‹ L'Italie des alpes à NaplesChapitre 96 sur 127 · Vatican · texte numérisé non relu

Vatican

C'est seulement au retour des papes d'Avignon (p. 238) que le Vatican devint la résidence papale permanente, à la place du palais de Latran incendié (p. 304). Nicolcis V (14-17-1455), «l'humaniste sur le trône pontifical», qui avait la passion des livres et des constructions, résolut de faire du Vatican le plus grand palais du monde et d'y établir toutes les autorités et les demeures des cardinaux. A sa mort, il laissa un palais presque achevé, avec les appartements Borgia (p. 322) et les chambres (stanze; p. 317) peintes plus tard par Raphaël. Sixte /F construisit de 1473 à 1481 la chapelle Sixtine (p. 314) ; Innocent VIII bâtit de 1486 à 1492 l'anc. pavillon du Belvédère (p. 329), que Bramante relia au palais, sous Jules II (1503-

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1513), par une grande cour. Bramante fut aussi l'architecte des loges (p. 321) de la cour St-Damase. Paul III construisit en 1540 la chapelle Pauline (p. 317). C'est à Sixle-Quhil (1.585-1590) qu'on doit la bibliothèque actuelle , qui divisait la grande cour de Bramante en deux parties, la cour du Belvédère et le jardin de la Pigna, ainsi que les appartements actuels du pape, qui furent terminés par Clément VIII (15112-1605;. Urbain VIII (,1623-1644) commença l'escalier Royal (p. 313), sur les plans duBernin; Pie F/(1775-1800) bâtit la salle à Croix grecque, la salle Ronde et la salle des Muses (p. 325, 327, 328). Pie VII (1800-1823) éleva pour les sculptures le Braccio Nuovo (p. 331). Pie /X (1846-1878) ferma le quatrième côté de la cour St-Damase en couvrant et en changeant le grand escalier (Scala Pia) qui y conduit. Le nombre des cours du Vatican est de 20, celui de ses salles, chapelles et chambres de 1000 env. Une petite partie seulement en est réservée au pape, le reste se compose de salles d'apparat ou renferme les collections. En vertu de la loi de garantie du 13 mai 1871 , ce palais jouit, avec celui de Latran et le palais d'été de Castel Gandolfo, du privilège de l'texterritorialité».

A. Chapelle Sixtine. Chambres et loges de Raphaël. Appartements Borgia. Tapisseries de Raphaël. Pinacothèque.

Jours et heures de visite, v. p. 233. Entrée, v. ci-dessous. Vestiaire obligatoire. — Voir le plan p. 322, C'est le matin qu'on a la meilleure lumière, surtout dans la chapelle Sixtine.

L'entrée principale du palais est le Porlone di Bronzo, à l'extrémité des colonnades de dr. de la place St-Pierre, où il y a un poste des gardes suisses ; toutefois, seules les personnes qui vont travailler à la bibliothèque (v. p. 332) peuvent entrer par là (pour aller à la chap. Sixtine, à la galerie de peinture et aux musées, v. ci-dessous et p. 323 et 325).

A l'intérieur, le corridor du Bcrnin mène tout droit à l'escalier RofjaJ, (Scala Regia), chef-d'œuvre des plus vantés de l'ai-chitecture baroque, construit par le Bernin, en 1661. L'artiste, gêné par le rétrécissement do l'espace disponible , a réussi à créer un effet de perspective vraiment grandiose, soit par le moyen d'une décoration sagement combinée, soit en réduisant progressivement la distance qui sépare les colonnes l'une de l'autre. Au premier palier, dans l'axe du portique de St-Pierre, à dr., une statue équestre de Constantin le Grand (v. p. 310). — L'escalier à dr., au commencement du corridor du Bernin, la Scala Pia, conduit à la cour St-Damase, au fond de laquelle, à g., une inscription, « Adito alla Biblioteca ed al Museo», indique par où l'on va aux salles de travail de la bibliothèque.

Pour visiter la chapelle Sixtine, les chambres et les loges de Raphaël, on ne passe plus, dep. 1909, par le Portoue di Bronzo et l'escalier Royal (v. ci-dessns), mais on contourne l'église St-Pierre, comme il est dit p. 325, et va jusqu'à l'entrée de la collection d'Antiques, où l'on prend le billet pour la visite des musées (1 fr. ; on reçoit en même temps un permis gratuit pour la chap. Sixtine, les loges et

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les chambres de Raphaël). Puis, par l'escalier passant devant l'entrée de la salle à Croix grecque, on monte au 2" étage, où l'on traverse, droit devant soi, les galeries des Candélabres (p. 326), des Tapisseries (p. 323), de Géographie et une salle contenant des tableaux modernes sans importance («Pitture moderne»; v. le pi., p. 322), pour arriver à un vestibule à coupole. De là, un escalier descend au l*^"" étage, où l'on entre à g., par le mur du fond, dans la chapelle Sixtine; par la porte de g. du vestibule, on irait à une seconde salle des «Pitture moderne» et aux chambres de Raphaël (p. 317).

La **chapelle Sixtine (Cappella Sistina), chapelle privée des papes, a été construite sous Sixte IV, de 1473 à 1481. Des balustrades en marbre d'un beau style séparent le sanctuaire de la nef. Le bas des murs était autrefois couvert, aux grandes solennités, des tapisseries de Raphaël (p. 323). Cette chapelle est surtout célèbre par ses fresques.

Les FRESQUES du haut, sur les grands côtés, ont été exécutées de 1481 à 1483 par les principaux maîtres florentins et ombriens de l'époque. Elles sont riches en iîgures de personnages contemporains et représentent, l'un vis-à-vis de l'autre, des sujets parallèles de l'histoire de J. - C. (à di-.) et de celle de Moïse (à g.). — Côté GAUCHE (S.). 1, près de l'autel, lePérxgin et le Pinturicchio, Moïse voyageant en Egypte avec sa femme Séphora ; Circoncision de leur fils par Séphora. — 2, Sandro Bottlcelli, Moïse tuant l'Egyptien, chassant les bergers de la fontaine et adorant Dieu dans le buisson ardent. — 3, Pier di Cosinio et élève de Cosimo Rossdli, Pharaon englouti par la mer Rouge. — 4, Cos. Rosselli, Moïse recevant les tables de la Loi au mont Sinaï; Adoration du veau d'or. — 5, ^S*. Botticelli, Punition de Coré, de Dathan et d'Abiron. — 6, Luca SignorelU et Bart. délia Gatta, Moïse législateur; Josué recevant la verge; Deuil à la mort de Moïse. — Côté droit (N.). 1, le Pérugiii et le P'mturiccJdo, Baptême de J.-C. — 2, S. Botticelli, Purification du lépreux et Tentation de J.-C. — 3, le Ghirlandaio, Vocation des apôtres St Pierre et St André. — 4, C. Rosselli, le Sermon sur la montagne; la Guérison du lépreux. — 5, lePéntyi», Jésus donnant les clefs à St Pierre. — 6, C. Rosselli, la Cène. — A l'anc. entrée (E.), des œuvres de moindre valeur.

Le **PLAFOND, que les visiteurs peuvent examiner plus commodément avec les miroirs que leur offre le gardien (pourb.), a été commencé, sur ordre de Jules II, par Michel-Auge le 10 mai 1508 et achevé le 31 oct. 1.512. Ce plafond est-il la plus grande et la plus hardie des créations de l'art moderne, ou bien sont-ce les chambres de Raphaël? C'est là un point sur lequel on soutient depuis longtemps le pour et le contre. Le plafond a l'avantage d'être une œuvre dans laquelle il y a de l'unité, de former un tout. Dans le principe, la décoration ne devait comprendre que les douze apôtres. Michel- Ange, sentant que c'était trop peu, décida le pape à la compléter et

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choisit pour motifs, en counexion avec les fresques, la Création du monde, le Péché originel et l'Kspoir du salut. Alors, pour réunir ses différentes compositions, l'artiste imagina un ensemble architectonique de colonues, de piliers, de corniches, qui s'élève des murs vers la voûte en formant neuf champs, petits et grands. Des figures aux couleurs naturelles ou couleur de bronze, donnent au fond de la légèreté et forment un cadre idéal qui fait admirahlement ressortir les grandes compositions du milieu. C'est ici qu'on comprend bien et le génie du grand peintre architecte et la puissance de l'art du groupement dans la peinture en général.

