‹ L'Italie des alpes à NaplesChapitre 93 sur 127 · Capp. Torloniu · texte numérisé non relu

Capp. Torloniu

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iMtran. ROME. H'- R- 27. 303

truit, à ce qu'on prétend, par Sixte III (432-440), est le pins ancien (les l)aptistères de Rome. Cette construction octogone servit de type pour tous les édifices postérieurs de ce genre. Selon la tradition romaine, Constantin le Grand y fut baptisé en 324 par le pape St Sylvestre (en réalité, il ne le fut qu'en 337, peu de tem[)S avant sa mort).

De lu place, on entre d'abord dans le baptistkue même (Baitistero ; (1, sur If plan ci-contro). Les huit grandes colonnes de porphyre avec entablement anti(|ue de marbre, iiui séparent l'espace central du pourtour, sont regardées comme uu présent de Constantin. Une baignoire antique, en basalte vert, sert de fonts baptismaux. — A dr. et à g., deux oratoires, ajoutés par le pape St Hilaire en 4111 : à dr., celui do St-Jean- Baptiste (pi. 6), dont les portes de bronze, du temps de St Hilaire, sonnent lorsqu'on les ouvre; à g., celui de St-Jean-V Evangéliste (pi. c), qui a des portes de bronze datant do 1196 et de belles mosaïques. — La troisième

Sorte dans le baptistère est l'entrée de Voratoire de St-Venance (pi. rf), e forme carrée, qui a des mosaïques riches en figures (O-iO-6-12). — La quatrième porte donne sur le portique de St-Venance (pi. e), qui était à rorigiue le porche du baptistère, quand l'entrée principale était encore de ce côté. Ce portique a été transformé eu deux chapelles en 1154. Dans l'abside de g., une belle décoration en mosaïque, des enroulements d'or sur fond bleu, du v» s. Au-dessus de la porto du côté du baptistère, un bas-relief en marbre, de 1192, le Crucifîment.

*St-Jean-de-Latran {S. Giovanni in Laterano; pi. H 6-7), «la mère et la première des églises», fut fondée par Constantin le Grand, dans un palais de la famille Laterani, que l'empereur donna au pape St Sylvestre I^"". Elle porta d'abord le nom de son fondateur (Basilica Constantiniana) ou celui du Sauveur (Basilica S. Salvatoris). Après la reconstruction faite sous Serge III (904-911), elle fut consacrée à St Jean-Baptiste; elle a été plusieurs fois transformée aux xiv« et xv<^ s. L'édifice actuel, de style baroque, a été élevé depuis l'époque de Pie IV. Le vestibule du transept N., du côté de la place St-.Jean-de-Latran, est dû k Dom.Fontana (1586); dans le portique, une statue en bronze de Henri IV de France, un peu moins ancienne.

L'imposante façade principale, tournée vers la place de la Porte- St-Jeau (p. 306), est l'œuvre à'Aless. Galiîei (1734); elle est ornée de colonnes accouplées et de pilastres, d'une loggia et d'un attique surmonté de statues qui attire le regard de bien loin. Il y a cinq entrées dont celle du milieu a des portes antiques en bronze; à dr., la porte sainte (v. p. 310) ; à g., une statue antique de Constantin le Grand.

L'intérieur, en restauration, à cinq nefs et transept surélevé, doit sa forme actuelle à Giac. délia Porta (1603), de qui sont le magnifique plafond en bois de la nef centrale et le transept, mais surtout à Franc. Borromini (1650). Le beau pavement date du xyB s. Le chœur et l'abside ont été reculés de 1878 à 1885 pour agrandir l'église. Au sacristain, qui ouvre les chapelles, 50 c. de pourboire.

Dana la hkf CBt)TKAi.E, Borromini accoupla les colonnes autiques eu

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piliers, dans les niches desquels il plaça des statues colossales des apôtres. A l'extrémité de cette nef, à dr. et ;i g., les deux seules colonnes antiques en granit qui soient encore visibles. En bas, devant la confession, la belle plaque tuinulaire de Martin V (m. 1431), par Simone Ghini. — Dans le TRANSEPT, plus élcvé de quatre marches: devant et au milieu, l'aiiiel papal (altarc papale), où le pape en personne ou un représentant nommé par lui, peut seul dire la messe, et qui a un baldaquin de 1.3C9. Il renferme quantité de reliques, surtout les crânes des apôtres St Pierre et St Paul. A dr., deux belles colonnes en jaune antique. A g., le grand autel du St- Sacrement, avec quatre colonnes antiques en bronze doré, qui se trouvaient déjà dans l'ancienne basilique. A g. du chœur, le monument funéraire de Léon XIII (m. 1903), inauguré en 1907; le sarcophage est surmonté des ligures du pape bénissant, de l'église éplorée et d'un ouvrier. A dr. du chœur, un nouveau monument pour Innocent III (m. 1216), dont les ossements ont été transférés de Pérouse à Rome en 1892. — Le chœuk est richement décoré de marbre. La vieille abside contient de précieuses mosaïques de 1290. Elles représentent, en haut, le Sauveur sur des nuées: en bas, à g., à côté d'une croix, la Vierge, devant laquelle est agenouille Nicolas IV; St François, St Pierre et St Paul; à dr., St Jean-Baptiste, St Jean l'Evangéliste, St André et St Antoine. — On revient à l'entrée principale pour entrer dans les bas côtés.

