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dfssine b porte étrange d*un autre palais désert; des coImmms aoutieiment l*architnive ornée de Hoiis et de mêdailions bûsarres; des Amours en marbre supportent on balcon oà sont niciiés des singes et des busles de femmes.
f Voilà la maison où Lucrèce Borgia fit empoisonner i^usiefflrs gentilshommes de Ferrare, » nous dit notre guide facétieux, qoi, à chaque monument^ n'a cessé de nous débiter quelque chronique galante ou tragique de la maison d^Este, et, coimne nous arrivons dans la salle du Balcon : « C^est ici, ajoute-t-il, que Lucrèce ût apporter les bières où devaient être enfermées ses victimes.
— 11 est évident, disje à H. Protche, que l'écho du drame de Victor Hugo est arrivé à cet homme à Irarers le libretto de Topera de Donizetti. i
Aucun guide de Ferrare ne fait mention du palais où Lucrèce accomplit sa vengeance. Si la scène a eu lieu, die a dû se passer dans le Palazxo comunale, que les princes d'Esté habitaient à cette époque. — Nous visitons encore quelques églises, regardons en courant quelques admirables façades de palais, puis allons nous asseoir sur un banc de marbre de la vaste piw&xa Ariostia^ Une grande colonne antique, apportée de Vérone, se dresse au milieu de la place. Elle a servi de piédestal à plusieurs statues de Papes et à celle de Napoléon !•', successivement renversées et détruites. Aujourd'hui la stalue de TAriosle est debout sur le fût de la colonne, où elle se détache en plein azur. Cet azur implacable répand autour de nous son embrasement; M. Protclie fait apporter dfô sorbets qui laissent notre soif inapaisée. Un vendeur de pastèques étale sa marchandise sur le pavé de la place, criant à tue~tète : Fresche et buone per due bajocchil {fraîches et bonnes, pour deux baïoques). Nous achetons une énorme pastèque, dont nous mordons à belles dents la chair rose aux pépins noirs; nous en frottons nos visages et nos mains, comme font les lazzaroni dé Naples, et ressentons un bien-être rafraîchissant de cette ablution parfumée. A Tangle de la place s'élève le magnifique palais Bevilacqua, avec sa cour de la Renaissance à double rang d'arcades en briques rouges. Je me demande si c'est encore là une des propriétés de cet insolvable marquis deCarabas, beau-frère du généralLamasa?
Le soleil décline; tme brise fraîche se lève soufflant des rives du Pô; il* faut partir. Ferrare, dépeuplée, mais belle encore par ses monuments et ses souvenirs, m'enlace et me retient; y vivre me.
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semblerait ôqrxx. De plus en plus je me sens attirée par les sdirtudes qui préparent à la mort, La pourpre du couchant embrase Thorizon comme nous sortons de Ferrare. Quelques gros nuages flottent à Tentour de Torbe éclatant, et figurent une citadelle incendiée. Bientôt toute l'étendue de la plaine marécageuse s'embrase, et nos chevaux semblent courir à travers le feu. Je n'ai jamais vu de chute de jour plus splendide; le c^lme et les lueurs voilées lui succèdent instantanément; la lune se lève énorme, éclairant la route de molles clartés : e\]fis évoquent pour nous des ombres chères et sacrées; nous nous souvenons des morts regrettés qui ne voient plus la nature pour nous si belle. M. Protche me parle de son iîére, un brillant colonel d'arlillerie du premier Empire, qu'une fin prématurée lui enleva. C'est lui, fils aîné de la famille ai deuil, qui remplaça le père absent, auquel il a voué un culte. Je lui raconte d'autres douleurs. Nous mêlons des confidences de tristesses et des émotions pures qui lient à jamais les âmes à travers l'absence et dans le silence d'im oubli apparent.
Je ne passai plus que trois jours à Bologne. Je dînai une seconde fois à la villa Tattini et chez la comtesse MartinettL Je ne pus échanger qu'une visite avec l'aimable marquise Tenari (née Favi Ghisiglieri), pour qui madanae. Béatrice Mandni m'iivait adressé une lettre. La marquise me fit parcourir son beau palais renfermant les portraits de toute la lignée glorieuse de ses iincêlres. La veille de notre départ, M. Bignami vint nous chercher dans la soirée pour nous conduire à la Montagnuola, promenade publique située au nord de Bologne, sur une colline. Ces beaux ombrages sont dus à Toccupation française. A travers les arbres se groupent la ville et la campagne environnante. C'est un dimanche; la bourgeoisie de Bologne afflue dans les quinconces, où la musique des régiments joue des symphonies. Nous quittons la Montagnuola pour aller parcourir les gorges boisées des premiers versants des Apennins, qui abritent les plus riantes villas. Quelle soirée caressante et douce! quelle cordialité dans notre compagnon de cette excursion d'adieu î
Le lendemain, à l'aube, MM. Protche et Bignami étaient à notre porte pour nous accompagner au chemin de fer. Nous quittâmes Bologne avec émotion. On y avait lutté pour nous de grâce et d'hospitalité; on nous y avait fait, durant dix jours, une vie de fêles. Noue nous arrêtâmes quelques heures à Parme chez l'aimable com-
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tfsse Gamba, qui iious Ût revoir le musée et les motimnents, et le soir de ce même jour (4 août 1860) nous couchâmes à Turiu.
Au moment où nous arrivions dans la capitale, désormais provisoire, de ritalie des événements décisifs s'accomplissaient dans Je midi de la Péninsule. Garibaldi était maître de toute la Sicile, où il ne restait plus aux Bourbons que la citadelle de Messine dont les soldats voulaient se rendre au libérateur et que leur général 8*obstinait à défendre. Garibaldi adressa de Messine une proclamation aux femmes de l'Italie; il demandait aux mères leurs enfants pour délivrer toute entière la mère commune, la patrie. Le 5 août, deux mille volontaires s'embarquaient à Gènes et allaient grossir Farmée du héros; deux autres mille hommes partaient quelques jours plus tard; des souscriptions étaient ouvertes et se couvraient aussitôt pour défrayer les convois successifs de ces libres soldats; je n'ai jamais vu un élan plus beau et plus unanime : c'était comme la palpitation héroïque de tout un peuple. Le comte de Cavour hcilitait les départs d*homroes et d'armes, mal^é les ménagemmits diplomatiques qu'il était forcé de garder vis-à-vis de l'Europe. H fallut tout son génie de conciliation et d audace pour mener de front cette politique à double face nécessitée par la crise suprême d'où Tunité italienne allait sortir triomphante. Au dedans, Û était entraîné par les forces vives et l'enthousiasme de la nation; au dehors, tout lui faisait obstacle. Mais la vérité de son patriotisme (j'écris le mot à dessein) l'inclina vers le souffle qui poussait l'Italie. Les plus ardents patriotes Taccusaient pourtant d'hésitatrân, quelques-uns même de trahison. A distance, et maintenant que le fi«r ministre est dans la tombe, nous pouvons juger quelles furent la hardiesse et la décision de ce grand homme d'État. Naples frémis^ sait dans l'attente du débarquement de Garibnldi; la population ens tière appelait le héros; mais il y avait encore à Turin les ambassadeurs du roi de Naples, déjà détrôné de fait. Ce fut dans ces circonstances complexes que le roi Victor-Emmanuel et Garibaldi échangèrent les lettres qu'on va lire. Les événements accomplis depuis cette époque en font, à mon avis, deux documents caractéristiques;
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« Cher général,
f Vous savez que Iwsque vous partîtes pour la Sieile, vous n'sxreu pas eu mon approbation. Aujourd'hui je me décide à tous donnt^r un avertissement dans les graves circonstances actuelles, connaissant la sincérité de vos sentiments pour moi.
« Afin de faire cesser la guerre entre Italiens et Italiens, je vous cojiseille de renoncer à Tidée de passer avec votre valeureuse troupe sur le continent napolitain, pourvu que le roi de Naples consente à évacuer toute Tile et à laisser les Siciliens libres de délibérer et de disposer de leurs destinées.
« Je me réserverais pleine liberté d'action relativement à la Si* elle dans le cas où le roi de Nâpies ne pourrait pas accepter cette condition. Général, suivez mon conseil, et vous verrez qu'il est utile n l'Italie à laquelle vous faciliterez de pouvoir augmenter ses mérites en montrant à l'Europe que, de même qu'elle sait vaincre, de même elle sait faire un bon usage de la victoire.
« YlGT0R*EllXAIf1JEL. »
« Sire,
« Vous savez quel profond respect et quel dévouement j'ai pour Votre Majesté, et il m'est pénible de ne pouvofarvous obéir comme je le désirerais. La situation actuelle de Tltalie ne me permet pas d'hésiter : les populations m'appellent; je manquerais à mon devoir et je compromettrais la cause italienne sije n'écoutais pas leur voix.
« Permettez-moi donc de contrevenir cette fois à vos ordres- Lorsque j'aurai rempli ma tâche et délivré les populations du joug qui les opprime, je déposerai mon épée à vos pieds et vous obéirai alors pour tout le reste de ma vie.
« GARrBALDf. »
En définitive, c'est Garibaldi qui entraîna la nation; il enflamma l'âme collective du peuple, sans laquelle rien de grand ne peut s'accomplir. Le lendemain de mon arrivée à Turin, j'allai voir M. de Cavour; il me reçut comme au mois d'avril, dans ce cabinet vert dont j'ai déjà parlé, et où je le reverrai toujours, en pensant à hii, vivant, aimable, enjoué, portant avec une sorte de prestesse le poids de l'Italie en éclosion. Je lui parlai des diverses villes que j'avais habitées, et d'abord de Florence.
« Croyez-vous, me dit-il, qu'il soit vrai qu'on y regrette le grand-duc et sa petite cour?
ItS L'ITAIIR DES ITALinS.
— Quelques nobles entêtés et quelques foneiioiioaires destitués peut-être, répi(Midi»*je; auiis la beurgeoisie, les ouviien sMit nrk éêÏÊimmên.
. "- Oui, répliqtta*t-U» le tiers état se ferme rapidement en fts* lie; il en sera la force et la base, oomme il Ta été pour la France; le tiers-état est arœé par la garde nationale» bevâise dé aon importance, et aimant sérieusement la patrie; Je tiers-état se seude peu de la représentation d'une petite oour; d'aitteurs, f ai donné aux Toscans le prince de Car^;nan, qui vaut mktix que leur grande duc. L'avez*vou$ vu? sgouta-t-il; arez-f ons vu Pemne?
-» J*ai vu M. Perrone plusieurs fois; il est très-fioofifrant.
^ le travail le tue, répliqua M. de Gavour; je l'en accable.
-— Un général d'armée comme vous a le droit de ne pas •épmrpiar ses soldats.
— Il y a des temps, dil*iU où le travail de cabinet eA memrlrier comme un champ de bataille.
— Le prince de Garignan, repris-je, m*a paru très-aimé; plusieurs fois je l'ai vu acclamé par la foule à la promenade^ au sortir du théâtre ou de Téglise. Il y a peu de jours, j'ai rencontré le prince de Garignan dans Tétroit escalier de Thôtel où je logeais à Florence; il venait de faire visite au prince Massimo, de Rome.
— Les Massimo sont alliés aux Garignan par les femmes, répliqua M. de Gavour, mais le prince de Gari.^nan est trop bon d'être aMé voir ce vieux codine, \je prince Massimo est le plus réactionnaire ées princes romains; il vient de marier son Ois avec une fille de la duchesse de Berry et de Lucbesi-Palli.
— La sœur du prince Massimo, la princesse Lancilotti, que fai vue un .soir à Florence, repartis-je, partage la haine de son frère confre Tllalie libre.
— C'est une femme de beaucoup d'esprit, reprit M. de Gavour; elle a du trait, du mordant, et toute l'insolence d'une de vos vieilles marquises du faubourg Saint-Germain; elle est bourrée de préjugés qui se traduisent en boutades fort drôles contre nous. A Rome, on citait les mots de la princesse; ils faisaient événement dans cette ville endormie. Quand on la maria, elle et sa soeur, comme son mari était fort gros et fort court, et celui de sa sœur grand et roide, elle dit : « On m'a fait épouser un sarcophage et à ma soeur un obélisque. »
— La noblesse, lui dis-je, se distrait par des mots et des jeux
L'ITALIE DES ITALIENS. . 4t)5
d^espntMa; bcftjrgeoifiie et le peuple lui rendent par de l'actio»; ils oot pr^ pactoot la place de ia noblesse et ils mènenl le monde. Je lui parlai ensuite de Pérouse, où je n avais trouvé dans les rues désertes que dés mendiants et des prêtres. La garnison papale, ajoutai-je, e^ à moitié composée 4' Autrichiens et de Suisses. Ijsx première lai^e que j'ai entendue en entrant à Pérouse a été la langue allemande.