Voici l'explication des peintuhes du milieu, en partie d'après Ascanio Condivi, élève de Michel-Ange, qui écrivit la vie de son maître en 15ô3, sous les yeux de ce dernier: — «Dans le 1" champ du plafond, l'un des petits à partir de l'autel, se voit, planant dans les airs, Dieu le Tout-Puissant, qui d'un mouvement des bras sépare la lumière des ténèbres. — Dans le 2* champ, il crée les deux grands astres destinés à éclairer le monde, et il touche le soleil de la main droite et la lune de la gauche. Dans le même champ. Dieu s'occupe de créer sur la terre les plantes et les arbres. Il est peint avec tant d'art que, de quelque côté que vous vous tourniez, il semble vous suivre, en montrant tout le dos jusqu'à la plante des pieds: ceci nous montre ce que peut la science du raccourci. — Dans le 3' champ apparaît dans les airs Dieu le Seigneur, avec des anges: il considère les eaux, leur commandant de produire toutes les espèces d'animaux aquatiques. — Dans le 4' champ, la composition la plus géniale et la plus grandiose de tonte la voûte, c'est la création de l'homme, où l'on voit Dieu, le bras droit et la main étendus, faisant affluer la vie dans les membres d'Adam en le touchant de l'index, tandis que de l'autre bras il rassemble ses anges. — Dans le 5* champ, Dieu tire la femme de la côte d'Adam ; venant à lui les mains jointes et étendues en avant, elle s'incline gracieusement comme pour le remercier, et il semble la bénir. — Dans le 6' champ, le démon, ayant la forme d'une femme dans la moitié supérieure du corps et celle d'un serpent pour le reste, s'enlace autour d'un arbre et semble s'entretenir avec l'homme, l'induisant à agir contre sou créateur et tendant à la femme le fruit défendu; et dans l'autre partie du champ, on les voit tous deux, chassés par l'ange, fuir effrayés et tristes la présence de Dieu. — Dans le 7' champ est représenté le sacrifice d'action de grâces de Xoé. — Dans le 8' champ, le déluge, où l'on peut voir de loin l'arche de Noé au milieu des eaux, et des hommes qui s'y accrochent pour se sauver. Plus près est un navire plein de monde ; sa charge excessive, les chocs violents des ondes lui font perdre sa voile, et, privé de tout secours humain, il est envahi par les eaux et sur le point de couler à fond. Plus près du spectateur apparaît encore au-dessus de l'eau la cime

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d'une montagne, où se sont réfugiés une multitude d'hommes et de femmes qui trahissent divers sentiments, mais tous misérables et effrayés, accroupis sous une tente placée sur un arbre pour s'abriter contre la pluie extraordinaire qui tombe sans relâche; et au-dessus est représentée magistralement la colère de Dieu, qui se tourne contre eux avec l'eau, le tonnerre et la foudre. Il y a encore un autre sommet de montagne assez rapproché à dr., et une multitude de gens dans la même détresse.» — Dans le 9' champ: l'Ivresse de Noé. — C'est ici, à l'entrée de la chapelle, qu'il faut se placer pour juger de l'ensemble des figures, dont les proportions augmentent plus on se rapproche de l'autel.

Dans les pendentifs de la voûte, les Prophètes et les Sibylles, entourés d'anges et de génies et personnifiant l'espoir du salut chez l'homme. A g. de l'autel: 1, Jérémie absorbé dans une douloureuse méditation ; 2, la Sibylle de Perse, lisant ; 3, Ezéchiel, avec une feuille à moitié déroulée; 4, la Sibylle Erythrée, assise à côté d'un livre ouvert ; 5, Joël, lisant un rouleau ; 6, au-dessus de la porte, Zacharie, feuilletant un livre; 7, la Sibylle de Delphes, avec un rouleau déployé; 8, Jsaïe, le bras appuyé sur un livre, se livrant à l'inspiration divine; 9, la Sibylle de Cumes, ouvrant un livre; 10, Daniel, écrivant; 11, la Sibylle lAbyque, saisissant un livre; 12, au-dessus du Jugement dernier, Jouas venant d'échapper du ventre du poisson. «Tous, dit Condivi, sont vraiment admirables, tant par l'attitude que par les ornements et la variété des draperies. Mais le plus admirable de tous est le prophète Jonas, placé au commencement de la voûte ; car le torse, qui est raccourci en dedans, se trouve à l'endroit le plus rapproché de l'œil , et les jambes, qui s'avancent, sont à l'endroit le plus éloigné: chose étonnante et qui montre l'habileté de cet homme dans l'art de pratiquer le raccourci et la perspective.»

C'est du milieu de la chapelle qu'on a le meilleur coup d'œil d'ensemble.

Dans les ogives et les lunettes, les ancêtres du Sauveur, représentés dans l'attente. Dans les arcades des angles: à dr. de l'autel, les Juifs au désert avec le serpent d'airain; à g., Assuérus, Esther et Aman. A l'entrée, à dr., David et Goliath ; à g., Judith.

Ce ne fut que près de trente ans plus tard, de 1534 à 1541, que Michel-Ange peignit sur le mur de l'autel le *Jugement dernier, composition d'env. 20 m. de haut et 10 de large, noircie par l'encens. A g. du Sauveur, qui s'avance comme juge du monde, les bienheureux montant au ciel, retenus par des démons et soutenus par des anges; à dr., les pécheurs s'etforçant en vain d'atteindre le même but; en haut, deux groupes d'anges avec la croix, la colonne de la flagellation et les autres instruments de la Passion; au milieu, le Christ et la Vierge entourés d'apôtres et de saints; au-dessous des ressuscites, l'enfer d'après Dante, avec Caron dans sa barque et le juge Mines, sous les traits d'un maître des cérémonies du pape, qui avait critiqué

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cette composition à cause de ses nuditt'fs. Paul IV, qui voulait la faire ett'acer pour le même motif, lit habiller plusieurs figures par Dauiele da VcUerra, qu'on surnomma alors le Culottier. Clément XII fit continuer ces vêtements au xviii'' s., ce qui n'a pas précisément rehaussé la valeur du chef-d'œuvre.

La salle Royale (Sala Het/ia), à laquelle on accède maintenant par l'ancienne entrée de la chapelle Sixtine, à l'E., a été commencée .sous Paul III i>ar Aiit. du Saïu/allo le Jeune et achevée en lô73. Les magnifiques stucs sont de Periii del Vaç/a et de Dan. da Volteita. Les fresques peintes par Vanari et d'autres artistes de la même époque, représentent la puissance victorieuse de l'Eglise: scènes des luttes du pouvoir papal contre les empereurs Henri IV et Frédéric Barberousse, des guerres contre les Turcs et du massacre de la St-Barthélemy.

Il faut une permission spéciale du «Prefetto dei Palazzi pontifici» pour visiter deux salles attenantes à la salie Royale: la salle Ducale {Sala Ducale), b"itie par le Bernin et qui a des plafonds et des paysages par Bril: puis la chapelle Pauline (Cappella Paolimi). construite en 1540 par Ant. da Sanf/allo le J. et qui renfeime deux fresques de Michel- Ange, peintes par ce maître de 1542 à 1.^50: à g., la C'ouversiou de St Paul; .H dr., le Crucifiment de .St Pierre. Cette chapelle sert le premier dimauche de l'Avent k l'exposition du St-Sacrement pour les prières des 40 heures (■'Quarantore»),et elle est alors, ainsi que le jeudi saint, brillamment éclairée.

On remonte an vestibule à coupole (p. 314), passe par la porte de dr. dans la seconde salle des «Pittnre moderne», qui mène à la salle de VImmacolaia, décorée de fresques représentant la déclaration du dogme de l'Immaculée Conception, le 8 déc. 1854; au milieu, un magnifique meuble donné en 1878 par le clergé français et contenant le texte du dogme. — Après avoir rapidement traversé ces salles, on entre tout droit dans la première des célèbres

**chambres de Raphaël (Sfatize), qui firent partie de l'appartement habité par Jules II (p. 322) à partir de 1507 et furent aussi utilisées par ses successeurs jusque vers la fin du xvi^ s. Dans le principe, Jules II n'avait en vue qu'une décoration a.ssez simple, dont il chargea des peintres d'Ombrie et de Sienne, comme le Pérugin, le Sodoma, etc. L'année 1508 amena parmi eux Raphaël alors âgé de 25 ans; celui-ci surpassa tellement ses collègues dans les premières fresques que, dès lors, les autres lui furent pour cette rai.son confiées exclusivement et que le pape fit même enlever celles que les autres arti.stes avaient déjà exécutées. Raphaël commença par la chambre de la Signature; puis vinrent la chambre d'Héliodore et la chambre de l'Incendie, pour laquelle il avait déjà eu recours à ses élèves. Les fresques de la dernière salle ne furent achevées qu'après sa mort (1520).

I. Chambre de l'Incendie. — Les peintures du plafond, figurant une Glorification de la Trinité et datant de 1508, sont encore du Pérugin; celles des murs, exécutées en 1517 d'après les dessins

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de Raphaël, représentent des scènes de l'époque de Léon III et de Léon IV.

