‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 121 sur 227 · FATUITÉ DU CRITIQUE · texte numérisé non relu

FATUITÉ DU CRITIQUE

nieur? Les préjugés ne convenaient qu'aux « pédants, plus soucieux de s'admirer que pas une jolie femme * ».

On saluait TArétin jusque d'outre-monls. Et pourtant, jamais il n'avait usé de langue pédantesque. C'était en langue italienne qu'il célébrait les Morosini peints par Titien, et les Daniel Barbare, qui écrivaient en italien, s'ils pensaient en Latins antiques. Titien, suivant son compère, avait tellement soigné les images des patriciens, qu'il « y perdait beaucoup d'argent ». On ne dit pas combien le peintre gagnait à peindre de nouveau l'insatiable Arétin.

Le Sodoma, et Leone chez Antonio Bagarotto, exaltaient l'Arétin, lui écrivaient de loin '. Francesco Rosso de' Salviati faisait mieux encore : il lui envoyait des dessins ; aussi méritait-il une description de ses œuvres, et « Titien, Sansovino l'aimaient comme leur fils; auprès de lui, Albert Durer, dans les lointains et les premiers plans, demeurait bien en arrière ' », Cette boutade assurément ne venait pas de Titien.

Mais, pour conserver la faveur, il fallait laisser l'Arétin trancher du maître. Il avait critiqué le nu dans un ouvrage de Danese; le sculpteur n'avait pas bien pris la critique; l'Arétin le tança dédaigneusement : on ne lui apprenait point, sans doute, à juger le nu! « Vive Titien, béni soit Sansovino, qui

Page 1