St- Pierre (S. Pietro in Vaticano
L'**église St-Pierre a été fondée par Constantin le Grand, sur la demande du pape St Sylvestre (314-336), au-dessus du tom-
, ;^^]^^: PALAZZO PONTIFICIO
Basilica di S.Pietro
in
St-Pierre. ROME. m- R- 'JT- 309
beau de St Pierre , à côté du cirque de Néron (p. 307). C'était une ba.silique à cinq nef.s, précédée d'un parvis encadré de colonnes, qui fut souvent aj;randie et entourée de chapelles et de couvents. C'est devant son maître-autel que Charleinagne reçut en l'an 8<H), à la Noël, la couronne impériale des mains de Léon 111, et un grand nombre d'empereurs y ont été couronnés après lui.
Comme cet édifice avait beaucoup soutl'ert des injures du temps, Nicolas V résolut de le reconstruire et commença l'abside en 14Ô2, sur les plans du Florentin Bernardo Rossellino. Ou avait déjà élevé les murs à quatre ou cinq pieds du sol lorsque la mort du pape arrêta les travaux. Ils ne furent repris que 50 aus plus tard, par Jules II, et sur les plans de Bramante , qui voulait donner à la nouvelle église la l'orme d'une croix grecque, avec un dôme gigantesque au centre, et les quatre bras surmontés de petits dômes. Toutefois le plan de Bramante , d'une remarquable simplicité et d'une grande unité de conception, ne fut pas suivi. L'année où mourut cet architecte (1514), Fra Glocondo da Veroiia (m. 1515) et Raphaël furent appelés à diriger les travaux, assistés de Giuliano da Sangallo (m. 1516). L'œuvre avança peu par suite du grand âge du premier architecte et du troisième et de la mort prématurée de Raphaël (m. 1520). Elle fut même mal continuée, parce qu'il y eut beaucoup de changements au plan primitif. Il s'agissait surtout de savoir si l'on adopterait la forme de la croix grecque ou celle de la croix latine. C'est à ce dernier projet que s'arrêta Antonio da San- (jallo, qui dep. 1518 avait reçu la dii-ection des travaux. Après lui vinrent en 1520 Baldassarre Peruzzi et enfin, en 15-17, Michel- Ange qui sauva le plan de Bramante. Il renforça les piliers du dôme, rétrécit les bas côtés et ajouta un vestibule précédé de colonnes supportant un fronton. Sou œuvre principale est la coupole, dont la légèreté et l'élégance des formes est doublement admirable en raison de ses immenses dimensions. Il n'acheva que le tambour, mais laissa des dessins et des modèles suflisants pour terminer le reste jusqu'à la lanterne. Après la mort de Michel-Ange (1564), la construction fut continuée par Viynole et Giacomo délia Porta, qui s'occupa particulièrement du dôme. En 1606, il ne restait plus qu'à élever la façade, quand Paul V fit une malheureuse innovation en revenant à l'idée de la croix latine. On prolongea alors la nef, et Carlo Maderna construisit la façade actuelle dans le style baroque. Le dôme ne produit plus ainsi qu'à distance l'effet visé par Michel- Ange. Le 18 nov. 1626, exactement 1300 ans, dit-on, après la consécration de l'anc. église, Urbain VIII consacra la nouvelle. Le Bernin, qui succéda à Maderna en 1629, mit la dernière main à l'œuvre.
Les données sur les dimensions de l'édifice varient notablement. D'après les indications d'une inscription qui se trouve dans le pavé de la grande nef, St-Pierre a 837 palmes (187 m.) de longueur dans œuvre et 868 palmes «/, (194 m.) hors œuvre. Elle a une superficie de 15160 m.