-^¥ a¥ez-?ous rei^oiAré Lamoriçière? me demanda M. de Cavowr.
— Je l'ai manqué d'un jour, il devait arriver le lendemain avec SohnUdtf qu'on vient xle nommer général, et au moment de mou départ je lui ai laissé, à l'hôtel où il descend toujours, mes vers adressés à Garibaldi, dans lesquels je prédis à Lamoncière qu'il $era vaincu par l'Italie. Ces vers sont imprimés, ajoutai-je, et, si ma propliétiese'rêalise, on ne dira pas qu'elle a été faite après coup.
— Et vous aviez signé ces vers en les lui envoyant? me demanda X. de Giavoùr.
— Ne pas sign^une attaque directe eut été une lâcheté, lui dis-je; j'en voulais à Lamoriçière ^'avoirnsenti à sa gloire militaire et à son libéralisme, auquel je crus un jour. J'avais assisté à ta séance de l'Assemblée constituante, où il stigmatisa l'expédition de Rome, et le voilà soldat du Pape !
— Mais, savez-vous, me dit en jriant M. de Gavour, qu'il aurait bien pu faire courir après vous et vous mettre en prison.
^— Bab! les généraux du Saint-Père y regarderaient à deux fois avant de mettre la main sur un Français et même sur une Fran^ çais0. »
Je lui racontai ensuite l'accueil que m'avait fait à Ravenne la comtesse Basponi, fille du roi Murât.
f Murât, reprit-il, est mort comme un martyr, comme un patriote italien, et si Garibaldi s'empare du royaume de Naples, nous lui devons un monument; il l'aura, ajouta-t-il, pourvu que çon fils ne s'imagine pas qu'il deviendra jamais roi, et n'agite pas Je midi de Tltalie par des prétentions vaines; en dehors de la dynastie de la maison de Savoie, qui représente un principe, le peuple italien ne se battra plus pour des querelles de trônes; ce qu ii veut désormais, e*est la patrie assurée, une, grande et puissante.
— La comtesse Rasponi l'a compris, répliquai-je; avant tout elle est Italienne, et ses fils sont les plus fidèles serviteurs de votre roi,
J*ai TU cbex die, poursuim^, le gouverneur de la provinoe, an de vos disciples. Nous avons camé du recrulement, qui n'aurait trouvé aucune résistance parmi le peuple sans les menées da clergé. Les mêmes prêtres qui ont refusé la communion à ceux qui votèrent Tannexion la refusent ;iujourd'hui à vos soldats, ainsi que le mariage religieux; il serait bien temps que la loi sur le noariage civil fût promulguée.
— Vile fera partie de notre nouveau code, auquel nous travaillons snns désemparer, reprit M. de Gavour, et vous serez contente des garanties accordées aux femmes par cette loi; nous avons pris à la loi française ce qu'elle avait de bon, mais nojus avons aussi emprunté quelque chose à la loi autricliienne : une sauvegarde pour in femme qui n'est pomt dans le code français, li fnut reconnaître le bien dans ses ennemis même, i Puis il entra, au sujet de celte loi, dans de curieux détails sur tout ce qui, dans les antiques et modernes législations, se rapporte aux femmes.
4 Puisque le sort des femmes vous intéresse en général, il doit vous intéresser un peu en particulier, repris-je, et je voudrais bien obtenir de vous, monsieur le comte, une petite grâce.
— Laquelle?
— Mon passage sur un vaisseau de FÉtat pour me rendre à N.iples.
-— Ah! ah! répliqua- l-il en riant, vous voulez aller rejoindre Garibaldi. mais il est encore de l'autre côté du détroit.
— Il le passera, et je veux assister à son entrée triomphale à Jîaples, pour pouvoir la décrire.
— En ce cas, nous verrons ! Aussitôt que Garibaldi aura mis le pied dans Naples, j'y enverrai des troupes, et si la compagnie d'un régiment ne vous épouvante point, vous aurez un passage sur un navire de guerre, i
J'allais remercier M. de Gavour, lorsque son secrétaire entra et lui remit un carré de papier. Il y jeta les yeux et se leva vivement.
« Adieu, me dit-il, partez vite; c'est un ministre qui m'attend. • El il se dirigea vers un salon du fond, en tournant encore la tête de mon côté. Je restai debout, le regardant un peu interdite de sa disparition, «t Pas un mot de plus pour aujourd'hui, me cria-t-il; c'est Farini, vous dis-je, Farini qui revient ! i
Je m'éloignai, ne comprenant pas bien toute Timportance qu'avait en ce moment pour M. de Gavour la visite de M. Farini.
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Le soir môme de cette conversation je dînais avec ma fille chei M. et madame Mancini; J'eus la joie de retrouver parmi les convives nilustre Poërio; il m'apprit que M. Farîni était allé à Gènes pour empêcher une expédition de huit mille volontaires que Bertani« président du comité garibaldien, devait diriger sur les Marches et sur rOmbrie. La discussion fut longue et orageuse à ce sujet entre Farini et Bertani, mais ils finirent par s'entendre. H fut décidé que ce corps de huit mille hommes s^embarqueraît à Gênes ^our la Sicile, et qu une fois en Sicile, il serait maître de faire ce que bon l«i semblerait. C'est du résultat de cette conférence que M.- Farini venait rendre compte à M. de Cavour, lorque notre conversation fut interrompue.
Trois officiers napolitains de la plus haute distinction, et qui devaient plus tard s'illustrer au siège de Gaêle, assistaient à ce diner. C'étaient le colonel de Ranzio, le major Somma et le capitaine Pierahtoni ; tous trois avaient quitté le drapeau de François lï pour venir prendre du service en Piémont. Ils nous prédirent la prochaine délivrance de Naples et nous affirmèrent, ce qui se réi\lisa bientôt, que l'armée ne défendrait pas son souverain détesté et que Garibaldi n'aurait qu'à se montrer pour devenir maître de tout le royaume.
Je ne passai que quelques jours à Turin. Les bains de mer avaient été ordonnés à ma fille, et je me Mtai de la conduhre à Gènes. La population et le mouvement de cette grande ville me parurent doublés. Un grand nombre de vaisseaux de guerre étaient à l'ancre dans le port ; parmi eux se trouvaient deux navires piémontais qui avaient été armés pour empêcher l'expédition des garibaldiens dans les États du Pape. Le soir même de notre arrivée, nous vîmes partir, des fenêtres de F hôtel Feder, qui donne sur le port, deux grands bateaux à vapeur américains emmenant trois mille garibaldiens aux cris enthousiastes de la population, qui les accompagnait dans des barques. On les saluait du rivage; la foule se pressait sur la terrasse, sur le môle et sur les hauteurs qui dominent le port. L'expédition de Garibaldi avait cessé d'être clandestine ; le succ^ de son liéroïsme l'avait fait revendiquer par la naticn tout entière. Pas un cœur qui ne voulût sa part de ce péril rômane^ue cl de cette gloire si belle. Dans les rues et sur les places on ne voyait plue que des garibaldiens. Les embarqués de la veille étaient aussitôt remplacés par les aspirants du lendemain. Le soir, ils se
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pressaient à VAcquasole et sur les terrasses du café de la dmcordia, entourés et fêlés. La musique des régiments kur sonnai des fanfares d*adieu. Ils étaient superbes dans leurs habits rouges. Plusieurs ateliers, à Gènes, travaillaient nuit et jour à la confection de ce triomphant unirorme décrété par rinspiration de Garîbaldi.
Aux tables d'hôtes des hôtels de Gènes ce n'étaient que jeunes Anglais, Polonais, Hongrois en casaques rouges qui venaient grossir Texpédition. Par ces belles nhits, on les entendait, dans les salons» chanter des hymnes à la liberté ; la foule écoutait au-dessous des fenêtres ouyertes et reprenait en chœur le refrsân.
Le comité d'armement de Bertani fonctionnai avec activité; il était en ce moment présidé par M. Maochi^buco, député, que j*avais connu en arrivant en Italie; il remplaçait Bertani, mandé en Sicile par Garibaldi. Quoique écrasé d'occupations, il vint me voir quelquefois pendant les jours que je passai à Gènes ; Use plaignait des entraves que M. de Cavour mettait au dq^t des volontaûres; il s'en irritait dans son patriotisme fougueux. Le corps de la nation allait plus vite que la tète. Une lettre du comte Oldefredi, député et ami de M. de Cavour, que je reçus à cette époque, caractérise bien la situation des esprits en Italie durant celte heure décisive, i'avais demandé au noble comte, directeur des chemins de fer italiens, des billets de circulation, il m'écrivit, en me les envoyant :
« i aurai le plus grand plaisir, madame, à vous voir av^nt v<Hre « départ pour Naples. Naples et le Hémont se trouvent dans une « situation où il n'y a plus d'hésitation possible; le passé du rot de « Naples est trop récent pour qu'il soit oublié par son peuple. Ae^ « cepler une dynastie qui n'accorde une constitution que pour « calnier les esyprits et la violer aussitôt, est une impossibilité qui M serait immorale sans être politique; il ne reste donc que le re- « mède extrême de l'annexion : il offre des difficultés Irès-sérieusea, M mais il a du moins l'avantage de n'être pas une idée fausse.^ tLe «/Piémont avait à choisir entre couper court à tout mouvrao^^ « dans l'Italie méridionale ou se mettre à k tête de ce mouvement « pour le diriger. En se décidant pour le premier parti, il aurait eu * loute l'Italie contre lui et peut-être la diplomatie favorable. Le « dernier choix lui fera conserver tout son ascendant en Italie, et « peut-être l'Europe acceptera-t-elle les faits aco(Hnf4is. Il évke en « outre de se laisis^r déborder par le mouv^naent comme il en a
L'ITALIE DES ITALIENS. m
« couru derniéreineni le risque. R«ste à décom^ les M% et il certes ce n'est pœ facile, quoiqu'on en dise. Un échec de Oaribaldî H serait peut-être le Sigtial d'un nouveau 15 mai* à Naples. Gari*
• baWi est un Irès^rand caractère qui rappelle les héros de Fanli- « quité. Ses défauts ont leur source dans sa vertu même ; îl est
• loyal et (hroit conmié son épée et croit que tout le moitde Test
M ainsi. Malheureusement il se laisse quelquefois entraîner dans
« des impasses.
« 45 août léeo. »
Depuis cette époque, aucune ombre n'a voilé le caractère du héros italien ; il est resté, suivant la belle expression- du comte CMdefredi, loyal et droit comme son épée. Quelle i^nnde figure àms rhistoire contemporaine! comme on comprend bien son près* tige et son autorité sur les masses! Domination pure, régénéra-* triée, qui les empêche de s'égarer dans les crimes et les tempêtes des révolutions stériles. La gloire de Garibaldi fut en ce moment à son apogée; son influence était souveraine; presque chaque soir j'aK lais avec M. Macclii voir, de la terrasse du port, les convois de volontaires qui s'embarquaient. C'était dans le port un va-et-vient de chaloupes, des chants, des cris, des vivats. Le cercle des cotlines couvertes de forts, et de villas s'illuminait sous la pourpre du coucliant. L'écho du palais désert des Doria répétait les acclama* tions de la foule. La fille de Garibaldi les entendait de la plage^ reine idéale de tout ce peuple. Son père l'avait laissée à Gênes chex des amis, en partant pour son expédition aventureuse. Menotti, le fils aine du héros, l'accompagnait, tandis que son plus jeune fils finissait ses études à Liverpool.