Bas côté de dr.: sur le revers du premier pilier de la nef majeure (pi. 10), Boniface VIII entre deux cardinaux, proclamant le premier jubilé (1300), par Giutto; à dr., une chapelle de la famille Torlonia, la 2' (pi. *), décorée d'une profusion de marbi'es. — Bas côté de a.: chap. St-André- Corsini, la 1"'« (pi. /), construite en 1734 par Al. Galilei, avec quatre colonnes antiques de porphyre et une grande cuve de la même matière provenant du portique du Panthéon, placée devant une statue de bronze de Clément XII (Corsini, m. 1740). Les murs de cette chapelle sont revêtus de pierres rares.

De la dernière chapelle du bas côté de g., le sacristain conduit les visiteurs dans le *ci.oître (chiostro), œuvre du commencement du xiii» s.; il a quantité do colonnettes torses et incrustées de mosaïques.

Le palais de Latran (pi. H 6), que la loi de garantie de 1871 a laissé en toute propriété aux papes, a été construit en 1586 par Dom. Fontana, sur l'emplacement de l'ancien palais, qui servit de résidence aux papes depuis Constantin et qui fut détrait par un incendie en 1308. Ce palais renferme

le *musée du Latran (Muséum Qregorianum LateranenseJ, fondé en 1843. L'entrée est sur la place de la Porte-St-Jean (p. 306). Visite, V. p. 232. Voir le plan, p. 303.

Au rez-de-chaussée se trouve la *collection d'antiques (Museo profano). Après avoir traversé le vestibule et longé les arcades à g. de la cour jusqu'au bout de l'aile gauche, on entre dans la

I'" salle: bas-reliefs romains; plusieurs torses de' belle facture. Au milieu, une mosaïque représentant des pugilistes et provenant des thermes de Caracalla (p. 300). — II'" salle: fragments d'architecture, surtout du forum de Trajan. — III'' salle. Au fond: 256, Antinoiis (tête moderne). — IV« salle. A l'entrée : 278, Médée et les filles de Pélias, bas-relief grec; an fond, 319, statue de Mars; à la sortie : 352, buste d'un jeune membre de la gens Claudia. — On traverse un vestibule pour entrer dans la

Ve SALLE. Au f oud : 396, 405, hermès de Pan. — VI« salle. Au fond: 435, 437, statues colossales assises de Tibère et de

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Claude; entre les deiix, 430, Agriiipine la Jeune (?); entre les fenêtres, 44Û, statue de fenime (Drusilla?). — VII>^ sam.e. Adr.: *4G2, prétendu Satyre dansant, plutôt une reproduction d'après le groupe de 3Iyron (p. 236) représentant ]\[arsyas qui veut ramasser la flîîte jetée par Minerre et recule plein d'effroi à l'apparition de la déesse; les bras avec les cymbales sont mal restaurés. En face de l'entrée. *47r>, Sophocle, une des plus belles statuesportraits antiques qui existent. — VIIT* sali.e. A l'entrée, à g.: 487, le poète comique Ménandrc avec une mu.se, bas-relief; au milieu, 534, statue île Neptune. — IX'' sallk: beaux fragments d'architectnre; au milieu. Gût», base de trépied avec des danses bachiques. — X* SALUE. A l'entrée: (370, un bas-relief représentant la construction d'un vaste tombeau, avec une grue à côté; 091, Morte entourée de pleureuses, bas-relief; entre la fenêtre et la sortie, 086, pilier à trois faces, dont deux sont ornées d'un candélabre enguirlandé de roses. — On traverse encore un ve.stibule pour entrer dans la

XI* SALLE. Au milieu: 792, grand sarcophage avec le Triomphe de Bacchus (Dionysos). A la sortie: 783, bas-reUef grec. — XII* SALLE. A l'entrée, à dr. : 799, sarcophage avec l'histoire d'Oreste. A la sortie, 813, sarcophage avec la Mort des Xiobides. — XIIP salle. A l'entrée: 846, statue-portrait. A la sortie: 868, Pylade soutenant Oreste épuisé de fatigue, bas-relief. Au milieu, sur un sarcophage, 885, une base de candélabre triangulaire, avec Pluton, Neptune et Proserpine. — XIV* salle: vis-à-vis de l'entrée, 902, statue de prisonnier barbare, inachevée, mais intéressante parce qu'elle porte des traces de la mise aux points. A côté, 895, sarcophage de L. Annius Octavius, représentant une boulangerie, avec l'inscription: «Evasi, effugi, spes et fortuna valete! Xil mihi vobiscum est, ludificate alios» (je me suis échappé, enfui, adieu espoir et fortune! je ne vous connais plus, trompez-en d'autres). An mur de dr., 892, mosaïque représentant le pavé non balayé d'une salle à manger («opns asarotum»). — XV* et XVI* salles: produits de fouilles faites à Ostie ; entre antres, 1043, statuette en bronze de Vénus.

