Cours Victor- Emmanuel. Quartier au sud de ce cours
Des TRAMWAYS paituut de la place de Venise suiveut dans toute 8a longueur le cours Victor-Emmanuel et vont jusqu'à la place St-Pierre (V. p. 228; u"" 1, C et 7); d'autres n'en suivent que la première partie, pour se diriger ensuite au S., vers le pont Garibaldi, etc. (n»» 3, 5, 19, 20).
L'enfilade de rues, commençant a la place de Venise (p. 261) et formant sous les noms de via del Plebiscito et de cours Victor-Emmanuel la principale artère entre la rive g. et le quartier du Vatican, a été percée depuis 1876 à travers la partie la plus resserrée de la Rome du moyen âge.
Dans la via del Plebiscito (pi. D 4), partie E. de cette artère, on voit d'abord à g. la principale façade àupalais de Venise (p. 261) et à dr. le côté S. du palais Doria (p. 260) ; puis, le palais G-razioli et le grand palais Altieri, construit en 1670 et dont la partie 0. forme la limite N. de la petite place du Gesù (pi. D 4).
*Le Qesii (pi. D 4), l'église principale des jésuites, est une des plus riches et des plus magnifiques de Rome. Elle a été construite de 1568 à 1575 par Viynole et Giac. délia Porta. La grande nef, large et élevée, est flanquée de chapelles remplaçant les bas côtés. Elle a servi de modèle pour nombre des églises construites pendant le siècle suivant.
Les peintures de la voiite de la orande nep sont par Baciccio. qui a aussi exécuté celles de la coupole et de l'abside ; c'est un des ouvrages les plus importants et les plus vivants du style bai"oqiie. Les murs ont été revêtus de marbres précieux, en 1860. Le maître-autel a quatre colonnes en jaune antique. A g., le tombeau du cardinal Bellarmin, avec les figures de la Religion et de la Foi, en bas-relief; à dr. , le tombeau dn père Pignatelli, avec la Charité et l'Espérance. — Bras g. du transept: autel de St-Ignace (p. 258;/, avec un tableau de P. Pozzi. Les colonnes sont en lapis-lazuti et en bronze dore. Sur l'architrave, deux stAtues: Dieu le Pire, par B. Liidovisi , et le Christ, par L. Ottoni. et derrière eux, le St-Esprit, une colombe entourée de rayons. Au centre, le globe terrestre, d'un seul morceau de lapis-lazuli. Au-dtssous de l'autel est un cercueil de bronze doré qui renferme les ossements de St Ignace. Des deux côtés, des groupes de marbre: à dr., la Religion chrétienne terrifiant les hérétiques, par Legi'os ; à g., la Foi, avec le calice et l'hostie adorée par un roi païen, de Theiidon.
A côté de l'église, au S., est l'anc. ?>mison2)ro/e.ç.se des jésuites, servant aujourd'hui de caserne. La rue voisine, la via Aracœli, mène au Capitole, v. p. 272.
A partir de la place du Gesù, la rue prend le nom de codrs Victor-Emmanuel (pi. D C B 4) ; elle croise bientôt la via di Torre Aryentina qui mène à dr. au Panthéon (p. 263) et à g. au pont
268 ^11- ^- 27. ROME. J^- Près du Tibre, r. g.:
Garibaldi (v. p. 27]). Plus loin, à g., le palais Vidoni, du xvi« s., et l'église
St-André-de-la -Vallée (S. Andréa délia Valle; pi. C 4), dont la haute coupole s'aperçoit de loin. Cette église a été commencée en 1594 par le père Olivier i et achevée par C. Maderna. La riche façade, qui est d'après C. Raiiialdi, date de 16G5. L'intérieur, restauré avec presque trop de luxe, de 1905 à 1907, remarquable par l'imposante sévérité de ses lignes et par les grandes fresques peintes par le Dominiquin dans les coins de la coupole (les Evangélistes) et dans l'abside (scènes de l'histoire de St André), offre uu bon spécimen du style de la fin de la Renaissance. — Sur la place devant l'église , la statue de l'écrivain sicilien Nice. Spedalieri (m. 1795), érigée en 1903.
Plus loin dans le cours Victor-Emmanuel, àdr., n*' 141, le palais Massimi aile Colonne (pi. C 4), bel édifice sur les plans de Bald. Peruzzi. La façade, de forme semi-circulaire, ingénieusement adaptée à la rue autrefois étroite et arquée, ne produit plus le même effet depuis que celle-ci a été élargie, mais la vue sur la double cour est toujours des plus pittoresques.