1. Au-dessus de la fenêtre, le .Serment de Léon III devant Charlemagne (le personnage à chaîne d'or, que l'on voit par derrière), pour se justifier des accusations portées contre lui, peint par Perin del Vaga.

2. A dr., à la sortie, la Victoire de Léon IV sor les Sarrasins à Ostie, peinte par Jules Romain. Le pape est représenté sous les traits de Léou X, entouré des cardinaux Jules de Médicis (Clément VII), Bibbiena, etc. — Sur le socle: Ferdinand le Catholique et l'empereur Lothaire.

*3. L'Incendie du Bourg, qui a donné son nom à cette chambre, a probablement été exécuté en entier par Franc. Penni; c'est la page la plus populaire de toute la série. Raphaël s'est fort bien acquitté de la tâche difficile de représenter un miracle. L'événement est, d'après la légende, un incendie qui a éclaté au Borgo (p. 307) et que le pape Léon IV éteint par un signe de croix fait de la loge de St- Pierre. L'artiste en a placé la scène à l'arrière-plan. Le premier plan nous montre les effets de la frayeur que cause un incendie, des gens qui s'efforcent de sauver ce qu'ils possèdent, l'effroi des femmes, le dévoûment d'un fils qui emporte son vieux père sur ses épaules et tient son propre fils par la main (Enée, Anchise et Ascauius d'après Virgile), etc. On y voit aussi la façade de l'ancienne église St- Pierre, qui ne fut démolie qu'après l'époque de l'artiste. — Au-dessous: Godefroi de Bouillon et Astolphe.

4. Charlemagne couronné empereur à l'ancienne église St- Pierre. Léon III, a les traits de Léon X; l'empereur, ceux de François I*^"" de France. Au-dessous, Charlemagne.

IL *Chainbre de la Signature, ainsi nommée parce que c'est la pièce où se signèrent à une époque postérieure les brefs de grâce (segnatura di grazia) , dans une séance tenue sous la présidence du pape. Les fresques de cette chambre ont été peintes par Raphaël de 1508 à 1511. — Peintures de la voûte. — 1, la Théologie (divinarum rerum notifia), sur des nuages, un livre à la main gauche, montrant de la droite à la Dispute , qui se trouve au-dessous, les apparitions célestes. A côté, à g., le Péché originel. — 2, la Poésie (numine aflîatur), couronnée de lauriers, sur un siège de marbre, avec un livre et une lyre. A côté, le Supplice de Marsyas. — 3, la Philosophie (causarum cognitio) , avec im diadème , deux livres (la Morale et l'Histoire naturelle) et une robe faisant allusion aux quatre éléments. A côté, l'Astronomie. — 4, la Justice (jus suum unicuique tribuit) , avec la couronne , le glaive et les balances. A côté, le Jugement de Salomon.

Peintures murales. — 1, Au-dessous de la Théologie, la Dispute du St-Sacrement. Le sujet est plutôt la Glorification de la foi. Les fidèles réunis autour de l'autel, tout pénétrés de sentiments

Vatic. (ch. de Raphaël). ROIIE. ^^-T- ^- 27. 319

religieux, voient le ciel ouvert, où J.-C. trône entre la Vierge et St Jean-Baptiste. Au-dessus Je lui plane Dieu le Père (à mi-coi-ps), et au-dessous se voit le symbole du St-Esprit, de chaque côté duquel sont deux anges tenant les livres des Evangiles. Des anges qui dansent occupent l'arrière-plan et d'autres portent les nuages, où sont assis, au-dessous du groupe du milieu, des héros de l'/Vjicien et du Nouveau Testament. A g. du spectateur, St Pierre, Adam, St Jean l'Evangéliste, David, St Laurent et un personnage à demi caché, peut-être Jérémie. A dr. , St Paul, Abraham, St Jacques, Moïse, St Etienne et un héros de l'Ancien Testament portant des armes. — Dans la partie inférieure, les quatre Pères de l'Eglise assis près de l'autel: à g., St Grégoire et St Jérôme; à dr., St Augustin et St Ambroise.

On s'efforce depuis longtemps de douuer aussi des noms historiques aux autres figures. On veut voir Pierre Lombard dans le personnage au costume imité de l'autique et nui 16ve la main droite vers le ciel à côté de St Ambroise, St Thomas d'Aquiu dans le moine derrière St Augustin, St Bonaveutnre dans le cardinal, et Sixte IV et Innocent III dans les

Sapes. Tout à fait à g., dans le foud, se voit l'Angelico; à dr., de profil, lante, couronné de lauriers, et près de lui, la tête de Savonarole, séparé du grand Florentin par un vieillard.

Sur le socle, ajouté par Perin del Vaga sous Paul III, on remarque, de g. à dr. : un Sacrifice païen, St Augustin trouvant un enfant qui veut épuiser la mer, la Sibylle de Cumes montrant la Vierge à l'empereur Auguste et une figure allégorique de la connaissance des choses divines.

2. Au-dessotis de la Poésie , à dr. de la Dispute , le Parnasse. — Il faut admirer l'habileté avec laquelle Raphaël a tiré parti d'une place défavorable. Sous des lauriers est assis Apollon jouant du violon. Autour de lui sont réunies les Muses. A g., l'attention est attirée par la magnifique figure d'Homère aveugle. Tout près de lui sont Virgile et Dante. Dans le groupe qui est sur le devant, Pétrarque et Sapho; du côté opposé, Pindare et Horace. — Audessous, en grisaille, du côté g., Alexandre le Grand fait déposer les poèmes d'Homère dans le tombeau d'Achille; à dr., Auguste empêche la destraction de l'Enéide de Virgile.

3. Au-dessous de la Philosophie, I'Ecole d'Athènes, pendant de la Dispute, non seulement par la place qu'elle occupe, mais aussi comme sujet. — De même que nous voyons de l'autre côté une réunion de fidèles, nous avons ici une réunion de savants. Des degrés conduisent à une galerie ouverte, couronnée dans le fond d'une coupole dont Bramante a probablement donné le plan. Des statues décorent les niches; à g., Apollon; à dr.. Minerve. Au deuxième plan, les hommes que la Renaissance honorait surtout pour leur intelligence et reconnaissait pour ses maîtres, Platon et Aristote, entourés d'une nombreuse suite, s'avancent jusqu'aux degrés qui descendent au premier plan, où se pressent les représentants des doctrines empiriques, de la géométrie, de l'arithmétique, de

BsBdeker. lUlie. S* édit. 21

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l'aslronomie et de la musique, séparés par ces degrés des philosophes proprement dits. Outre Platon et Aristote , on reconnaît Socrate, aveu sa tête chauve (à g. dans le haut), près de lui se voit un jeune guerrier, Alcibiade ou Xénophon, et Diogène, couché sur les degrés. Daus le groupe sur le devant à dr., Zoroastre, avec la sphère, et Ptolémée l'astronome, auquel l'artiste a mis une couronne en le confondant avec l'un ou l'autre des Ptolémées, sont aussi reconnaissables. Le beau jeune homme, dans le groupe du premier plan à g., passe pour avoir les traits du duc d'Urbin, François-Marie de la Rovère; le géomètre, à dr., tenant un compas et faisant une démonstration, est Bramante ; Raphaël lui-même s'est représenté à côté du Sodoma, dans le coin à dr. — Au-dessous de ce tableau, en camaïeu brun, de g. à dr. : la Philosophie, des Mages conversant sur la sphère céleste, le Siège de Syracuse et la Mort d'Archimède, tous par Perin del Vaga.

4. Au-dessous de la Justice et au-dessus de la fenêtre, trois Vertus cardinales: au milieu, la Sagesse, avec un double visage, regardant le passé et l'avenir; à dr. , la Tempérance; à g., la Force. Au-dessous, des deux côtés de la fenêtre, la Justice tem- FORELLE et la Justice spirituelle ; à dr., Grégoire IX, sous les traits de Jules II, remettant les Décrétales à un jurisconsulte; tout autour, des personnages historiques ; en avant à g., le cardinal de Médicis, qui fut plus tard Léon X ; au-dessous, sur le socle, par Perin del Vaga: Moïse apportant aux Juifs les tables de la Loi. A g., Tribonien remettant le Digeste à l'empereui" Justinien et audessous, Solon haranguant le peuple athénien (?).

III. La chambre d'Héliodore a été aussi presque entièrement peinte par Raphaël lui-même, de 1512 à 1514. — Au plafond, qui est fort endommagé, quatre sujets de l'Ancien Testament : Dieu apparaissant à Noé, le Songe de Jacob, Moïse devant le buisson ardent et le Sacrifice d'Abraham; tous les quatre peints par Peruzzi qui, probablement, avait été dès l'abord chargé de la décoration de cette chambre.