L'enthousiasme patriotique de l'Italie me gagnait par ces beaux soirs oîi la fête de la nature complétait celle de la liberté. Palerme et Naples m'attiraient; ces vaisseaux à vapeur fumant devant moi me criaient : «Viens! » Aller voir ces peuples délivrés, joyeux, fiers, armés, quel spectacle pour le poêle ! pourtant il y a toujours une ombre de deuil sur les pages les plus radieuses de l'histoire. Je me disais, en voyant s'embarquer les volontaires : « Que de mères en pleurs ! combien de ces jeunes courages qui vont dispa*
* Le 15 mai 1848, le roi Ferdinand II, après avoir renversé la constitution qu'il avait octroyée> fit arrêter et massacrer les députés dans les rues de J^aples.
c9itredaiislaiBori! Les hécatombes tMimainos ne oewerom donc jaiools cTetiSMBgteiUa' la terre S Eacore lorsqu'on meurt pour un principe! • Mais à l'heure même des milliers de du'étiens étaient massacrés à Damasi. Je lisais exi frémissant ces horribles récits ; ils attristaient les gai& clairons de la guerre qui sonnaient au port Nous faôsicais chaque jour une proaienade en bateau; Tenfant qui nous conduisait s*appelait Tticulo et sa barque t7 Paradiso terrestre; il nous répétait sans cesse, en brandissant sa rame comme une épée : « h pur voglio andare dov'ê Garibddi. (Et moi aussi je yeui aller où est Garibaldi.) i Le nom du héros sortait de toutes les bouches; il était sacré pour le peuple jusqu'au fanatisme. Un vieux batelier apprenait à nager à ma filie, qui plongeait dans la mer YiviOante, tandis que la main vigoureuse de cet homme tenait la corde passée autour de ses reins. Idolâtre de Garibaldi, le batelier demanda un jour à ma frlle de faire écho aux vivat qui faisaient retentir ce grand nom sur tous les ponts des vaisseaux, c Je ne cne que Vive la France ! » répliqua ma fille, et elle ajouta en riant : • Sans elle vous ne seriez rien du tout. » Le visage du batelier s'empourpra de colère; aussitôt il lâcha la corde de toute sa longueur, ne la retenant plus à son extrémité que du bout des doigts. Ma (IHe fit un plongeon et disparut quelques secondes sous les vagues. Je poussai uti cri et me précipitai à mi -corps de la barque où i^étais assise. « Briccone ! che qtiesto? dis-je au batelier en saisissant son hvdLS. — Signora, me répondit-il avec un sang-froid terrible, s^w^Jd voictte amate molto lltalia, Vavrei affogata. (Madame, sans vous qui aimez bien Tltalie, je l'aurais noyée.) » Et tout en disant ces mots, il dévidait la corde vt faisait reparaître à lasurfece ma fille qui me rassurait en riant.
Je ne retrouvai pas à Gènes le comte Ricciardi, il venait de s'embarquer pour Naples avec sa famille; je fus heureuse de revoir son ami, M. Frédéric Filippi; il nous engagea à passer une journée chez son père dans leur j(4ie maisonnette sur la- rive de Pegli. La belle Maddalena n'y était plus : quel avait été le dénoûment de cette idylle * ? Nous parcoui-ûmes de nouveau la somptueuse vHIa PaHa vicini et les goi^es les plus prochaines de ces riantes collines où s'abritent des maisons à façades peintes en décor; puis nous nous assîmes sur la plage. Les grands flots de la mer montaient en écume
* Voir page 7« du premier volome.
L'iTALlB DBS ITALIENS. 189
neigeuse qui caressait nos pieds. Un excédent difier notls reposa de notre kmgue promenade. J'emportai de cette journée une impression que je fixai te soir même dans les strophes qu'on ta lire :
A M. FRÉDÉRIC FILiPPI.
Ta maison est rouge et petite Sar rni frais coteau s'appnyant; Quand la mer gronde elle s'abrite Dans son nid toujours verdoyant.
EUe est douce, riante, affable, Devant iUmmensité des flots; Sur cet horizon formidable Elle a vu passer le béros.
EUe a vu le grand téméraire^ Le pur, le juste, le hardi, Et l'on dirait qu'elle s'éclaire D'un rayon de GaribaMi.
Car sous son toit elle recèle.
Honneur, courage et loyauté, El pour la muse elle est plus belle Que les palais de la cité..
Dans celle maison recueillie, Où ton amitié m'appela A la grandeur de l'Italie, J'ai bu le vin de Marsala.
Je me suis assise att^idrie Prés de ton père, beau vieillard Dont la gloire de la patrie Rajeunit l'âme et le regard.
Quand dans Paris, la ville sombre.
Je traînerai mes longs ennuis.
Ta maison luira dans mon ombre Comme une étoile au fond des nuits.
Depuis quelques jours, Gènes espérait chaque matin la nouvelle du débarquement de Garibaldi dans le royaume de Naples. On savait que, suivi d'une partie de ses braves, il avait quitté la Sicile désormais délivrée. Mais sur quel rivage s'était-il dirigé? On eût dit que le navire invisible qui portait le héros avait sombré dans le détroit orageux, tant sa course était mystéiieuse. Ma confianeedansTétoile de Garibaldi et dans la fortune de lltalie ne satfaiblit pas un moment durant ces heures d'incertitude et d'angoisse. Je me disais et je disais à ses amis : • J*en suis sûre, la nouvelle du débarque*
4M L'ITALIE DCS ITALI^KS.
■wol 4e Ctribaiii éant Ict Calabres éditer» tout « eoap connue fa fottiri. • Dms celle «tteete, je disposai font pour taon yrofage à Naples. ie voulais revoir une dennére fois M. deCaveor et aller dire adieu» à Milan et à Venise» à quelques amis bien chers; je me reucfis à Turin le lundi 20 août i860; le lendemain à midi j*élais chez M deCavour.
« Ah! me dit*il en riant, silôi que j'entrai dans son cabinet, je crois que tous partirei bientèi ; vous ponves préparer votre habit rouge.
-* Garibaldi est débarqué ! m'écnai-je.
— Vous m'en demandez trop, répliqua-t-il ; je n^ai pas le temps de causer auiourd*hui ; j'ai donné l'ordre, à Gènes, à Tamiral Sera que voua eussiez votre passage sur on beau navire; je vous enverrai à Gènes une lettre pour Yillamanna.
— Vous Toublierez, monsieur le comte, dans ce grand touri)illon qui vous emporte.
— le n'oublie rien de ce que j'ai promis et de ce que je veux faire, me répondit-il ; adieu, chantez Garibaldi et aimez toujours l'Italie comme vous Faimez. »
Je lui tendis la main avec émotion. Il était debout, vif, actif, l'œil édalant, le teint animé, plein de force et do jeunesse en ce moment. Lorsque je fus sur le seuil de la porte du cabinet vert, je tournai la tète pour le saluer encore une fois ; il s'était rassis à son bureau.
« Au revoir ! me cria-t-il ; quand vous reviendrez de Naples, passez par Turin, j»
Le soir, vers six heures, le bruit se répandit dans Turin que Garibaldi était débarqué à Reggio. Je partis à sept heures pour Milan. Par un heureux hasard, je trouvai dans le même wagon que moi M. Parmi, qui allait coucher à la campagne. Je lui demandai si la bonne nouvelle était vraie.
« Je crois pouvoir vous assurer que oui, » me répondit-iî "éh souriant.
Le lendemain matin, au moment où je montais en wagon à M9an pour me rendre à Venise, je lus dans les journaux qu'on vendait à l'embarcadère la dépêche télégraphique qui annonçait le débarquement de Garibaldi et la prise de Reggio. A Vérone, je fannotiçai aux employés du diemin de fer; à Peschiera, la garnison était doutée et presque sons les airmes; le visa des pasî^-ports fut mi^
L'ITALIE DE$ ITAllWS. -H|
OiNi^ii^x; on i^ «e coBienta pss <l-entr*oaT]'ir rnet tnaHes tibnum (luit mois auparavant, (m les fouilla en touséa:»^ Le ehefdes doua^' niers nut la main sur une boile ronde en fer-blanc.
« Ck'é questQr $^ora^ (Qu'est cela, madame?) me deman* da-t-il.
— Questo è polvere (Ceci est de la poudre)» réppndis-je d'un air sérieux,
— Polvere per armi? (Poudre pour des armes?) reprit-il.
— Guardate, signere* (Regarde?, monsieur). »
Sa moustache blonde se hériâsa ; il ouvrit la boite^et son uniforme fut aussitôt couvert d'un nuage blapc. a Polvere di riso !» s'écriat-il moitié riant, moitié furieux ; Tassislance riait aux éclats, car ù poudre de riz, en se renversant, avait jailli au visage du doi»^ nier et lui donnait des allures de pierrot. Voyant Thilarité gêné-* raie, il commença à se fâcher, lança un ']utm allemand et rejeta la poudre dans ma caisse ; les rires continuèrent plus fort. 11 y avait dans Tair quelque chose de querelleur et de belliqueux. Le débarquement de Garibaldi à Reggio montait toutes les tètes. Le soir, quand j'arrivai à Venise, un vieux gondolier qui, pendant mon séjour de Thiver précédent, m'avait souvent conduite au Lido« m^e reçut au débarcadère. Il avait deux fils au service de TÂu- Iriche ; ils s'étaient enfuis de Pola pour devenir volontaires de Garibdl<ti. Je dis au gondolier la bonne nouvelle et lui remis plu^ sieurs journaux de Milan, qui avaient publié, le matin, la dt^pèche tél^aphiqiMi* Aussitôt il la transmet, à voix couverte, de gondolier à gondolier. Ces mots: E ^slmrcato il grand' vomol (Le grand homme est débarqué!) répétés avec une sorte de rhythme musical,. volent de Is^une en lagune; en une demis-heure tout Venise se les répé^ tait; bien des coeurs battaient 4e joie, bien des fronts rayonnaient. Ce que c'est que l'électricité de, la gloire, quand cette gloire est celle de tout un peuple !
Le ^urlendemaio, je visitai l'ile des Yignde (des vignes), la seide des îles qui entourent Venise que je ne connusse pas. Je trouvai fô une iamUie dont je n'oubherai jamais le tableau : la vieille mère ridée; qui fikit au soleil sous une tonnelle ; son mari cueillant les fruits qu'il clevait aller vendre, le lendemain, à Venise; trois de l^urs fils^ sarclant la terre ; une loru d'une beauté admirable, qui me^^répondi^* quand je lui dis quelle était belle ; « Regardez mon Vfim, il ost plus be^u que moi I ^ et elle l'appela pour me le mon'-
4iS LMTALIE DES ITALIBKS.
trer. Eux aussi avaient un fils dans Y^rmée de €aribaidi. Lorsque je leur appris la nouvelle de ta \eilte, ce furent des larmes et des exclamations de joie. Aussitôt la jeune femme me fit un bouquet raperbe, et le \Àre m^offrit dans un panier ses plus beaux fruits. Par un hasard singulier, c'était le jour de ma fête. Ces bonnes gens la céfébraienl à leur insu. Trois jours après, je racontai celte scène à T illustre Manzoni. « Quelle idylle de poète vaudrait cette idylle vivante ! » s'écria-t-il.
Je fus très-heureuse de retrouver à Venise le baron Ëmilio Mulazzani ; nous revîmes ensemble les Zattere et fîmes le tour de Tile delà Giudeccaf toute parée de ses jardins et de ses grands arbres au feuillage sombre. Venise me parut plus merveilleuse encore par ces soirées empourprées de Tété. Je retournai k File des Arméniens; j'y revis frère Jacques, très-amaigri et fort triste; depuis plusieurs mois il était sans nouvelles de sa soeur, qui habitait Smyme ; c'était tout ce qui lui restait de sa famille.
« La vie monacale, me dit-il, a des mélancolies profondes qui finissent par minci' le corps, quelquefois Tâme en est abattue. Mais toutes nos peines nous seront des joies dans un autre monde. »
Nous nous étions assis dans le belvédère couvert de ceps de vignes; les feuilles, sur nos têtes, s'enlaçaient aux raisins mûrs; devant nous, sm* Ka lagune à peine ridée, Venise flottait au loin lumineuse et maniKMréenne; le groupe verdoyant du jardin public tranchait sur la blancheur des maisons et le ton doré du rivage ; çà et là, dans les ilôts voisins, des touffes de plantes et de fleurs riaient sur les flots Ueus; derrière nous, le Lido ra\'agé étalait encore quelques allées ombreuses et des restes de végétation.