Le musée chrétien est au 1*"" étage; on y monte par l'escalier dans le coin à g., sous les arcades (M. C, sur le pi. p. 303).

Le musée renferme en tout premier lieu une ^collection de sarcophages des premiers siècles de l'ère chrétienne, la plupart dn IV* et du v* s., avec des représentations historiques et symboliques tirées de l'Ancien et dn Nouveau Testament ; ils montrent une certaine analogie d'exécution avec les productions de ce genre de l'époque païenne postérieure.

Vestibule: tout droit, 55, grand sarcophage avec deux bustes d'hommes'et deux rangées de bas-reliefs: en haut: Résurrection de Lazare, Jésus prédisant à St Pierre qu'il le reniera. Moïse recevant les tables de la Loi, Hacrifice d'Abraham, Pilate se lavant les mains; en bas : Moïse faisant sortir l'eau du rocher, Moïse monacé par les

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Juifs, Daniel dans la fosse aux lions, Lecture de la Loi, Gaérison des aveugles. Multiplication des pains. — On gravit quelques marches à g. et voit à dr., contre le petit mur: 103 et 105, statues du Bon Pasteur; 104, grand sarcophage du commencement du v<= s., ayant en has-relief : dans le haut, à g., Adam et Eve; à dr., l'Eau changée en vin, la Multiplication des pains, la Résurrection de Lazare; dans le bas. Adoration des Mages, Guérison de l'aveugle-né, Daniel dans la fosse aux lions, le Christ prédisant à St Pierre qu'il le reniera, Moïse menacé par le peuple, et Moïse faisant jaillir l'eau du rocher; puis le n" 150, en haut, à dr. : sarcophage avec scènes champêtres et chasses; le n° 174, à g., ayant: sur le devant, le Christ entre les apôtres, le Sacriflcc d'Abraham, Pilate se lavant les mains; sui' le côté dr.. Moïse faisant jaillir l'eau du rocher, Jésus guérissant l'héraorroïsse; sur le côté g., Reniement de St Pierre. On remarquera encore : à dr., le n° 164, sarcophage avec le Sacrifice de Caïn et d'Abel, Arrestation de St Pierre, Martyre de St Paul, Job et sa femme, et à g. le n° 171, sarcophage avec le Portement de croix, Couronnement d'épines. Arrestation du Christ et Pilate se lavant les mains. — En haut, 223, statue assise de St Hippolyte dont le siège seul est antique et porte une inscription grecque.

La porte à g. conduit aux galeries d'en haut. Les parois du fond des trois rangées d'arcades sont revêtues d'un choix d'inscripiions chrétiennes systématiquement classées.

La galerie de peinture renferme quelques mosaïques antiques, entre autres, dans la salle A attenante à la première arcade, uue grande mosaïque des thermes de Caracalla fortement restaurée et représentant vingt athlètes en pied et vingt-six en buste. De plus, on y remarque quelques tableaux de maîtres des xv« et xvi» s. (les plus importauts ont été tranaportés récemment au Vatican; p. 323) et plusieurs tableaux modernes, ainsi que des copies de peintures des catacombes.

En face de l'angle N.-E. du palais de Latran est l'édifice qui renferme la Seala Santa (pi. 16), le Saint Escalier du palais de Pilate à Jérusalem, qui fut monté par Jésus. Il se compose de vingt-huit degrés de marbre, apportés à Rome vers la fin des croisades et qii'il n'est permis de monter qu'à genoux; on les a recouverts de bois pour les ménager. Deux escaliers sur les côtés servent à redescendre. — A l'E. de la Scala Santa, dans une abside construite en 1741, se voient des copies des vieilles mosaïques du tricliniuvi de Léon III, salle à manger de l'ancien palais de Latran. Ces copies ont été faites d'après de vieux dessins et rappellent l'alliance des pouvoirs spirituel et temporel conclue par Charlemagne.

En face de l'abside où sont les mosaïques, s'étend la grande PLACE DE LA Poute-St-Jean (pi. I 6), cntourée en partie de constructions neuves et où est la façade principale de la* basilique (p. 303). — De la jporie St-Jean (pi. I 7) part la Nouvelle voie Appienne, v. p. 342.

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