Les peintures murales, dont la première a donné son nom à la salle entière, sont la glorification des succès politiques et religieux remportés par Jules IL — 1. Au-dessous de Moïse devant le buisson, Héliodore chassé du temple de Jérusalem par le cavalier céleste (Machab. n, 3), allusion à la délivrance des Etats de l'Eglise des ennemis qui l'opprimaient. Héliodore est renversé à terre à dr., un de ses compagnons veut se défendre, le second pousse des cris, le troisième retient son butin. Dans le fond, le grand prêtre en prière; à g., des femmes, des enfants, et le pape Jules II sur la chaise gestatoire. Le premier des porteurs a les traits du graveur Marcantonio Raimondi.

2. Sous le Sacrifice d'Abraham, la Messe de Bolsena : un prêtre incrédule convaincu de la transsubstantiation par la vue d'une

Vutic. (ch. de Raphiid). ROME. ^I^- !<■ '-'7- 321

hostie saignante (v. p. 220), allusion ù ceux ((ui doutent de l'infaillibilité de l'Kglise. En bas, des femmes et des enfants; vis-àvis du jirêtre, le pape Jules II agenouillé, puis sa suite.

3. Au-dessous de Noé, Attila .\kkêtk aux poutes uk Rome PAU St Léon I^'', allusion aux armées de Louis XII expulsées d'Italie après la bataille de Ravenne, en lôl2. Le pape, sous les traits de Léon X (pendant le pontificat duquel cette fre.sque a été achevée), est sur une mule blanche; autour de lui, des cardinaux et une suite à cheval; au-dessus, St Pierre et St Paul resplendissants de lumière, visibles seulement pour Attila et ses Huns et répandant parmi eux la terreur et l'effroi.

4. Au-dessous du Songe de Jacob, la Délivrance de St Pierre, divisée en trois parties. Au-dessus de la fenêtre, St Pierre en prison, endormi entre les sentinelles et réveillé par un ange; à dr., sa fuite; à g., le réveil des gardiens.

Sur le socle, des cariatides et kermès, en grisaille, et des compositions en camaïeu brun symbolisent les œuvres de la paix.

IV. Salle de Constantin (v. p. 317). Les peintures de cette salle ont été exécutées en partie encore d'après les dessins de Raphaël, principalement par Jules Roinain.

Peintures murales. — 1. La Bataille de Constantin contre Maxence, près du pont iloUe (p. 341). L'empereur victorieux est suivi de drapeaux avec la croix, Maxence est englouti par la rivière et ses troupes sont battues et s'enfuient sur tous les points. — A g., St Sylvestre entre la Foi et la Religion; à dr., St Urbain entre la Justice et la Charité.

2. Baptême de Constantin par St Sylvestre (sous les traits de Clément VII) , peint par Franc. Penni. — A g., St Damase entre la Prudence et la Paix; à dr., St Léon entre l'Innocence et la Vérité.

3. Du côté des fenêtres, Donation de Rome a St Sylvestre PAR Constantin, de Raffaello dal Colle. — A g., St Sylvestre avec la Bravoure ; à dr., Grégoire VII (?) avec la Puissance (?).

4. Harangue de Constantin à ses troupes après l'apparition de la croix qui leur promet la victoire. — A g., St Pierre entre l'Eglise et l'Eternité; à dr., St Clément entre la Modération et la Mansuétude. — Le socle présente des scènes de l'histoire de Constantin, d'après des dessins de Jules Romain.

Le plafond, achevé sous Sixte-Quint, est décoré d'un Triomphe du christianisme sur le paganisme: aux pendentifs sont des paysages italiens, avec des figures allégoriques dans les lunettes.

Un gardien mène les visiteurs par la chambre mortuaire de Jules II à la *chapelle de Nicolas V (heures, v. p. 23a), qui fut décorée y&ïVAngdico fp. 178), vers 1460-1455, de fresques relatives à St Laurent et à St Etienne. Ces douze compositions (six pour chaque saint), bien que placées à proximité des admirables peintures de Raphaël et de Michel-Ange, ne perdent rien de leur grandeur toute inspirée de pure religiosité.

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**Loges de Raphaël (visite, v. p. 233). — De la salle de Constantin, on pas.se (v. le plan, p. 322) dans les loges, primitivement ouvertes mais aujourd'hui vitrées, qui entourent la cour St-Damase (p. 313) et dont l'aile de l'O. ou de droite a été décorée de 1517 à 1519, sur des dessins de Raphaël et sous sa direction, de stucs et d'ornements de couleur par Jean d'Udine et de fresques aux voûtes par Jules Romain, Fi-ancesco Penni, Perin del Vaga, etc. Chacune des treize voûtes présente quatre scènes bibliques, dans un cadre carré, connues ensemble sous le nom de '< Bible de Raphaël». Le tout a beaucoup souffert des injures du temps.

Plafonds. Les sujets de la l'o et de la 2« voûte représentent la Genèse, et ceux de la 3» le Déluge et l'Histoire de Koé. Les 4«, 5» et 6« voûtes sont consacrées aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Les fresques de la 7« voûte se rapportent à Joseph ; celles des 8« et 9« voûtes, à Moïse; celles de la 10», à Josué, de la 11«, à David, et de la 12«, à Salomon. Dans la 13« voûte : Nativité, Baptême du Christ et la Cène.

Les ORNEMENTS iJE STDC révèlent d'une façon évidente l'influence d'ouvrages antiques de ce genre, découverts précisément à cette époque. On remarquera par exemple les petits bas-reliefs aux fenêtres de la première partie, où se voient les artistes au travail.

L'ornementation des deux antres galeries de cet étage est postérieure et bien inférieure à celle des loges de Raphaël.

* Appartements Borgia (visite, v. \>. 233). — Les salles qui, lors de la construction du palais entrepris par Nicolas V (p. 312), étaient destinées à servir d'appartement au pape, se trouvent à l'étage iuférieur, sous les chambres de Raphaël; elles ne sont ouvertes au public que depuis une dizaine d'années et portent le nom d'appartements Borgia. Ce sont des salles sombres, à hautes voûtes, qui ont été décorées par le Plnturicchio (p. 211), de 1492 à 1495, sous Alexandre VI (p. xxxi). Depuis Jules II, auquel le souvenir des Borgia était odieux, ces salles étaient abandonnées; Léon XIII, les considérant comme \m très remarquable monument de l'art du xv« s., les a fait restaurer avec beaucoup d'intelligence, de 1889 à 1897, par le peintre Ludwig Seitz. — L'entrée est à l'extrémité du musée Chiaramonti, droit devant soi par la galerie lapidaire (p. 331), d'où l'on descend par quelques degrés au l"^' étage des loges de Bramante, qui donnent sur la cour St-Damase (p. 313); puis immédiatement à dr. dans les appartements.

I. Salle des Pontifes. Voûte décorée de stucs et de fresques par Jean d' Udine et Perin del Vaga. Tapisseries d'après le mythe de Céphale et Procris. Dans l'angle de g., l'armure de Jules H (?); dans l'angle de dr., celle de Charles de Bourbon (v. p. 307). Les pavements en mosaïque ont été rétablis en conformité des restes encore existants.

IL Salle des Mystères. Fresques, pour la plupart de V école du Plnturicchio: Annonciation, Nativité de J. -C, Adoration des Mages, Résurrection (à g., Alexandre VI à genoux), Ascension, Des-

^' s. D a TU a s 0 »

Vatic. (appart. Bnrgia). ROME. IH- i'- 27. 323

rente du St- Esprit et Assoniptiou. A la voûte, des médaillons représentant les prophètes.

m. Sallk i>k i.a vie des Saints. Fresques du Pinturicchio. Aux murs: dans le fond, Dispute de Ste Catherine d'Alexandrie (la sainte porte les traits de Lucrèce Borgia) devant l'empereur Maximien; du côté de l'entrée, à g., la Légende de Ste Suzanne; à dr., celle de Ste Barbe; du côté de la sortie, à g., St l'aul Ermite et St Antoine; à dr.. la Visitation; du côté de la fenêtre, le Martyre de St Sébastien. A la voûte, la Légende d'Lsis, d'Osiris et du bœuf Apis, qui est une allusion aux armes des Borgia.

lY. Salle des sept Akts i.ibékaux. Allégories du Pinturicchio et de ses élèves. La cheminée , exécutée d'après un dessin de Sansovino, provient du château St-Ajige.