A g. du cours, à la via de' Baullari, qui mène au palais Farnèse (p. 270), le palais Linotte, appelé aussi pal. Farnesina, construit vers 1523 et intéressant par sa jolie cour et son gracieux escalier, a été restauré en 1898. — A dr. , la place St-Pantaléon (pi. C 4) et le monument de l'homme d'Etat Marco Minghetti (1818-188G). Au N., le palais Braschi, construit en 1780, occupé aujourd'hui par le ministère de l'intérieur, a un bel escalier de marbre.
A l'angle obtus que ce palais forme au N.-O., du côté de la petite piazza del Pasquino, se trouve le Pasquin, reste mutilé d'uu groupe antique en marbre, qui représentait Ménélas avec le corps de Patrocle. Dès le xvi» s. , on y affichait des épigrammes satiriques qui reçurent le nom de «pasquiuades» de celui d'un habitant connu pour sa mauvaise langue. Les répliques aux pasquiuades s'affichaient sur la statue de Marforio (p. 273). Les pasquinades sont toujours à la mode à Rome; elles rappellent jusqu'à un certain point la satire des anciens.
A g. du cours Victor- Emmanuel, s'ouvre l'étroite et longue
l'LACE DE LA CHANCELLERIE, OÙ s'élève
le *palais de la Chancellerie (pi. C 4), construit de 1480 à 1495, un des plus beaux édifices de la Renaissance à Rome, conforme aux règles antiques et d'une noble simplicité dans son ensemble. L'élégante façade se compose de blocs de travertin pris au Coliséc. — En passant par le beau portail dû à Vignole, tout près du cours, on va à l'église St-Lanrent in Damaso, réunie à la Chancellerie. — Le portail principal du palais, du style baroque, a été ajouté à la fin du xvi'= s.; on entre par là dans la belle *cour qui est entourée de deux étages d'arcades. Les colonnes en sont antiques et se trouvaient à St- Laurent in Damaso avant la reconstruction de cette église à la fin du xv» s. Leurs jolis chapiteaux
Cours Vict.-Emmanud. ROME. ^^I- R- 27. 269
sont ornés de roses, armoiries du cardiual Riario, qui Ht construire le palais. Le gouvernement italien a laissé la Chancellerie à la disposition du pape.
Vu niarrhù d'autiquaillcs tros fri/quoiité bo tient le migrer, niatiu :uix alt-ntours de la Clmncellerie.
On continue de suivre le cours Victor-Emmanuel. A dr., le palais Sora, du commencement du xvi'^ s., et récemment tran.sformé pour servir de lycée (Liceo Terenzio ^lamiaui). — JOnsuite à dr.,
la Chiesa Nuova ou S. Maria in Vallicella (pi. B 4), église fondée vers 1580 par St Phili})pe de Néri, pour l'ordre des oratorieus, dont il fut le fondateur, et achevée en 1605. L'intérieur a une riche décoration eu stuc. La Vierge du maître-autel, ainsi que les deux tableaux de dr. (Ste Domitille, 8t Nérée et St Achilloe) et de g. (St Grégoire, St Maur et St i'apie) sont de Rubens (1608). — L'anc. couvent, construit par Borroiinui dans le style baroque le plus exagéré, est maintenant occupé par dos tribunaux.
Le cours Victor -Emmanuel se prolonge dans la direction du N.-O.; sur la petite place Sforza (pi. B4), le jxtZta's Sforza-Cesariià, Vhdspice de Bohême et le monument de Terenzio Mamiani (1799-188Ô), philosophe et homme d"Etat. — Plus loin, à dr.. est la via del Banco di S. Spirito qui mène au pont St-Ange (p. 307).
A g., le *niusée Barracco (pi. B 3-4), construction moderne eu forme de temple, où est installée dep. 1005 la collection d'antiques donnée à la ville par le .sénateur Barracco; ce musée présente un grand intérêt en raison des excellentes sculptures grecques qui s'y trouvent. Visite, v. p. 233. Il y a partout des étiquettes.
I" SALLE. Seulptmes assyriennes et égyptiennes; parmi ces dernières, quelques-unes revêtues do peinture, bas-reliefs finement ouvrages, têtes. A g. de la sortie, sculptures archaïques de Chypre; tète d'un démon féminin, travail étrusque d'une époque postérieure; pierres tombales étrusques, ornées de bous bas-reliofs. — Près de rentrée et au milieu, sculptures grecques: partie inférieure d'une stèle attique; buste-portrait de Périclès; tètes et statues archaïques; sur la table, au milieu, liennès à double tète d'éphèbc; répliques du Doryphore (p. ;!32) et du Diadumèno de Polyclète. — Isolé: torse de l'Amazone de Polydète (p. 3;$2).
