LES MÉDAILLES
Scuola di san Rocco, qui parlent pour sa gloire une langue plus éloquente que les critiques de Vasari.
Titien n'avait pas été clément envers les Bellini et Giorgione, ses prédécesseurs et ses maîtres; il ne supporta pas le Pordenone, qui lui rendit pièce pour pièce dans la mesure de son pouvoir; il se mit au plus mal avec le Tintoret, dès que le renom du « fulmine del pennello » fut éclatant. Mais TArétin, si bien toisé, n'oublia jamais que sa taille, suivant les mesures du Tintoret, était de « trois pistolets et demi ».
Au contraire, il régentait les élèves soumis, comme Danese; on lui montrait des essais littéraires en môme temps que des projets de coffres, de monuments et de tombeaux *. Aussi, les apologies de luimême qu'il écrivait à Leone Leoni prenaient le ton de l'arrogance.
Intarissable dans ses effusions avec les amis complaisants, il redoublait d'audace, traitait les mécènes qui le laissaient mécontent « d'ûnes pires que leurs esclaves, au-dessous de leur valetaille » *.
Leoni envoyait à son protecteur une série de médailles; on y voyait celle de Francesco Molza, mort Tannée précédente, un poète burlesque, Scarron qui glisserait au d'Assoucy. L'Arétin pleurait cette gloire : « En voyant Teffigie du Molza parmi les autres médailles que vous m'avez envoyées, je me suis senti remuer tout entier; car sa vie m'ayant été