V et VI. Salles du Credo et des Sibvlles, dans la tour Borgia, ajoutée par Alexandre \J au palais de Nicolas V. Les peintures des voûtes sont de l'école du Pinturicchio. Les peintures murales, sur toile , sont presque entièrement modernes.

Au nombre des trésors artistiques du Vatican, dans le domaine de la peinture, il faut encore mettre les *tapissei'ies de Raphaël, exposées avec d'autres dans la Galleria deç/li Arazzi, à la suite de la galerie des Candélabres {p. 326); jours et h. de visite, v. p. 233. Ces tapisseries, destinées d'abord à la chapelle Sixtine, ont été faites à Bruxelles de 1516 à 1519, d'après des cartons dessinés par Raphaël (actuellement à Londres). Le nom d'« arazzi» rappelle le nom d'Arras, où se faisaient primitivement ces sortes de tissus. Les sujets sont tirés des Evangiles et des Actes des Apôtres; ces dernières compositions comptent parmi les œuvres capitales de Raphaël. Le tissu en laine, soie et or, ne laisse plus reconnaître qu'avec peine l'excellence de l'exécution; les couleurs des chairs sont pa.ssée.s. Les nombreuses reproductions qui en existent encore (les plus anciennes sont à Berlin, d'autres à Lorette, Dresde et Paris), prouvent l'admiration qu'elles ont excitée partout.

La *galerie de peinture (Pinacoteca) du Vatican, transférée récemment, par ordre de Pie X, au rez-de-chaussée de l'aile S.-O. du palais, donnant sur la cour du Belvédère et augmentée d'un choix de tableaux provenant de la bibliothèque et des appartements du Vatican ainsi que de la galerie du Latran, est accessible par le vialone di Belvédère (à mi-chemin; v. le plan, p. 308). Jours et h. de visite, v. p. 233. — Chaque tableau porte l'indication du sujet et le nom du peintre.

Cette galerie, fondée par Pie VII, qui y réunit les toiles enlevées pour la plupart aux églises par les Français et rendues en 1815, ne comprend que sept salles, mais le pins grand nombre des peintures qui y sont exposées sont bonnes, quelques-unes même sont des chefs-d'œuvre de premier ordre.

324 Ut. R. 27. ROME. IV- Rive dr.:

Dn VESTIBULE, OÙ l'on prend son billet (1 fr.) et où se voit un buste en marbre de Pie X, par Seeboeck, on entre d'abord à dr. dans la

I" salle: écoles primitives. Dans l'embrasure de la fenêtre, école de Byzance. Ecoles de Sienne et de Florence: au mur du fond, à dr., Simone MaHini, le Christ; Lippo Memmi, Crncifîment; à g., tableaux de l'école de Giotto; à dr. de la sortie, Lorenzo Monaco, scènes de la vie de St Benoît, Adoration de l'Enfant.

Il» et III» salles: peintres du commencement et de l 'apogée de la Renaissance. Dans la II» saline, A, côté de l'entrée: H'Anffelico, petite Vierge entoui'ée d'anges, sur fond d'or; Benozso Gozzoli, St Thomas (avec une prédelle). Mur du fond: V Angelico , scènes de la vie de St Nicolas de Bari; Fra Filippo Lippi, Couronnement de la Vierge; Andréa dd Sarfo, Ste Famille; Marco Palmezzano de Forli (élève de Melozzo), Vierge et saints ; *Melozzo da Forlï, Sixte IV, fondateur de la bibliothèque du Vatican, avec, les cardinaux Giuliano délia Rovere (Jules II) et Pietro Riario, et (à genoux) le bibliothécaire Platina; Franc. Cossa, Miracles de St Hyacinthe, prédelle (v. p. 4.S) ; Loreiizo di Oredi, la Vierge et l'Enfant. A dr. de la sortie: le Moretto, la Vierge, St Jérôme et St Barthélémy; ^Léonard de Vinci, St Jérôme, étude de raccourci; Fra Bartolomeo, St Pierre et St Paul; Ann. C'arrache, Christ Iiénissant (d'après le Corrège). Du côté des fenêtres: Cesare da Sesto (f), Baptême de J.-C. ; le Garofal-o, la Vierge, St Joseph et Ste Catherine.

III» SALLE. Au fond: Alunno (Niccolb da Foligno), Crucifîment; Cola dell' Amatrice, Assomption ; le Pinturicchio, Couronnement de la Vierge; lo Spagna, Adoration de l'Enfant. A dr. de la sortie: le Pérugin, trois saints ; le Pinturicchio, la Vierge et l'Enfant (fresque) ; le Pérugin, Résurrection du Christ, à ce qu'on prétend peinte en partie avec l'aide de Raphaël dans sa jeunesse (le soldat endormi, <à dr., représente, dit-on, Raphaël). Du côté des fenêtres: Ahinno (Nice, da Foligno), Couronnement de la Vierge.

IV» salle: Raphaël, etc. A g. de l'entrée, *Rapha'él, la Madone de Foligno, peinte en 1512: en bas, St Jean-Baptiste, St François d'Assise et St Jérôme qui recommande à la Vierge le donateur, Sigism. Conti, secrétaire de Jules II; à l'arricre-plan, la ville de Foligno sur laquelle tombe une bombe (rappelant peut-être l'événement qui lit créer ce tableau). -- Mur du fond: *Baphaël, la Foi, l'Espérance et la Charité (1507), prédelle de la Mise au tombeau de la galerie Borghèse (v. p. 3.39); Couronnement de la Vierge, peint en 1503 pour St-François de Pérouse (.sur la prédelle : Annonciation, Adoration des Mages, Présentation au temple). *Le Pérugin, Vierge trônant au milieu des patrons de Pérouse ; Jules Romain, Couronnement de la Vierge; la moitié inférieure est de Franc. Penni. En face de l'entrée: **Raphaël, la Transfiguration de J.-C, exécutée en 1517 pour le cardinal Jules de Médicis, plus tard Clément VII. La partie supérieure est encore de la main de Raphaël; elle représente J.-C. dans les nuées, entre Moïse et Elle; St Pierre, St Jacques et St Jean étendus à terre, éblouis par l'éclat divin de leur maître; et deux diacres agenouillés. La partie inférieure, où se voient les autres disciples voulant guérir l'enfant possédé, passe pour avoir été exécutée par Jules Romain. De 1797 à 1815, ce tableau s'est trouvé au Louvre, où il a été habilement restauré. — Entre les fenêtres: Giov. Santi (?; père de Raphaël), St Jérôme.

V» SALLE, où l'on va en retournant au vestibule et en continuant tout droit: école vénitienne. A dr. de l'entrée: Ba^'t. Montagna, la Madeleine oignant le corps du Christ; *C'arlo Crivelli , la Vierge et l'Enfant; le Titien (?), prétendu portr. d'un doge, spécimen de laideur pleine de caractère; Bonifazio, Ste Famille, Ste Elisabeth et Zacharie. Mur du fond: Vittore Crivdli, Yit^rgo et saints; Carlo Crivelli, Pietà; Ant. da Murauo, retable figurant des saints (1464); Paris Bordone, St Georges et le dragon. A g. de la sortie: *le Titien, la Vierge en gloire, Ste Catherine, St Nicolas, St Pierre, St Antoine, St François et St Sébastien, tableau remarquable par la vérité du coloris et la grandeur de la conception. — Du côté de la

Valic. (gai. de peint.). ROME. ^^^ «• ^7. 325

fenêtre: O. Cfrivelli, le bienhuureuz Jucqucs dcUa Marca; Seb. del Pioinbo, St Bernard.

VI» sallk: peintres du déclin do la Ronaissaiice. A dr. do l'entrée: *le Caravaoe, Mise au tombeau, un des meilleurs tableaux du l'école réaliste. Au fond: Sasaoferrato, portrait d'un cardiual; Andriui Sacchi, Vision de St Romuald; le Baroche, l'Annonciation; le Giterchhi, Ste Marguerite do Cortono; le Guide, la Vierge, St Thomas et St Jérôme; V Espagnol et, Martyre do St Laurent; le. Guide, Crucifîmeut de St Pierre; le Guerchin, le Christ et St Tliomas l'incrédule. A g. de la sortie: le Dominimtin, Communion de St Jérôme, une des meilleures toiles du maître (lGl-4). Du côté (les fenêtres: C. ifaratta, Ste Famille; Sassoferrato, la Vierge et l'Enfant; Andréa Sacchi, Messe de St Grégoire; le Guerchin, Ste Madeleine; le liaroche, la Fuite en Egypte.