II» SALi.E. Sculptures grecques pour la plupart. A g. de l'entrée: fragment de statuette d'athlète, d'après Polyclète; au-dessus, tête de Marsyas, bonne réplique d'une œuvre de Myron; tête d'athlète; tête de Mars, travail romain du temps de Trajan; *tête d'Apollon fApollo Barraccnj, de style sévère; dans le haut, portr. d'Epicure, effacé par l'eau. — Au petit mur: partie supérieure d'une statuette archaïque de Mercure, comme dieu des troupeaux; au milieu, bonnes répliques de têtes du Doryphore et du Diadumèue de Polyclète. — An mur du fond: tête de Vénus, du iv» s. av. J.-C. ; bas- reliefs attiques, votifs et funéraires; statuette de femme, de style sévère. Dans l'armoire vitrée: vases, terres cuites, smalts. Plus loin, fragments de bas-reliefs ; tête de centaure ; tête de femme, de grandeur colossale et d'un style hellénistique; deux statuettes de Porteuses de vases, en rouge antique; satyre dansant; hnste d'athlète. — Au petit mur: *fragment d'un bas-relief votif attique. A dr. de l'entrée: buste d'éphèbe romain; tête de jeune fille grecque; *tête de femme et *tête d'homme, provenant toutes deux de bas -reliefs funé-
270 III- R- 27- ROME. II- P'rés du 'fibre, r.g.:
rairea attiques du iv« s. av. J.-C. Au-milieu: *chienne blessée, du temps de Lysippe.
A rO., au bord du Tibre, St-Jean-des- Florentins (S. Giovanni de' Fiorentini; pi. B 4), la belle église nationale des Florentins ; commencée sous Léon X, elle n'a été achevée qu'en 1734, par la construction de la façade. — A côté de l'église, une passerelle suspendue (5 c.) mène à la Lungara (p. 333), de l'autre côté du fleuve.
On retourne à la Chancellerie (p. 268) et de là, en prenant au S., ou ai'rive à la piazza Campo di Fiore (pi. C 4), où est le marché aux légumes, dans la matinée. C'était autrefois le lieu d'exécution des criminels et c'est là que fut livré aux flammes, le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno, accusé d'hérésie. On lui a élevé en 1889 un monument en bronze. — A l'E. de la place était l^ihéâtre de Pompée (pi. C 4-5), dont on reconnaît la configuration à la courbure du vicolo di Grotta Pinta. Derrière, se dressait \q portique de Pompée, où César fut assassiné l'an 44 av. J.-C.
Du Campo di Fiore, on va au S.-O. à la place Farnèse (pi. C 4-5), où sont deux fontaines et le palais de ce nom.
Le *palais Farnèse (pi. C 5), un des plus beaux de la ville, a été commencé avant 1514 par le cardinal Alexandre Farnèse, plus tard pape sous le nom de Paul III, sur les plans A'Ant. da Sangcdlo le J., et continué après la mort de ce dernier sous la direction du Michel-Ange, auquel on doit la jolie corniche. Les travaux furent achevés par Giac. délia Porta, qui construisit la loggia sur le derrière, du côté du Tibre (1580). Les matériaux proviennent en partie du Colisée et du théâtre de Marcellus. Ce palais avait passé, par voie de succession, entre les mains des rois de Naples. Le gouvernement français y a installé depuis 1874 son amba.ssade près le roi d'Italie, et organisé au second étage son école archéologique, fondée en 1875 sous le nom d'Ecole de Rome. Le vestibule, divisé en trois parties par des colonnes, et les arcades superposées de la cour, imitées du théâtre de Marcellus, sont de Sangallo. Du côté de la cour, l'étage supérieui- est de Michel-Auge.
Au S.-E. de la place Farnèse, sur la longue piazza Capo di Ferro, se voit \& palais Spada cdla Regola (pi. C5), construit en 1540, avec une façade décorée de statues. La colonnade qui relie les deux cours est de Borromiui (1632); elle ott're une curieuse perspective et fait paraître l'espace libre beaucoup plus grand qu'il n'est en réalité. Le Conseil d'Etat (Consiglio dello Stato) tient ses séances dans une des salles du l'^'' étage, ornée d'une antique statue colossale qu'on tient à tort pour celle de Pompée. Dans la galerie attenante se trouvent huit bas -reliefs antiques (50 c. de pourb.). — Non loin de ce palais, au S., le pont Sisto: v. p. 335.
A l'E. du pal. Spada, plusieurs rues latérales conduisent à la place Benedetto Cairoli (pi. C 5) et à S. Carlo ai Catinari
IW. Farnèse. Th. de Marc. ROME. J^J^- R- -'7- 271
(pi. C 5), église à dôme, construite en l'honneur de St Charles Borromée en 1612.