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carrés, tandis que la cathédrale de Milan n'en a que 11700, St-Paul do Londres 7875, Ste-Sophie do Constantinople 0890, la nouvelle cathédrale de Berlin 6270, la cathédrale do Cologne (îlG*;, et Notre-Dame de Paris 5955. Le dôme atteint 132 m. 50 de liauteur jusqu'au sommet de la croix de la lanterne; on lui donne 42 m. de diamètre. A la fin du xvii» s., les frais de construction avaient dépassé la somme de 47 millions d'ccus (environ 235 millions de francs). Les frais d'entretien s'élèvent annuellement à 180000 fr.
La FAÇADE, que précède un perron, a 112 m. 60 de large, 44 m. 30 de haut, et compte 8 colonnes, 4 pilastres et 6 demi -pilastres corinthiens. Elle est surmontée d'une balustrade décorée de statues colossales du Sauveur et des apôtres. L'inscription rappelle qu'elle a été construite sous Paul V (Borghèse), eu 1612. Au-dessus de l'entrée du milieu est la loggia d'où le pape donnait, le jour de Pâques, la bénédiction générale («urbi et orbi»).
Le PORTitiuE a 71 m. de large, 20 m. de haut et 13 m. 50 de profondeur; il est remarquable par sa décoration, surtout son magnifique plafond en stnc. Il y a, à l'extrémité de g. du portique, une statue équestre de Charlemague, datant du xvin« s.; à celle de dr., derrière une porte à vantaux toujours fermée, la statue de Constantiu le Grand mentionnée p. 313. Les cinq entrées de l'église sont flanquées de colonnes antiques en marbres de couleur (pavonazzetto et affricano). Les battants en bronze du grand portail central, exécutés de 1439 à 1445 par Antonio Filarete, présentent dans les grands panneaux des sujets chrétiens, et, dans les encadrements, des scènes païennes de la mythologie. La dernière porte à dr. est la poiie sainte, qui ne s'ouvre que tous les 25 ans, aux années de jubilé; après être restée fermée deux fois de suite, elle a été ouverte en 1900.
L'**iNTÉRiEUR a un aspect imposant qui ne fait qu'augmenter, plus on se rend compte exactement des dimensions colossales de l'ensemble et de chaque partie, ainsi que de l'harmonie des proportions. Et ce qu'il y a de mieux est l'oeuvre de Bramante: la largeur de la nef et du transept, les quatre gros piliers de la coupole, les arcades sous cette coupole et sa dimension. La voûte en berceau et à caissons doit aussi lui être attribuée. Le revêtement des parois et le pavement de marbre polychrome sont de Giac. délia Porta et du Bernin.
Dans la grande nef, on remarque à la porte du milieu, sur le sol, une dalle de porphyre circulaire, qui se trouvait devant le maître -autel de l'anc. église et sur laquelle les empereurs étaient autrefois couronnés. Aux deux premiers piliers de la grande nef, deux bénitiers supportés par des enfants do dimensions colossales, ojuvre de Vécule du Bernin. à laquelle on doit aussi les nombreuses statues de saints qui ornent les niches des piliers. St-Pierre n'a pas beaucoup de tableaux. Ils ont été remj)lacés par des mosaïques (v. p. 2-17). — Devant le 4o pilier à dr. , sur un siège de marbre blanc, la statue en bronze de St Pierre, qui est probablement du v« s., mais que quelques-uns tiennent aujourd'hui pour une création du XIII» s. Le pied dr. est presque usé à force d'avoir été baisé par les fidèles. Au-dessus, le portrait de Pie IX, en mosaïque.