VII» salle: écoles étrangères. Côté de l'entrée: Murillo (9), Adoration des Bergers, Ecce horao ; école holUmdaise, portrait; Nie. Poussin, Martyre de St Erasme. Au fond: *Murillo, Fiançailles de Ste Catherine; Seghers, Fleurs; Lucas Cratiach le Vieux, Pietà. En face de l'entrée: Lawrence, portr. de Georges IV d'Angleterre. Du côté de la fenêtre: école allemande. Prince et princesse; Duc. Teniers, portr. d'un vieux.

B. Antiques.

Visite, V. p. 233. — V. aussi Helbig, les Musées de Rome, I, p. 1-290, et II, p. 207-372. — L'entrée, à 15 miu. de la place St-Pierre, se trouve à l'O. an palais, non loin de l'angle N.-O. En venant du Borgo, on traverse la place St-Pierre, passe à g. du perron de l'église, sous le portique, fait tout le tour de l'éditice et traverse le Cortile del Forno (v. le plan, p. 308). On prend ensuite par le vialone di Belvédère, entre les jardins (fermés) et le palais du Vatican, jusqu'à la porte sous la salle du Bige. Les voitures peuvent aller jusnue là (v. p. 227, courses spéciales). On se présente à la caisse, passe à dr., puis monte un escalier à g. La porte vitrée en face de l'escalier donne accès à la bibliothèque (p. 332).

La **coLLECTioN d'antiques DU Vatican, la première du monde, a été commencée à l'époque de la Renaissance, dans le pavillon du Belvédère (p. 312). Clément XIV (Ganganelli, 1769-1774) décida le premier de créer une grande collection, et c'est sous son pontificat et celui de son successeur. Pie VI, que fut fondé le musée Pio-Clementino. Pie Vil agrandit encore ce musée en y réunissant le musée Chiaramonti , puis le Braccio Nuovo, et Grégoire XVI y ajouta les musées égyptien et étrusque. — On entre d'abord dans

le musée Pio - Clementino (v. le plan, p. 323). — I. Salle à Croix grecque (Sala a Croce greca). Dans le pavement, trois mosaïques antiques: près de l'escalier, entre deux sphinx, une corbeille de fleurs de Roma Vecchia (p. 346) ; au milieu, un buste de Minerve; à l'entrée de la salle voisine (salle Ronde, p. 327), un Bacchus. Nous commençons ici l'énumération des principales sculptures. — 566, grand sarcophage en ])orphyre, avec bas -reliefs représentant les veudanges; c'est celui de Constance, fille de Constantin le Grand, provenant de son mausolée, qui devint plus tard l'église Ste -Constance (p. .342). *574, Vénus, d'après l'Aphrodite de Cnide. par Praxitèle (p. 236), avec draperie moderne en fer battu. 589, sarcophage de Ste Hélène, mère de Constantin, de son mansolée

326 III- ^- 27. ROME. IV. Rive dr.:

à Torre Pignattara, à 3 kil. hors la porte Majeure. Près de l'escalier : à dr., 600, statue couchée d'une divinité fluviale, complétée, dit-on, par Michel-Ange. — En face de cette statue, l'entrée du

musée égyptien (Museo egizio; visite, v. p. 233), qui comprend surtout des sculptures de l'époque postérieure. Les objets ont été, en grande partie, trouvés à Rome ou dans les environs, où ils avaient été apportés sons l'Empire, comme butin de guerre.

On monte d'abord l'escalier, qui a vingt colonnes antiques de Préneste, et l'on arrive à dr. à la salle du Bige.

II. Salle du Bige (Sala délia Biga), salle ronde à coupole. Les fenêtres donnent sur les jardins du Vatican. — Au milieu, *623, un magnifique char à deux chevaux (biga); la caisse du char, qui est richement décorée de feuillage et servit longtemps de trône épiscopal à l'église St-Marc, et une partie du cheval de droite sont seules antiques. *608, Bacchus harhu, avec le nom de Sardanapale. 610, Bacchus efféminé; 612, Romain faisant un sacrifice ; *615, Discobole, de l'école attique; 616, statue de Mercure, avec tête-portrait rapportée. *618, Discobole, d'après Myron ; l'original était en bronze; la tête est moderne et mal ajustée, elle devrait être tournée du côté du spectateur (p. 249). 621, bas-relief d'un sarcophage, la Course de Pélops et d'OEnomaiis. — En quittant la salle du Bige on a à dr., vis-à-vis de l'escalier, la

III. Galerie des Candélabres (jours et h. de visite, etc., v. p. 233), avec plafond par L. Seitz (1883-1886), représentant des événements du règne de Léon XIII et des sujets allégoriques: Apothéose de St Thomas d'Aquin (p. 362) , les Arts et les Sciences sous la domination de l'église. 1>"^ travée: à dr. et à g. de l'entrée, 2, 66, Nids d'oiseaux avec des enfants ; à dr., 19, Enfant, le corps penché en avant, visant à des noix placées devant lui ; à g., .52, Satyre endormi, en basalte. — 2^ travée: à dr., 74, Pan, qui arrache une épine du pied d'un satyre, figure de fontaine; 81, Diane d'Ephèse, de la villa d'Adrien; 83, sarcophage avec le Meurtre d'Egisthe et de Clytemnestre par Oreste; à g., *118a, Ganymède enlevé par l'aigle, reproduction d'un célèbre ehef-d'œtivre de Léocharès. — 3^ travék: à dr., entre deux margelles de puits, l'une moderne et l'autre antique, 134 b, une figure de dieu archaïsante dont le piédestal porte une inscription dédicatoire. — i^ travée: à dr., 173, sarcophage à bas-relief d'Ariane et Bacchus; 177, Vieux pêcheur; *184, déesse poliade de la ville d' Antioche, d'après Eutychide (p. 236) ; 187, candélabre, avec l'Enlèvement du trépied par Hercule (Hercule, Apollon et un prêtre); à g., 204, sarcophage à bas-relief des Niobidcs. — 5« TRAVÉE : à dr., *222, Coureuse grecque, d'apr. un bronze du v« s. av. J.-C. (p. 236). — 6" travée: à dr., 253, sarcophage à figures de Diane et d'Endymion; 253 c, statuette de Proserpine; 257, Ganymède; à g., 269, sarcophage avec l'Enlèvement des filles de Leucippe par les Dioscures; dessus, *269c, statue de Pei'se combattant, de

Vatican (antiques). ROME. ^^^- ^- 27. 327

l'ex-Toto du roi Attale à l'acropole d'Athènes (p. 380). — A la suite vient la galerie des tapisseries (p. 323).

En montant quelques degrés à côté de l'entrée de 1r galerie des Candélabres, on parvient au musée étrusque.

Le *inu8ée étrusque (Mw^eo Etrusco Gregoriano ; jours et h. de visite, etc., V. p. 233; sonner, pourb.) occupe treize salles et corridors (v. le plan, p. 323) et comprend des antit^uités do Vulci, Toscanella, Chiusi et d'autres villes. Il est du plus haut intérêt pour l'histoire des Etrusques. Salles I à IV: sarcophages, urnes et cistes cinéraires, têtes-portraits, terres cuites, fragments architectoniques. — Sallks V à VIII, les plus remarquables: collfctioii (te cases, importés de Grèce ou fabriqués en Etrurie; les premiers l'emportent par l'exécution et la peinture. La V« salle contient les vases les plus anciens, de Corintlie et d'Athènes. Dans la VI» salle, plusieurs vases décorés de remarquables compositions: au milieu, 78, Ajax et Achille jouant aux dames; :'i la sortie, 70, vase où sont représentés deux hommes tenant des vases à huile et où se lisent les devises: >iO père Jupiter, si je pouvais être riche!» et «Il est déjà plein, il déborde!». VII» salle, corridor en hémicycle. Excellents vases à figures rouges: 84. Achille; en face, 134, Hector faisant ses adienx à Priam et à Hécube; à g., dans une niche. 89, grand vase de la Grande-Grèce; dans une autre niche, 103, vase à fond blanchâtre et dessins de couleurs, Silène recevant Bacchus enfant. Dans la VIII» salle, élégantes coupes avec des scènes de la vie de famille. — IX» sai.lk: objets en bronze de tonte espèce. A dr., 313, statue de gueiTier avec une inscription ombrienne; ustensiles de ménage, armes et parures, ainsi que des objets de toilette. Devant la fenêtre: 327, ciste ovale en bronze laminé, à bas-reliefs (combats d'Amazonesi au repoussé. La vitrine sur pivot contient des bijoux en or, trouvés dans des sépultures étrusques, mais dont uue partie est d'origine phénicienne ou carthaginoise. — Corridor X: tuyaux et petits objets en bronze. — Salle XI : copies intéressantes de peintures sépulcrales étrusques; vases en terre; trois grands sarcophages. — Salle XII: bijoux en or, terres cuites. — Sallk XIII, contignë à la IX»: bronzes, vases, etc.; tombeau étrusque complet.

