‹ L'Italie des alpes à NaplesChapitre 87 sur 127 · Palatin · texte numérisé non relu

Palatin

Le Palatin a été le noyau de la Rome primitive, la Roma quadrata de Romuliis. Les anciens y ont montre pendant fort longtemps la cabane de Romulus, l'antre de la louve qui allaita Romnlus et Ucmus, et plusieurs temples de l'époque des rois. On a découvert de nos jours des restes de son enceinte. Sous la République , le Palatin fut occupé par des constructions particulières; l'orateur Hortensius, Cicéron et son ennemi acharné, le tribun Clodius, y ont eu leurs maisons. Auguste, qui naquit sur le Palatin, éleva, à cet endroit jadis habité par les rois, sou grand palais impérial, un temple d'Apollon et les bibliothèques. Tibère y construisit de sou côté un palais. Les Flavîens élargirent et embellirent les constructions d'Auguste. Septi me- Sévère les agrandit encore. Le palais des empereurs partagea plus tard le sort de la ville ; Odoacre et Théodoric (p. 121) l'ont encore habité, mais des jardins, des couvents et des tours fortifiées en occupèrent les ruines dès le x« s. — Des fouilles régulières ont été entreprises à partir de 1861. Visite, v. p. 233.

L'entrée (pi. E 5) est dans la via S. Teodoro, au N. de l'église de ce nom (p. 295). On suit à g. le clivu.s Victcrriœ, voie antique qui monte lentement, en contournant la colline au N., derrière la bibliothèque du temple d'Auguste (p. 285), et an-dessus de laquelle furent construites sous l'Empire d'énormes arcades en briques, quand la place commença à manquer. En passant sous ces arcades, on arrive au Casino de l'anc. villa Farnèse, dont les jardins couvraient le versant N. du Palatin; on monte ensuite les escaliers conduisant à l'emplacement du palais de Tibère , dont les restes sont encore auj. recouverts par un jardin. Du côté X., une sorte de balcon offre une très belle vue du Forum et de la basilique de Constantin. C'est de l'angle de ce même côté que Caligula, dans sa folie, fit jeter un pont au-dessus du Forum, afin de pouvoir aller plus facilemeut au Capitole causer avec Jupiter, dont il se proclamait le représentant sur la terre. Belle vue aussi plus loin sur le Capitole, la vallée du Velabrum et le viens Tuscus. — On descend un petit escalier au bout du chemin qui suit le bord de la colline et on parvient à

la maison de Livie (domiis Liviœ), reconnaissable à sa toiture moderne eu zinc. Il est du moins probable que cette maison isolée, respectée par les constructions impériales, fut celle qu'habita Tib. Claudius Néron, père de Tibère, et où sa mère Livie, qui avait divorcé pour épouser Auguste, se retira après la mort de l'empereur. Les *peintures murales qui s'y trouvent surpassent en beauté la plupart de celles de Pompéi. Entrée, à l'angle E.

On descend six marches à dr. pour arriver au vestibitle voûté et pavé en mosaïque, et on entre dans une cour carrée sur laquelle donnent trois pièces. Dans la prÉCE du milieu, les peintures sont comme de grandes fenêtres qui permettent de voir dans le lointain des scènes mythologiques: à dr., lo gardée par Argus, tandis que Mercure vient pour la délivrer; vis-à-vis de l'entrée, Galatée et Polyphème (presque méconnais-

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sable). Au mur de g., des conduits d'oau en plomb. — Sur les mura de la rifccE DE nKoiTK se trouvent do miignitiques guirlandes do fleurs et do fruits, d'où pendent des masques et autres objets baebiques, entre des colonnes; sur ceux do la imkck i>e oauohe, au-dessus do panneaux bruns encadrés de rouge et de vert, de légères arabesques entre des figures ailées, sur fond blanc. A dr. de la cour, la salle à manger («tkici.inium »), aux murailles peintes en rouge avec deux grands paysages au milieu. Au mur d'entrée, dans le baut, deux vases de verre avec des fruits. — Les autres pièces, où l'on accède de l'extérieur eu haut à dr., ont perdu leur décoration murale et ne sont pas été entièrement déblayées.

Lii haute substruction carrée couverte de chênes virts, à l'angle oecid. de la colline, a fait partie du temple de la Magna Mater (Cybèlc), fondé en ISU av. J.-C. Devant le temple, à dr., une statue de Cybèle qui est un bon ouvrage romain.

Uiins une galerie converte (cryptopoi'tîque), à dr. en venant de la mai-son de Livie, il y a des fragments de décoration antique en stuc. En prenant à dr. à l'extrémité, on arrive à Varea Palatina, place à laqui'lle faisait face le palais d'Auguste.

Le palais d'Auguste (domus Augustiana) se composait des pièces d'apparat et de réception, dont les parties subsistantes proviennent probablement d'une transformation sous Domitien, ce qui explique le nom souvent employé de nos yMXY&HiQ palais des FJaviens (domus Flavia). Il s'étendait au S. jusqu'au bord de la colline; c'est là que se trouvaient les appartements, qui sont toujours sous la villa .Mills (p. 294).

