‹ L'Italie des alpes à NaplesChapitre 98 sur 127 · Lungara · texte numérisé non relu

Lungara

Si du Borç/o S. Spirito (p. 308), qui .s'étend du pont St-Ange à la place ISt-l'icne, nu prend la rue latérale qui .se détache au S. et qu'on franchisse ensuite la porte du St-Esprit {Porta di S. Spirito, pi. A 3), on arrive tout droit à la Lungaka, rue longue d'env. l kil., qui relie le quartier du Vatican au Transtevère.

A dr. se détache un grand chemin qui monte en courbe à l'entrée N. de la Passegcfiata Murylterita (p. 337). Ou traverse par là dans le haut l'ancien jardin du couvent de St-Onuphre (pi. A 4), où l'on peut aussi monter directement en 5 min. par une rue escarpée, dite salita di 8. Onofrio. Dans le portique de l'église, Bâtie vers 1430, trois fresques représentant des scènes de l'hi.stoire de St Jérôme, peintes par le Dominiquin. Le couvent renferme quelques salles transformées en musée du Tasse (Museo Tassiano), en souvenir de ce poète qui y mourut en 1595; ce musée est visible en .sem., de 9 h. à 3 h. du l^' nov. au 31 mai, de 9 h. à 11 h. et de 3 h. à 6 h. du !*■■ juin au 31 oct. (entrée, 25 c; gratuite les dim. et fêtes de 9 h. à midi). Dans un corridor du premier étage, une fresque de l'école de Léon, de Vinci, la Vierge avec le donateur (maladroitement repeinte). — Sur le versant de la colline, les restes du chêne sous lequel le Ta.sse avait coutume de s'as.seoir; il a été brisé par la foudre. Belle vue.

On passe pins loin dans la Lungara à la passerelle suspendue mentionnée p. 270 et à Vànc. palai's Salviati (pi. A4; école militaire) qui est eu face; puis on atteint à dr. le palais Cor-sini (p. 334), et à g. l'entrée du jardin de la Farnésine.

La *Parnésine {Villa Farnesina ; pL B 5; visite, v. p. 233), .située dans le jardin, est une charmante construction de la Renaissance, élevée de 1509 à 1511, pour Aug. Chigi (p. 240), banquier des papes et grand ami des arts. Elle a été décorée de fresques célèbres, par Bald. Peruzzi, et surtout par Raphaël et ses élèves, ain.si que pins tard par le Sodoma. Elle appartint aux Farnè.se de 158(3 à 1731 ; puis elle passa aux rois de Naple.s, dont le dernier, François II, l'a louée en 1861, poui" 99 an.s, atix ducs de Ripalda.

On ne peut visiter que les deux galeries du rez-de-chaussée autrefois ouvertes, mais maintenant fermées par des fenêtres. La grande galerie a des plafonds décorés de **frc3ques représentant I'uistoike de Psyché et exécutées, de 1516 à 1518, par Jules Romain et Franc. Penni, d'après des dessins de Raphaël. Elles sont, depuis des siècles, un sujet d'admiration pour tous les amateurs d'art. Les guirlandes qui encadrent les différentes compositions sont de Jean d'Udine. La série commence à g. de l'entrée et se continue sur le mur qui y fait face. Raphaël s'est inspiré du conte d'Apulée, auteur latin du ii" s. de noti'e ère, très lu à l'époque de la Renaissance; il n'a représenté que les scènes dans l'Olympe. Voici un court résumé du conte: Il y avait un roi qui était père de trois

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filles. La plus jeune, Psyché, s'étant attiré la colère de Vénus par sa beauté, cette déesse commande à Cupidon, son fils, d'inspirer à la jennt tille un amour vulgaire (n" 1). Mais Cupidon devient amoureux d'elle, le montre aux trois Grâces (2, la peinture la mieux conservée). Il ne viena la visiter que la nuit et lui défend de chercher à voir ses traits; mais Psyché, poussée par ses sœurs jalouses, désobéit à cet ordre. Elle allume une lampe, et réveille son époux en laissant tomber sur lui une goutte d'huile brûlante. Cupidon s'enfuit irrité et Psyché erre çji et là, livrée an désespoir. Vénus ayant appris le mariage de son fils, l'enferme et prie Juuon et Gérés do l'aider à retrouver Psyché , mais ces déesses lui refusent leur assistance (.S). Alors elle monte siu' son char attelé de colombes (4) pour aller demander à Jupiter l'assistance de Mercure (5). Sa prière est exaucée et Mercure s'en va chercher Psyché (G). Vénus la tourmente de toutes les manières et lui impose des travaux impossibles, qu'elle parvient néanmoins à exécuter avec l'aide de ses amis. En dernier lieu, elle est obligée d'aller chercher une boîte aux enfers (7), et elle la rapporte, au grand étonnement de Vénus (8). Cupidon, échappé de sa prison, demande Psyché à Jupiter. Celui-ci la lui accorde et l'embrasse (9), fait inviter les dieux aux noces par Mercure et fait amener Psyché dans l'Olympe (10). Enfin Psyché paraît dans l'assemblée des dieux. Mercure lui présente la boisson qui la rend immortelle (plafond de droite), et les dieux célèbrent ses noces (plafond de gauche). — Il est possible, comme on l'a supposé, que l'artiste ait voulu reproduire sur les murs les scènes se passant sur terre dans le palais de Psyché.