Je racontai à frère Jacques les fêles patriotiques de lltalie dont J'avais été le témoin ; il savait les grands événements qui, dans leur marche providentielle et sûre, tendaient tous à l'unité; il s'y intéressait. Les Arméniens ont l'esprit éclairé plus que tous les autres moines de la Péninsule. Indépendants sur une terre esclave, ils n'ont aucun intérêt au maintien de la double oppression du pouvoir papal et de l'étranger. Tout en causant, frère Jacques m'offrit une grappe énorme du muscat noir qui pendait sur nos têtes, puis nn bouquet de roses des plates-bandes voisines. Je le quittai en hrl souhaitant paix et bonheur; deux vœux illusoires, qui me semMetH toujours empreints d'un peu d'ironie involontaire, soit qu'on nùn&
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les adresse^ soit que uous les exprimions nous-mêmes à autrui/ Le soir, je soupai gâieçaeut avec le baron Mulazzani, dont Fesprit parisien persitlait tous mes enthousiasmes et toutes mes tristesses» Le lendemain 26 août, je quittai Venise ! Venise adorable par une aube d'été et n'attendant pour renaître que la liberté» Je fus con« duite au chemin de fer par le vieux gonddier à qui j'avais donné, trois jours avant, la nouvelle du débarquement de Garibaldi à Reggio. Coomie j'aUais m'élancer de la gondole, il me dit en baissant la voix : f Signoraf henedetto il giorno dove si dira : Garibaldi è sbav' cato in Venin^ia! n
Je ne restai que deux jours à Milan ; presque toutes mes connais* sances étaient en villégiature. La comtesse Blaffei, que j'aurais eu tant de bonheur à retrouver, passait Tété dans les environs de Ber* game. Je revis mon ami Tavocat Franda et le professeur Giorgiai, qui m'ap(H*it que l'illustre Manzoni était à la campagne à une Heue de Milan. J'allai, par une belle soirée, dire adieu au gnuKl poète; il était devenu une de mes affections les plus chères et les plus sacrées; j'eus le plaisir de rencontrer chez son père madame Giorgini, que je désirais connaître depuis longtemps, et son Ois, charmant enfant d'une intelligence prodigieuse, channe et orgueil de Manzoni, répandant autour de lui le mouvement et la via. le trouvai le noble vieillard rajeuni par cette joie intime et par la joie plus mâle de l'indépendance italienne. Je lui parlai de Pérouse, de Bologne, de Ravenne et surtout de Florence, où j'avais connu son ami Gino Capponi : « Vous et lui vous êtes, lui dis-je, deux enseignements vivants pour Tltalie, deux exemples de fierté et de vertu que la génération présente doit imiter. Vous trouvez aujourd'hui votre récompense dans le triomphe éclatant de vos principes. » Il m'apprit qu'il avait eu ce jour même la visite des deux fils du roi qui hantaient en ce moment le cliàteau royal de Monza. C'est durant cette visite d'adieu qu'il m'offrit ses beaux vers patriotiques, que j'ai donnés à mes lecteurs. Quand il sut que je partais pour Sapljes : « Vous êtes heureuse, me dit -il; si j'avais quelques années de moins, je ferais aussi ce voyage. Saluez de ma part Garibaldi. »
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< B*iift le «oeiir de Ifonzdni» comme d«is tous les etmrs italiens,' fféUài à cette époque tlne -certitude qàe Na^es serafit mi héros dans quelques jours.
le proloogem ma visite jusqu'à minuit ; je ne pouvais me décider à te qiûtter. Je sentais que cette fois c'était bien Bn aldieu ; peutèl^Je dernier. U pleu^tt un peu, qtmnd je partis; ee ftit un de ces origes «hi Midi, rapide et tiède, qui ne jette ni ftî)id dans ratniosplièm, ni obsdurtié dans le ciel; des nuées laiteuses amoncelée» autour de la lune, et à travers lesquelles elle tourbillonnait, me firent cortège jusqu'à Milan; c'était d'un effet fantastique inouï; il mie semblait que, poussés vers la terre, les nuages me touchaient et m*enveloppaient ; je me plais quelquefois à noter les impressions que cause la nature, comme je note celles que produisent en moi Tart et les sentiments.
Je ne voulus pas quitter Milan sains revoir le lac de CÔme. Je Pavais visité, on s'en souvient, par ime des plus ruéfies journées d%ivër; je le retnmval bordé de terrasses en 'fleurs, d'omlnrages é'un Tert tendre et dimmenses pelouses tapissant le versant dés monts. Les cascadeuse i^eipitaient sur ces lits d^herbes fines ; les viëaâ s^brftaient comme dés nids sous le feuillage des aH)res ; les^ olgeau|[ chantaient dans les branches ; quelques poissons hardis fré« tiMMent à ieur d'eau; des bateaux à vapeur et nne ibule de barques STll€«inaient le lac. Toutes les maisons éta/ient habitées. On veyak des fmmies d^anles penchées aux balcons ou accoudées aux balustres des terrasses et des bi^védêres. Les enfants jouaient' sur (ks prs^ries où paissaient les vaches et où broutaient les chèvses. Jusqu'à mi-côte, tout était verdure, fleàrs et ra^ns sur lecercle des montâ^gnest pois dles^ se dénudaient et n'avaient phis juaqu^an sommet que la teinte amrée du roc; les plus hautes gardaient toujours au front une couronne de neige comm» les vieiflanis dont aucune saison ne peut changer les dieveut blancs, le remarquai sur la rive gauche la belle villa Bignatni, appartenant an faère du banquier ée Bologne, c^ nous avait fait si gradeuse cx>iâpo^^rie. Le lac de Cènïe est un des fiénx àù monde où il serait lé' pins doux de Vivre; je passai à le contempler quelque bAsateH délicieuses et m^arrachai à regret à l'enchantemant de cet Kdetl.
Comme j'arrivai à l'anbarcadère, je rencontrai le comte S(, fano Medin, que j'avais connu à Ifilan chez la comtesse Maffel ; jehii dis mon dessein de m'air^er »Mon«aet $ m'oflHt^avee eMpftsêmmrî
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de me leontrer régisse et k grand parc roy^ Nous arrivàiues à Honza à m heures; la soirée dous suffisait pour voir celto ville h'»* torique de la Lombardie. Nous parcourûmes ses longues rues et sa place monumentale, où s'élève la cathédrale du qimt(»rzième siècle. La (açade est en marbre de couleur s'aKemant avec des bas^-relieFs et des figurines ; le plus curieux de ces bas-reliefs est celui qui représente Théodelinde, reine des Lombards, fondatrice de Véglise. L'intérieur est d'un caractère imposant. Je remarque parmi les tableaux une superbe VisUation du Guerehhi. Sur 1 une ^ eolonnes, Bernardino Luini, le grand pântre lombard, a peii^ à fresque uii saint Gérard qui réunit la beauté des lignes à cette expression religieuse qui caractérise le génie de ^e maître. GioltQ eC Lttinisoiil en Italie les vrais peintres de la foi. Le trésor de relise de Monza, dépouillé de la couronne de fer, n'offre phis aucun inlé* rêt. Cette couronne était en or doublé d'un cercle de fer. Son ori^ gine est fort ancienne, peut-être antique^ Napoléon la posa luinnêB^ sur sa tête, lorsqu'il fut roi sacré d'Italie. Elle servit ensuite au coarcMua^ent des derniers empereurs d'Autriche. Apré^ notre vietoire de Magenta 1^ Autrichiens en fuite l'emportèrent avec eux. On croit qu'elle est maintenant à Vienne. Sous une des galeries du petit etoitre attenant à l'église se trouve un étrmige tombeau du quatorzième siècle ; il est surmonté du cadavre embaumé d'Hector Yisconti, queTcm voit sous verre, hideux et desséché. Cette momie^ moins.les bandelettes, étsde ses bras de squelette et ses fémurs décharnés. A quoi bon ce spectacle? mieux vaudraient nos restes devemis een-* dres. Je regrette de ne plus trouva sur la place de Monza la colonne d'infamie qui rappelait les crimes d'Osio, cet sonant si beau et é pervers de la Monaca ai Mon%a, Tous ces grands infâmes de la Heîialssance eurent pour patron César Borgia ; ils participaient de son audace et de ses séductions, Manzoni, dans son roman des Promessi sposi, nous a tracé à grands traits la mystérieuse f^ure de cette religieuse princesse espagnole, ardente et hautaine. Le procès complet, où revit cette sinistre histoire, venait d'être récem« mont découvert à Milan ^ au mcmient où je visitai Monza. Les inter* rogatoires des coupables révèlent ce qu'étaient les couvwits à cette époque et ce qu'entraîne après lui de turpitudes et d'horreurs ce
* U ft été publié par le comte TaHio Dandoto, père cl*Ënrico et d'Emilio Dan> doloy ^Qt l'ai piarlé pafe 970 du premier votinite,
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Toeu de chasteté imposs&le à l'humsiiité ; toatesl crkne^ et éjpon* vantement dans cette horrible chronkpie; la justice et la r^^ioti même y deviennent injustice et impiété ; cbancelaitfes, incertaines, dles revêtent la forme de Tég^rement et du vertige. La jifôtice, qoi était akMTS la barbiuie, donne la question à une reiigieilse mourante; elle incarcère à vie dans des cadiots murés la Honaca di Monza et quatre nonnes qui furent ses complices; die décrète la mise à prix de la tête d'Osio qai est en fuite, suscitant ainsi la vàdgeance et la cupidité. Ce fut un parent d'Osio, dont la fortune était çbèrée^ qui» pcmr toudier le salaire promis par la justice, livra le criminel au bourreau. Osio fut poignardé dans la maiscm même où il recevait Thospitalité; on iui donna seulement le temps de se confesser. Ainsi fit Christine de Suède pour Monakiesdii. La religion ou phitM le catholicisme du temps suggéra à la Monaca une étrange justificatioii de ses crimes : YirresponsakilUé! EUe fit des aveux complets : s^ années de volijqité défendue; naissance de quatre enfants; assaginats commis pour cacher sa honte ; tout était vrai ; mais elle était innocente. C'est le démon seul qui avait pédié. Chair souillée, âme pure, elle était possédée: qu'on Texoreise, et, Satan sorti d*elle, elle redeviendra ime créature de Dieu. Elle oubliait, la dépkn-able pé* cbaresse, ce cri que la nature lui arracha en voyant Osio pour la première fois. « Oh ! qu'il est beau ! qu'il est beau ! » avait-elle dit frémissante; Eve recluse, à qui Adam est interdit. Tout en causant de ces romanesques et sanglantes amotars où la passion ps^te dans la terreur, nous parcouiions le parc impérial de Monza, rendez-vous de chasse des anciens \ice-rois delà Lombardie. Les ombres noires des grands arln-es dessinaient des fantômes dans le fond des allées ; )a petite rivière du Lambro murmurait en fuyant à travers les fourrés. La nuit nous surprit dans une clairière de frênes où des bruits d'ailes et des pas précipités retentirent tout à coup; on eài dit le spectre éperdu, de la Monaca fuyant sous les l»*anches. C'étaient les faisans et quelques cerfs craintifs qu'eflRuroudiait notre voix .^ Une heure ai^rès, nous étions à Milan ; je me séparai du comte Medin en lui disant : « Au revoir, à Venise, dans le palais de vos ancêtres, le jour où Venise sera libre 1 »
Le lend^Bain je partis pour le lac Majeur ; je pns le cbemki de fer de Turin jusqu'à Novare où un embranchement me conduisit à Arona. Cette jolie ville se dresse en amphithéâtre au bord àa lac ; sur la montagne qui la couronne circule la route du Simploii.