On retourne à la salle à Croix grecque , d'où l'on passe dans la ."«aile Konde (v. le plan, p. 323).

IV. SaUe Ronde (Sala Rotonda). Dans le pavé, une grande mosaïque représentant des néréides, des tritons, des centaures et des masques. Au milieu, un magnifique vase en porphyre. A dr. et à g. de l'entrée: 554. Julia Domna, femme de Septime-Sévère; 553, Plotine, femme de Trajan. Plus loin, à g.: 552, Junon Sospita de Lanu^ium, idole du vieux culte latin, renouvelée à l'époque des Antonins; 551, Claude; 550, Claude en Jupiter; 549, Jupiter Sérapis; 548, Xerva; 547, Dieu marin; *546, Junon Barberini; 545, huste d'Antinoiis; 544, Hercule, statue colossale en bi'onze doré, trouvée près du théâtre de Pompée (p. 270); 543, tête colossale d'Adrien, en marbre pentélique, de son mausolée (p. 307) ; 542, statue de femme complétée en Cérès: 541, Faustine, femme d'Antonin le Pieux; 540, Antinous en Bacchus, avec une draperie moderne. **539, buste de Jupiter d'Otricoli, la plus célèbre et la plus remarquable des têtes de Jupiter qui existent encore, tenu jadis à tort pour une copie du Jupiter de Phidias à Olympie ; c'est plutôt un original du iv« s. av. J.-C. 556, Pertinax; 555, Génie d'Auguste. — A l'entrée de la salle suivante : 537, 538, la Comédie et la Tragédie, deux hermès.

328 III- li- 27. ROME. IV. Rive dr.:

V. Salle des Muses (Sala délie Muse). Outre les statues qui ont donné son nom à cette salle, on y remarque une série d'hermèsportraits. — Vestibule: à g., *525, Périclès; 523, Aspasie; à dr., 531, Périandre de Corinthe; 528, Bias, l'un des sept sages, le misanthrope. — Dans la salle proprement dite, richement décorée et de forme octogone, on remarque au milieu du mur de dr., 516, Apollon Musagète, portant un long vêtement et marchant d'une vive allure; à g. de cet Apollon, 517, Terpsicliore ; à dr., 515, Calliope; 511, Erato. De l'autre côté de la salle : 499, Mélpomène; *503, Thalie; 505, Clio; *508, Polymnie. Entre les n"» 503 et 505: 504, statue de femme complétée en Uranie. En face, 520, une Nymphe complétée enEuterpe. — Entre les Muses, d'autres hermès représentant des personnages connus: à g., 509, Métrodore, élève favori d'Epicure; 507, Antisthène, le Cynique; 506, Démosthène; 502, Eschine; 498, Epicure ; à dr., 518, un stratège du iV^ s. av. J.-C, faussement nommé Thémistocle; 519, Platon, non pas Zenon. — La pièce attenante, à l'E., qui sert d'antichambre à la salle des Animaux, contient, entre autres, encore des hermès-portraits: àdr., 496, Sophocle dans sa vieillesse; à g., 492, Sophocle, avec une inscription incomplète, qui a permis de reconnaître le poète dans la statue du musée de Latran (p. 305); 490, Diogène.

VI. Salle des Animaux (Sala degli Animali). Cette salle renferme une foule d'animaux, en marbre blanc et marbre de couleur, la plupart fortement restaurés. Le pavement est en majeure partie rouvert de mosaïques antiques.

VII. Galerie des Statues (Galleria délie Statue). A dr. de l'entrée, *250, Tlianatos, le dieu de la Mort, dit le Génie du Vatican, ou VEros de Centocelle («Amore»), avec des traces d'ailes au dos. 253, Triton. 255, Paris. 260, bas-relief votif grec, dédié aux diviuités de la santé. 261, Pénélope dans la douleur, et, encastré dans la base, un bas-relief, Bacchus et Ariane. *264, Apollon Sauroctone, épiant un lézard, d'apr. la statue de bronze de Praxitèle. *2Ç>b, Amazone. 267 , Satyre ivre. *271 et 390, à l'entrée de la salle des Bustes (p. 329), deux excellentes statues en marbre pentélique : le poète comique Posidippe et un prétendu Ménandre. — Du côté des fenêtres (à partir du Ménandre) : 392, Septime-Sévère. 393, Suppliante assise sur un autel (réplique plus belle au palais Barberini, V. p. 244). 394, Neptune. 395, Apollon Citharède. 396, Adonis blessé. 398, Macrin, successeur de Caracalla. 399, Esculape et Hygie. 401, fragment du groupe des Niobides (p. 171). 405, Porteuse d'eau. 406, Satyre, d'apr. Praxitèle. — Dans l'embrasure de la fenêtre, à dr., stèle funéraire grec((ue, représentant un athlète et son esclave. — Au mur transversal, *414, Ai'iane endormie. Audessous, un sarcophage représentant une gigantomachie. Des deux côtés, *412 et 413, les candélahres Barberini, les plus grands et les

Vatican (antiqtiea) . ROME. III- R- 27. 329

plus beaux de tous les candélabres antiques que nous ayons; ils ont tous deux des bas-reliefs représentant, à g., Jupiter, Junon et Mercure ; à dr.. Mars, ^fiuerve et Vénus. 416, Ariane abandonnée, basrelief, même pos»^ que dans la statue.

VIII. Salle des Bustes (Sala dei Busti), divisée en quatre travées. Nous commençons à dr. — 1'"'' travée. En bas: 277, Néron en Apollon Citharède, couronné de laurier; 271, Aug-uste avec une couronne d'épis; *273, Auynste jeune. Kn liant, dans le coin de dr.. 292, Caracalla. — 2* travék. Kn haut. 298, Jupiter Sérapis, en ba-salte. Kn bas, 307, Saturne; 311, tête de ilénélas, du groupe de Ménéla.s avec le corps de Patrocle, réplifjue du groupe de Pasquiu (v. p. 268); on a trouvé en même temps que cette tête les jambes (384b), qui sont à la fenêtre de la 1'''^ travée, à g. — 3<' tkavée. Dans la niche du milieu, 326, Jupiter. — 4'' travék, où l'on passe de la 2*: dans une niche, 352, Femme en prière, connue sous le nom de Pietà; au-dessous, 353. sarcophage orné de figures de Prométhée et des Parques; à g., 357, Autinoiis; 363, Junon. — Près de la porte de la l"' travée, à dr., *388, un Romain et une Romaine, bas-relief funéraire. Au milieu, trois Heures, bas-relief entourant le fût d'ime colonne.

IX. Cabinet des Masques (Gabinetto délie Maschere: entrée, V. p. 233). Ce cab'.K't est ainsi nommé d'après les mosaïques de son pavement, ou sont représentés des masques dans un encadrement moderne. — A l'entrée, à dr., 425, Danseuse en marbre pentélique; 427, Vénus accroupie au bain ; 428, ba.s-relief ex-voto grec. — Du côté de l'entrée et au mur d'en face: quatre ba.s-reliefs. Travaux d'Hercule; 432, Satyre en rouge antique, réplique de celui du Capitole (p. 274); 433, Vénus .sortant du bain. — Du côté des fenêtres: 394, fauteuil de bain et 435, belle coupe, tous deux en rouge antique. — Du côté de l'entrée : 443, Apollon. — On retourne à. la salle des Animaux et l'on prend à g.

X. Cour du Belvédère {Cortile del Belvédère; v. le plan, p. 323). A la porte sont deux chiens molosses. Au milieu de la cour, un puits à margelle antique. Au-dessus des arcades, des ma.sques antiques de proportions colossales. Aux murs, des sarcophages et des statues.

!«'■ CABINET, à dr. en venant de la salle des Animaux: **74, le Laocoon, groupe célèbre représentant le prêtre d'Apollon puni, sur l'ordre de ce dieu qu'il a offensé, par deux serpents qui l'étouffent avec .ses deux fils. Ce groupe, trouvé en 1506, sous Jules II, et que Michel -Ange appelle une merveille de l'art, était placé dans l'antiquité dans le palais de Titus; il est en marbre pentélique, et, d'après Pline, l'œuvre des statuaires rhodiens Agésandre, Polydore et Athénodore, qui vécurent à la fin de la période hellénistique. Les trois bras levés en l'air ont été mal restaurés, celui de Laocoon était replié vers la tête. — En.snite, sous les arcades:

330 III- I^- 27- ROME. IV. Rive dr.:

81, Cortège d'un sacrifice romain, de l'autel de la Paix (p. 250). Dans une niche, 85, Hygie. Devant, au milieu, 44, autel dit Ara Casali, orné de bas-reliefs relatifs à la ruine de Troie et à la fondation de Rome. Plus loin, 88, Roma conduisant un empereur victorieux.