La coupoLB, qui recouvre de sa voûte le maître -autel et la crypte, où est le tombeau du prince des apôtres, gagne toute son importance des
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flot» de lumière qui lui viennent d'en haut. Les quatre piliers qui la supportent ont chacun 71 m. de tour; les niches et les loptes qui les décorent sont du Beruin; dans les niches se trouvent des statues colossales: St Lon^in et Ste Hélène, Sto Véronique et St André. C'est du haut de la loge de Ste Véronique qu'on montre les reliqucR, les jours de grande fête. Au-dosBus des loges, quatre mosaïques, les Kvangélistes. Sur la frise on lit, en lettres bleues de 2 m. de haut, sur fond d'or, l'iuscriptiou suivante: Tu es Petriia et miper hanc petram eediflcaho ecclesiam vieam, et tibi daho claves regni cxlorum. La voûte de la coupole a seize nervures en stuc doré et quatre rangées de mosaïques; dans le bas, le Sauveur, la Vierge et les Apôtres; dans le haut de la lanterne, Dieu le Père. Au-dessus du maîtreautel (altare papale), où le pape seul dit la messe et qui a été consacré en 1594, se trouve dcp. 1633 le baldaquin exécuté d'après les dessins du Bernin et supporté par quatre colonnes torses ricliement dorées; la partie supérieure de ee baldaquin, tant soit peu fantastique, est surmontée d'un globe terrestre couronné de la croix. Devant l'autel s'ouvre la confessiov, entourée d'une balustrade et de 89 lampes toujours allumées; un double escalier de marbre conduit au fond du caveau (s'adresser au sacristain; cnv. 30 c.). Des portes eu bronze doré, provenant do l'ancienne église, ferment la niche. Entre les deux rampes de l'escalier, une statue de Pie VI en prière, par Oanova (1822). — Au delà de la coupole, la nef centrale se continue jusqu'à l'abside, oiV la chaire de St-Pierre, siège en bronzo l>ar le Beniin, renferme l'ancien siège épiscopal de St Pierre. A dr. (7 sur notre plan), le tombeau d'Urbain VIII (m. 1644), par le Bernin; à g. (pi. 8), le tombeau do Paul III (m. 1549), par Guglielmo délia Porta.
Après avoir vu la nef principale et l'ensemhle de l'édifice, on revient à l'entrée pour examiner les bas côtés et les transepts.
Bas côté de db. — Dans la 1™ ehap. (pi. 10; jour convenable, seulement dans l'après-midi), la célèbre *Pietà de Michel-Ange, exécutée en 1499. La Vierge assise soutient du bras droit, sur ses genoux, le corps de J.-C. La douleur n'a pas détruit la beauté virginale de la mère du Sauveur. La perfection des formes de ce chef-d'œuvre y donne encore plus de vérité au sentiment. En outre , dans la même chap., un vieux sarcophage chrétien, où reposait le préfet de la ville Petrouius Probus (m. 395). — Les monuments des papes en grand nombre sont en partie somptueux ; nous n'en mentionnons que les plus remarquables. Dans la 3» chap. (pi. 10), le riche monument en bronze de Sixte IV (m. 1484), par Ant. PoÙaiuolo (1493), où fut aussi enseveli Jules II, de la famille de la Rovère comme Sixte IV. Sous l'arcade suivante à dr. , le tombeau de Grégoire XIII (m. 1585). Plus loin à dr. (pi. 21), la chapelle GrkfiOKiESSE, construite sous Grégoire XIII, d'après les plans posthumes de Michel -Ange. On y remarque: à dr. , le tombeau de Grégoire XVI (m. 1846); au-dessus de l'autel, la Madone del Soccorso, de l'anc. église St- Pierre (vers 1118); au-dessous, le tombeau de St Grégoire de Nazianze (m. 390). Sous l'arcade suivante à dr., le tombeau de Benoit XIV (m. 1758).
Le BRAS DK. DD TRASSEPT a scrvi aux séances du concile de 1870, qui proclama l'infaillibilité du pape en matière de foi et de doctrine en vertu de son autorité apostolique. — Partie 0. du bas côté de dr. Sous les arcades, à dr., les monuments de Clément XIII (m. 1769; pi. 29), par Cii7wva et de Clément X (m. 1676; pi. 33). — Puis on passe devant l'abside principale pour se rendre dans
la PARTIE 0. DU B,vs COTÉ DE 6. A dr., le tombeau d'Alexandre VIII (m. 1691); plus loin, à dr., l'autel de St Léon I", avec un bas-relief en marbre par l'Algarde, St Léon allant au-devant d'Attila, de 1650 env. — En face (pi. 37), la chapelle de la Colonne, avec une Vierge miraculeuse provenant d'un pilier de l'anc. église. Sous l'autel, un vieux sarcophage chrétien, avec les restes des saints Léon II (m. 683), Léon III (m. 816) et Léon IV (m. 855). On se dirige ensuite du côté du transept, pour voir, an-dessns d'une petite porte de sortie, à dr., le monument d'Alexandre VII (m. 1667; pi. 39), par le Bernin.