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le bateau à vapeur qui attend les voyageurs se met en marche. Debout sur le pont, je vois se déployer merveilleuses et variées les rives de la partie étroite et inférieure du lac Majeur. Quelle féerie pour les yeux! quelles décorations de la^ nature! elles isurpassent tout ce que Timagioation du poète et du peintre peuvent imaginer de plus grand et de plus beau. Quand la réalité est à ce point splendide, elle annule Fart. J'ai vu telle jeune femme qui laisse bien loin d'elte la Vénus de Milo, et sans doute il. est encore, dans l'Asie Mineure et en Sicile, des éphèbes dont la beauté ferait pâlir TAntinous du Vatican. A gauche, tout près d'Arona, s'élève sur la montagne le château en ruine où naquit san Carlo Borromeo, le célèbre archevêque de Milan. A côté est* Péglisc de Santa- Maria, puis du milieu d'un sommet verdoyant, se dresse la statue gigantesque en bronze de ce saint BmTomée qui aima les arts et méritait d'être immortalisé par eux. L'archevêque est debout : sa tête rayonne dans l'azur; d'une main il tient l'Évangile, de l'autre^ il bénit la ville où il est né. Les villages de S€%fif de Bdgiraie et de Stresa, leurs campaniles et leurs églises, se dessinent dans l'air; les cimes neigeuses du mont llose flottent au loin dans l'éther comme de blancs nuages ; de riantes villas se groupent sur la plage ; celle que la duchesse de Gênes ha* bitait encore il y a quelques mois déroule ses portiques de marbre . dans le voisinage de Stresa. Sur l'autre rive, mêmes enchantements. Les hameaux, les donjons, les bois montent en gradins jusqu'aux nues. Tout à coup le lac s'élargit et s'arrondit comme sous le coup de baguette d'un magicien; quatre petites iles surgissent des flots bleus; la lumière éclatante met en rehef arbres, rochers, terrasses, statues, fleurs, jets d'eau : ce sont les îles Borromées, tant de fois décrites et reproduites par la gravure. La première de ces Iles est l'Isola Belfa; elle apparaît en avant des trois autres avec ses Mx terrasses superposées où se cachent des grottes en rocailles cou* vertes d'orangers et de statues ; une énorme licorne forme le pomt culminant de ce décor d'Opéra. Le palais et les jardins se massent derrière les terrasses ; à leurs pieds est un petit hameau et une église, dépendances du château. Dans une plaine de la France, de l'Angleterre ou de la Hollande, sous un ciel brumeux sans horizon, les ornemejits d'architecture de Ylsola Bella paraîtraient d'un goût détestable ; mais, découpés sur ce ciel de lapis-lazuli, ayant pour cadre les Alpes, pour draperies les massife de camellias et de citronniers en
Itt I/ÎTJStlBDBS ITALIITÎIS.
flears, ees dieux de TOiynipe/un peu grimaçants, ces bahistres contournés, ces cwiqups erîjdivées, perdent leur mièvrerie de détail et compioseiit un ensemble si attrayant que le ravisseinent feire taire b critique. A gauche, au-dessus du village de BavenOy où le bateau à Vapeur s'arrête, se dresse le mdnt Mmteroney du sommet ttuqud on don^e le lac d'Orta et le lac lHajeur. Au fond du gotfe de ce dernier lac, derrière YIstAa Bella, s'élève une cbaine granitique dont les carrières de mariMre blanc et de marbre rouge fournirent -les matériaux de Saint-Pîerre de Borne et du Dôme de Milan. Je prends une barque à Baveno et me fais conduire à ïlsola Belia, Le palais çst grandiose ; il fut construit par le comte Y italiei;i Borromée à la Iki du dix-septième siècle, le traverse d'abord la salle du Trône, sèutenue par des usures colossales de vieillards formant cariatides. Deux chambres somptueuses furent habitées : Tune, par Gharles^Félix et la fameuse princesse Garolme de Galles ; Fautre, par Napoléon 1'^, qui coucha à VIsola Bella deux jours avant la bataille de Marengo. Dans cette dernière chambre, dite de FEmpereur, est le magnifique bénitier de saint Charles Borromée, orné de pierres précieuses. En face de la fenêtre se groupe Ylsola Madrée décrivfflit un immense bouquet de fleurs et de verdure. Dans la salle de musique ^ont deux meubles en mosa!(|ae admirables ; la saHe de bal est ornée de. tous les médaillone en marbre des Borromées présidés par le saint archevêque. Je remarque une sculpture en bois, représentant la bar(]pie de saint Pierre, du plus beau travail ; dans la galerie des tableaux et des marbres est le ti^omphe de Galatée, chef-d'ceuvre de Luca Giordano ; cette galerie s'ouvre sur une terrasse d'où la vue s'étend sur la plus beHe partie du h^. En face est la petite ville de PaUan%a, où je dois aller r^rèndre le bateau li vapeur; \m%Vliola Madré, A droite est Laverw, surmontée de cdliïfôs qui conduisent au lac de Varèse ; à gauche, du côté de Pallanza, surgit le petit ilôt de San Giovanni ou helino, d<mt la villa est hal^tée par sir James Hudson, ambassadeur d'Angleterre à Turin. Toute cette merveilfeuse perspective nage dans Takir et sciiâilie dans une fomière intense; les yeux éblouis sont brûlée par l'éclat du jour étincelant ; ils appellent la nuit et ses molles clartés. Je vîdte la chapeHe où se trouvent trois tombes fort andennes des Borromées, qui étaient autrefois dans l'église de Saint-François à Milan. Jetais diercher un peu d'ombre dans les grottes tipissées de caillotîx et de rocailles, f^t^rm^t une cekuure au palais. Dans une des grottes «st une Yèros
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emicfaée ; dans ane aatre, une Flore; dans une troisiàne,une Hébé* En face des groHes- se dessiné Filotdes Pêcheurs ou Isola Superiore, renfermant quelques habitations rustiques. Je parcours le bois de lauriers wi iNapdépn. s'est promené, rêvant à la batailte prochaine; il grava sur Tun des troncs de ces lauriers gigantescpies le mol hutaglia. Je m'assieds pour reprendre haleine dans une grotte déli^ deuse, tpute tapissée de capillaires, et je termine ma promenade par Tascension des lerr^s^es, où les marbres s'enclievêtreot aux cédrats, aux citronniers et aux lièges en fleui^. L'intensité des parfums me donne une sorte do vertige; il est deux heures ; je remonte dans n^a harque et vais vis^r ïlsda Madré. Je dois me trouver à trois heures à Pallama, au passage d'un bateau à vapeur qui lae fera continuer l'exploration du lac. Plus agreste que Y IsoUuBella, ïlsida Madré me ravit ; elle renferme une villa qui se dérobe sous les omiH^^es des grands cèdres échelonnés ; les citronniers et les orangers chargés de fruits et de fleurs déroulent au pied des rocs des espaliers embaiimés; c'est une décoration naturelle bien autrement riante que celle des marbres sculptés. Les arbres de iudée à fkur^ roses, les camellias, les grenadiers et les hortensias bleus forment des massifs sur 1^ pelcmses ; les pintades et les faisans courent en liberté à travers les haies d'églantiers. Quelle solitudepour daix êtres qui s'aiment! quelle aménité et quelle splendeur dans la nature environnante ! Je m'imagine que tous les nouveaux mariés de la longue lignée des Borromées ont <lû passer là leur liine de raieh h me repose au pied d'un citronnier dont les fruits énormes parfu^ ment Tair. J'ai devant moi la partie septentrionale du lac qui mène au canton du Tessin ^uvage et presque sombre ; à distance» cette partie du lac contraste avec le golfe aimable et lumineux où flottent les îles Borromées. Tout à coup le batelier m'arrache à ma rêverie en criant du fond d'une allée : « Signora, eçco ilfumo del bnttello vicino BavenQ, (Madame, , voilà la fumée du bateau tout près de Baveno.) » Je me lève et me mets à courir yers la barque ; comment lutter de vitesse avec la vapeur? Je promets une forte manda au batelier si nous arrivons en même temps que le bateau qui cingle vers Pallanm, Notre barque vole comme un oiseau aquatique ; mais bientêt je vois la colonne de fumée approcha, fuir devant nous et toucher au rivage. Quelques voyageurs, qui attendent le passage du bates^u, montent à bord. Le dernier.es^ enalxo^ué ; je perds i'espoir d'arriver à temgs; j'agite mon mou-
éit L'ITALIE DBS ITAllBKS.
dhoït; le batelier crie à tiie^iête : « Aspetiale! aspetUUef (ÂUen-- (l<E l attenëes !) » Le capitaine, debout sur le poni.r^^d en ria»t ; « Bcne, fer una donna! » Les coups 4e nnsies se précisent, en^ nêm touchons à bord ; le capiUiae vient m'oCTrir la main pou? me ÎÊ^e gratir FédieUe et veut bien se diai^r de pay«r le batelier. Je constate une fois de plus la courtoisie italienne. Le bat^u part et s'engage dans le large canal que forme le lac en cet endroit; à gan^he est Intra avec sa place à portiques ; à c6té dlntra se détMîbe, sur le versant de la montagne, le dtâieau do prince Ponia-' towski, sénateur français. La jeune comtesse Gasti^ne, que sa beauté a rendue célèbre à Paris, est en ce moment en visite diez le prince; je Taperçois debout sur une terrasse. Lecâ^ilaifieme dit î — ' >
4 Je Tai amenée hier à Intra. •
Sur loutre rive est Lamno, au pied d'une liauteur boisée €m^ msQdt un angle sur le lac; à mi<côte s^élève une bdle église que les Autricbiens mit saccagée dans la dernière guerre; des vaches fissent sur une vaste pelouse àcètéde TégUse; nous nous i^rétoes î La^no pour prendre quelques passagers, parmi lesquels s<mt dmn k^mmes élégantes, la tante et la nièce. A mon mauvais italioi ces dames comprennent bien vite que je suis Française; la tante est justement une Parisienne mariée à un Italien, il sipior Bonçtavanm. La connaissanee est faite aussitét, nousédiangeons nos cartes. Ces dames habitat Cannebio, gros bourg situé sot la rive gauche du lac. Ce sont d'excellentes patriotes, qui adormit Gar^aldi. Apr^ Laveno voici Porlovoù se trouvent degrandesfabriquesde verreries. Le paysage devient ravissant; sur une hauteui^ le kameau de Bedero découpe son église dentelée; plus loin, toujours sur la rive droite que nous loi^eons et voyons de plus près, voici Cmneroim n^eu des orangers et des citronniers; en face sont de petits ilôts on se dressent les débris du château iies frères Mazzm*da, tyrans de tout ce rivage au quinzième siècle, ^ious faisons une halte à Luino, admiraMement situé dans une vallée fertile entourée de collines; Botnardino Luini est né dans cette jolie ville; quelques-unes de ses fresques si belles décorent la catliédrale. Sur les hauteurs de Luim serpente une route qui conduit au lac de Lu^no. Un ntegniôque château s'élève sur un versant entouré de terrasses et de jardins. Garibatdi se battit à Luino en 1848. Sur la plage est une fnaxzetta momiraentale avec une colonne commémorativè <iecefait d^BM^es;
I/ITALÏE DES JTALIEXS. m
en face est Tauberge de la BécaHsCy où logea le liéros. Comme r/sota BeUa se souvient de Napoléon, Lnino se souvient de 6aribflldi : Tun a semé la ré^olntion à travers le monde., Tautre la fait triampHer par Tunité italienne; à côté de cette colonne d'honneur est k vâhi da comte GriveUi, le même qui vient de préférer k nationalité auÉri^ chienne à celle de sa patrie. Cet Ilalien unique, Dieu merd» chargé â*affoires d'Autriche en Espagne, a eu le triste courage d'écrire dans les^ journaux qull restait à son poste de représentant de l'empereur. ■^ Tandis que mes aimables compagnes de traversée me donnent ioes détails, le bateau cingle vers la rive gauche, où le joli hameau de Vigiana se niche dans les bois de la montagne. Tout prés est un vieux fort construit par les Ysconti; puis vient un autre hameau dont tesmaisons, la chapelle et le campanile forment un groupe diarmant. Sur la hauteur Téth^ blanchit, le crépuscule s'étend, la lune dans son ipiein se lève sur les monts qui ceignit le lac. C'est d'une pk^ diMté et d^une grandeur qui fiait planer Tàrae. Toujours à gauche, voici le vilhige dei Carmini; une vieille abbaye s'^éve où fut un temple rmnain en regard d'un récif qui surgit au milieu du lac. Bientôt v<Hci Cmwobiù; non loin de Cannàbio se précipite un torrent appelé VOrrido, dont l'écume blanche bondit entre des bords escarpés; en face, à la rive droite, sur le sommet des montagnes, se cadieun petit lac comme un diamant serti d'émeraudes qui luit pour le ciel; la hme, splendide, suivie d'un cortège d'astres, empêche la nuit de nous dérober le paysage. Cannohiù forme un groupe dans le pli des montagnes; sa place en arcades de briques rouges s'étend sur la plage, son église dêUa Pielà, construite par Bramante, et sa vieiHe forteresse se dessinent plus liant. Cette forteresse sarde fut bombardée par les Autrichiens le 27 et le 38 mai iS59. t Mon père a conservé dans sa maison plusieurs boulets iudesques, » me dit la jolie nièce deHa signera Bongiovanni. Le bateau s'arrête à Cannobio; je di» adieu à ces dames; eHes m'engagent à venir passer quelques jours chez elles pour assister aux iêtes prochaines où paysans et paysannes du Tessin se rendent à 4]annobio dans leurs costumes pittoresques. En voyage, tout est attrait et enlacement^ hélas! aussitôt rompus. Après Cannobio la Suisse commence à Brissago sur la rive gauche, à Zena sur la rive drmte. Bientôt nous touchons à Logarno à l'extrémité du lac, (rive gaudie); M&gadino se masse à droite à la dernière limite; la lune iUlie dans des nuées laiteuses qui drapent sur les monts leur
LUTALiE 9fS ITiUKHf.