2« cabinet: **92, Apollon du Belvédère, trouvé à la fin du XV* s. Le dieu avait à la main gauche un arc qu'il tendait d'un air menaçant et à la droite probablement uu rameau de laurier. A g., 94, un bas-relief, deux Femmes conduisant im taureau au sacrifice (la moitié de g. est moderne). — Puis, sous les arcades, 97, 98, des bas-reliefs représentant des satyres et des griffons, autrefois un pied de table; 28, sarcophage avec des têtes de lion et des danses de satyres et de bacchantes.

3* cabinet: Persée et les Pugiles de Canova, placés là en 1811, quand on en eut enlevé les antiques pour les transporter à Paris.

— Puis, sous les arcades: à dr., 38, Diane et Hécate combattant les géants, bas-relief.

4* cabinet: *53, Mercure, jadis appelé Antinous du Belvédère, d'après un original grec (probablement de Praxitèle) de la fin du iv« s. av. J.-C. ; à g., 55, Cortège de prêtres d'Isis, bas-relief. — Sous les arcades, à dr., 61, un sarcophage où se voient des néréides avec les armes d'Achille et, au-dessus, 60 a, un torse de néréide.

XI. Vestibule du Belvédère (v. le plan, p. 323), divisé en trois.

— Vestibule Rond (Atrio Rotondo). Au milieu, un beau vase de pavonazzetto. Dans les niches, beaux fragments de statues drapées. Du balcon, on a une belle vue sur le Pincio et, dans le fond, les montagnes de la Sabine. — Vestibule du ÎIéléagre (Atrio del Meleagro), à g.: 10, Méléagre, dans le style recherché du temps de l'Empii'e. Le gardien ouvre un balcon d'où l'on voit, à g., le célèbre *escaUer en spirale de Bramante (p. 312; inaccessible). — On revient par le vestibule Rond. — Vestibule Carré (Atrio Quadrato). Au milieu, 3, le fameux *torse d^ Hercule, sculpté, selon l'inscription, par Apollonius d'Athènes, qui vivait probablement au i^"" s. av. J.-C. On a prétendu récemment que ce n'était pas un Hercule. — Vis-à-vis de la fenêtre, 2, sarcophage de L. Cornélius Scipion Barbatus, aïeul de Scipion l'Africain, consul l'an 298 av. J.-C. Ce monument, en péperin, avec une inscription très curieuse en vers saturniens, en l'honneur des vertus et des hauts faits du défunt, a été trouvé en 1780 dans le tombeau des Scipions sur la voie Appienne (p. 301) , en même temps que ceux de son fils L. Cornélius Scipion, consul en 259 av. J.-C, et du fils de l'Africain, P. Cornélius Scipion, flamen de Jupiter, dont les inscriptions sont exposées tout autour.

— Ensuite, on passe au musée Chiaramonti (v. le plan, p. 323).

Le musée Chiai'amonti occupe un corridor de 300 m. de long, divisé en trente travées, désignées par des chiflfres romains. Comme on entrait auparavant au musée Chiaramonti de l'autre côté,

Vatican (antiquen). ROME. ^•^■^- ^- ^7. 331

les numéros partent aussi de là. — XXX: torse colo.ssal d'une .statue de Roma. — XXIX: à g., 704, Ulysse présentant la coupe à Polypbème ; 693, tête couronnée d'Hercule, d'apr. Scopas. — XXVIII: à g., 082, statue colos-sale d'Antonin le Pieux. — XXVII: à g., en haut, 644, Fenniies ilaiiiiant, bas -relief. — XXVI: à g., 6;{6, Hercule et Télèphe. — XXV: à g., 607, tête de Neptime, en marbre pentélique. Kn haut, 593, 596, 594, bas-reliefs grecs. — XXIV: à g., 587, Ganymède. — XXII: à dr., 547, I.sis. — XXI: à g., 513a, tête de Vénus en marbre grec. — XX: à dr., 497, Un moulin; 497a, Enfants jouant avec des noix (v. p. 326, n" 19) ; à g., 495, l'Amour bandant .son arc; *494, Tibère, colossale statue assise. — XIX: 465, prétondue Pénélope en deuil, fragment de bas-relief. — XVII: à g., 422, Déuiosthène ; 420, tête de Vulcain; 423, buste de jeune garçon. — XVI: à g., 400, Tibère a.ssis. — XV: à g., 372 a, bas -relief grec, avec un fragment de cavalier ; en haut, 360, bas-relief archaïque représentant les trois Grâces vêtues, réplique d'une œuvre célèbre dans l'antiquité et que la légende attribue au philosophe Socrate.

— XJII: à dr., 338, Enfant provenant d'un groupe de joueurs aux osselets; à g., en haut, 300, fragment d'un bouclier sur lequel sont représentées quatre Amazones, reproduction du bouclier de Minerve par Phidias. — XI: à dr., 285, Apollon portant la biche sur la main, statue archaïsante; 287, Jeune pêcheur; 287a, tête gi"ecqu« (portrait). — X: à dr., 244, masque colossal de l'Océan, provenant d'une fontaine; à g., 241, Déesse allaitant un enfant. — IX: à dr., 229, deux têtes de Silène formant un hermès géminé; à g., s. n", torse d'une statue de Junon; en haut, 186, bas-relief grec représentant un cavalier. — Vili: à g., 197, tête de Minerve, les yeux modernes. — VII : à g., 145, tête d'adolescent ; 144, Bacchus barbu. — VI: à g., 122, Diane, original grec du temps do Praxitèle. — III: à dr. , 55, torse d'Hébé. — I: à dr., 13, l'Hiver; à g., 6, l'Automne.

— A dr., le Braccio Nuovo (v. ci-dessous).

La moitié S. du corridor, séparée par une grille du musée Chiaramonti, renferme la galerie lapidaire, collection de plus de 5000 inscriptions païennes et des premiers temps du christianisme. Jours et h. de visite, v. p. 233.

Le Braeeio Nuovo («bras neuf»; v. le plan, p. 323) est une salle de 70 m. de long, avec une voûte en berceau et quatorze colonnes antiques, qui renferme surtout des statues trouvées dans la première moitié du xix" s. — A dr. : *5, cariatide complétée par Thorwaldsen, réplique d'une cariatide de l'Erechthéion; 8, Commode en chasseur: 11, Silène et l'enfant Bacchus; *14, Auguste, la meilleure statue de cet empereur, portant encore des traces de polychromie. Devant, par terre, une mosaïque, Ulys.se avec des néréides et Scylla. 17, statue d'Esculape sans barbe; 23, prétendue Pttdieitia, tête et main droite modernes; 26, Titus; 27, Médu.se; *176, une FiUe de Niobé, excellente réplique grecque , du groupe mentionné

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p. 236 et 171; 31, Prêtresse d'Isis; 39 (au milieu), beau vase en basalte noir, avec des masques; 41, Apollon Citharède ; 44, Amazone blessée ; 47, cariatide ; 50, Diane apercevant Endymion endormi ; 60, Sylla (?); *62, DtmostJtène. — Au milieu de la galerie: **67, Apoxyomène, jeune homme se grattant du bras droit avec le strigile la poussière de la palestre, d'après Lysippe (les doigts de la main droite et le dé mal restaurés). — Au second mur latéral: *71, Amazone blessée au repos, réplique d'une oeuvre de Polyclète, les bras et les pieds complétés par ïhorwaldsen; 72, portr. d'un prince barbare; 81, Adrien; 86, Fortune avec la corne d'abondance et la rame; 92, Diane; *109, le Nil, statue colossale représentant le fleuve entouré de seize enfants (presque tous complétés), allusion aux seize coudées qu'atteint le niveau le plus élevé de ses inondations. Derrière et siu' les côtés, la plinthe est décorée de scènes comiques représentant un combat de Pygmées contre des crocodiles et des hippopotames. — Dans l'hémicycle qui est derrière, à dr. : 97, 99, 101, 103 et 105, Athlètes. Dans le pavé derrière le Nil, une mosaïque représentant Diane d'Ephèse. — Au mur latéral, suite: 111, Julie, tille de Titus; *112, tête d'une jeune déesse, dite la, Junon Pentini; *114, Minerve Giustiniani, en marbre de Paros; 117, Claude; 118, Barbare; 120, Satyre aa repos, d'après Praxitèle, mais inférieur » celui du musée du Capitole (p. 274) ; 123, Athlète, belle statue avec tête rapportée de Lucius Verus; *126, Doryphore (porte -lance), d'après Polyclète (p. 236); 127, Barbare; 132, Mercure, complété par Canova; la tête est antique, mais d'une autre statue.

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