de 1563 à 1566 l'église Ste-Mariedes- Anges {S. Maria degli Angeli; pi. G 3), avec entrée du côté Sud. L. Vanvitelli gâta l'église en 1749 en changeant la nef principale en transept et en reportant le portail à l'O., à l'endroit où l'on doit construire maintenant une nouvelle façade.
Musée des Thermes. ROME. I^^- ^- 27. 247
De lu place des Thermes, on entre d'abord dans une petite rotonde, dont les murs ont un noyau antique sous un revêtement moderne; puis par un passage, où se voit à dr. une statue colossale de St Bruno, fondateur de l'ordre des chartreux, par Hdudon, on arrive au grand *transept. Les peintures datent do la lin du xvi' s. et des xvii" et xyiu"" s.; elles proviennent eu majeure partie de St-Pierrc (v. p. 310).
Le reste des thermes, auparavant occupé par le couvent, l'est maintenant par ditférents établissements de bienfaisance et d'éducation et par le musée des Thermes.
Le **musée des Thermes (Muneo Nazioncde Romcmo délie Terme Diocleziaiie ; pi. G 2-3), fondé en 1880, comprend surtout des objets trouvés à Rome et aux environs dans les terrains appartenant à l'Etat. L'entrée est dans l'angle entre la place des Thermes et celle des Cinq-Cents. On passe par la porte de l'hospice des aveugles («Ospizio Margherita per i poveri ciechi») et tourne à g. dans la cour. Ce musée a moins d'œuvres célèbres que ceux du Capitole et du Vatican, mais son importance est presque aussi grande; les objets exposés ici n'ont pas subi d'essais de restauration, ce qui augmente leur valeur. Au musée des Thermes est venu s'ajouter en 1900 une des plus magnifiques collections d'antiques, fondée au commencement du xvn^ s. par le cardinal Ludovisi; la famille Boncompagni-Ludovisi qui en hérita par la suite, la vendit à l'Etat (musée Boncompagni). — Heures de visite, etc., v. p. 233; guide imprimé, 1 fr. 50.
On monte d'abord l'escalier au bout du corridor d'entrée.
Premier étage. — I" salle : fragment d'un groupe (l'Enlèvement d'une femme), des derniers temps de l'art grec. Sur les parois, des mosaïques; l'une d'elles représente un cadavre avec une inscription grecque qui signifie « reconnais-toi toi-même ». Deux gros piliers avec inscriptions, se rapportant aux fêtes séculaires de Rome, en 17 av. J.-C, et mentionnant le «Carmen sœculare» composé par Horace pour la circonstance. — II« sallk, à g. de la 1"^^: urnes de marbre et buste de jeune tille provenant du tombeau de C. Salpicius Platorinus (du temps d'Auguste). Ensuite d'excellents bas-reliefs en stuc d'une maison romaine découverte dans le jardin de la villa Farnésine (p. 333), lors des travaux de régularisation du lit du Tibre. — IIP salle. Excellentes statues de bronze: homme vu s' appuyant sur %m bâton, à barbe gravée à la pointe, probablement un prince grec du temps des diadoques; * Pugiliste au repos, que l'on doit s'imaginer en colloque avec un camarade ou avec un arbitre, œuvre d'un réalisme frappant, reproduisant jusqu'à la laideur de l'athlète déjà couvert de blessures; 4, statue en bronze de Bacchus, incrustée d'ornements d'argent et de cuivre, du iii^ s. av. J.-C. — rV» salle: en face de l'entrée, statue d'Apollon, d'après un original de Phidias ; à g., tête de Vénus, du temps de Praxitèle ; tête déjeune
ROME. ^- Collhies du N. et dz l'E.:
fille ceinte d'un bandeau (Hygie; fin du v« s. av. J.-C.) ; à dr., tête de garçon avec de longues boucles; tête colossale d'Asclépins; à dr. de la sortie, torse d'une statue de femme (original grec, archaïque); tête de femme grecque (archaïque); statue de Minerve, presque encore archaïque ; statue de femme vêtue d'une fine draperie. —
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CHIOSTRO