9i9d voât fifgiiMil. i^om M w nmfj m iermt dm «oyage, Loeame^y m le bateni stetieoae, m'appartil Êiiitiiliqtt0nieiii édwé far to. dMMe liMir 4e&«ilKr, sa.belie «gUte Mte Afiiijiiiin 4i^ Sam» pbdootéulWMte») sedétadieM blane sur It fdod f<rt da Bianl; le gnpd poiolre Bemardiçci Uiinl a phviears fr^^ues teis ce^mio-, taMr9 r^nrtendmipt de marbre et dedorare. Housiberdons. U esfe, trop tvtd pofur fiailer TégMae; Je to « l'ilKàA^ delà Cow^mte^i délidem soulier compoeé de Isitow et de truites; je 19e prooiéiie. iMie pertie de Ja nuit mt la plage selitam. I^air est tiède et j'sâ aMtour de n^vdes glaciers étemels; jei»e seus là perdue» ^[uorée daos w déajBft superbe eti toute 1 toc se reeuetfM et seressusitle, i|s puis ^'arracher, i la oeoteBiplabeo^de ces rives si rtai^. et âs^éresalafiMS» «adrekwmMtKWX des seosatiens diverses «u flotte leifioaui: de rhcname! Je oe soe couche qu'àdenr bemesdu ii»atiB^> il finti partir nui preimères lueurs de Taube. k quatre b^cres, le cati^eriere deW albtrqe frappeà ma porte; il 01e remet Ja note é^j n^ dépenses : diambre et souper, ^atre franco! -^ I^Gsmo est un Elflprado où Le poète pourrait vivrç de peu. Une demi^toire ap^ je sois sur lepont dukaeauà vapeur parti de liagadiDoet q^ me prend en paswit. Je ym se lever le jour avec ses zones, graduées de lumière* où le lilas pâle» le rose ^ Tor nageât ûàm liaiur. Pourquoi quitter- ce rivage? que de grâces et 4e beautés y. restent ignorées peur, moil J'éprouve la tristesse qui s^rre le cœur ep rompant des sympatbies naissantes; la passiim se oocbe di^^ Tinconnu; je salue «en passant les Ues Borromé^ et toutes.ces.rives ^ peine entrei^iies avec un sentiment de r^j^ret pQj|gn^nt; il me semble qu'aucun lieu du monde ne mWnra les ravissements du lae Ni^eun une cliaude brise d^. sud souffle par bouffées et muriQure à mon cour : « Le golfe de Naples e^ plus enivnAit eiNeore!^ Tu touches à la tète altière et superbe de Tltalie,, que les gla^ * cjers couronnent; le corps de la mère antique a toute laperfeo^i tion divine comme une de ces statues merveilleuses delà Grè^qui n^'ont pas un défaut; ses beaux pieds reposent sur un volcan qui les empourpre de ses lueurs; va donc] ton enthousiasme ne sera pas tari, ta sensation planera plus large et plus brûlante. Ce n'est pas rjieure des solitudes, Tltalie enfante la Ijbei té : Naples attend le. Prédestiné! i
Quelques heures après, j'étais à Turin, où le mouvement politique me ressaisissait. Le lendemain, j'allai voirM^ Farij;u« àqui
L'ITALIE DES iTALIEJiS. 423
j'avak promis^ durant notre courte rencontre des jours précédents, mon petit yolume des lettres de Béranger^ M. Farini était devenu, durant son exil en France, l'ami du célèbre chansoimier ; il avait aussi connu Lamennais et m'en parla avec un souvenir attendri.
« Vous lui devez une statue à Bome, quand Rome sera votre capitale, lui dis-je. Lamennais a détruit un des premiers le pouvoir temporel du Pape. »
Je parlai à M. Farini du souvenir enchanté que me laissaient les ilefsBorr ornées.
« Le fils aîné du comte Borromée, me répliqua-t-il, est secrétaire général de mon ministère ; toutes les castes de lltalie se mèleut aujourd'hui et concourent au bien général, comme cela est advenu en France après la révolution de R9. >
Quand je pris congé de Tillustre ministre, il me dit en souriant :
« Peut-être nous reverrons-nous bientôt à Naples?
— J'y serai dans huit jours, )» reparlis-je.
Je ne voulus pas importuner de nouveau M. de Cavour ; je comp* tais sur la parole qu'il m'avait donnée. Le général della Bocca, qui me fit visite le jour même, me promit de la lui rappeler. J'eus le chagrin de ne pouvoir dire adieu à la comtesse della Rocca ; elle était en villégiature dans son joli chalet de Pignerol. J'allai em* brasier macbime Béatrix Mancini, qui elle aussi médit: « Nous nous reverrons à Naples, » et le soir même j'étais de retour à Gênes.
Le mouvement du port s'était encore accru pendant ces huit jours d'absence; les frégates de guerre affluaient en mer; les convois de troupes partaient pour les frontières de la Toscane, en attendant qu'ils fussent dirigés sur Naples. Garibaldi traversait les Calabres en Kbérateur triomphant .
* Quarante-cinq lettres de Béranger avec une introduction, publiées à la Librairie Nourelle.
FIN nu DEUXIÈME VOLOME.
Fêles patriotiques à Turin (avril 1860). — Population centuplée. — La comtesse Bathiany. — Séance d'ouverture de la Chambre. — Les sénateurs. — Les députés. — Tous les grands noms de TUalie. — M. de Cavour. radieux. — . Discours du roi. — Enthousiasme et ivresse de l'assistance. — Le roi, parrain de mon livre l'Italie des Italiens. — Réjouissances publiques. ~ Mon entretien avec M. de Cavour. — Sa joie de voir toutes les provinces de l'Italie représentées à la Chambre. — Rome seule a fait défaut. — Ce qu'il me dit de la noblesse romaine. — De la puissance occulte du clergé. — Son mot sur Venise. — Sa douleur de la cession de Nice. — Sa gratitude à l'Empereur. — Son jugement sur les orléanistes. — Visite au baron dé Talleyrand, ambassadeur de France. — La comtesse délia Rocca. — Le comté Joacitim Rasponi.— Mémorable séance (du 12 avril 1860). — Interpellation deGaribaldi sur la cession de fiice. — Je vois pour la première fois le héros. — Son patriotisme absolu. — Réplique de M. de Cavour, impersonnelle comme le sacrifice, tranchante comme le fait. — Arrivée de ma fille à Turin. — Dîner chez les Hancini. — Poerio. — Pierre Leopardi. — Le colonel Fabrizzi. — Toasts. ~ Vers là la comtesse délia Rocca. — Départ de Turin 1
Le roi 8*embarque à Gènes pour faire Bon entrée à Florence. — Je traverse let • provinces du centre. — Plaisance. — Parme. — Reggio. — Modéne. — Vues à vol d'oiseau. — Souvenir de Ciré Menotti. — Nom de ce martyr donné par Garibaldi à son fils aîné. — Bologne. ^ M. de Franchis. — Courtoisie d'un bersagUer. — Route à travers les Apennins. — Il signor Morosini et ses deux sœurs. — Grâce et naïveté de la Vénitienne. — Contraste, la jeune Anglaise-
— Détestable cUaer à Filigare.— Plus de frontière. — / f^toehi di Pietramala,
— Couvent des Frére« servîtes. — Villa de Pratoiino. — Souvenir de Bianca Cappello. — Montaigne dinant à la table du grand-duc et de Bianca Cappello.
— Son récit. — Florence nous apparaît. — Premier aspect 13
Calme des Florentins.— Malles oubliées. — Mauvaise auberge. — Le baron Bicasoli, gouverneur de la Toscane. — Le prince de Carignan au palais Pitti.
— Son secrétaire, le baron Perrone de San Martino. — Première journée à Florence, la ville des fleurs. — Attente du roi — Les rues pavoisées de fleurs. — Place et pont Santa Trinità. » Place du palais Pitti. — La foule. Vue de la terrasse de di'oite. — Coups de canon, branle des cloches, arrivée du roi. — Enthousiasme.— Victor- Emmanuel, Cavour et Ricasoli au balcon du palais Pitti. — Mot d'une contadine. — Illuminations. — Place du Dôme.
— Rue des Calzafoli. — Place du Grand-Duc. — Palais Vecckio, — Loge d'Orcagna.— La Judith» de Donatello.— Le Persée, de Benvenuto Cellini. — Le 1>«l'id, de Michel-Ange. — Cour moresque du palais Vccchiû. — Les galeries extérieures des Offices. — Ombres de Dante, de Michel-Ange, de Boccace, de Laurent le Magnifique. — Quais de T.Arno. — Pont Vecc/Uo. — Le roi, Ricasoli, Cavour sur la terrasse suspendue du passage des Médicis. — Acclamations. — L'Amo roule des flots de lumière. ^ Feu d'artifice 26
Vent glacé soufflant des Apennins. — Souffrances. — Visite du général délia Rocca. — Son portrait. — La princesse Marie Bonaparte Valenltui, fille de Lucien. — Sa beauté, ses vers fVançais et italiens. — Souvenir de son frère, le prince Chai'les. — Ma liaison avec la pnncesse.— Ses Lettres sur les massacres de Pérouse. — Promenade aux Caséine avec la princesse. — Le prince et la princesse Antoine Bonaparte. — Leurs réceptions du mardi. — Le marquis Pepoli. — Le comte Alberti. — Le chevalier Berardi. — Le comte Faïna.
— Le comte Manci forte. — Le professeur Ragnotti. — MM. Mortera et Zanini.
— Courses de chevaux aux Caséine en l'honneur du roi. — Les députés Meiiotti, Cornero et Crema. — Bal au paUis Pitti. — Rencontre de l'historien Canlû. — Cercle du roi. — Les galeries éclairées aux flambeaux. — Concert donné au roi au palais Yeeehio. — Le poète Dall'Ongaro. — Rencontre, chez moi. de la princesse JJarie, du général délia Rocca, du député Menolti et du poète Monlanelli. — Mécontentement de ce dernier, — Visites des marquis Dragonetti, de Vieusseux et de Giorgini. — Mot charmant de M. de Cavour. — Bal du Casino. — Le roi. — Mon appréciation philosophique de la royauté. — Ma conversation avec le ministre Farini. — Haine que les Bolonais ont de la papauté. — Mot prophétique sur Naples. — Le général d'Ayala et le général Tupputi. — Le grand Luminare de Pise. — Bouquet envoyé par le roi à la princesse Marie Bonaparte. — ' Souper chez la princesse. — Le palais Vecchio. — Passage des Médicis, allant du palais Vecchio au palais Pitti. — Galeries des Offices. — Diner chez la princesse. — Promenade. — Place Maria-Antonia. — Souvenir du comte Valenlini. — Le marquis Gualterio, député.— Ce qu'il me dit du devoir du Parlement italien. — Le comte Guardabassi. — Le jardin de Boboli. — La belle Anglaise et l'adolescent florentin. — Début de roman. — La table d'hète. — Un jeune officier qui deviendra un héros. — Tour des remparts . — Rencontre d'un pauvre ténor. — Son chant à Santa Maria del Fiore. — Départ de la princesse Marie pour sa
▼illa de la Viane. — Promenade à travers Florence. — Place Saint-Laurent. — Place de VAnmnziaia. — Via San Sebastiano. - Palais Capponi. — Place Sm Marco. — Souvenirs de Savonarole. — Via Larga. — Place Veccbia. 36
Visite du palais Pitti. — Salle du Trésor. — Cour.— Chapelle. — Chambre du roi. — Bibliothèque Palatine. — Musée minéralogique. — Salle d*anatomie.
— Galeries d'histoire naturelle. — Chambres des instruments de physique.
— Tribune de Galilée. — Tourelle de rObservatoire. — Départ de Garibaldi pour la Sicile. — L'Italie revenue au temps des légendes héroïques.— Dédain des jouissances matérielles. — Abnégation patriotique. — Joie et fierté dans la foule. — Ma promenade solitaire aux Cascine. — Je retrouve la belle Anglaise et le jeune Florentin. — Le roman marche. — Petitesse de l'amour auprès de Tivresse collective d'un peuple. — Rencontre du général Ulloa.— Son doute sur la réussite de Garibaldi. —Église de Saint-Laurent.— La chapelle des Princes. — // Petisieroso, de Michel-.4nge. — Le Poggio impériale.
— Noms d'Italiens illustres donnés aux enfants du peuple à Florence.— Tour de Galilée.— Santa Maria âel Fiore. — Le baptistère, le campanile, de Giotto.