La galerie plus petite qui s'y rattache contient une autre œuvre, un peu antérieure (1514), de Raphaël, et tout entière de la main de l'artiste: *(3-ALATÉE voguant sur la mer dans une coquille, entourée de nymphes, de tritons et d'amours. A g. se voit Polyphème, par Sebast. del Piombo. Le plafond est de Baldassarre Periizzi; il représente le ciel et des constellations. Les sujets des lunettes , dus à Sebast. del Piombo , sont empruntés aux Métamorphoses d'Ovide. La tête colossale dessinée au charbon, dans la lunette du mur de g., est attribuée à Michel-Ange.

Le 1" étage , qui contient les fresques du Sodoma , notamment les Noces d'Alexandre et de Roxane, fille de Darius, est fermé au public.

En face de la Farnésine s'élève le palais Corsini (pi. B 5), habité de 1668 à 1689 par la reine Christine de Suède, fille de Gustave-Adolphe, qui embrassa la religion catholique; il fut reconstruit dans sa forme actuelle, de 1729 à 1732, par Ferd. Fuya pour le cardinal Neri-Corsini. Il a des cours à colonnades, en delà desquelles s'offre un beau coup d'oeil sur le versant où s'étagent les parterres du jardin (p. 337). Ce palais est dep. 1884 siège de V académie des Sciences (« R. Accademia de' Lincei »). Du grand portail, on accède au l«i' étage par un double escalier, menant à l'entrée de la galerie Nationale (Corsini), qui a été formée de l'anc. collection Corsini et d'autres richesses artistiques ; elle s'agrandit continuellement par de nouveaux achats. Elle comprend non seulement des toiles de maîtres italiens, mais aussi de peintres étrangers, entre antres quelques bons tableaux hollandais et allemands. — Visite, v. p. 232.

Vestibule: sculptures de l'école de Ca)Wî;aetde celle de Thorioaldsen. — I™ salle: vues de Rome, des xvn» et xviii» s.; vase Corsini, en argent repoussé, datant de l'époque d'Auguste et portant une représentation de l'Acquittement d'Oreste par l'aréopage d'Athènes. — II« salle: paysages de Gaspard Dughet {Poussin; n»» 1297-1299, etc.), du Canaletto (n<" 303, 304, 308, 309), de W. KwLfT (u" 505), etc.; 395, Salvatw Posa, Bataille. — III» SALLE. A g. : 225, Rubens, St Sébastien ; 221 , 226 , 228 , Susterinans, portraits; 220, van Dyck, Vierge; 353, 357, D. Konlnck, nature morte; 292,

Pal Corn. Trangtevère. ROME. III- R- -7. 335

7G7, P. Moreelse, portraits; 401, P. de Hooch, Lansciueuet; *191, Murillo, Vierge. A dr.: 39t5, Judith Lei/ister, Amour et argi-ut. - IV» uallf. : tUnova, HiTiuile précipite Lichas du haut du rocher, (groupe colossal eu marbre. — V'sai.le: *12'i,V Angelico, Jugement dernier (triptyque); *10045, Piero di Cosimo, Ste Marie-Madeleine; 712, le i'V(t«cj(i, St Georges; 2371, Antoniazso Roinano, Vierge trouant. Au milieu, un siè^e antique en marbre. - VI'sallk: 592, Marcello Ve.nusli, le Christ au jardin des oliviers; 2171, liroiizino. Etienne II Colonna; *57',», Fra BiirUdomeo, Ste Famille, r>70, Andréa del Sarto, Vierge. — VII* sali.k: tJlO, BarUilomeo Veneto, portrait; t>4y, le Basuaii, Adoration des Bergers. — VIII" sali.k: 35G9, Bart. Schedone, la Mort en Arcadie; 237, VAlbane, paysage; IDO, S. Votiet, Hévodiade; 730. 188, le Gnerchin , Kcce homo. Nativité. — IX» sallb: 182, 248, 188, Pibéra, St Jérôme, Vénus et Adonis, Vieil ouvrier; 1345, Salvator Rosa, Proniéthée. — X" salle: 750, Uolbein, Henri VIII; 758, flans von Schwu:: , portr. d'homme. — XI» salle: 291, 1324, 197, Carlo Maratta , portrait, Ste Famille, Vierge; 731, P. Batoni, Nativité. — Au 2» étage se trouve le précieux cabinet des estampes.

La via délia Lungara se termine au S. par Importe Settimiana (pi. B5), pratiquée dan.s l'ancien mur d'enceinte du Tran.stevère. — Au delà de cette porte, la via Garibaldi mène à dr. à St- Pierre in Montorio (v. p. 336).

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