Du oOté E. de la place Ben. CairoH passe la via di Tokuk Ak- OKNTINA (pi. D 4-5), mentionnéi' p. 267, qui se prolonge au S. par la via Arenula jusqu'au pont Garibaldl (pi. C 5), v. p. 336. — Tramways: pour le Traustevère, n" 3; pour St-Paul-hors-les-Murs, n" 5.
Kn prenant l'étroite via dei Falegnaini, de l'autre côté de la via di Torre Argenfina, on parvient à la petite 1'lac;k JIattei (pi. Dû), où est la plus élégante des fontaines de Home, la * fontaine des Tortues (Fontana délie Tartarughe), par Taddeo Landini (1585), ornée d'un joli grou()e eu bronze, quatre statues d'adolescents avec des dauphins et des tortues. — A g. est le palais Mattei (pi. D 5), une des meilleures œuvres de C. Maderna (1616); plus loiu, l'église S. Caterina de' Fanari (pi. D5), construite de 1549 à 1563 par (■riac. délia Porta.
Les rues latérales au S. de la place Mattei et de Ste-Cathei'ine aboutissent dans le Ghetto, l'anc. quartier des juifs, rasé en 1887. Dans l'antiquité et au moyeu âge, les juifs demeuraient au Transtevère. Vers le milieu du xvi"' s., on leur assigna ce nouvel emplacement, dont ils ne purent pas dépasser les limites tant que dura le pouvoir temporel des papes. A l'O. de ce quartier, dont la plus grande partie n'a pas été rebâtie, s'élève, sur les ruines du théâtre de Balbus, \ii palais Cenci (pi. D5), connu par l'histoire de Béatrice Cenci (p. 244). Au S.-E., une nouvelle synagogue , construite en HX)4. — Au N.-E. du Ghetto , dans la via del Portico , se voit le portique d'Octavie (pi. D 5), érigé par Auguste à la mémoire de sa sœur. Il fut rebâti, en 203 apr. J.-C, par Septime-Sévére et Caracalla, comme le dit l'inscription' L'entrée principale était formée par une double rangée de colonnes corinthiennes, dont il subsiste deux de l'extérieur et trois de l'intérieur.
L'étroite via del Teatro di Marcello conduit tout droit aux restes du *théâtre de Marcellus (pi. D 5), commencé par César, achevé par Auguste l'an 13 av. J.-C, et auquel l'empereur donna le nom de sou neveu, tils d'Octavie. La scène était du côté du Tibre, et le théâtre pouvait contenir de 13000 à 14000 spectateurs. Il existe en- <'ore daus la via délia Catena, rue semi- circulaire, douze arcades de l'enceinte, où des artisans ont établi leurs ateliers. Le bas, dont une partie est ensevelie sous les décombres, est du style dorique, le second étage du style ionique, et il était probablement surmonté, comme au Colisée, d'un étage du style corinthien.
La via del Teatro di Marcello débouche sur la place Monta- NARA (pi. D 5), petite place où l'on voit surtout le dimanche beaucoup de Campagnoles. Dans la via Bocca dclla Verità, qui est très animée, se trouve immédiatement à dr., l'église S. Nicola in Carcere, où il y a des restes de trois temples antiques. Plus loin au S., la place Bocca délia Verità et Ste-Marie «in Cosmedin» (v. p. 296).
fiudeker. Italie. 3* édit. 18
272 III- R- 27- ROME, m Quart, du S.: Capifole.
Le pont Fahricio (pi. D5), nommé par le peuple pont de' Quattro Capi, à cause des hermès à quatre têtes qui en décorent les parapets, traverse le bras g. du Tibre au S. -0. du théâtre de Miircellus (p. 271); construit par L. Fabricius (comme l'indique une inscription) l'an 02 av. J.-C, c'est maintenant le plus vieux pont de Rome. Il aboutit à Vile du Tibre (pi. D.5-G), là où se trouve l'église St- Barthélémy (S. Bartolomeo), bâtie peut-être sur l'emplacement du temple d'Esculape. — L'île est reliée à la rive dr. par un pont qui a remplacé l'anc. 2J0tis Cestius. Sur la rive dr., on arrive en quelques pas à la via délia Lungarina (p. 336).
///. Quartiers du, sud. Rome antique.
Ce chapitre compreiitl la partie principale de la capitale de la République et do l'Empire, c'est-à-dire les collines du Capitole, du Palatin, le versant méridional de VEsquiïin, puis l'AventUi et le C'élius. Toute cette région était restée presque entièrement déserte au moyen âge. La création de nouvelles rues est de date récente.