— L'amour dans une chapelle. — Théâtre délia Pergola, —Hénoûment enti evu dans une loge du roman du jardin de Boboli. — Cris de Vive Garibaldi à la sortie du théâtre. — Le Bargello. — Portrait de Dante, par Giotto. — Conférences du P. Gavazzi. — Soirée chez Vieusseux. — Irritation du peuple contre l'archevêque de Florence. — Nouvelles de Garibaldi. — Sa halte à Talamona.— Visite du marquis G ino Capponi.— Son portrait. — Longue causerie, le poète Leopardi, Silvio Pellico, les loups dévorants.— Réflexions de Gino Capponi sur les Florentins, sur l^expédition de Garibaldi, sui' l'empereur Napoléon 111, sur M. Thicrs. — La force n'entame pas le droit. — Ce n'est pas l'heure de parler, mais d'agir.— Mon émotion devant cette altiére figure de vieillard aveugle. — J'ai le même jour la visite de Giorgini. — Son frère, le colonel Giorgini, détenu au fort du Belvédère pour avoir livré des armes à Garibaldi. — Comédie diplomatique de M. de Cavour. — La France s'ennuie.
— L'iialic à La fête de l'imagination et de la liberté. — M. Léopold Castagni. , 102
Réveil de Florence au cri de : Garibaldi è sbarcato a MarsaHa! — Allégresse des âmes. -^ Fête du soleil. — La villa DemidofT. — Souvenir du roi Jérôme et de la princesse Mathilde 136
VU
Soirée chez le prince et ta princesse Antoine. —Admiration pour Garibaldi. — Lettre de la princesse Marie qui nous attend à la campagne, légende de sainte Marguerite de Cortone. — Le palais Riccardi. — Maisons de Benvenuto Cellini, d'André del Sarte, de Dante et de Galilée. — Forteresse du Belvédère. — Maison BuonarroU. — Une descendante de Michel-Ange heureuse de l'unité italienne. — Billet de Gino Capponi 144
Place, église et couvent de Santa Croce. — |^es Franciscains inquisiteurs à
41$ TABIE BEI MAflÈRtS.
Florence. -^ t)an(e jette le froc aux orties. — Le chanoine Pandôlphe Ricasoli, prisonnier à vie de l'Inquisition. — Beprésatlles de t*hist<Mre. — Fresque de Giotto dans le réfectoire des Fransciscains transformé en fabrique de tapis. — Couvent et égalise de San Marco. — Fresques du Beato Ângelico. — Chaire de Savonarole. — Tombeau de Pic de ht Mirandole.
— Académie des beaux^àï-ts dans rànci.ei) couvent Saint-Nicolas. — Promenade à Fresol». — Beetes de monuments éti*nsque8. — Vue de Florence au aoleil couchant. — PUee &anta Maria Novelia, fête des chars décrite par Montaigne. — Église, couvent et pharmacie de Santa Maria Hùvelta, — Église del Carminé. — Ascension du campanile de Ciotto. Panorama de Florence. — Beilo Sgwardo. — Jardin Torrigiani. -^ Église et cloître de Santa Minnntiata. — Moines et soldats piémontais. fraternisant. — Atelier des pierres dures. ^Or San Michèle. •— Place du Grand-Buc. Fontaine de Neptune sur le point m^me où fut brûlé Savonarole. -^ Quai de l'Amo, hôtel des Iles-Britanniques, ancien palais Capponi. — Petite place detUmho. «*- Aspect romanesque. — Baùis des thermes antiques. — Théâtre Nicolini, troupe française. — Nouvelles de Gàribaldi assiégeant Palerroe. — Bibliothèque MagliabeehUma sous la- galerie des Offices. -^ Église Santa Trinité.
— Palais Strozu, portrait de Pierre ^trozxi. — Visite de Gino Capponi; il me promet de me présenter au baron Ricasoli. Il voit la main àe Dieu dans la réussite de Garibaldi. U faudrait un pape de génie qui s'associât à la renaissance de l'Italie. — La vertu et la vô-ité, — Les arrêts de l'histoire.
— La pratique de la vérité doit être U passion idéale de la conscience. — Je dis au revoir à Gino Capponi. ^ Course manquée à San Miniato. — Promenade sur le Lung* amo. — Excursion à San Miniato, Mwte alie Croci. •— Église, de San Salvatore. — Église de San Miniato, tombeau du poète Giusti, apostrophe du satirique â hi Papauté. — Enterrement du professeur fiiovaohino Taddeo. Bieaçoli suit le cortège. — Effet du Miserere dans la miit ,•..,.,.... ' 155
Lassitude de la ville. — Départ pour la Tiano. — Chemin de fer de Floroice à Sienne. — Les Caséine disparaissent. — Régiments italiens faisaqt - l'exercice. — Jeune Anglaise. — Le Val d'Arno. — San Donnino. — Signa. — M&ntefupo et Capraja. — Empoti. — Granajoli. — Castel Fiorentino, — Certalio. -- Souvenir de Boccace. — Yallie de VElsa. — Poggibonsi, —Vallon de Staggio. — Montagne de Sa» Daîmanâ. — Station de Sienne. — Jeunes officiers piémontais nous apprenant la prise de Palerme par Garibaldi. — Le capitaine Pinelli. — Asinalunga. — Vallée de la Chiana, — Mœurs des paysans toscans les mêmes qu'au temps de Montaigne. — La Chiana. — Canal Maestro. — Frontière papale. — Arrivée à la villa de la princesse Marie Bonaparte. — Vie à la campagne. — Le village de Puzsole. — Profimation d'un Campo ^anto. — Curé maudit. — Mort de la veuve de lord Byron. Son legs â rJtalic. — Le jeune prince Paul Bonaparte mort en Grèce.
— Vers de sa mère. — Anecdote sur Fenfance de Napoléon I" racontée par madame Laetitia à la princesse Marie. — Premenades dans les environs de la Viano. — Foîano. — Le capitaine Menotti. — Chapelle de Sainte-Marguerite, le bon curé. — La marquise Marianna Florenzi Waddingtoa â la . Vianô. — Sir Eyelyn Waddington. — Vers sur Garibaldi. t- Excursion à Chiusi. —Le lac de Trasimène. — Gastiglione del Lago.— Souvenir d'Anntbal.
— La Carpe monstre. — Splendeur et calme du soir. . . , 1W
TABLE DES MATLÈflES* m»
La marquise Florenii m'emmène à Péroiise.— Route.— Le roi Louis de Bavière.— Écrit de la marquise Plorenzi, cité par Gicberti. — Lettre de Sclielling à la même, -r Arrivée à Pérouse, encore sous la domination papale. — Soldats «lisses et soldats autricliiens faisant l'exercice. — La première langue que j.*entend$ dans la ville italienne est la langue allemande. — Rues désertes, seulement des soudards, des prêtres, des moines et des mendiants. — Jeunes filles soufOetées par des soldats suisses. — Le colonel Schmidt, massacreur de Pérouse, promu général |>ar Lamoricière. — Vers de Victor Hugo à la Suisse, sur l'avilissement des soldats mercenaires. — Palais de la marquise Florenzi à Pérôuse. — Sanctuaire d'études. — Le professeur Boschi. — Le professeur Domenico Bruschi. — Visite de FOniversilé de Pérouse. — Portraits du roi et de M. deCavour cachés dans une salle de l'école de dessin. — l.a porte d'Auguste. — La Maesta delû Yeile. — Le Dôme. — hePttlazio yovemaHvo. — liTonseigneur Gramiccia, légat de Pérouse, sa terreur de Garibaldi; don d'ubiquité du héros. — Le Camhio. — Fresques du Pérugin. — Dîner chez la marquise. — Le docteur François Ponucci. — M. Periclês Mancini. — Le comte Monlesperelli. — Rendez-vous trompé d'un officier allemand dans l'église du Dôme. ~ Répulsion de race entre les Italiens et les Autrichiens. — Soldat suisse montant la garde dans la grande salle du palais. — Le palais de la princesse Marie à Pérouse* — Souvenir de l'ovation patriotique qui lui fiit faite^ — Le fort Puolhio en reconstruction.— La porte antique lf«f/fVi.— Maison lézardée par les balles et les bombes papales. — S. Pietro fuori le Mura. — Ce que je dis à un soldat français au service du pape. — Couvent et église de ifan Pietro envahis par les Suisses^ ivres au moment du massacre. — Ou se bat dans l'église. Cinq insurgés poursuivis se cachent d^n^ les orgues, ils sont sauvés par un jeune moine. — Scbmidt surnommé U itnca dei ftontone. — La vallée du Tibre. — La sépulture étrusque des VoUtmnii, -r- Départ de Pérouse pour la campagne. — Halte à la Colorabelia. — La jeune marquise Florenzi et son mari. — Don Benedetto. — Féerie de la villa A'Ascûgnano, propriété de la marquise Marianna Florenzi. — Guerre comique avec don Benedelto. — Scènes bouffonnes dans un décor ehampètre.— Départ d'Aseagnano.— Sonnet à la marquise. — Halte à Pérouse. — J'adresse mes vers, sur Garibaldi d Lamoricière. — Retour à la Viano. — Excursion à Montepulciano. — Mort du roi Jérôme. — La princesse se dispose à quitter la Via6o. — Sonnet d'adieu. 7^ Nous pai*tons pour Florence. ••«. ...•• 213
Sienne et ses monuments.— Souvenir de Montaigne.— Le dôme.— La papesse Jeanne. -^Attraction de Sienne* — Haine de madame d« Staêi pour la solitude. -^ Hugo plus grand loin des bruits de Paris. . . ^ 246
xn
Retour à Florence. — La pension anglaise. — Il signor Battista padrone di Casa. — Sa fille Beppa..— Visite à Gino Capponi. — Portraits de famille. — Billet du baron lUcasoli. — La princesse Lancillotti. — Son frère le prince Massimo. — Le prince de Carignau vient les voir. — Première entrevue avec le baron Rieasoli, -r Squ . pprtr^it. —Ce qu,'il.me.dit de l'empereur Kapo-
4Î0 TABiE DES !ilÂTlÈR£S.
lèon III, de l'Angleterre, de l'initiative qu'il a eue le premier en Toscane an sujet de Tannexion, de ^aples, de Borne, de la papauté, plaie séculaire de l'Italie, de son désir de quitter le pouvoir. — Fermeté de Ricasoli et ^impression qu'il me laissé. •— Contraste. — Soirée chez la princesse Lancfliotti. — Son frère, l'un des princes codlni de Rome. — Mariage du jeune prince Hassimo avec tme fille de la duchesse de Berry et de Lucehesi Palli. — L'ancien sigisbé. — On ne m'y prendra plus. — GinoCapponi vient me voir; ce qu'il me dit de la noblesse romaine, de François H et de la reine arborant à Maples les couleurs nationales. ~ Us sont hués dans le tue de Tolède. — L'éducation morale et politique du peuple de Naples est i .faire. — Éloge de Ricasoli par Gino Capponi. — Chaleur extrême. — Les enterrements le soir 256
xni
Pise. — La Tour de la faim. — Le Dôme. — Le Baptistère. —La Tour penchéo. — Le Campo Santo. — Description de Mentaigne. — Rêverie. — Affres de la vie. — Quiétude et renaissance de la mort. — Strophes écrites au Campo Santo. — Un frère de la Miséricorde. — La ferme de S. Rossore. — les Coêcine. — Les chameaux, mirage de l'Orient. — La Sa ni a Spina — Le palais Lanfranchi. — Souvenir de lord Byron et de la famille Gamba. — .Livoume. — Rencontre du comte Visconli. — Emlirasemenl du ciel et de la mer. — Volupté rafraichissante d'un sorbet et d'un bain 26^
Retour à Florence. — Lettre du baron Ricasoli. — 11 m'envoie les deux volumes des actes et de* documents du gouvernetmnt provisoire de la Toscane. — Absence de morgue chez les hommes illustres de l'Italie. — Passage du Moniteur toêcem. — Programme unitaire. — Seconde entrevue avec Ricasoli. — . Ses craintes sur le peuple napolitain . — Ce que devraient faire les député* de Naples. *— Forces motrices et toutes'puissantes dans l'ordre moral. — On n'élude pas un principe. — Du salul étemel de l'honneur. — M<m adnii- 'ratien de ce ferme esprit. — Diorama de Naples. — La Chartreuse. — Visite d'adieu de Gino Capponi. — Ses réflexions sur la corruption comme moyen de gouverner. ^ Noble parole. — Depuis que ma patrie est libre je revis en elle. -~ Écrit de Gino Capponi sur l'éducation. ^ Il combat les jésuites .qui considèrent l'éducation comme un art et l'étayent sur des méthodes 282
Départ pour Ravenne. — Diligence-coucou. — Nuées de colombes sur les créneaux du- palais Vecchio. — Vallée de la Siéve. — Nos compagnons de route. — Fausse alarme. — Un homme armé derrière la voiture. — Les deux pistolets du conducteur. — La diligence arrêtée la veille. — Beauté de la nuit dans les Apennins. — S.Gaudenzio. — Le mont Falterone. — Souper. San Benedelto in Alpe. —Vallée del Montone. —L'ombre refoule la nuit. — Portico. — Rocca San Casciano. — Terra del Sole. — Ancienne douane de Rovére. — Sieste à Forli. — Un voiturin emphatique. — Les bords do Ronco. — Les grands hœutB romains. — Un défenseur de la patrie nous servant d'escorte; • ; ■ 292
TABLE DES MATIÈRES. 45i
Arrivée à Raveime. — Omhres de Dante et dé Byroo. — Grand hôtel délia Spada d'ùro. — Chambres du roi de Bavière et du prince de Galles fourmillantes de familiers rampants et puants. — Le professeur Fabbri. — Son flls Ruggiero.