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Le BRAS o. DD TRAN8KPT a des confessionnaux pour dix langues diverses. Au pilier de Ste Véronique, à g., au-dessous de la statue de Ste Julienne, le trône d'où le grand-pénitencier donne l'absoute les jours de grande fête. Devant l'autel du milieu, le tombeau fort simple du compositeur Palestrina (1.526-1594), chef de l'ancienne école de Rome. — Sous l'arcade suivante, à dr. (pi. 44), un portail en marbre gris, surmonté du tombeau de Pie VIII (m. J830), forme l'entrée de la sacristie, ouverte de 9 h. à 11 h. du matin et renfermant des tableaux de Giotto, quelques fragments de fresques de 3Ielozzo da Forl'i, ainsi que le trésor.
Un peu plus loin, on a une bonne vue d'ensemble de la coupole, de l'abside et des transepts.
Ensuite, à dr. dans le bas côté de g., la chapelle Clémentine (pi. 45), due à Clément VIII (1592-1605); elle contient le tombeau de St Grégoire le Grand (590-604), sous l'autel de dr.; en face, le tombeau de Pie VII (m. 1823), par Thorwaldsen. — Plus loin dans le bas côté de g. , sous l'arcade à dr., le tombeau de Léon XI (m. 1605), par l'Algarde, avec un bas-relief, la Conversion de Henri IV de France; à g., le tombeau d'Innocent XI (m. 1689), par Carlo Maratta, avec un bas-relief, la Délivrance de Vienne par Jean Sobieski. — La grande chapelle du chœur (pi. 52) est richement décorée de stucs et de dorures, par Giac. délia Porta. Le dimanche, il y a souvent un service accompagné d'excellente musique. — C'est sous l'arcade à dr., au-dessus de la porte, qu'on place le cercueil de chaque pape à sa mort, jusqu'à ce que son monument soit achevé. A g., le *tombeau d'Innocent VIII (m. 1492; pi. 53), par Anfxinio et Piero Pollaiuolo. — Puis à dr. (pi. 55), la porte conduisant au dôme (v. ci-dessous); à g., le monument des derniers Stuarts, par Canuva (1819), avec les médaillons de Jacques III et de ses fils Charles-Edouard et Henri, duc d'York et cardinal de Frascati. Dans la dernière chapelle (pi. 57), à dr., les f( nts, couvercle de sarcophage en porphyre.
L'*ascension du dôme de St-Pierre (v. p. 232) ne peut se faire, sauf le sam., qu'avec l'autorisation de la «Èev. Fabbrica di S. Pietro», via délia Sagrestia, 8, au l»' étage. Frapper à la porte dans le bas côté g. de l'église (v. ci-dessus). Une sorte de rampe en spirale conduit jusqu'au toit, où il y a de petites constructions en partie habitées par des ouvriers et des gardiens. Le dôme s'élève encore à 94 m. au-dessus du toit; il a 192 m. de circonférence. On y voit d'énormes cercles de fer qui servent depuis le xviiie s. à arrêter des crevasses qui s'y étaient ouvertes. Des galeries dans le tambour, on a une vue s^irprenante de l'intérieur de l'église. Des escaliers commodes montent entre la double calotte du dôme jusqu'à la lanterne (123 m. 50 au-dessus du pavement de l'église), où à la vue étendue s'ajoute celle de l'ensemble de l'église. C'est inutile de monter plus haut, il n'y a rien à voir.