De l'atrium, ou l'on montait par des escaliers anx extrémités, on entre dans trois vastes salles. Celle du milieu, nommée^a6/inam, était la salle du trône (aula regia), où l'empereur donnait audience. C'est un espace immense de 4.5 m. sur 36, avec une grande abside semi-circulaire où était le trône, et six niches alternativement rondes et carrées, qui ont conservé les socles des statues qui s'y trouvaient. Il était autrefois entièrement recouvert. Aujourd'hui que le splendide plafond a disparu, que les murs ont perdu leur revêtement en marbre, les niches leurs colonnes et les piédestaux leurs statues colossales, il est difficile de se faire une idée de sa magnificence primitive. — Dans la salle voisine au S.-E., le laraire, se trouve un petit autel en marbre, qui, dans le principe, n'en faisait pas partie et où se voient les images des dieux lares. — Au N.-O. du tablinum est la basilique, où l'empereur rendait la justice. Une balustrade en marbre, dont il y a encore un reste à l'endroit même où elle se trouvait, séparait la tribune semi-circulaire de la partie où se tenaient les plaideurs. Cette partie était flanquée de petits portiques. Les colonues non cannelées avaient des ornements en bronze; ou voit encore les trous où ils étaient fixés. — En traversant le tablinum, on arrive au S. -0. au péristyle. C'était un jardin carré, de 54 m. de côté et entouré d'une colonnade. Sur le péristyle s'ouvrait, dans le sens de sa plus grande largeur, le friclinium, la gramle salle à manger (Jovis cœnatio). Dans l'abside semi- circulaire du mur au S. -0., les dalles de marbre et de por-

294 III- R- ^'- KOME. III- (Quartiers du sud:

phyre du pavé sont en grande partie conservées. Il reste encore des traces du revêtement au mur du côté N.-O. — A ce mur est adossé le nymphée (nyniphseuni), salle à manger pour les mois les plus chauds de l'été; au milieu, une fontaine au bassin elliptique, revêtue autrefois de plaques de marbre.

Derrière le trieliuhim est un portique de six colonnes en cipoliii, deux entières et les autres brisées. Le pavé s'est écroulé et on aperçoit le sol primitif que les constructions des empereurs avaient recouvert. — Sur les soubassements où se voit uu perron élevé, à l'O. du palais d'Auguste , se dressait peut-être le temple de Jupiter Vainqueur, élevé il la suite du vœu de Fabius Maximus à la bataille de Sentinnm (295 av. J.-C).

En franchissant une grille (pi. x) située derrière le laraire, on entre dans la vieille villa Mills, qui appartenait au commencement du xix« s. à un Anglais de ce nom, et fut ensuite occupée, jusqu'en 1906, par un couvent de religieuses. On y voit encore une loggia renaissance à colonnes de granit et un pavillon décoré de fresques restaurées, datant du xvi" s. Dans le jardin, derrière le Casino, il y a de beaux cyprès et l'on jouit d'un superbe coup d'œil sur les quartiers S. de la ville. En descendant l'escalier, à dr. derrière le Casino, et en traversant d'anc. caves, on parvient à l'étage inférieur des appartements de l'empereur (p. 293), puis de là, par une ouverture de la paroi (pi. z), ou pénètre dans le prétendu

stade, qu'on suppose maintenant avoir été le jardin impéi'ial. Cet espace de 160 m. de long sur 48 de large était à l'origine entouré uniquement de murs. Plus tard, probablement sous Septime-Sévère, on éleva à l'intérieur un portique composé de piliers avec demicolonnes, dont le revêtement de marbre est le mieux conservé du côté N.-E. Dans la grande abside du S.-E. se trouvent trois pièces avec des peintures murales bien passées. La construction elliptique pratiquée dans la moitié S.-O. est moins ancienne, peut-être seulement du temps de Théodoric le Grand. — A mi-chemin entre l'abside et l'angle N.-E. du stade, se trouve un escalier qui monte à la galerie du haut; il y a là, à g., une plate-forme offrant une belle vue sur l'ensemble des ruines du stade et sur les monts Albains à l'horizon.

On revient et , passant derrière l'abside , on arrive aux ruines du palais de Septime - Sévère (domus Septimii Severi), dont il n'est plus possible de déterminer le plan. Plus loin, par un pont pavé, on arrive à un belvédè)'e au-dessus d'une construction à trois étages, d'où l'on jouit d'un magnifique *panorama embrassant le Colisée au N.-E. (plus en avant, cinq arcades de VAqua Claudia, V. p. 298), les quartiers S. de la ville, St- Jean-de-Latran, St-Grégoire-le-6rand, St -Etienne- le -Eond, les thermes de Caracalla et derrière, dans la Campagne, le monument de Cfecilia Metella; puis les églises de l'Aventin, la pyramide de Cestius, St-Paul-horsles-Murs; ensuite à l'O., le Janicule et enfin, au N.-O., le dôme de St-Pierre; au pied même du Palatin, du côté S., on reconnaît les

Vdabrum et ^or. Boarium. ROMK. ^^^- />' Ï7- 295

contours du cirque Maxime (p. 235), sur le terrain duquel se trouve le cimetière israélite.

On retraverse le poul, appuie à dr., et arrive, en passant près de restes de |)avements en mosaï<(UC, à un escalier moderne, qu'on descend; puis par un corridor on atteint une petite place, où le chemin se bifurque: à dr., il monte sous une grande exèdre faisant partie du palais d'Auguste; à g., il descend le long du versant S. au prétendu pivdayoyium. Un portique, dont l'entablement de marbre est maintenant supporté par des piliers eu maçonnerie, au lieu de colonnes, donne accès à quelques petites salles. Les mots «exit de pîedagogio», plusieurs fois répétés dans les grift'onnages qui couvrent les murs, ont fait supposer qu'où était eu présence de la maison d'éducation des esclaves du palais; mais celle-ci ne se trouvait pas sur le Palatin.

Continuant dans la direction N.-O., on parvient à l'angle O. du Palatin. 11 y a là un autel (ara) fort ancien eu travertin, consacré «à la divinité inconnue», au dire de son inscription en vieux latin («seideo, sei deiv;e sacrum»). Ensuite, au bout d'une .soixantaine de pas, à dr. sur le bord occidental de la colline, des restes considérables de murs donnés d'ordinaire comme ime partie de l'ancien mur d'enceinte de la Roma qaadrafa (p. 292).

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