— La petite AUegra, fille de lord Byron, — Billet de la princesse Mural Kasponi. — Palais Rasponi. — Réception de la princesse. — Reliques du roi Mura t. — Le comte et la comtesse Joachim Basponi. — Fatigue abrutissante. — Le comte Cappi. — L'église de S. ApoUinare in città. — Palais de Théodoric. — La porte Alberoni. — Souvenir de lord Byron. — Les bords du canal. — La place Maggiore. — Le Casino. — Le tombeau du Dante. — La place et l'église Saint-François. — Le palais désert de Santa Croee. — Intérieur d'une mercière. — Le jeune Antonio Mancini. — Éblouissement des mosaïques sur fond d'or de S. ApoUinare in città. — Le journal rAdriatico annonce mon arrivée à Ravenne. — Seconde journée passée au palais Rasponi. — Conversation avec la princesse sur les Souvenirs de madame Ré" cimier pahliés par madame Lenormant, sur les lettres de Benjamin Constant^ sur celles de Chateaubriand et de madame de Staël. — La princesse Mural-Rasponi me donne les lettres de madame Récamier à la reine Caroline sa mère.— Une lettre de lord Byron au comte Rasponi 297
xvri
Tombfiau de Théodoric. — Promenade à l'Adriatique. — Le gouverneur de Ravenne. —Le colonel Radaelli. — Cequ*ils disent des menées.du clergé dans les Romagnes. — L'académie des beaux-arts. — La bibliothèque. — Le Rocco, sceptre des anciens archevêques de Ravenne. — Vers du Dante sur la gloutonnerie d'un de ces archevêques. — Excursions avec la princesse. — La colomie des Français. — Vers de lord Byron sur Gaston de Foix. — La basilique de S, ApoUinare in Classe. — Superbe aspect de cette église dans les Marais. — San Vitale. — Mosaïque byzantine de l'empereur Justinien et de l'impératrice Théodora, montée de la fange au trône. — Tombeau de Galla l'iacidia. — Eglise du Dôme. — Baptistère. —Sa)ita Maria in Cosmedin.
— San Giovanni Evangelisia. — Santa Maria in porto fuori. —Génie de Giotto.
— Torre del Puhlico. — Palais Gamba. — Palais Guiccioli. — Fête de S. Ap illinaré. — Procession. — Feu d'artifice. — La comtesse SantuecL — Promenade à la Pineta avec le comte François délia Torre, neveu de la princesse.
— Vers de Byron sur la Pineta. — Campo Santo. — Adieux à la princesse.
— Ses souvenirs. — Je lui envoie la proclamation de Rimini, vers de Wanzoni au roi Murât et l'ode : Mars 1821, qui présage l'unité italienne. 334
Route de Ravenne à Bologne. — La diligence qui nous conduit a versé la veille. ~ Lugo. — Nuit noire. — Un compagnon de route inattendu. — Im* patience française vaincue par Taménité italienne. — Le professeur Angelo Marescolti. — Arrivée à Bologne. — M. Protche, directeur des chemins de fer du cenli-e. — La comtesse Rossi-Martinetti. — Son palais. — ta piazza Maggiore. — Il palatio tiel Govemo. — Statues de papes renversées en tout temps par les Bolonais. — Saint Pétrone. — Palais des podestats. — Pwrtieo deiBanchi. — Rue Maggiore. — Palais Zampieri. — Portico dei Servi.
45» TABLE D£S |IATI£RE^.
— Totre AsinelU tt lorre Garhenda. — Foro de* MercvUi, — Église Saa B^o^ loraeo, madone de Guido Reni. — Dîner chez M. Protcbe. — Le marquis
1 / Pielra-Mellara. — Libre esprit italien, pruderie française. -— San Michèle m I' Bosco. — Tour des remparts. — Nécessité d'être, armé. — Le chef de bri- '/ gands Passatore. — Dîner à la villa Tatlini. — La comM^-sse Tattini, petite fille du roi Murât. — Le corn le Tattini. — Le député Minghetti. — M. Bignaml. ~ La comtesse Paolina PepoU-Zacchini. — Le général Qaldini. " Excursion avec M. Protche à l'église délia Madoma ai S. Luca sur la montagne délia Gnardia. — Galerie dé six cent quarante arcades conduisant vu. sommet de la montagne. — Travaux de fortification. — Image miraculeuse de la madone. — Légende. — Le Campo Santo. — Ancien couvent de la Ceitosa. — Tableau d'Elisabeth Sirani. r- Histoire de cette Temme peintre.
— Drame de sa mort. — Un buste adorable de Cernini. — Église de Saiiïl- Domtnique. -r- Tombeau du saint. — Santa CkWa. — San Giacovw Maggiore, -* Soirée chez M. Protche. — Le député Martinelli. -— Varchiffmnmio (ou vieille université). — Les femmes profes sant e n public. — Le musée. -^ La bibliothèque. — Wner chez la comtesse H ossi-M art inetti. — Le député Marliani..— Réception le soir dans le jardin Martinetti. — M. et madame le Franchis. -~ Brochures des députés Minjjlietli et Martinetti 351
Modéne. — Le palais ducal. — Piazza Craade. — Le Dôme. — Petite -place délia Totre. — Campanile délia Ghirlandina. — Souvenir de Ciro Menotti. — Akbiera. — Pannia, — Le Dôme, la coupole du Corrége. — Le baptistère. — San Giovanni evongellsta, — San Ludovico'. — Tombeau du comte Nieperg.
— Parloir de l'abbesse Jeanne, peint par Corrége. — Un bain. — Piaisa di Corle. — Palais ducal. — Le comte et la comtesse Gamba. — Visite du palais.
— Appartements de la dernière duchesse régente, Louise de Bourbon. — Portraits des rois de France. — Toilette de Froment-Meurice. — Assassinat de Ferdinand -Charles lîl. — Double erreur de sa veuve Louise de Bourbon.
— Portraits des Farnèse. — Portrait de Marie-Louise. — Jolie chapelle Fainèse. — Musée de sculpture. — Théâtre Famése. — Galeries de peinture. — Bibliothèque. — Portrait de Pétrarque jeune en habit d'archidiacre. — Ma> nnscrit de ce poète. — Diner chez le comte et la comtesse Gamba. — l^ura deux fils. — Leur fille en pension à F.lorence. — Sa mère en deuil depuis ce jour. . .* ......,...,•.. 375
Je pars de Bologne pour Ferrtfre avec M. Protche. — Route. — Arrivée à Ferrare.— Piassfl Maggiore dl S. Crespine.—Palazzo delta Hayione.^ht Dôme. •^ M. Allard, ingénieur français du chemin de fer de Ferrare. — Château ducal.— Un custode bel esprit. ~ Sa légende sur Parisina. — Ses commentaires. — Broderies d'Fléonore d'Est. — Renée de France, duchesse d'Est — Cténjent Marot. — Rabelais. — Agrippa d'Aubigné enfant. — Montaigne â la cour d'Alphonse 11. r- Ferrare vue â vol d'oiseau de la plate-fçrme de U Tout des lions.— Palazzo commale, — Hôpital Sainte-Anne, t- Prison du Tasse. — Montaigne et Tasse, face â face. -^ Éclipse de cœur du ^philutophe. — Gœthe et Byron dans la prison du Tasse. — Bibliothèque, monument, buâte, et manuscrits de l'Arioste. Son écritoire. — Manuscrit du Tasse. — Ses vers au duc Alphonse il. -^ Maison de l'Arioste. — Palais des Diamants. — Musée, portrait d'Alphonse II. — Kouvelle chronique ftui-
TABLE DES HATIËREI». 435
tastique du custode. — Place Arioslea. — Statue de l'Ariosle. ~ Vendeur de pastèques. -» Départ de Ferrare. — Splendeur dfi soleil couchant. — Causerie. — Second dîner cliez la comtesse Pepoli-Tattini et chez la comtesse . nossi*3lartinetti. — ta marquise Tanari. Son palais. » Promenade à la Uontagnuela, — Versants des Appennins. -^ Adieux à Bolo^e.. » . • 3§8
Arrivée à Turin. ~ Garibaldi maître de la Sicile. — Amhassadedu roi de Naples à Turin. — Lettre de Victor-Emmanuel à Garibaldi. — Réponse du héros. — Garibaldi représentant Tâme collective du peuple. — Je revois M. de Cavour; ce qu'il me dit de Florence, du prince de Carignan, du baron Perrone, du prince Massimo et de la princesse Lancillotti, de Murât, de Garibaldi.
. de la maison de Savoie, seule dynastie qui puisse accomplir l'unité. Du code italien qu'on prépare. U me promet mon passage sur un vaisseau de l'État pour aller à Naplès. — Brusque interruption de notre entretien par le ministre Tarinî. ~ Dinw chez M. et madame Haiicini; les officiers de François II au service de Victor-Emmanuel. — Arrivée à Gênes. — Grand mouvement dir port. — Départs successifs de convois garibaldiens.- — i.e comité* d'armement ; Bertani. — M. Hacclii-Mauro. — Une lettre du comie (Hdofredi.^-Garibaldi rappelant les héros de l'antiquité. — Enthousiasme de Gènes. — Un batelier tenté de noyer ma fille par fanatisme de Garibaldi. ^ Promenade et dîner à Pegli, chez M. Frédéric Filippi. -— Vers à H. Filippi.
— Incertitude sur Garibaldi. -— Je vais à Turin. — Dernière entrevue avec M. de Cavour. — Départ pour Milan.. -r Rencontre du ministre Farini. — Nouvelle du débarquement de Garibaldi â Reggio. — Je pars pour Venise, emportant les journaux qiii renferment la nouvelle. *^ La douane A Peschiera. — ■ Anecdote. — Arrivée à Venise. — Je donne à un gondolier ta nouvelle du débarquement de Garibaldi. Il la transmet de canal en canal.
— L*ile des Vignole. — Idylle. — Couvent des Arméniens. — Je revois frère Jacques et le baron Mulazzani. — Départ. — Vcbh du gondolier qui me conduit â l'embarcadère 400
Halte à Milan. — L'avocat Francia, M. et madame Giorgini. — Manzoni. — Le lac de C6me. — Je parcours Monza avec le comte Stefano Medine: — Le Dôme..'— La couronne de fer disparue. *— La momie d'Hector Viscontl. — Vraie chronique de la Monaco di Monza. — Le lac Majeur. — Arona. — La statue colossale de saint Charles Boriomée. — Les lies Borromée. — Course au steeple-chase après le bateau à vapeur. >- La comtesse Castiglione à Intra.
— La signorà Buongiovanni et sa nièce. — Laini, souvenirs de Garibaldi. — Colonne en son honneur. — Partie du lac Majeur en Suisse. — Lucarno, •— Enchantement du rivage, de la nuit et de l'aube. — Naples m'attend. — Retour à Turin, entrevue avec le ministre Farini, ce qu'il me dit de Béranger et de Lamennais. — Adieux au général délia Rocca, à M. et à Madame Mancini. — Rendez- vous à Naples. — Retour â Gènes. — Le mou' vement du port a doublé. — Garibaldi traverse les Galabres en libérateur
. triomphant , 4i3
FIN. DE LA TABLE AU DEOXIÈMK VOLUMIi.